Tahert

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Tahert ou Tihert est une ancienne ville d'Afrique du Nord, capitale de la dynastie des Rostémides (777-909).

Son emplacement se situe sur le territoire de l'actuelle commune algérienne de Tagdemt (wilaya de Tiaret) à quelques kilomètres à l’ouest de Tiaret, à environ 120 km au sud-est d'Oran, et pourrait correspondre au site d’une ancienne cité romaine appelée Tingartia.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Tagdemt semble être une déformation berbérisante de l'arabe Tahert al-Qadima (« Tahert la Vieille »), nom d'une des localités proche de cette ville (l'ex Tingartia byzantine)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne Tingartia, localité d'origine ancienne, utilisée par les Romains jusqu'à l'époque byzantine, et pourvue d'un évêché au Ve siècle, il n'existe pas de preuves catégoriques qu'elle se trouvait à cet endroit[2].

Il existe des traces d'occupation romaine à partir du début du IIIe siècle (une inscription de 211[2]), avec un fort qui se développe jusqu'à l'invasion vandale. On a aussi des traces de la présence de la religion chrétienne pour le Ve siècle.

En 533, les Byzantins de Bélisaire, ayant reconquis la province d'Afrique reprennent un certain contrôle de la région, mais en délégant l'autorité à des chefs de tribus berbères.

Les débuts de la période musulmane[modifier | modifier le code]

La localité romaine est détruite en 681 lors de l'invasion musulmane de l'Afrique du Nord par Okba ben Nafi et les nouveaux arrivants, Berbères comme les précédents habitants, auraient rebâti sur ses ruines une ville nommée Tahert.

Puis, en 761, le gouverneur de Kairouan, l'ibadite Abder Rahman Ben Rostem, chassé par les Abbassides, se réfugie dans la région avec ses fidèles, et ayant obtenu le soutien des habitants y fonde « Tahert la Neuve » (Tahert al-Gadida[3]), la première Tahert devenant alors « Tahert la Vieille » (Tahert al-Qadima).

La période des Rostémides[modifier | modifier le code]

Tahert devient la capitale de la dynastie des Rostémides[1].

Une ville prospère[modifier | modifier le code]

Tahert devient une riche cité commerçante située sur l'itinéraire trans-maghrébin est-ouest, dans une zone de contact entre le Tell et les éleveurs et nomades des Hauts plateaux et du sud[4]. On échangeait : le blé, les textiles, les laines, les moutons, les dattes, les abricots et les dromadaires[4]. Elle était également un relais capital du commerce transsaharien qui concernait l’or et les esclaves africains et impliquée dans le commerce avec d’autres parties du monde musulman[5]. Tahert était une cité religieuse mais cosmopolite qui attirait des commerçants et des réfugiés de l’Orient. Elle était un foyer culturel, ses bibliothèques renfermaient d’exégèse coranique et des manuscrits de médecine et d’astronomie[6].

Le site de Tahert se trouve à plus de mille mètres d'altitude ; il bénéficie de pluies abondantes et est traversé par deux cours d’eau[1].

Tahert disposait de ressources hydriques suffisantes pour le développement de vergers et de cultures maraîchères prospères[5]. Les souverains rostémides ont édifié des bâtiments agricoles et ont organisé l’irrigation[1]. L’urbanisme de Tahert est caractérisé par son aspect éclaté. La ville est constituée par la juxtaposition de quartiers communautaires : habitants originaires de Kairouan, Koufa ou Bassora, chrétiens ou tribaux et était dominée par une citadelle[5].

La destruction par les Fatimides[modifier | modifier le code]

En 909, elle est ruinée par l’attaque des berbères montagnards Kutama, alliés au dâ`i fatimide Abu Abd Allah ach-Chi'i. La ville est détruite et ses habitants sont massacrés ou exilés[7]. Les réfugiés fuient dans le désert, ils s'établissent à Sedrata près d’Ouargla. Puis, ils atteignent le Mzab[8].

Le site archéologique : Tahert-Tagdemt[modifier | modifier le code]

Il subsiste actuellement des vestiges d'époque rostémide, ainsi que de l'époque d'Abd el-Kader (en 1836, l'émir choisit le site de Tagdemt pour créer sa nouvelle capitale, à la place de Mascara).

Ces vestiges sont l'objet d'une protection officielle depuis le 26 décembre 1978[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique : De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, , 358 p. (ISBN 9782707152312), p. 29
  2. a et b Cadenat, 1960.
  3. Dans son article, Lewicki indique que cette formulation apparaît chez plusieurs historiens arabes (Lewicki, 1962, p. 514).
  4. a et b Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique..., op cité, p. 30.
  5. a, b et c Les Rustamides (761-909), sur le site qantara patrimoine méditerranéen.
  6. Gilbert Meynier, 2010, p. 31.
  7. Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique..., op cité, p. 32.
  8. C. Agabi, « Ibadites », in Encyclopédie berbère, 23 | Hiempsal – Icosium En ligne, mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 24 novembre 2012.
  9. Cf. Site de la Wilaya

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]