Petite Kabylie

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Petite Kabylie
Tamurt n leqbayel (kab)
القبائل الصغرى (ar)
vue sur la montagne de Toudja, Wilaya de Béjaïa
vue sur la montagne de Toudja, Wilaya de Béjaïa
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Capitale Béjaïa (capitale historique)
Démographie
Langue(s) kabyle[note 1]
arabe algérien (bougiote[note 2], djidjélien, autres variantes)[note 3]
français (usages savants, médias)[note 4]
arabe littéral (école, institutions)[note 5]
Coordonnées 36° 00′ 00″ N 5° 00′ 00″ E / 36, 536° 00′ 00″ Nord 5° 00′ 00″ Est / 36, 5  
Divers
Monnaie DZD
Fuseau horaire UTC + 1
Devise « Ad nerrez wala ad neknu »
(« Plutôt rompre que plier »)[note 6]

La petite Kabylie (en kabyle et de manière indifférenciée de la Grande Kabylie : Tamurt n leqbayel, littéralement « le pays des Kabyles » c'est à dire, étymologiquement « le pays des tribus ») est le nom donné par l'armée coloniale Française à la région situé à partir de l'oued aggrioun (béjaïa) jusqu'au sahel de la ville de Jijel et cela par opposition à la grande Kabylie dont la langue et le mode de vie étaient différents.

De nos jours elle a pris une autre signification (éthnique et culturel) et des frontières différentes, elle est surtout réduite à la wilaya de Béjaïa où la culture et langue berbère est imprégné dans la société.

Subdivisions géographiques[modifier | modifier le code]

Les côlons Français ont tracé les frontières de la petite Kabylie à partir de l'Oued Aggrioun dans l'est de la wilaya de Béjaïa jusqu'au Sahel (côte) de la ville de Jijel. Ce tracé a été fait pour différencier cette région de la "grande Kabylie" ou "Kabylie proprement dite"

C'est ainsi qu'Etienne Carette charger de mener un enquête pour l'armée coloniale décrivit la situation << Aussi adoptons-sans la moindre hésitation le cours inférieur de l'oued aggrioun jusqu'à son embouchure dans la mer, comme la limite entre le sahel de Djidjel et celui de Bougie, entre le pays des Kabyles et la Kabylie proprement dite >>[1]

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette appellation de petite Kabylie, comme d'ailleurs celle de Kabylie, dans la signification et espace que l'on connait aujourd'hui ne date que de l'ère coloniale, cette classification qui étaient basés sur le niveau de vie des tribus et leur manière d'habiter étaient surtout destinés à instruire les militaires sur le pays qu'ils préparaient à conquérir, ignorant ainsi les différences sociales et surtout ethniques propre à chaque région, mais cette oeuvre fera pourtant date et restera encore longtemps dans les mémoires. Plusieurs Kabylies virent le jours,

En 1847 ce fut la "Kabylie à proprement dite" ou "grande Kabylie" et la petite Kabylie qui furent surnommées ainsi. Ce n'est qu'à partir de 1851 quand fut décidée l'expédition de Saint-Arnaud que la dénomination Kabylie orientale entra en usage courant pour désigner le versant orientale du babor (région de Jijel) jusqu'à l'Edough (Wilaya d'Annaba). Mais longtemps encore on continuera de considérer à tort les populations à l'ouest et à l'est de Bejaïa comme un seul et même peuple Kabyle. Les tribus de la Petite kabylie sont pour beaucoup d'origine Zwawa, Sanhadja (Iznaguen) et Kotama. C'est historiquement le fief de la dynastie berbère islamique des hammadides, du royaume des Aït-Abbas (ou royaume de la Medjana) et de nombreuses personnalités historiques comme le cheikh Mohand Ait Mokrane dit El Mokrani, Cheikh Ahadad (Chef de la confédération des Rahmania), figures de résistance à la colonisation française.

Économie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « La variété kabyle du berbère est la langue maternelle et usuelle de l’immense majorité de la population de Kabylie […] Les départements de Tizi-Ouzou et de Bougie peuvent être considérés comme presque entièrement berbérophones. »
  2. Fatsiha Aoumer, « Renversement de situation : l’arabe de Bougie, un très ancien parler arabe citadin menacé par le berbère », sur Revue des études berbères, Centre de recherche berbère (CRB), Inalco,‎ (consulté le 8 août 2012) : « Quant à l’arabe bougiote, il se maintient dans certaines parties des quartiers de la haute ville qui s’est largement berbérisée. […] Le parler arabe de cette ville a donc reculé devant le berbère, au plan de sa pratique et de son statut, au point d'être désormais menacé de disparition. »
  3. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « les autres fragments de l’aire kabyle sont intégrés dans des unités administratives périphériques, dont la plus grande partie est arabophone (Sétif, Bouira, Boumerdès). […] Bien sûr, dans les zones de contact entre populations arabophones et berbérophones, le bilinguisme berbère/arabe dialectal est de règle. »
  4. Chaker 2004, p. 3 (éd. en ligne) : « notamment dans les couches moyennes scolarisées, c’est plutôt le français qui concurrence significativement le berbère, bien sûr à l’écrit, mais aussi dans toutes les situations formelles ou requérant une certaine élaboration linguistique (usages techniques et scientifiques, politiques…). Cette tendance est confirmée par de nombreux indices objectifs : prégnance de la presse francophone en Kabylie (avec existence de plusieurs titres régionaux), prégnance des chaînes de télévision françaises, multiplication des écoles privées francophones, usage commercial et publicitaire quasi exclusif du français… »
  5. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « les seuls lieux de Kabylie où l’on peut constater une présence de l’arabe classique sont les espaces institutionnels formels, placés sous le contrôle direct de l’administration centrale de l’État : écoles, tribunaux, gendarmeries… »
  6. Proverbe repris notamment dans Kker a mmi-s umaziɣ (Debout fils d'Amazigh), chant nationaliste algérien et berbère d'expression kabyle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hosni kitouni, Kabylie orientale dans l'histoire ([3%20à%207 lire en ligne]), Page 15

Bibliographie[modifier | modifier le code]