Djebel Irhoud

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Jebel Irhoud
Adrar Ighud
Crâne Irhoud 1
Crâne Irhoud 1
Localisation
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Afrique du Nord-Ouest
Coordonnées 31° 51′ 18″ nord, 8° 52′ 21″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Jebel Irhoud
Jebel Irhoud

Jebel Irhoud, Djebel Irhoud ou Adrar Ighud (arabe : جبل إيغود (žbəl iġud) ; berbère : ⴰⴷⵔⴰⵔ ⵏ ⵉⵖⵓⴷ Adrar Iɣud) est un site archéologique paléolithique du Maroc, localisé à 55 km environ au sud-est de Safi.

Découvert en 1961, ce site a livré de nombreux restes humains dont la datation est restée longtemps imprécise en raison des activités minières sur le site. En raison de leur localisation, ces restes ont par erreur été attribués aux Néandertaliens. En 2017[1], des datations d'ossements de l'espèce Homo sapiens indiquent un âge de 315 000 ans, avec une marge d'erreur de plus ou moins 34 000 ans. Une gazelle découpée et travaillée pour récupérer la moelle des os était localisée près des restes d'un feu. Des silex associés aux ossements, jetés et brûlés après leur utilisation sous des feux à proximité, ont livré une datation précise de 315 000 années, par mesure de thermoluminescence des électrons libres piégés dans le minéral, électrons d'abord libérés par le feu et par la suite réintégrés dans le minéral par absorption d'ions ambiants. Les outils sont réalisés selon une technique précédemment attribuée aux Néandertaliens.

Jusqu'à cette découverte, les plus anciens restes connus de l'Homme anatomiquement moderne étaient Omo 1 et Omo 2, deux crânes mis au jour en Éthiopie et datés de 195 000 ans[2],[3],[4],[5]. Les crânes ressemblent morphologiquement à une découverte située à Florisbad, en Afrique du Sud, ce qui indique une existence transafricaine de l'Homo sapiens près de 120 000 ans avant Omo 1 et 2.

Sous climat relativement sec, l'environnement de Jebel Irhoud était un milieu relativement ouvert, couvert d'arbustes de manière assez disséminée, comprenant une faune d'équidés, bovidés, gazelles, rhinocéros et divers prédateurs[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « DATA. Aux origines d'Homo sapiens et de la lignée humaine », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Jean-Jacques Hublin, Abdelouahed Ben-Ncer, Shara E. Bailey, Sarah E. Freidline, Simon Neubauer, Matthew M. Skinner, Inga Bergmann, Adeline Le Cabec, Stefano Benazzi, Katerina Harvati et Philipp Gunz, « New fossils from Jebel Irhoud, Morocco and the pan-African origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546,‎ , p. 289-292 (DOI 10.1038/nature22336).
  3. (en) Daniel Richter, Rainer Grün, Renaud Joannes-Boyau, Teresa E. Steele, Fethi Amani, Mathieu Rué, Paul Fernandes, Jean-Paul Raynal, Denis Geraads, Abdelouahed Ben-Ncer, Jean-Jacques Hublin et Shannon P. McPherron, « The age of the hominin fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546,‎ , p. 293-296 (DOI 10.1038/nature22335).
  4. « Le premier des Homo sapiens il y a 300 000 ans ? », sur http://www.hominides.com/html, .
  5. Hervé Morin, « La découverte qui bouleverse l’histoire d’« Homo sapiens » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Fethi Amani et Denis Geraards, « Le gisement moustérien du Jedel Irhoud, Maroc : précisions sur la faune et la paléoécologie », Bulletin d'Archéologie marocaine, vol. 18,‎ , p. 11-18.