Gabès

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Gabès
Oasis de Gabès
Oasis de Gabès
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Gabès
Délégation(s) Gabès Médina
Gabès Ouest
Gabès Sud
Maire Karim Kraïet[1]
Code postal 6000
Démographie
Gentilé Gabésien
Population 130 984 hab. (2014[2])
Géographie
Coordonnées 33° 53′ Nord 10° 07′ Est / 33.89, 10.11
Altitude 1[3] m
Localisation

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Liens
Site web www.commune-gabes.gov.tn

Gabès (ڨابس Prononciation du titre dans sa version originale Écouter [gɛːbɪs]) est une ville du sud-est de la Tunisie, comptant 130 984 habitants en 2014[2] et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Takapes est le nom libyco-berbère de la cité à son origine, la suppression du préfixe « Ta », qui en berbère est synonyme de « à », transformant ce nom en Kapes qui est transformé phonétiquement par les Arabes (qui n'utilisent pas le phonème /p/) en Kabes puis Gabes. Les Romains l'appelèrent Takapitanus.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située sur la côte méditerranéenne, au fond du golfe de Gabès auquel elle donne également son nom et qui constitue une importante réserve ornithologique, elle est localisée au sud-est de la Tunisie, à quelques 400 kilomètres de Tunis, 125 kilomètres de Tataouine et 100 kilomètres de Djerba. Plus grande ville du Sud tunisien après Sfax, Gabès possède la particularité d'être à la fois une oasis et un port maritime.

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Histoire[modifier | modifier le code]

Maison du vice-consul français en 1875
Port de Gabès au début du XXe siècle

L'origine du nom de Gabès nous fait conclure que la cité a été fondée par les Berbères bien avant l'arrivée des Phéniciens qui regroupent l'une de ses agglomérations en comptoir commercial. La ville reste carthaginoise jusqu'au IIe siècle av. J.-C. et la Deuxième guerre punique puis devient une colonie romaine. L'oasis devient alors un centre commercial florissant rattaché à la Tripolitaine dont Pline célèbre avec emphase la fécondité du sol. La ville est encore très prospère sous la domination byzantine.

Se trouvant à la jonction de voies de communication importantes, elle prend de l'importance avec l'arrivée des musulmans au VIIe siècle. Le géographe arabe Al-Bakri parle au VIIe siècle de Gabès comme d'une grande ville ceinte par une muraille de grosses pierres et parsemée de constructions antiques. Selon lui, la cité possède une forte citadelle, plusieurs faubourgs (situés à l'est et au sud du centre-ville), des bazars et des caravansérails, une mosquée « magnifique » et un grand nombre de bains.

Le tout est entouré d'un large fossé inondable en cas de menaces extérieures. Le géographe Al Idrissi (XIIe siècle) et Léon l'Africain (XVIe siècle) confirment cette description.

Avec l'arrivée de l'armée française en 1881, Gabès devient la plus importante garnison de Tunisie. Passée sous contrôle allemand en 1940, la ville est quasiment détruite dans les combats de la campagne de Tunisie (1943). Reconstruite à partir de 1945, elle est à nouveau dévastée par des crues en 1962[4].

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

La ville abrite une activité économique diversifiée, notamment un important secteur industriel spécialisé dans l'industrie chimique avec la présence d'un important complexe industriel de traitement des phosphates.

Une pollution des eaux et de l'air est causée par les unités du Groupe chimique tunisien implantées à Gabès[5],[6]. Habib Ayeb réalise en 2014 un documentaire intitulé Gabès Labess et traitant de cette thématique[7].

D'importantes installations de production d'électricité et de gaz naturel sont également présentes à Gabès, ainsi qu'une importante cimenterie (troisième à l'échelle nationale et la seule de tout le Sud tunisien. Des industries de transformation et de production de matières premières pour la construction sont également établies dans les environs de la ville. Le port, situé dans une zone industrialo-portuaire partagée avec la ville de Ghannouch, est le quatrième port de commerce du pays en termes de trafic et de chiffre d'affaires.

Gabès abrite aussi une infrastructure d'exploitation pétrolière off-shore et pétrochimique, ainsi qu'un nombre important d'établissements universitaires (au nombre de douze jusqu'en 2014), dont une école d'ingénieurs et un pôle technique et industriel.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Palmier servant à la préparation du legmi

Port de pêche jadis spécialisée dans la pêche au thon, Gabès abrite également sa propre conserverie. Par ailleurs, sa palmeraie de 300 000 palmiers-dattiers s'étend dans un ensemble d'une dizaine d'oasis (Oudhref, Métouia, Ghannouch, Chatt Essalem, Bou Chemma, Chenini Nahal, Teboulbou et Kettana, etc.) orienté sur un axe nord-sud le long du littoral compris entre l'oued Akarit (au nord) et l'oued El Ferd (au sud). L'importante récolte des grenades dans ces oasis a souvent fait le lien entre Gabès et les grenades (grenades de Gabès).

L'oasis de la région est connue également pour la qualité de son henné et de sa mloukhiya, produits en grandes quantités et exportés au-delà des frontières du pays.

L'oasis a été de tous temps le garde-manger de la population locale et le lieu d'une culture intensive à fort rendement. En nette régression depuis l'installation des industries chmiques dans la région, la production agricole de l'oasis est large et diversifiée : légumes (carottes, navets, oignons, piments, salades, etc.), fruits (variétés locales de dattes, grenades, abricots, pêches, variétés locales de raisin, bananes locales de petites taille, etc.), fourrage pour le bétail (luzerne) en passant par les divers produits de l'élevage (lait, viande, miel et produits de basse-cour).

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Le , le gouvernement tunisien propose l'oasis pour un futur classement sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco[8].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est en développement dans cette ville qui est aussi la seule oasis côtière au monde. La région réunit des atouts : la mer (plages de sable avec le coefficient de marée le plus important de Tunisie), montagne avec les maisons troglodytes du côté de Matmata, désert à une trentaine de kilomètres de la côte, oasis (maritime et saharienne) et sources d'eaux thermales du côté d'El Hamma.

Même si le manque d'investissement ainsi que l'implantation de l'industrie chimique dans la région ont écarté l'opportunité de créer une véritable industrie touristique sur le littoral, une politique a été mise en place afin de réduire les émissions de gaz polluants et le rejet de déchets txiques, de nettoyer le golfe de Gabès suivant les recommandations des associations internationales telles que Greenpeace, d'aménager un aéroport international ainsi que de petits hôtels pour les touristes en transit entre le nord et le sud de la Tunisie.

Depuis les années 2000, la ville et sa région ont connu le dévelpppement d'un nombre grandissant de cafés et de structures dédiées à la détente et à la culture, dans un cadre offrant aires de jeux pour les enfants, environnement naturel et diverses prestations de restauration. Situées essentiellement en bord de mer et dans l'oasis, ces installations ont donné une impulsion au tourisme local et intérieur, notamment pendant le printemps et l'été.

Des projets existent pour revaloriser le site naturel de Ras El Oued et Chelah et ses envions, qui sont des sites naturels situés dans la partie haute du bassin d'écoulement de l'oued de Gabès, au nord-ouest de l'oasis de Chenini Nahal.

Sport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Derby gabésien.

En matière sportive, Gabès abrite un club de basket-ball et deux clubs de football appartenant aux deux grands quartiers de la ville : l'Avenir sportif de Gabès du Menzel et le Stade gabésien de Jara qui évoluent respectivement en Ligue II et Ligue I du championnat national. Il existe des projets de rapprochement entre les deux clubs de football afin de créer un grand club qui prendrait le nom d'Union sportive de Gabès et serait capable de rivaliser pour le titre national.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La municipalité de Gabès a signé des accords de coopération et de jumelage avec deux villes[9] :

Personnalités[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

L'action du roman Les Prépondérants (2015) de Hédi Kaddour se déroule dans une ville qui a tout du Gabès des années 1920.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 27 novembre 2012 modifiant le décret du 8 avril 2011 portant nomination de délégations spéciales dans certaines communes du territoire de la République tunisienne, Journal officiel de la République tunisienne, n°95, 30 novembre 2012, pp. 3058-3059
  2. a et b « Recensement de 2014 », sur rgph2014.ins.tn (consulté le 8 mars 2016)
  3. (en) « Coordonnées géographiques de Gabès », sur dateandtime.info (consulté le 15 juillet 2014)
  4. Jean Hureau, La Tunisie aujourd'hui, éd. Cérès Productions, Tunis, 1975, p. 56
  5. « Catastrophe écologique, un nouvel espoir pour Gabès ? », sur tunisio.tn,‎ (consulté le 15 août 2012)
  6. « Pic de pollution dangereux dans le golfe de Gabès », sur kalima-tunisie.info,‎ (consulté le 15 août 2012)
  7. Farouk Bahri, « Film Gabès Labess de Habib Ayeb, ville martyr… », sur realites.com.tn,‎ (consulté le 15 juillet 2014)
  8. « Dossier de l'oasis de Gabès », sur whc.unesco.org (consulté le 15 juillet 2014)
  9. « Coopération internationale », sur commune-gabes.gov.tn (consulté le 15 juillet 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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