Genséric

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Genséric
Illustration.
Silique de Genséric.
Titre
Roi des Vandales et des Alains
Prédécesseur Gondéric
Successeur Hunéric
Biographie
Titre complet Rex Wandalorum Et Alanorum
Dynastie Hasdings
Date de naissance
Lieu de naissance Lac Balaton (actuelle Hongrie)
Date de décès
Lieu de décès Carthage (actuelle Tunisie)
Père Godégisel
Mère Habbra
Fratrie Gondéric
Enfants Hunéric
Théudric
Gento
Religion Arianisme
Résidence Carthage

Genséric, né vers , près du lac Balaton, et mort le , à Carthage, aussi connu sous le nom de Gaiseric ou Geiseric (en latin : Gaisericus ; en vandale : Gaisareiks, signifiant « puissant par le glaive »[1]), est un roi des Vandales et des Alains, de 428 à 477, et le fondateur du royaume vandale en 429. Il est l'un des principaux acteurs de la chute de l'Empire romain d'Occident, au Ve siècle. Au cours de ses presque 50 années de règne, il élève une tribu germanique relativement insignifiante au rang de puissance méditerranéenne majeure. Après sa mort, son royaume entre dans une rapide période de déclin, et, finalement, d'effondrement.

Succédant à son frère, Gondéric, à l'époque où les Vandales s'installent à Baetica, dans l'Hispanie romaine, Genséric se défend avec succès contre une attaque des Suèves, et transporte tout son peuple au Maghreb, en 428. Il y est peut être invité par le comte d'Afrique, Boniface, qui souhaite utiliser la force militaire des Vandales dans sa lutte contre le gouvernement impérial.

Genséric cause de grandes dévastations en se déplaçant vers l'Est du détroit de Gibraltar, à travers le Maghreb. Il affronte Boniface, bat son armée en 430, puis écrase les armées conjointes des empires romains d'Orient et d'Occident, qui sont envoyées contre lui. En 435, Genséric conclut un traité avec les Romains, en vertu duquel, les Vandales conservent la Maurétanie et une partie de la province de Numidie, en tant que foederati (alliés sous traité spécial) de Rome. Dans un mouvement de surprise, le , Genséric s'empare de Carthage, et porte un coup dévastateur au pouvoir impérial. Dans un traité, en 442, avec Rome, les Vandales sont reconnus comme les souverains indépendants de Byzacène et d'une partie de la province de Numidie. Saisissant la Sicile en 440, et plus tard, les îles Baléares, la Sardaigne, la Corse et Malte, la flotte de Genséric parvient bientôt à contrôler une grande partie de la Méditerranée occidentale.

Son exploit le plus célèbre, cependant, est la prise et le pillage de Rome en . Par la suite, Genséric vient à bout de deux grandes tentatives des Romains de le renverser, celle de l'empereur Majorien en 460 ou 461 et celle dirigée par Basiliscus à la bataille du Cap Bon en 468. Après sa mort, à Carthage, à l'âge de 77 ans, Genséric est remplacé par son fils, Hunéric.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et succession[modifier | modifier le code]

Genséric est un fils illégitime du roi Godégisel ; il est supposé être né près du lac Balaton (dans l'actuelle Hongrie) vers 389. Après la mort de son père, au combat contre les Francs, pendant la traversée du Rhin, en 406, Genséric devient le deuxième homme le plus puissant parmi les Vandales, après le nouveau roi, son demi-frère Gondéric.

Après la mort de Gondéric en 428, Genséric est élu roi. Il commence immédiatement à chercher des moyens d'augmenter la puissance, et la richesse de son peuple, qui réside alors dans la province romaine d'Hispania Baetica, dans le sud de l'Hispanie. Les Vandales ont beaucoup souffert des attaques des fédérés Wisigoths, plus nombreux, et peu de temps après avoir pris le pouvoir, Genséric décide de laisser l'Hispanie à cette tribu germanique rivale. En fait, il semble avoir commencé à construire une flotte vandale avant même qu'il ne devienne roi. En 428, il est attaqué à revers par une grande armée de Suèves, sous le commandement de Heremigarius, qui a réussi à prendre la Lusitanie[2]. Cette armée de Suève est vaincue près de Mérida, et son chef Hermigario, se noie dans la rivière Guadiana, en essayant de s'enfuir[2].

Débarquement en Afrique[modifier | modifier le code]

Profitant d'une dispute entre Boniface, et Aetius, Genséric transporte tout son peuple, 80 000 au total[note 1] dont 15 000 à 20 000 guerriers, augmenté de restes d'Alains[note 2], de Tarifa aux rivages voisins de Tanger, par le détroit de Gibraltar, en mai 429[1]. Une fois débarqué, il remporte de nombreuses batailles contre les défenseurs romains, faibles et divisés, et envahit rapidement le territoire qui comprend maintenant le Maroc, et le nord de l'Algérie. Son armée assiège la ville d'Hippone (au cours duquel saint-Augustin qui avait récemment été évêque - est mort), la prenant après 14 mois de combats acharnés. La paix entre Genséric, et l'empereur romain Valentinien III, est conclue le , et, en retour, de la reconnaissance de Genséric comme roi des terres qu'il a conquises avec ses hommes, les Vandales cessent les attaques contre Carthage, rendent tribut à l'Empire, et Genséric envoie son fils, Hunéric, comme otage, à Rome[3].

Le , notant que les armées de l'Empire d'Occident sont fortement occupées en Gaule, Genséric prend possession de Carthage par suprise. Stewart Oost remarque : « Ainsi, il accomplit sans aucun doute ce qu'il avait fait depuis sa première traversée vers l'Afrique[4] ». Les Romains sont pris au dépourvu, et Genséric prend une grande partie de la marine romaine d'Occident, accostée dans le port de Carthage. L'évêque catholique de la ville, Quodvultdeus, est exilé à Naples, puisque Genséric exige que tous ses conseillers étroits suivent la forme arienne du christianisme. Néanmoins, Genséric accorde la liberté de culte aux catholiques, tout en insistant sur le fait que l'élite du régime suive l'arianisme. Les personnes ordinaires ont des impôts bas sous son règne, car la plupart de la pression fiscale est sur les riches familles romaines, et le clergé catholique.

Ajouté à sa propre flotte naissante, le royaume vandale menace maintenant l'Empire pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale. Carthage, pendant ce temps, devient la nouvelle capitale des Vandales, et ennemie de Rome, pour la première fois depuis les guerres puniques. Avec l'aide de leur flotte, les Vandales dominent bientôt Sicile, la Sardaigne, la Corse et les îles Baléares. Genséric renforce les défenses de Carthage, et la flotte vandale, et réglemente l'emplacement des ariens, et des catholiques. En 442, les Romains reconnaissent la prise de Carthage, et le royaume vandale comme un état indépendant, plutôt que subsidiaire à la domination romaine. La région de l'actuelle Algérie, restée en grande partie indépendante des Vandales, est passée de province romaine, à alliée. Pendant les 30 années qui suivent, Genséric et ses soldats naviguent le long de la Méditerranée, vivant comme des pirates et des pillards. Une légende raconte que Genséric était incapable de sauter sur un cheval à cause d'une chute qu'il avait faite en tant que jeune homme; alors il assouvissait son désir de gloire militaire, sur la mer.

Consolidation du pouvoir et vie future[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sac de Rome (455).
Genséric mettant à sac Rome en 455, peinture par Karl Brioullov, huile sur toile, réalisée entre 1833 et 1836. Galerie d'État Tretiakov, Moscou.

En 455, l'empereur romain Valentinien III est assassiné sur les ordres de Petronius Maximus, qui a usurpé le trône. Genséric estimait que ces actes annulaient son traité de paix avec Valentinien, et le 31 mai, lui et ses hommes débarquent sur le sol italien, et marchent sur Rome, où le pape Léon Ier l'implore de ne pas détruire la ville antique, ou de tuer ses habitants. Genséric accepte, et les portes de Rome s'ouvrent à lui, et à ses hommes[5].

Maximus, qui fuit plutôt que de se battre contre le chef de guerre vandale, est tué par une foule romaine en dehors de la ville. Bien que l'histoire se souvienne du sac vandale de Rome comme un acte extrêmement brutal - en faisant du mot vandalisme un terme désignant tout acte destructif gratuit - en réalité les Vandales n'ont pas causé de grande destruction dans la ville ; ils ont, cependant, pris l'or, l'argent et beaucoup d'autres choses de valeur. Genséric prend aussi avec lui l'impératrice Licinia Eudoxia, veuve de Valentinien, et ses filles, Eudocia et Placidia. Beaucoup de gens importants ont été pris en otage pour encore plus de richesses[5]. Eudocia épouse le fils de Genséric, Hunéric, après son arrivée à Carthage. Ils avaient été fiancés plus tôt, comme un acte de solidification du traité de 442.

La pape Léon Ier tente de dissuader Genséric de mettre Rome à sac. (miniature ca. 1475).

En 468, le royaume de Genséric est la cible du dernier effort concerté des deux moitiés de l'Empire romain. Ils voulaient soumettre les Vandales, et mettre fin à leurs raids de pirates. Genséric bat la flotte byzantine commandée par Basiliscus, lors de la bataille du Cap Bon. Selon Procope de Césarée, la force d'invasion romaine totale est de 100 000 hommes, avec une flotte tirée de l'ensemble de la Méditerranée orientale[6]. Genséric a envoyé une flotte de 500 navires vandales contre les Romains, perdant 340 navires dans le premier engagement, mais réussissant à détruire 600 navires romains dans la seconde. Les Romains abandonnent la campagne, et Genséric reste le maître de la Méditerranée occidentale jusqu'à sa mort, du détroit de Gibraltar, jusqu'à la Tripolitaine[7].

Après la défaite byzantine, les Vandales tentent d'envahir le Péloponnèse, mais sont repoussés par les Maniotes, à Kenipolis, avec de lourdes pertes[8]. En représailles, les Vandales prennent 500 otages à Zakynthos, les mettent en pièces, et les jettent par-dessus bord en direction de Carthage[9].

En 474, Genséric fait la paix avec l'Empire byzantin, et le , il meurt à Carthage.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Mémoire de Genséric dans le temple du Walhalla, en Bavière - milieu du XIXe siècle.

Télévision[modifier | modifier le code]

Référencement[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. hommes, femmes, enfants, vieillards compris
  2. (écrasés par les Goths en 418)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Modéran 2011.
  2. a et b Cossue, « Breve historia del reino suevo de Gallaecia (I) », Celtiberia.net, (consulté le 11 août 2010)
  3. (en) Thomas Hodgkin, Italy and Her Invaders: The Hunnish invasion. The Vandal invasion and the Herulian mutiny. 1880, vol. 2 : Italy and Her Invaders, Clarendon Press, , 2e éd. (lire en ligne), p. 244-249.
  4. Stewart Oost, Galla Placidia Augusta: A biographical essay (Chicago: University Press, 1968), p. 259.
  5. a et b J.B. Bury, History of the Later Roman Empire (London: Macmillan, 1889), vol. 1 p. 235f.
  6. Procope, De Bello vandalico ; III.6.1. Traduit par H.B. Dewing, Procopius (Cambridge: Loeb Classical Library, 1979), vol. 2, p. 55.
  7. Priscus, fragment 42; Candidus, fragment 2. Traduits par Colin D. Gordon, The Age of Attila: Fifth Century Byzantium and the Barbarians (Ann Arbor: University of Michigan, 1966), p. 120f.
  8. Greenhalgh et Eliopoulos, Deep into Mani: Journey into the Southern Tip of Greece, p. 21.
  9. Greenhalgh et Eliopoulos, Deep into Mani: Journey into the Southern Tip of Greece, p. 21.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Sources antiques[modifier | modifier le code]

Sources contemporaines[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]