Dāna

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L'aumône aux moines à Luang Prabang, une pratique du Dana courante en Asie du sud-est.

Dāna (Pali, Sanskrit: दान dāna[1]; tibétain : སྦྱིན་པ, Wylie : sbyin pa, jinpa) est un mot désignant une vertu et signifiant générosité, don, ou charité. Il est utilisé dans l'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme. La première voyelle du mot dāna s'écrit avec un A macron (ā), deuxième lettre du syllabaire et alphabet devanagari.

Dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Il se réfère aussi à la pratique de cultiver la générosité, une des vertus les plus importantes du bouddhisme[2]. Dans sa forme la plus achevée, cette pratique correspond à la première des Perfections (paramitas) : la Perfection de Donner (dana-paramita). Cela peut être caractérisé par une générosité sans attachement et inconditionnelle, en donnant sans compter.

En tant qu’acte religieux, dāna est pratiqué tant par les religieux (bhikṣu, bhikṣuṇī) que par les laïcs (upāsaka, upāsikā). Dans la pensée bouddhiste, il a pour effet de purifier et de transformer l'esprit du donateur[3]. Pour les pratiquants bouddhistes, pratiquer dāna sans chercher à recevoir quoi que ce soit en retour, conduit à une plus grande richesse spirituelle et réduit les pulsions acquisitives égoïstes, cause de souffrances continues[4]. C'est en ce sens que la mendicité (japonais: Takuhatsu (托鉢)) des moines permet aux laïques bouddhistes de pratiquer dāna.

Dāna se rend en japonais par le terme fuse (布施)[2]. Dans le Tripitaka, on le trouve aussi associé au mot cāga qui signifie « générosité »[5].

Dans le jaïnisme[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs sortes de dana dans le jainisme. Le don peut être supatra dana c'est-à-dire dons aux mérites : de livres ou pécuniaires. Le don anukampa est aussi répertorié : il s'agit d'un vœu de compassion en offrant de la nourriture ou des médicaments[6].

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Le dāna ou don est un geste inscrit dans l'histoire du sous-continent indien envers, entre autres, les temples, les dieux, les prêtres (brahmanes), les sadhus et les swamis. En Inde, les Dânapati sont les donateurs des monastères bouddhiques.

Il est d'usage de donner de la nourriture ou des vêtements à un sadhu, une vache à un professeur lors d'un rituel: un samskara. Le riz et l'huile font aussi partie des dons tout comme un lopin de terre, pour un temple par exemple. Le dana est classé dans les obligations au-dessus des tapas et est primordial pour tout fidèle[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du Sanscrit, version DICO en ligne, entrée « dāna », lire: [1]. Consulté le .
  2. a et b Robert E. Buswell Jr. & Donald S. Lopez Jr., The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton, Princeton University Press, 2014 (ISBN 0691157863), p. 211-212.
  3. Stewart McFarlane, « Making Moral Decisions » in Peter Harvey (Ed.) Buddhism, New York, Bloomsbury Publishing, 2001, p.186.
  4. (en)Tsongkhapa, traduction: Lamrim Chenmo Translation Committee, The Great Treatise on the Stages of the Path to Enlightenment, Volume II, Boulder, Shambala, 2014, pp. 236-238
  5. (en) Lily de Silva, « Giving in the Pali Canon » in Bhikkhu Bodhi (Ed.), Dana. The Practice of Giving, 1995, sur accesstoinsight.org. Voir la section « The Value of Giving ». [lire en ligne (page consultée le 16 mai 2020)].
  6. Jainism The World of Conquerors, par Natubhai Shah, volume I, pages 103 et 104 (ISBN 8120819381)
  7. The A to Z of Hinduism, par B.M. Sullivan, publié par Vision Books, pages 117 et 118, (ISBN 8170945216)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]