Rāma

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rama.
Rāma
Rama et Hanuman (gravure occidentale)
Rama et Hanuman (gravure occidentale)
Famille
Père Dasharatha
Mère Kaushalyâ
Conjoint Sitâ
Symboles
Attribut(s) Arc

Rāma ou Rām (राम en devanāgarī, இராமர் en tamoul) est un roi véritable ou mythique de l'Inde antique, dont la vie et les exploits héroïques sont relatés dans le Rāmāyana, une des deux épopées majeures de l'Inde, écrites en sanskrit. Des données astronomiques extraites du poème épique permettraient de dater son règne approximativement au XXe siècle av. J.-C. La tradition hindouiste prétend qu'il aurait apporté le bonheur et la paix durant le Trêta-Yuga.

Le Rāmāyaṇa a été fixé par écrit plusieurs dizaines de siècles après le règne supposé de Râma, probablement autour du début de l'ère chrétienne. Cependant, les dévots hindous acceptent le Rāmāyaṇa comme un compte-rendu fidèle de la vie du Rāma historique.

Dans l'hindouisme, Rāma est considéré comme le septième avatar du dieu Vishnou. Il est l'image de l'homme parfait et est adoré au même titre que son compagnon Hanuman, la fidélité incarnée, le dieu-singe qui l'aide dans ses aventures.

Rāma est le prince d'Ayodhyâ, fils de Dasharatha et de Kaushalyâ. Sa belle-mère, la deuxième épouse de son père, Kaikeyî persuade le roi de donner le trône à son propre fils Bhârata et d'exiler Râma durant quatorze ans. Rāma, son épouse et son frère Lakshmana trouvent refuge dans la forêt. Durant cet exil, son épouse Sîtâ, la fille du roi Janaka de Videha, est enlevée par le démon Rāvana, le roi des Rakshas sur Lankâ, identifiée généralement comme l'actuelle Sri Lanka, mais que certains auteurs comme Louis Frédéric placent plutôt sur l'une du groupe de sept îles – peut-être la Heptanesia de Ptolémée – qui sont à l'origine de la ville de Mumbai. Râma, avec l'aide d'Hanumân, construit un pont entre l'Inde et l'île de Ceylan, sauve Sîtâ, tue Rāvana et devient roi d'Ayodhyâ.

Rāma tue également Vali, le roi-singe de Kishkindhya. Il est protégé pendant ses aventures par Agastya, et sauve également Ahalya, transformée en pierre par son mari pour avoir eu une aventure avec Indra.

Ces dernières années, le culte de Rāma est devenu très lié au nationalisme hindou. Rāma est considéré comme un modèle de dévotion au système des castes et aux règles du dharma, et comme un adversaire actif de ceux qui veulent les détruire.

Représentation ou mûrti[modifier | modifier le code]

On trouve la représentation de Rāma dans la Rāma-Pûrva-Tâpinî-Upanishad (4,7-10), citée par Daniélou :

« Rāma est représenté avec la Nature, son épouse, à ses côtés. Il est de couleur sombre, vêtu d'un voile jaune. Ses cheveux sont fixés en chignon. Il a deux bras, porte deux grands anneaux d'oreilles et un collier précieux. Il semble fier, tenant son arc et souriant. [...] Sur son genou gauche est assise la cause de l'Univers, l'énergie primordiale appelée la Froide (Sâtî). Elle a l'éclat de l'or pâle. Ses deux bras sont couverts de bijoux célestes. Elle tient dans sa main un lotus. [...] Rāma paraît fort et beau. Derrière lui on aperçoit son frère Lakshamana qui est couleur d'or pâle. Il tient un arc et des quelques flèches. Les trois forment un triangle. »

le prince Rama dans une danse balinaise

Épithètes et noms locaux de Rāma[modifier | modifier le code]

Rāma est aussi appelé Rāmaiyâ, Dasharatha-Rāma, Sîtâpati, Koshalendra, Raghupati, etc. Il est Phra Lam en laotien et en thaï, Ream en khmer.

Divers[modifier | modifier le code]

D'après Daniélou[1], le nom - « Charmant » - et la quête de son épouse enfermée dans une forteresse lointaine, gardée par un démon, fait de la geste de Râma l'origine très probable du personnage du « Prince charmant » des légendes occidentales.

Le lieu supposé de la naissance de Rāma à Ayodhyā, où se serait trouvé un temple détruit pour construire la mosquée de Bābur est une source de conflits inter-communautaires en Inde.

D'après Ramakrishna Paramahamsa (l'Evangile selon Sri Ramakrishna): « Rāma est le guru de Shiva, Shiva est le guru de Rāma ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir page 265 in Le polythéisme hindou, Alain Daniélou, Buchet Chastel, 1960

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]