Sectes Digambara

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Mahâvîra lorsqu'il atteint la libération.

Le jaïnisme a connu ses premiers Maîtres éveillés les Tirthankaras à partir du Xe siècle av. J.-C. Depuis Mahâvîra le dernier Maître l'éclatement de l'ordre en différentes sectes, s'est produit notamment par la dispersion géographique de cette religion. Suivant les endroits et les cultures existantes, la foi n'était plus tout à fait vécue de la même façon. À partir du IVe siècle av. J.-C. et jusqu'au Ier siècle de notre ère, de nombreux courants sont nés. Le vrai schisme, le plus visible est apparu au temps de Bhadrabahu, aux alentours du IIIe siècle av. J.-C.. Digambara veut dire: vêtu du ciel; alors que shvetambara signifie: vêtu de blanc. En fait les deux courants se sont divisés sur l'attachement aux choses terrestres et notamment aux habits. Les digambaras ont conservé la règle de nudité et d'ascétisme, tandis que les shvetambaras sont habillés de coton blanc. Avec le temps, les siècles passants, des interprétations différentes des textes sont apparues entre ces deux branches; pour autant les pèlerinages, les rituels, et les festivals sont en grande majorité identiques[1].

Une autre différence notable entre le jaïnisme digambara et le jaïnisme shvetambara est que le jaïnisme digambara considère qu'il faut naître homme et mâle pour pouvoir atteindre le nirvana et que la femme (y compris la nonne jaïne digambara, qui doit vivre habillée) doit se réincarner en humain de sexe masculin pour connaître la délivrance des réincarnations par des pratiques ascétiques poussées dont fait partie la nudité intégrale en toute situation (la nudité, chez les jaïns digambara, est réservée aux seuls moines masculins ; dans le lingayatisme en revanche, la nudité ascétique a aussi été pratiquée par des femmes, comme Akka Mahadevi). Dans le jaïnisme shvetambara, une femme peut aussi atteindre le nirvana après être devenue nonne jaïne ; de plus, dans le jaïnisme shvetambara, le Tirthankara Mallinath n'est pas un homme comme chez les jaïns digambara, mais une femme [2].

Des sous-sectes existent au sein même des Digambaras; les majeures sont le Bisapantha, le Terâpantha et le Târanapantha. Les deux sectes mineures sont le Gumânapantha et le Totâpantha[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jainism The World of Conquerors, par Natubhai Shah, volume I, pages 70 et suivantes, (ISBN 8120819381)
  2. Vilas Adinath Sangave, Le Jaïnisme, traduction de Pierre Amiel, éditions Tredaniel, page 117 (ISBN 2-84445-078-4).
  3. The A to Z of Jainism de Kristi L. Wiley édité par Vision Books, pages 78 et 79, (ISBN 8170946816)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre P. Amiel, Les Jaïns aujourd'hui dans le monde, Paris, L'Harmattan, 2003 (ISBN 2-7475-5354-X).
  • Pierre P. Amiel, B.A.-BA du jaïnisme, Grez-sur-Loing, Pardès, 2008 (ISBN 978-2-86714-411-0).
  • Dayanand Bhargave, Jaïna Ethics, Delhi, Motilal Banarsidass, 1968.
  • Collette Caillat, Les Expiations dans le rituel ancien des religieux jaïna, Éditions De Boccard, 1965.
  • Collette Caillat, Ravi Kumar, La Cosmologie jaïna, Paris, Chêne/Hachette, 1981.
  • Appaswami Chakravarti, The Religion of Ahimsâ: the Essence of Jaina Philosophy and Ethics, Varthamanan Pathipagam, 1957.
  • Bool Chand, Mahâvîra, le Grand Héros des Jaïns, Maisonneuve et Larose, 1998 (ISBN 2-7068-1326-1).
  • A. Guérinot, La Religion Djaïna, Paul Geuthner, 1926, ASIN : B0000DY141.
  • Paule Letty-Mouroux, Une nouvelle approche du Jaïnisme, Paris, Detrad, 1994.
  • Paule Letty-Mouroux, Cosmologie Numérique Teerthankara, Paris, Detrad, 1994.
  • Jean-Pierre Reymond, L'Inde des Jaïns, Atlas, 1991.
  • Vilas Adinath Sangave, Le Jaïnisme, traduit par Pierre P. Amiel, Paris, Tredaniel, 1999, (ISBN 2844450784).
  • N. Shanta, La Voie jaina: Histoire, spiritualité, vie des ascètes pèlerines de l'Inde, Paris, O.E.I.L., (1985), (ISBN 2868390269).
  • Nicole Tiffen, Le Jaïnisme en Inde: Impressions de voyage et photographies, Introduction de Colette Caillat, Genève, Weber, 1990, (ISBN 7047440631).