Noble Chemin octuple

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Dharmacakra ou roue du dharma, avec les 8 rayons représentant les huit membres du Noble Chemin octuple.

Le Noble Chemin ou Sentier octuple (sanskrit IAST aṣṭāṅgamārga ; pāli aṭṭhāṅgika magga) est, dans le bouddhisme, la voie qui mène à la cessation de la souffrance (dukkha) ainsi qu'à la délivrance totale (nirvāṇa)[1]. Il est également appelé « Chemin du milieu », car il évite les deux extrêmes que sont d'une part la poursuite du bonheur dans la dépendance du plaisir des sens et d'autre part la poursuite de la libération dans la pratique de l'ascétisme et de la mortification.

Le Bouddha Gautama ayant fait l'expérience de ces deux extrêmes, découvrit ainsi le Noble Chemin « qui donne vision et connaissance, qui conduit au calme, à la vision profonde, au nirvāṇa ». Il énonce le Noble Chemin octuple lors de son premier sermon à Sârnâth.

Les quatre nobles vérités[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quatre nobles vérités.

Le cœur de l'enseignement du Bouddha est contenu dans les Quatre nobles vérités exposées dans le premier sermon intitulé Mise en route de la roue de la loi (Dhammacakkappavattana sutta) qu'il fit à Sarnath, près de Bénarès, devant les cinq bikkhus (moines) qui furent ses anciens compagnons d'ascétisme. Là, le Bouddha, tel un médecin connaissant les maux du monde et leur remède, les énonce et, dans d'autres enseignements, les explicite[2].

Ces Quatre Nobles Vérités sont :

  1. Dukkha : la nature de la vie, la souffrance, les chagrins et les joies ; son imperfection, son impermanence et son insubstantialité. Il faut comprendre cela comme un fait, clairement et complètement.
  2. Samudaya (en), l'origine de dukkha : le désir, la soif de vivre (taṇhā), accompagnés de toutes les passions, souillures et impuretés. La simple compréhension de ce fait n'est pas suffisante ; il faut écarter ce désir, l'éliminer, le déraciner.
  3. Nirodha, la cessation de dukkha : compréhension de la possibilité d'atteindre le nibbana, la vérité absolue, la réalité ultime.
  4. Magga, l'octuple sentier conduisant au nibbana : la simple connaissance de l'Octuple Noble Sentier n'est pas suffisante, il faut le suivre et s'y tenir.

Le noble sentier octuple[modifier | modifier le code]

Quatrième des Quatre nobles vérités, le chemin comporte huit membres (anga en sanskrit) regroupés en trois parties. Ces huit membres ne sont pas suivis séquentiellement mais simultanément par les pratiquants du bouddhisme. Les trois parties (sagesse, éthique et méditation) forment le « chemin triple », une autre expression de la voie bouddhique (ces diverses expressions sont notamment là pour aider à ne pas voir les choses de façon trop rigide ou structurée, mais pour donner divers éclairages sur une pratique qui se doit essentiellement d'être une pratique « intégrée »). Les huit membres sont les suivants:

Les quatre nobles vérités et le noble chemin octuple

  • A « Śīla; Sīla » : la moralité, la discipline, l'éthique :
    • 1 « samyag-vāc; sammā-vācā » : parole juste (ne pas mentir, ne pas semer la discorde ou la désunion, ne pas tenir un langage grossier, ne pas bavarder oisivement) ;
    • 2 « samyak-karmānta; sammā-kammanta » : action juste (respectant les Cinq Préceptes) ;
    • 3 « samyag-ājīva; sammā-ājīva » : moyens d'existence justes ou profession juste.
  • B « samādhi », la discipline mentale, la concentration ou la méditation :
    • 4 « samyag-vyāyāma; sammā-vāyāma » : effort ou persévérance juste (de vaincre ce qui est défavorable et d'entreprendre ce qui est favorable) ;
    • 5 « samyak-smṛti; sammā-sati » : attention juste, pleine conscience ou prise de conscience juste (des choses, de soi - de son corps, de ses émotions, de ses pensées -, des autres, de la réalité) ;
    • 6 « samyak-samādhi; sammā-samādhi » : concentration, établissement de l'être dans l'éveil (vipassana).
  • C « Prajñā; paññā » : la grande sagesse parfaite :
    • 7 « samyag-dṛṣṭi; sammā-diṭṭhi » : vision juste ou compréhension juste (de la réalité, des quatre nobles vérités) ;
    • 8 « samyak-saṃkalpa; sammā-saṅkappa » : pensée juste ou discernement juste (dénué d'avidité, de haine et d'ignorance).

Le terme « juste » est la traduction la plus fréquente du terme « sammā » qualifiant chaque étape du chemin ; certains auteurs le traduisent cependant par « parfait », trouvant le terme « juste » trop restrictif.

La première étape du chemin est la sagesse (prajñā) ; elle consiste en une vision directe de la réalité, et en particulier des trois caractéristiques de l'existence.

Les huit membres sont représentés par la roue du dharma, symbole du bouddhisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Princeton dictionary of buddhism par Robart E. Buswell Jr et Donald S; Lopez Jr aux éditions Princeton University Press, ISBN 0691157863, pages 279 et 280.
  2. Fernand Schwarz, La tradition et les voies de la connaissance, Paris, Ancrages,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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