Jacinda Ardern

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Jacinda Ardern
Illustration.
Jacinda Ardern en .
Fonctions
Première ministre de Nouvelle-Zélande
Ministre de la Sécurité nationale et du Renseignement
Ministre des Arts, de la Culture et du Patrimoine
Ministre des Enfants vulnérables[a]
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 25 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Dame Patsy Reddy
Gouvernement Ardern
Prédécesseur Bill English (Premier ministre et Sécurité nationale et Renseignement)
Carmel Sepuloni (en) (Arts, Culture et Patrimoine)
Chef du Parti travailliste de Nouvelle-Zélande
En fonction depuis le
(1 an, 11 mois et 20 jours)
Prédécesseur Andrew Little
Chef de l'Opposition

(2 mois et 25 jours)
Prédécesseur Andrew Little
Successeur Bill English
Membre de la Chambre des représentants
En fonction depuis le
(10 ans, 8 mois et 13 jours)
Circonscription Élue de liste (2008-2017)
Mount Albert (depuis 2017)
Prédécesseur David Shearer (Mount Albert)
Biographie
Nom de naissance Jacinda Kate Laurell Ardern
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Hamilton (Nouvelle-Zélande)
Nationalité Néo-Zélandaise
Parti politique Parti travailliste
Diplômée de Université de Waikato

Jacinda Ardern
Premiers ministres de Nouvelle-Zélande

Jacinda Ardern /dʒəˈsɪndə ˈɑːdɜːn/[b], de son nom complet Jacinda Kate Laurell Ardern, née le à Hamilton, est une femme d'État néo-zélandaise, Première ministre depuis le .

Membre de la Chambre des représentants depuis 2008, elle devient chef du Parti travailliste de Nouvelle-Zélande le et à ce titre, se trouve dès lors à la tête de l'opposition[1]. Après les élections législatives du où son parti obtient 35,7 % des suffrages, elle parvient en octobre à un accord avec le parti Nouvelle-Zélande d'abord et avec le Parti vert pour former un gouvernement de coalition. Jacinda Ardern devient ainsi Première ministre de son pays, la seconde plus jeune personne (après Edward Stafford en 1856), la troisième femme à occuper ce poste en Nouvelle-Zélande ainsi que la deuxième à donner naissance à un enfant durant son mandat de Première ministre, après Benazir Bhutto au Pakistan en 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Ross Ardern, Haut-commissaire de Nouvelle-Zélande à Niue et ancien policier[2], Jacinda Ardern est élevée dans la foi mormone. Elle abandonne sa religion dans les années 2000 en raison des positions homophobes de l'Église mormone[3].

Née à Hamilton, Jacinda Ardern grandit à Murupara, une petite ville de la région de la Baie de l'Abondance puis à Morrinsville. En 1999, elle rejoint l'université de Waikato où elle obtient une licence en communication. Entrée au Parti travailliste de Nouvelle-Zélande à l'âge de 17 ans, elle travaille pour Phil Goff et Helen Clark, leaders du parti, à la fin de ses études[3],[2]. Elle est nommée vice-Présidente des Jeunes travaillistes en 2003 et 2004[4].

En 2006, Jacinda Ardern part à New York où elle travaille pendant six mois comme volontaire dans une soupe populaire et pour une association défendant le droit des travailleurs. Elle décroche un poste de conseillère politique senior au cabinet de Tony Blair, alors Premier Ministre britannique, à Londres[5]. Elle est ensuite élue Présidente de l'Union Internationale de la Jeunesse Socialiste en 2008. Cette expérience lui donne l'occasion de voyager en Inde, au Liban, en Algérie et en Cisjordanie[4].

En 2008, Jacinda Ardern rentre en Nouvelle-Zélande. Le Parti travailliste lui demande de faire campagne pour devenir députée de Waikato. Elle perd les élections mais elle entre tout de même au Parlement néo-zélandais le [6] grâce à sa vingtième position sur la liste du Parti travailliste[7]. Âgée de seulement 28 ans, Ardern devient la plus jeune membre du Parlement et conserve ce titre jusqu'en 2010. Elle est nommée porte-parole chargée de la jeunesse et porte-parole adjointe chargée de la justice juvénile par son parti, deux positions qu'elle occupe jusqu'en 2011[6]. Elle échoue à nouveau aux élections de 2011 et 2014 mais continue à siéger sur liste au Parlement[3].

En février 2017, Jacinda Ardern est élue députée dans la circonscription de Mount Albert[3]. Sa popularité lors des primaires travaillistes lui permet d'être élue vice-chef du Parti travailliste en mars 2017[8]. À 36 ans, elle est le plus jeune membre à avoir obtenu ce titre[9].

Alors que le Parti travailliste se trouve à son niveau le plus bas dans les sondages en 20 ans, son chef Andrew Little choisit d'en assumer la responsabilité et de démissionner. Jacinda Ardern est choisie pour le remplacer, moins de deux mois avant les élections législatives du [10]. À 37 ans, elle devient ainsi Leader de l'Opposition et la plus jeune cheffe du Parti travailliste de l'histoire néo-zélandaise[9]. Les intentions de vote pour le Parti travailliste montent en flèche après sa nomination, allant jusqu'à dépasser les intentions de vote du Parti national adverse à un mois des élections législatives. La popularité de Jacinda Ardern auprès de l'électorat néo-zélandais est telle que la presse évoque une « Jacindamania »[11],[12],[13],[14],[15].

Son parti obtient 35,7 % des suffrages. Après avoir obtenu un certain succès dans ces élections législatives (7,2 %), le chef du parti Nouvelle-Zélande d'abord, Winston Peters accepte le de former une coalition avec les travaillistes et le Parti vert (6,3 % des suffrages), assurant ainsi à Jacinda Arden de devenir Première ministre[16].

Première ministre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cabinet Ardern.
Jacinda Ardern avec son vice-Premier ministre Winston Peters et le gouverneur général, Dame Patsy Reddy, le .

Durant la campagne électorale, les travaillistes et Nouvelle-Zélande d'abord (NZF) avaient tous deux prôné une réduction de l'immigration, et le Parti travailliste était davantage réceptif au protectionnisme de NZF que ne l'était le Parti national, très attaché à l'immigration et au libre-échange. L'accord de gouvernement annoncé par les partis de la nouvelle coalition inclut ainsi une réduction de l'immigration d'environ 25 000 personnes par an, et une renégociation de l'Accord de partenariat transpacifique pour y introduire une clause interdisant aux étrangers d'acheter des terres en Nouvelle-Zélande.

La coalition promet aussi la construction de 100 000 logements à prix abordables à l'horizon 2027, et une interdiction aux spéculateurs étrangers d'acheter des logements existants. Sur le plan social et environnemental, le gouvernement promet un renforcement des services publics de santé mentale, un accroissement quasi-immédiat du salaire minimum horaire (qui serait porté à 16,50 dollars), un plan d'assainissement des rivières et des lacs pollués, et un objectif de neutralité carbone pour l'économie[17].

Outre la direction du gouvernement, Jacinda Ardern prend en charge les fonctions de ministre de la Sécurité nationale et du Renseignement, ministre des Arts, de la Culture et du Patrimoine, et ministre des Enfants vulnérables. Elle nomme Winston Peters, chef du parti Nouvelle-Zélande d'abord, aux postes de vice-Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères, tandis que James Shaw, chef du Parti vert, devient ministre du Changement climatique[18].

À l'annonce de sa grossesse, le , Ardern annonce qu'elle quittera temporairement son poste à la suite de la naissance de son futur enfant, pour une période de six semaines. C'est son vice-Premier ministre Winston Peters qui occupera la fonction de Premier ministre jusqu'à son retour. Peters devient Premier ministre par intérim le 21 juin 2018, date à laquelle Ardern a accouché. L'intérim se termine le 2 août 2018 avec le retour d'Ardern au pouvoir[19],[20]. Elle est la seconde femme dans le monde à accoucher en fonction, après Benazir Bhutto[21].

Le 24 septembre 2018, elle assiste à l'Assemblée générale annuelle de l'Organisation des Nations unies avec sa petite fille de trois mois, Neve. Elle est la première femme dirigeante à amener son bébé dans l'hémicycle. Selon le porte-parole de l'Organisation, Stéphane Dujarric, « C’est tout à fait une bonne chose et nous étions ravis d’avoir Neve dans l’hémicycle de l’Assemblée Générale. Avec seulement 5% de femmes dirigeantes dans ce monde, nous devons tout faire pour qu’elles se sentent accueillies le mieux possible. »[21].

Le 15 mars 2019, Jacinda Ardern est en fonction alors que la Nouvelle-Zélande est touchée par un attentat terroriste d'un sympathisant d'extrême-droite d'origine australienne qui vise les mosquées et les personnes musulmanes de Christchurch et fait 50 morts et mortes et autant de personnes blessées[22]. Deux autres hommes et une femme sont arrêtés par la police néo-zélandaise en rapport avec l'attaque[23]. Jacinda Ardern tient alors une allocution où elle qualifie ce massacre d'« un des jours les plus sombres qu'ait connus la Nouvelle-Zélande »[24]. Elle invite ses concitoyennes et ses concitoyens avant tout à la « compassion pour les victimes » et ensuite « à la plus ferme condamnation possible de l'idéologie des personnes [qui ont commis ce crime] ». Elle ajoute que ces criminels « n'ont pas leur place en Nouvelle-Zélande, et en fait n'ont leur place nulle part dans le monde »[25].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jacinda Ardern vit avec le présentateur de télévision Clarke Gayford (en). Le couple s'est rencontré en 2013 lorsque Clarke Gayford a contacté Jacinda Ardern, alors membre du Parlement, pour discuter d'un problème local[26].

Pendant la campagne électorale, Jacinda Ardern n'avait pas encore d'enfant, ce qui a poussé plusieurs journalistes à l'interroger sur ses projets de grossesse et sur sa capacité à assurer le poste de Premier ministre si elle venait à être enceinte. La question a indigné d'autres journalistes qui y ont vu du sexisme[1],[27].

Le 19 janvier 2018, Jacinda Ardern annonce sa grossesse par les réseaux sociaux. Elle explique avoir appris la nouvelle quelques jours seulement avant son élection au poste de Premier ministre et précise qu'elle prévoit de prendre six semaines de congé maternité au mois de juin 2018. Pendant cette période, la gestion du pays a été confiée à son vice-Premier ministre, Winston Peters. Après le retour à son poste, son compagnon Clarke Gayford décide de devenir père au foyer. Les personnalités politiques néo-zélandaises, parmi lesquelles son rival conservateur pendant les élections, l'ancien Premier ministre Bill English, ont félicité Jacinda Ardern dès son annonce. James Shaw, leader du Parti vert, déclare : « Qu'une femme puisse être Premier ministre de Nouvelle-Zélande et choisir d'avoir une famille tout en restant à son poste est très révélateur du pays dans lequel nous vivons et que nous pourrions devenir : un pays moderne, progressiste, inclusif et égalitaire. »[28],[29]

Elle accouche finalement d'une petite fille le 21 juin 2018[30].

Jacinda Ardern est connue dans la presse et auprès de l'électorat pour son passe-temps de DJ[11],[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Isabelle Dellerba, « En Nouvelle-Zélande, la nouvelle chef des travaillistes pourfend le sexisme », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 7 août 2017).
  2. a et b (en) « The rise and rise of Jacinda Ardern », Radio New Zealand,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  3. a b c et d (en) Nicholas Jones, « Who is Jacinda Ardern? », NZ Herald,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  4. a et b « Candidate profile: Jacinda Ardern », Newshub,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  5. (en) « Jacinda Ardern: I didn't want to work for Tony Blair », sur Stuff, (consulté le 2 septembre 2017).
  6. a et b (en) « New Zealand Parliament - Jacinda Ardern », sur New Zealand Parliament (consulté le 2 septembre 2017).
  7. (en) Kim Knight, « The politics of life: The truth about Jacinda Ardern », NZ Herald,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  8. (en) « Jacinda Ardern confirmed as Labour's new deputy leader », NZ Herald,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  9. a et b (en) « What are Labour's new leaders Jacinda Ardern and Kelvin Davis all about? », sur Stuff, (consulté le 2 septembre 2017).
  10. « Nouvelle-Zélande : l’opposition change de chef à l’approche des élections - nouvelle calédonie 1ère », nouvelle calédonie 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  11. a et b Isabelle Dellerba, « Nouvelle-Zélande : bientôt une première ministre ? », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 30 septembre 2017).
  12. « Nouvelle-Zélande : le premier ministre inquiet de la remontée de l’opposition - Nouvelle Calédonie 1ère », Nouvelle Calédonie 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  13. (en-GB) Kate Shuttleworth, « 'Jacindamania' lifts Labour into poll lead in New Zealand election », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  14. (en) « Shock poll: Labour leapfrogs National, Jacinda Ardern leads Bill English in preferred PM », NZ Herald,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  15. (en) « The woman behind the 'Jacindamania' sweeping New Zealand », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  16. « Nouvelle-Zélande: la travailliste Ardern en position de former un gouvernement », TV5MONDE,‎ (lire en ligne, consulté le 19 octobre 2017).
  17. (en) « Policy under the new Government: What we know so far », sur The New Zealand Herald, .
  18. (en) « New government ministers revealed », sur Radio New Zealand, .
  19. (en) Henry Cooke, « Jacinda Ardern is still prime minister, but Winston Peters is chairing Cabinet. Here's why », sur Stuff.co.nz, (consulté le 21 juin 2018).
  20. (en) Jane Patterson, « Winston Peters is in charge: His duties explained », sur Radio New Zealand, (consulté le 21 juin 2018).
  21. a et b « Un bébé à l'ONU: la Première ministre néo-zélandaise crée l'événement », www.ntd.tv,‎ (lire en ligne, consulté le 27 septembre 2018)
  22. (en-GB) « What is known about NZ shooting suspects? », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2019)
  23. (en-GB) « New Zealand mosque shootings kill 49 », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2019)
  24. (en) « Terrorist Attacks on Two New Zealand Mosques Leave 49 Dead », sur www.bloomberg.com, Bloomberg, (consulté le 15 mars 2019)
  25. (en) « New Zealand PM: Dozens killed in 'terrorist' attack on mosques », sur www.aljazeera.com, AL JAZEERA NEWS, (consulté le 15 mars 2019)
  26. (en) « The spotlight on Jacinda Ardern's TV presenter partner Clarke Gayford », sur Stuff (consulté le 2 septembre 2017).
  27. « Nouvelle-Zélande: du sexisme envers la chef de l'opposition », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).
  28. (en) « Prime Minister Jacinda Ardern announces pregnancy », NZ Herald,‎ (ISSN 1170-0777, lire en ligne, consulté le 18 janvier 2018).
  29. (en) « NZ Prime Minister Jacinda Ardern announces she's pregnant », sur Stuff (consulté le 18 janvier 2018).
  30. (en) « New Zealand prime minister gives birth to healthy baby girl », sur afp.com, (consulté le 21 juin 2018).
  31. (en) Henry Oliver, « The complete-ish history of Jacinda Ardern’s DJ career », The Spinoff,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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