Imran Khan

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Imran Khan
Illustration.
Imran Khan au Forum économique mondial en janvier 2012.
Fonctions
Député à l'Assemblée nationale
En fonction depuis le
Élection
Législature élections législatives de 2013
Élection
Législature élections législatives de 2002
Biographie
Nom de naissance Imran Ahmad Khan Niazi
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Lahore, Pendjab
Nationalité Drapeau du Pakistan Pakistan
Parti politique Mouvement du Pakistan pour la Justice
Diplômé de Université d'Oxford
Religion Islam

Imran Khan Niazi (ourdou : عمران خان نیازی) communément appelé Imran Khan, né le , est un ancien joueur pakistanais de cricket devenu homme politique après sa retraite sportive. Outre ses activités politiques, Khan est aussi un philanthrope et commentateur de cricket. Il a fondé le Mouvement du Pakistan pour la Justice, parti politique qu'il dirige.

Khan a joué pour l'équipe pakistanaise de cricket de 1971 à 1992 et a été par intermittence son capitaine sur la période 1982-1992. Après s'être retiré du cricket à la fin de la Coupe du monde de 1987, il a été rappelé pour rejoindre l'équipe en 1988. À 39 ans, Khan mena son équipe à la victoire de la Coupe du monde de 1992, la première et seule victoire du Pakistan en Coupe du monde.

En avril 1996, Khan fonde et assure la présidence du Mouvement du Pakistan pour la Justice (PTI), un parti politique longtemps petit et marginalisé, dont il a été le seul membre élu au Parlement jusqu'en 2013[1]. Cependant, son parti émerge lors des élections de 2013 comme la troisième force du pays et lui-même est élu député, devenant l'une des principales figures politiques du pays.

Vie personnelle et éducation[modifier | modifier le code]

Imran Khan est né à Lahore, dans la province du Pendjab, de Ikramullah Khan Niazi, qui a été ingénieur civil, et Shaukat Khanum, décédée d'un cancer en 1985. Sa famille est originaire de Mianwali et issue d'une tribu pachtoune parlant seraiki. Il vit, avec ses quatre sœurs, à Lahore dans un milieu aisé et cultivé.

Il fait sa scolarité à Lahore, puis en Angleterre, où il intègre le cours Philosophie, politique et économie du Keble College de l'Université d'Oxford en 1972. Il y côtoie notamment Benazir Bhutto, femme politique majeur du Pakistan[2].

Il s'est marié à Jemima Khan en 1995 à Paris. Ils ont divorcé à l'amiable en 2004 et Imran Khan vit à Islamabad depuis après avoir longuement fréquenté les endroits huppés de Londres. En 2015, il se marie en seconde noce avec Reham Khan, journaliste à la télévision pakistanaise, mais l'union est de courte durée. En 2018, il officialise son union avec Bushra Manika qu'il désigne comme ayant été « guide spirituelle », l'éloignant définitivement de son passé « jet seteur »[3].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Imran Khan en novembre 2009.

Imran Khan a joué pour l'équipe pakistanaise de cricket de 1971 à 1992 et a été par intermittence son capitaine sur la période 1982-1992. Après s'être retiré du cricket à la fin de la Coupe du monde de 1987, il a été rappelé pour rejoindre l'équipe en 1988. À 39 ans, Khan mena son équipe à la victoire de la Coupe du monde de 1992, la première et seule victoire du Pakistan en Coupe du monde. Il est distingué par l'ICC Cricket Hall of Fame.

Philanthropie[modifier | modifier le code]

Après sa retraite du cricket en 1992, et durant plus de quatre ans, Khan se consacra entièrement à des activités philanthropiques. En 1991, il avait fondé le Shaukat Khanum Memorial Trust, une association caritative nommée en hommage à sa mère, Shaukat Khanum. Pour le premier accomplissement du Memorial Trust, Khan instaura le premier et seul hôpital pour cancéreux du Pakistan, construit avec des dons et des fonds dépassant les 25 millions de dollars, que Khan collecta dans le monde entier. En mémoire de sa mère, qui décéda d'un cancer, le Shaukat Khanum Memorial Cancer Hospital & Research Centre (en), un hôpital caritatif pour cancéreux couvrant 75 % des frais de soin, ouvrit à Lahore le .

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Fondation du PTI et débuts difficiles[modifier | modifier le code]

Imran Khan donnant un autographe.

Quelques années après la fin de sa carrière professionnelle dans le cricket, Khan s'engagea dans la vie politique. Il admit n'avoir jamais voté à une élection auparavant. Depuis lors, ses travaux politiques majeurs ont consisté à s'opposer aux dirigeants politiques au pouvoir, tels que Pervez Musharraf ou Asif Ali Zardari, ainsi qu'aux politiques étrangères avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Il a fondé son propre parti politique, le Mouvement du Pakistan pour la Justice (« Pakistan Tehreek-e-Insaf », PTI), le 25 avril 1996. Il échoue aux élections législatives de 1997, en ne remportant aucun siège. En revanche, le PTI obtient un siège aux élections législatives de 2002, grâce à l'élection d'Imran Khan dans une circonscription de l'Assemblée nationale du district de Mianwali[4].

En 2007, Imran Khan et son parti s'engagent dans le mouvement des avocats, de même que d'autres partis d'opposition, pour protester contre la révocation de nombreux juges par le président Pervez Musharraf. C'est dans ce contexte que son parti boycotte les élections législatives de 2008.

Ascension politique et élections de 2013[modifier | modifier le code]

Rassemblement politique du Mouvement du Pakistan pour la Justice à Abbottabad, en avril 2012.

Dès 2011, à l’approche des élections législatives de 2013, son parti profite d'une attention soudaine, réunissant des foules importantes et bénéficiant du ralliement de nombreux hommes politiques, venant notamment des trois principaux partis.

Dans le cadre de l'affaire du mémorandum qui provoque une crise politique en 2011-2012, Imran Khan demande des élections anticipées. Il indique par ailleurs qu'il ne supporterait pas d'action anti-constitutionnelle de la part de l'armée, en référence à des rumeurs de coup d'État[5].

En vue des élections de 2013, il a indiqué son ambition de devenir Premier ministre et cherche donc à obtenir une majorité pour son parti[6]. Il dénonce les deux partis historiques, centre son discours autour de la lutte contre la corruption et pour l'union du pays, en rejetant toute influence étrangère et cherchant à protéger la souveraineté du pays. Il s'oppose aux attaques de drones américains dans les régions tribales ainsi qu'à la lutte armée contre les talibans anti-gouvernementaux, et dit rechercher une solution politique[7].

Les sondages publiés en 2012 donnent son parti entre la première et troisième position, avec entre 17 et 31 % des voix. Mais c’est finalement Nawaz Sharif et son parti qui remportent les élections, ce premier devenant Premier ministre. Imran Khan est pour sa part élu député simultanément dans trois circonscriptions nationales : avec 62 % des voix dans la première de Peshawar, 50,2 % dans la septième de Rawalpindi et 61,6 % dans la première de Mianwali[8]. De même, son parti s'inscrit comme la troisième force de l'Assemblée nationale et surtout, il remporte le scrutin dans la province de Khyber Pakhtunkhwa et mène une coalition gouvernementale, dirigée par un proche de Khan, Pervez Khattak.

Figure de l'opposition[modifier | modifier le code]

Imran Khan rencontre John Kerry en 2013.

Bien que reconnaissant dans un premier temps la défaite de son parti aux élections législatives de 2013, Imran Khan dénonce rapidement des fraudes électorales à Karachi en faveur du parti local, puis dans le Pendjab en faveur du vainqueur de l'élection, la Ligue musulmane du Pakistan (N). Les plaintes déposées à la Cour suprême aboutissent rapidement à un nouveau scrutin dans une circonscription très contestée de Karachi, mais les recours déposés à propos de 55 circonscriptions du Pendjab ne donnent rien[9].

En août 2014, il lance en parallèle avec Mohammad Tahir ul-Qadri une marche politique partant de Lahore et terminant par un sit-in dans la capitale Islamabad. Il demande de nouvelles élections législatives et la démission du Premier ministre Nawaz Sharif. Rencontrant un certain succès, il réunit entre 100 000 et million de personnes dans des rassemblements dans l'ensemble pacifiques. En décembre 2014, alors que les négociations avec le gouvernement n'ont rien donné et que la mobilisation s’essouffle, Imran Khan met un terme au mouvement peu après le massacre de l'école militaire de Peshawar, invoquant des « raisons de sécurité » et le besoin d'« unité nationale »[10].

Pour les élections législatives de 2018, son mouvement fait partie des deux favoris. Imran Khan établit d'ailleurs à l'occasion de celles-ci un virage plus conservateur, indiquant par exemple vouloir sauvegarder la loi interdisant le blasphème[3],[2].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Imran Khan est souvent décrit comme populiste et régulièrement critiqué pour son manque de régularité et son incohérence politique. Longtemps vu comme un libéral, il devient plus conservateur au fil des années et est même parfois vu comme un rigoriste religieux. Il indique lui-même puiser ses références dans l'Islam mais aussi dans la social-démocratie scandinave et loue l'État-providence. Il critique cependant le marxisme qui aurait « supprimé la religion de la société » ainsi que le « féminisme occidental » qui aurait « dégradé le rôle de la mère ». Dans ses discours publics et le programme de son parti, Imran Khan met surtout en avant la lutte contre l'élite politique dynastique, la corruption et le favoritisme et plaide pour le développement des services publics[2],[3].

Pour le sénateur communiste Afrasiab Khattak, Imran Khan « veut être perçu comme un homme spirituel et religieux, mais dans sa vie privée, il est plus libéral que le plus libéral des Pakistanais ». Il est aussi régulièrement accusé d'être influencé par la puissante armée pakistanaise, qui verrait en lui le moyen de diviser la classe politique[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Imran Khan: ‘What I do now fulfils me like never before’ - publié le 6 août 2006 dans The Sunday Times
  2. a, b, c et d Le Pakistan s’apprête à élire un Trump bis à sa tête sur Slate.fr, le 19 juillet 2018
  3. a, b et c (en) Au Pakistan, Imran Khan met du people rigoriste dans la politique sur Libération, le 19 février 2018
  4. (en) Pakistan MPs in election boycott - publié le 2 octobre 2007 sur le site de BBC News
  5. (en) PTI will not support any unconstitutional step by army: Imran Khan sur The Expres Tribune, le 11 janvier 2012.
  6. (en) I will be next prime minister, says Imran sur Pakistan Today, le 5 mars 2012.
  7. (en) PTI calls for solving Taliban problem politically sur Dawn.com, le 17 octobre 2012.
  8. (en) NA-Pakistan 2013 - Commission électorale du Pakistan
  9. (en) Imran harping on poll rigging for political gains sur The News, le 3 mai 2014
  10. (en) Imran Khan Announce to Ends Islamabad Sit-in over Peshawar Attack sur The Pak Media, le 17 décembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]