Affaire des viols collectifs de Rotherham

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Affaire des viols collectifs de Rotherham
Nature du crime viol, proxénétisme
Pays de lieu du crime Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Ville Rotherham
Date du crime à
Nombre de victimes Au moins 1 400
Jugement
Statut Affaire jugée
Tribunal Sheffield Crown Court
Date du jugement novembre 2010, février 2016, octobre 2016, janvier 2017

L'affaire des viols collectifs de Rotherham désigne une série de crimes sexuels perpétrés au Royaume-Uni, dans le Yorkshire du Sud (Nord de l'Angleterre). Elle est considéré comme l'un des plus grands scandales pédophiles de l'histoire du Royaume-Uni. De la fin des années 1980 au début des années 2010, des mineurs sont continuellement victimes d'abus sexuels sans que les violeurs ne soient inquiétés par les autorités[1],[2],[3].

Les autorités sont alertées dés le début des années 1990, lorsque les gestionnaires de foyers d'enfants ont enquêté sur les chauffeurs de taxis venant chercher les enfants sous leurs gardes. Depuis au moins 2001, plusieurs rapports transmis à la police et au Conseil de Rotherham, mentionnent les noms des auteurs présumés, plusieurs sont membres d'une même famille. La première condamnation d'un groupe a lieu en 2010, lorsque cinq hommes britanniques d'origine pakistanaise ont été reconnus coupables d'agressions sexuelles sur des filles de 12 à 16 ans, mais les chefs des réseaux sont laissés en liberté. D'autres condamnations importantes dans le milieu pédophile concernent en 2007 un délinquant seul qui « a maltraité plus de 80 garçons et jeunes hommes ». À partir de janvier 2011, Andrew Norfolk, journaliste pour The Times, insiste sur la question, en signalant en 2012 que les abus dans la ville étaient répandus et que la police et le conseil le savaient depuis plus de dix ans[4].

Les articles du Times, ainsi que le procès de 2012 contre un réseau pédophile de Rochdale, ont incité le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes à tenir des audiences. À la suite de ces articles et d'autres articles de Norfolk, le Conseil de Rotherham a commandé une enquête indépendante menée par le professeur Alexis Jay. En août 2014, le rapport Jay a conclu qu'un au moins 1 400 enfants, la plupart des filles blanches âgées de 11 à 15 ans, avaient été victimes de violence sexuelle à Rotherham entre 1997 et 2013 par des hommes majoritairement pakistanais. Un «fil rouge» "était que les chauffeurs de taxi choisissaient les enfants dans les foyers et les écoles. Les abus comprennent des viols collectifs, obligeant les enfants de regarder des viol, à les arroser avec de l'essence et à menacer de les mettre en feu, menacer de violer les mères et les sœurs, et les prostituer dans d'autres villes. Plusieurs filles sont tombés enceinte (au moins une à l'âge de 12 ans), l y eut des fausses couches, des bébés élevés par leurs mères et des bébés enlevés, provoquant de nouveaux traumatismes[5],[6],[7].

Le naufrage dans la gestion de cette affaire est attribué à une combinaison de facteurs que sont la race, de la classe social et des attitudes sexistes et méprisantes envers les victimes de la plupart des fonctionnaires. Craignant que l'appartenance ethnique des auteurs déclenche des allégations de racisme et ne nuise aux relations communautaires; La réticence du conseil à majorité travailliste à contester une minorité ethnique acquise au parti; Absence d'un département axé sur l'enfance; Un désir de protéger la réputation de la ville; Et le manque de formation et de ressources[8].

Le directeur général du conseil d'administration de Rotherham, son directeur des services à l'enfance et le commissaire de police du Yorkshire du Sud ont tous démissionné[9]. La Commission indépendante des plaintes contre la police et l'Agence nationale pour le crime ont tous deux ouvert des enquêtes, cette dernière devrait durer huit ans[10],[11]. Le gouvernement a nommé Louise Casey pour effectuer une inspection du Conseil Rotherham. Publié en janvier 2015, le rapport Casey a conclu que le conseil a une culture de la terreur et sexiste visant à dissimuler l'information, censurer les dénonciateurs et n'était «pas apte à exercer leurs missions». En février 2015, le gouvernement a remplacé les membres élus du conseil par une équipe de cinq commissaires[12]. À la suite de nouvelles enquêtes policières, 19 hommes et deux femmes ont été condamnés en 2016 et 2017 d'infractions sexuelles dans la ville datant de la fin des années 1980. L'un des meneurs a été condamné à 35 ans de prison[13].

Cette affaire sort de l'ordinaire tout d'abord par son ampleur (plus de mille victimes), mais aussi par l'inaction de la police qui a ignoré ou minimisé plusieurs rapports dénonçant ces crimes, par son caractère racial (les violeurs étant pakistanais et les victimes en majorité blanches), par l'attitude des officiels et de l'administration, choisissant de protéger les criminels du fait de leur origine ethnique, par la création de faux procès-verbaux pour discréditer la lanceuse d'alerte.

Ce phénomène touche l'Angleterre entière : un rapport indique que d'août 2010 à octobre 2011, 2 409 viols sur mineurs ont ainsi été commis[14]. Les villes de BradfordManchester, SheffieldRochdaleDerby ou Bristol sont parmi les plus touchées.

Contexte[modifier | modifier le code]

Ville de Rotherham[modifier | modifier le code]

Avec une population de 109 691 habitants, selon le recensement de 2011, Rotherham comporte 55 751 femmes dont 24 783 âgées de 0 à 17 ans. C'est d'ailleurs la plus grande ville du canton métropolitain de Rotherham au sud du Yorkshire[15]. Environ 11,9% de la population est composée de groupes ethniques minoritaires, comparativement à 8% de l'arrondissement (population 258 400). 3% de l'arrondissement est d'origine pakistanaise[16]. Il y avait 68 574 chrétiens dans la ville en 2011, 23 909 sans religion, 8 682 musulmans, 7 527 non déclarés, et un petit nombre d'hindous, de sikhs, de juifs et de bouddhistes. Le chômage dans l'arrondissement est supérieur à la moyenne nationale, et 23% des habitations sont des logements sociaux[17].

Sémantique[modifier | modifier le code]

Le terme d'exploitation sexuelle des enfants (CSE) a été utilisé pour la première fois en 2009 dans un document du ministère britannique de l'éducation[18]. Destiné à remplacer le terme "prostitution enfantine", qui impliquait un niveau de consentement, le CSE est une forme d'abus sexuel dans laquelle l'enfant reçoit quelque chose (i.e. argent, drogue, alcool, nourriture, lieu de séjour, affection) en échange d'une performance sexuelle. Adele Gladman et Angie Heal, auteurs de premiers rapports sur les abus sexuels de Rotherham, soutiennent que le terme n'est pas correct car il n'exprime pas la gravité des crimes.

Le CSE inclut le rabattage en ligne et le rabattage localisé, anciennement connu sous le nom de rabattage dans la rue. Le rabattage localisé implique un groupe d'agresseurs ciblant les enfants vulnérables dans un lieu public, leur offrant des bonbons, de l'alcool, des drogues et des aliments à emporter en échange de sexe. À Rotherham, un tiers des enfants ciblés étaient auparavant connus des services sociaux.

Premières alertes[modifier | modifier le code]

Les premiers rapports d'abus sexuel à Rotherham datent du début des années 1990, lorsque plusieurs gestionnaires de foyers d'enfants ont mis en place le «groupe de chauffeurs de taxi». Il s'agissait d’enquêter sur les nombreux chauffeurs de taxis se rendant dans les foyers pour emmener les enfants. Pour une raison inconnue, la police a refusé d'agir[17].

Projet "Risky Business"[modifier | modifier le code]

Jayne Senior, membre de Risky Business, decorée de l'Ordre de l'Empire britannique en 2016 pour son travail

En 1997, Rotherham a créé un projet à destination de la jeunesse, Risky Business, pour travailler avec des filles et des femmes âgées de 11 à 25 ans qui risqueraient d'être exploitées sexuellement dans la rue[19]. Jayne Senior, qui commence à travailler pour Risky Business en tant que coordonnatrice en juillet 1999, a été nommée en 2016 membre de l'Ordre de l'Empire britannique pour son rôle dans la découverte des abus sexuels[20]. Le projet a principalement suivi des jeunes filles blanches : sur 268 filles que le projet suivait de mars 2001 à mars 2002, 244 étaient blanches, 22 étaient originaires du sud de l'Asie et 2 étaient noires[21].


Senior commence à trouver en 2001 des preuves de ce qui semble être un réseau local de pédophilie. Les personnes suivies venaient habituellement de Sheffield, un quartier dédié à la prostitution. Plus récemment, les filles étaient plus jeunes et venaient de Rotherham. Certaines filles de moins de 10 ans étaient piégées par des amies, avant d'être transmises à des hommes plus âgés qui les violaient. Beaucoup de filles venaient de familles en difficulté, mais pas toutes. Les enfants recevaient de l'alcool et des drogues, puis le groupe leur demandait de rembourser la «dette» en ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes. Les criminels obtenaient des informations personnelles sur les filles et leurs familles et utilisaient ces renseignements pour menacer les filles souhaitant dénoncer le système. Des fenêtres de maisons familiales ont été brisées, des menaces de viol ont été proclamées sur les mères et les jeunes sœurs. Ainsi, les filles étaient conditionnées à croire que la seule façon de garder leur famille en sécurité était de coopérer[22].

Une fille qui a attiré l'attention de Risky Business a été violée à plusieurs reprises entre l'âge de 13 à 15 ans. Elle pensait que sa mère serait la prochaine victime: «Ils suivaient ma mère parce qu'ils savaient quand elle faisait ses courses, à quelle heure et où elle allait»[23]. On a menacé une jeune femme de 15 ans qu'elle était à «une balle» de mourir. Les filles étaient arrosées d'essence. Quand elle a avoué à son proxénète qu'elle était enceinte et ne savait pas qui était le père, une jeune de 15 ans a été battue avec un arrache-clou jusqu'à ce qu'elle tombe inconsciente. Une fille de 12 ans avec un «petit ami» âgé de 24 ans, racontait que sa mère a invité les violeurs dans la maison familiale, où la fille prodiguait des fellations pour 10 cigarettes.

Selon Senior, Risky Business a accumulé tant d'informations sur l'affaire que la police a suggéré d'envoyer les rapports sur une adresse électronique à part: "Box Five". La police déclarant que cela protégerait l'identité des sources de Risky Business. Senior a appris plus tard que la police n'avait pas lu les rapports transmis, et les autres forces de police n'avaient peut-être pas accès à ceux-ci[22].

Les rapports Weir[modifier | modifier le code]

Étude[modifier | modifier le code]

En 2000, Adele Weir (plus tard Gladman), avocate du Yorkshire, a été embauché par le Conseil de Rotherham en tant qu'agent de recherche et de développement pour une étude pilote sur le Programme de réduction de la criminalité, intitulée «Lutte contre la prostitution: ce qui fonctionne». Une partie de l'étude a été consacrée aux «jeunes et à la prostitution», et trois villes (Bristol, Sheffield et Rotherham) ont été mises en évidence dans cette section. Weir était employé pour écrire le rapport sur Rotherham. Une partie de l'objectif de son projet était: "Collecte d'informations et de preuves concernant les hommes impliqués dans le proxénétisme"[24].

Les chercheurs de l'Université de Bedfordshire, y compris la spécialiste des sciences sociales Margaret Melrose, ont été impliqués en qualité d'évaluateurs du Home Office. Weir a été installée dans les bureaux du projet Risky Business, où elle a travaillé avec Jayne Senior[25]. Selon Weir, elle a rencontré « des mauvaises procédures professionnelle dès le début» que cela soit au sein du conseil ou de la police. Les problèmes de protection de l'enfance étaient, à son avis, «méconnus, rejetés ou minimisés».

Cartographie[modifier | modifier le code]

En réponse à une plainte de la police, selon laquelle les preuves de mauvais traitements infligés aux enfants à Rotherham étaient anecdotiques, Weir compile en 2001 des données pour un rapport de 10 pages montrant ce qui semblait être un réseau de proxénétisme. Au Comité des affaires intérieures en 2014, elle écrit qu'elle avait trouvé «un petit nombre d'hommes soupçonnés d'être des criminels et qui étaient bien connus de tous les services de police de Rotherham». En utilisant les données obtenues par Risky Business, les services de santé, les services sociaux, les dossiers de police, un projet pour les sans domicile fixe et les services d'addictologie, le rapport de Weir comprenait les noms des suspects, les numéros d'immatriculation des voitures utilisées pour transporter les victimes, les liens des suspects avec les entreprises locales et les personnes extérieures, ainsi que les relations entre les suspects et les filles. Les suspects comprenaient des membres de la famille Hussain, considérés comme parmi les meneurs du réseau. Ils ont été emprisonnés en 2016. Weir a estimé à ce moment-là qu'il y avait 270 victimes[26],[27].

Rapport du bureau de l’intérieur[modifier | modifier le code]

Le rapport de Weir pour le bureau de l'intérieur a relié 54 enfants victimes d'abus sexuels à la famille Hussain à partir d'octobre 2001. Dix-huit filles ont nommé l'un de ces hommes, et l'ont décrit comme leur «petit ami», et plusieurs sont tombées enceintes[28]. L'une des 18 filles (14 ans à l'époque) tomba enceinte deux fois. En 2014, elle a déclaré à Panorama que les travailleurs sociaux avaient exprimé leur inquiétude à propos de la présence d'Hussain autour d'un bébé en raison de son passif, mais, selon la victime, aucun travailleur social ne s'est inquiété pour elle. Les travailleurs sociaux ont maintenu que sa relation avec lui était consentante[29]. En février 2016, Arshid Hussain a été reconnu coupable de multiples viols et condamné à 35 ans de prison[13].

Le rapport Weir établit que les membres de la famille sont "soupçonnés être responsables d'une grande partie des crimes violents et du trafic de drogue dans la ville". Selon le rapport, ils ont utilisé des téléphones portables ne laissant pas de traces, avaient accès à des voitures de luxe, étaient liés à une entreprise de taxis et ont peut-être été impliqués dans des hôtels et des chambres d'hôtes utilisés par les services sociaux pour les logements d'urgence. Plusieurs filles envoyées dans ces hôtels ont signalés avoir reçu des propositions d'argent en échanges de relation sexuelles. D'autres filles ont été approchées dans les gares ferroviaires et routières.

Weir a remis son rapport à un inspecteur de police du South Yorkshire. Sa seule réaction fut de répondre que le rapport était "inutile". Selon le rapport de Jay, un incident fut pour Weir, la «goutte d'eau». Une victime a décidé de déposer une plainte auprès de la police. Les auteurs ont brisé les fenêtres de ses parents et ont brisé les jambes de son frère pour l'empêcher de signaler les viols. Weir l'a emmenée au poste de police, mais la victime a reçu un sms de son agresseur indiquant qu'il avait sa sœur de 11 ans avec lui, et que c'était «son choix». Ce qui laisse la victime penser qu'une personne du poste de police à informé ses agresseurs. Suite à cela, elle a décidé de ne pas poursuivre sa plainte. Avec le consentement de son directeur, Weir a écrit en octobre 2001 à Mike Hedges, le chef de la police du South Yorkshire et à Christine Burbeary, le commandant de district. La lettre a déclaré:

"Je me suis rendu dans de nombreuses associations, les encourageant à transmettre des informations à la police. Leurs réponses ont été identiques: elles ont cessé de transmettre des information car il s'agit d'une perte de temps. Les parents ont également cessé de faire des rapports sur les personnes disparues, étape nécessaire pour le lancement d'une enquête sur les enlèvements d'enfants, car la réaction de la police est inefficace... Les enfants sont laissés en danger et leurs agresseurs en liberté."

La lettre n'a pas reçu un accueil favorable par le conseil ou la police[30]. Lors d'une réunion au poste de police de Rotherham avec des officiers supérieurs de la police et du conseil, les officiels étaient indignés que Weir ait écrit au chef de la police. Jayne Senior, qui était présent, a déclaré que Weir a subie une «tirade qui a duré je ne sais pas combien de temps». Selon Weir, à un moment donné, un fonctionnaire l'a mis en garde contre le fait de mentionner les hommes pakistanais:

"Elle a dit que vous ne devriez jamais faire référence une nouvelle fois à cela. Vous ne devez jamais faire référence aux pakistanais. Et son autre réponse a été de me réserver un cours de deux jours sur l'ethnicité et la diversité pour prendre conscience de la question ethnique[27]."

Suppression des fichiers[modifier | modifier le code]

À leur demande, Weir a envoyé ses rapports aux membres du bureau de l'intérieur à Bedfordshire en avril 2002. Apparemment Weir aurait gêné la responsable de Risky Business. Le lundi 18 avril 2002, quand elle arrive au travail, Weir découvre que, au cours du week-end, ses rapports originaux au Home Office avaient été retirés des classeurs du bureau. Weir a déclaré que l'ordinateur du bureau protégé par mot de passe avait également été consulté. Selon les preuves fournies par Weir au Comité des affaires intérieures, des documents avaient été supprimés et quelqu'un avait créé, sur l'ordinateur, de faux procès-verbaux de réunions auxquelles Weir aurait prétendument assisté, ce qui pourrait faire croire qu'elle acceptait certaines conditions, telles que ne pas envoyer de données au Home Office sans le consentement de son supérieur hiérarchique. Weir a déclaré au comité qu'elle n'avait pas accepté ces conditions ou assisté à une telle réunion; une des réunions avait eu lieu pendant qu'elle était en vacances à l'étranger.

Weir fut informée que les services sociaux, la police et le personnel de l'éducation se sont rencontrés pendant le week-end et ont décidé que le personnel de Risky Business «dépassait [ses] rôles». Weir a été suspendue pour avoir inclus dans son rapport des données provenant de procès-verbaux confidentiels, un "acte irresponsable grave". Elle a réussi à négocier un retour au travail en démontrant que c'était son manager qui avait transmis ces procès-verbaux au Home Office. Weir apprit qu'elle n'aurait plus accès aux données de Risky Business, aux réunions ou aux victimes. En juin 2002, elle a été invitée à modifier son rapport pour «anonymiser les personnes et les institutions et inclure uniquement les faits et les preuves qu'elle pouvait justifier» . Le rapport Jay a statué que le secret entourant le rapport et le traitement de Weir est «profondément troublant»: «Si les adultes concernés avaient accordé plus d'attention au contenu du rapport, on aurait pu faire plus pour aider les enfants qui étaient exploités violemment et abusés"[31].

Rapports Heal[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2007, la police du South Yorkshire a embauché le Dr Angie Heal, analyste stratégique en médicaments, pour mener des recherches sur l'utilisation et l'approvisionnement en drogue dans la région. Situé dans l'unité antidrogue avec deux policiers, Heal a écrit plusieurs rapports au cours de cette période.

Rapport de 2002[modifier | modifier le code]

Au cours de ses recherches en 2002 sur l'approvisionnement local en cocaïne et crack, elle a rapidement rencontré des exemples d'abus sexuels organisés et a consulté Jayne Senior de Risky Business et Anne Lucas, responsable du service de protection de l'enfance à Sheffield. Lucas a expliqué qu'une partie du processus d'esclavage était de donner aux enfants des drogues.

En 2002, le premier rapport de Heal recommande de s'attaquer aux cercles pédophiles. Si les éléments de preuve nécessaires pour poursuivre les hommes pour les infractions sexuelles manquaient, ils pourraient être poursuivis pour des infractions liées à la drogue, en gardant les enfants en sécurité et en retirant les drogues. Heal écrit en 2017 que son rapport avait été largement lu, mais elle «ne pouvait pas croire le manque total d'intérêt» au vu des liens qu'elle avait établis entre le commerce local de drogue et les mauvais traitements infligés aux enfants.

Rapport de 2003[modifier | modifier le code]

Heal a décidé de continuer à faire des recherches sur le problème et a inclus le CSE dans ses réunions semestrielles. Alors que Heal préparait son deuxième rapport: l'Exploitation sexuelle, l'utilisation de drogues et le traitement des addictions: situation actuelle dans le sud du Yorkshire (2003), Jayne Senior lui transmet en secret le rapport d'Adele Weir de 2002. Heal a écrit qu'elle avait vraiment eu peur après l'avoir lu, compte tenu du niveau de détail, du manque d'intérêt et de l'exclusion de Weir.

En 2003, Le rapport de Heal note que Rotherham a un «nombre important de filles et quelques garçons qui sont exploités sexuellement»; que les victimes étaient violées, enlevées et soumises à d'autres violences; qu'un nombre significatif de filles étaient tombées enceintes et en dépression, que certaines étaient en colère et risquaient de se suicider. Risky Business avait identifié quatre des auteurs en tant que frères. Heal a créé deux versions de son rapport. L'une était destinée à une distribution plus large parmi les fonctionnaires. Le deuxième, uniquement pour la seule police, contenait le nom des auteurs (obtenus auprès de Risky Business).

Rapport de 2006[modifier | modifier le code]

En 2005, un nouveau département des services aux enfants et aux jeunes a été créé, avec le conseiller Shaun Wright nommé membre du cabinet pour le département et, en mars 2006, une conférence a eu lieu à Rotherham: «Tout enfant a de l'importance, mais le savent-ils? ", Pour discuter de l'exploitation sexuelle des enfants. Le troisième rapport de Heal, Violence et crimes par armes à feu: Liens avec l'exploitation sexuelle, la prostitution et les marchés de drogues dans le South Yorkshire (2006), note que la situation se poursuit et implique «la violence systématique physique et sexuelle contre les jeunes femmes». Les victimes ont été vendues dans d'autres villes, et la violence utilisée était «très importante». Lorsque des filles ont protesté, les auteurs ont menacé d'impliquer les jeunes sœurs, la famille ou leurs amies. Il y avait également eu une augmentation des rapports sur les auteurs d'agression par arme à feu.

Heal écrit que les filles blanches étaient les principales victimes, ciblées à partir de l'âge de 11 ans; l'âge moyen étant de 12 à 13 ans. Quelques filles d'origine asiatique ont également été agressées, mais leur abus a été caché. Les agresseurs quant à eux étaient majoritairement d'origine pakistanaise. Heal écrit que plusieurs agents s'occupant de la question ont estimé que l'appartenance ethnique des auteurs empêchait un traitement de ces crimes. Un travailleur a déclaré que les chauffeurs de taxi d'origine pakistanaise, à Rotherham, sont impliqués depuis 30 ans dans ce type de crime. Mais dans les années 1970, les crimes n'étaient pas organisés. Heal a ajouté qu'une campagne de publicité de grande envergure était en cours sur le trafic de femmes d'Europe de l'Est, avec des affiches à l'aéroport de Doncaster Sheffield, alors que la question du trafic local «semble être largement ignorée». Le rapport recommande: "Il faudrait insister davantage sur la lutte contre les agresseurs plutôt que sur les abus".

Heal a envoyé son rapport de 2006 à toutes les personnes impliquées dans le Rotherham Drugs Partnership, et au commandant du district de la police du South Yorkshire et aux principaux surintendants. Peu de temps après, selon le rapport de Jay, le financement de Risky Business a été augmenté et le Conseil de protection des enfants du Conseil a approuvé un «Plan d'action pour répondre à l'exploitation sexuelle des enfants et des jeunes à Rotherham».

À ce moment, Heal compris qu'elle était mise à l'écart. L'unité antidrogue a été dissoute, et on lui a dit que plusieurs agents de son département n'étaient pas favorables à son travail. Étant donné qu'elle signalait le viol d'enfants, elle écrit que le manque de soutien «ne manquera jamais de l'étonner et de l'attrister». Elle a décidé de quitter la police de South Yorkshire en mars 2007. Ses rapports de 2003 et 2006 ont été publiés par la police de South Yorkshire en mai 2015 suite à une demande de la Freedom of Information Act.

Procès de 2010: Opération Centrale[modifier | modifier le code]

En 2008, la police du South Yorkshire a mis en place "l'opération centrale" pour enquêter sur l'avalanche de preuves[30]. Suite à cette opération, huit hommes ont été jugés à Sheffield Crown Court en octobre 2010 pour des infractions sexuelles contre des filles de 12 à 16 ans. Quatre des victimes ont témoigné. Cinq hommes ont été condamnés, dont deux frères et un cousin[32],[33]. L'un des frères, Razwan Razaq, avait déjà été condamné pour avoir agressé une jeune fille dans sa voiture et avait violé un précédent ordre de prévention des infractions sexuelles. Son frère Umar a fait appel de sa peine et a été libéré après neuf mois[34]. Tous les cinq ont été placés sur le registre des délinquants sexuels.

Nom Âge Crime Peine
Razwan Razaq 30 Pédophilie 11 ans
Umar Razaq 24 Pédophilie 4 ans, 6 mois, réduite en appel
Zafran Ramzan 21 Viol, Pédophilie 9 ans
Mohsin Khan 21 Pédophilie 4 ans
Adil Hussain 20 Pédophilie 4 ans

L'enquête du Times[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Andrew Norfolk journaliste du The Times a d'abord écrit sur les abus sexuels en 2003, après avoir déménagé de Londres à Leeds, lorsqu'il a écrit une brève histoire sur un réseau pédophile à Keighley. Ann Cryer, député de Keighley, s'est plaint que les hommes d'origine pakistanaise s'en prennent aux adolescentes en dehors des écoles, tandis que les parents ont allégué que la police et les services sociaux refusaient d'agir. Jusqu'en 2010,, Norfolk a entendu parler de procès dans le nord de l'Angleterre et les Midlands signalant un modèle similaire. Des groupes d'hommes pakistanais flattaient les jeunes filles dans les lieux publics, leur offrant de l'alcool, des cigarettes et des ballades en voiture. Un homme devient ensuite le «petit ami», et bientôt les filles devaient faire l'amour avec l'ensemble du groupe, y compris des contacts hors de la ville. Norfolk écrit que la plupart des délinquants sexuels au Royaume-Uni sont des hommes blancs et des délinquants isolés. Ces cas étaient distinctifs parce que la plupart des hommes étaient musulmans et travaillaient en groupe[35],[36].

Les dossiers de la cour ont mis en évidence 17 cas d'abus sexuels localisés dans 13 villes du nord de l'Angleterre, où 56 hommes ont été reconnus coupables d'abus sexuels sur des filles de 11 à 16 ans. Les cas impliquaient deux ou plusieurs hommes qui avaient piégé des jeunes filles rencontrées dans la rue. Plusieurs cas ressemblaient à Rotherham. Sur les 56, 53 étaient asiatiques, 50 musulmans (majoritairement d'origine pakistanaise) et trois blancs[37],[38]. Norfolk a interviewé deux des familles touchées et, en janvier 2011, la première d'une série d'histoires est apparue sur quatre pages dans The Times, accompagnée d'un éditorial intitulé "Révélation: conspiration passée sous silence sur les gangs sexuels britanniques"[39],[40],[41],[42]. En 2013, Norfolk a déclaré au Comité des affaires intérieures que le personnel du conseil et les policiers l'appelaient pour le remercier. Un directeur des services à l'enfance lui a dit: «Mon personnel est heureux aujourd'hui parce que finalement quelqu'un a dit ce que nous n'avons pas pu dire.»[43]

Meurtre de Laura Wilson[modifier | modifier le code]

En 2012, le Conseil de Rotherham a demandé à la Haute Cour d'obtenir une injonction visant à empêcher Norfolk de publier une version d'un cas critique écrit après le meurtre d'une fille locale, Laura Wilson[44],[45].

Connue dans le rapport en tant que «Enfant S», Wilson avait 17 ans en octobre 2010 quand elle a été poignardée 40 fois et jetée dans le canal par son ex-petit ami de 17 ans, Ashtiaq Asghar, un acte que la police appelle un "meurtre d'honneur"[46]. Elle avait eu un bébé quatre mois plus tôt d'un homme marié de 21 ans. Les familles des hommes, d'origine pakistanaise, n'avaient apparemment pas connaissance des relations et de l'existence de l'enfant. Fatiguée de vivre dans le secret, Wilson décida de leur dire. Des jours plus tard, l'ex-petit-ami l'a assassinée. Les deux hommes ont été jugés. L'homme plus âgé a été acquitté, et Asghar a été condamné à 17 ans et six mois[47],[7].

Évaluée comme ayant un QI de 56, Wilson avait été la cible d'abus à partir de l'âge de 11 ans. Le conseil l'avait orientée vers Risky Business trois mois après son onzième anniversaire[48] . À l'âge de 13 ans, Wilson est apparue avec sa famille au Jeremy Kyle Show pour discuter des enfants hors de contrôle. Elle a également été mentionnée lors de l'enquête criminelle de 2009 qui a mené aux cinq premières condamnations pour les faits de Rotherham[48].

Le gouvernement a ordonné que le conseil publie son "cas critique". Il a été publié avec des passages noircis sur 61 des 144 pages. Norfolk a obtenu une version non censurée et a constaté que le conseil avait caché l'appartenance ethnique (Pakistanaise) des hommes, ainsi que la mention de Wilson lors de l'enquête criminelle de 2009 et l'étendue de l'implication du conseil dans le suivi de Laura Wilson. Michael Gove, alors secrétaire à l'éducation, a accusé le conseil en juin 2012 de retenir "des éléments pertinents et importants"[49]. Après l'intervention de Gove, le conseil a retiré ses actions en justice, et Norfolk a publié l'histoire sous le titre "Les fonctionnaires ont caché des faits vitaux sur les hommes soupçonnés d'agression sexuelles".

Septembre 2012[modifier | modifier le code]

Le 24 septembre 2012, Norfolk écrit que les abus sexuels à Rotherham sont beaucoup plus répandus que ce qui a été reconnu, et que la police le savait depuis plus d'une décennie. Son histoire, "Les dossiers de la police révèlent un vaste scandale de protection de l'enfance", repose sur 200 documents divulgués, certains de Jayne Senior, tels que des dossiers et des lettres de la police et des services sociaux. Les documents comprennent le rapport de 2001 d'Adele Weir pour le bureau de l’intérieur, qui reliait 54 enfants maltraités à la famille Hussain; dont 18 avaient appelé Arshid Hussain leur «petit ami»[50].

Les cas mis en évidence par Norfolk comprennent celui d'une jeune fille de 15 ans ayant une bouteille cassée insérée en elle, celui d'une fille de 14 ans détenue dans un appartement et forcée d'avoir des relations sexuelles avec cinq hommes. Ou encore celui d'une fille de 13 ans, «avec des vêtements déchirées», trouvée par la police dans une maison à 3 heures du matin avec un groupe d'hommes qui lui avaient donné de la vodka. Un voisin avait appelé la police après avoir entendu la fille crier. La jeune fille a été arrêtée pour ivresse et désordre, mais les hommes n'ont pas été interrogés.

Le journal a cité un rapport de 2010 du bureau de renseignement de la police qui énonce, qu'à l'échelle locale et nationale, et en particulier à Sheffield et à Rotherham, "il semble y avoir un problème important avec les réseaux d'hommes pakistanais exploitant de jeunes femmes blanches". Les enfants du sud du Yorkshire étaient victimes de la traite à Birmingham, Bradford, Bristol, Dover, Manchester et ailleurs, selon le rapport de la police[51]. Un document du Rotherham's Safeguarding Children Board déclare que les «crimes avaient» des caractéristiques culturelles... localement sensibles en termes de diversité»: "Il existe des sensibilités dues à l'appartenance ethnique susceptibles de mettre en danger l'harmonie des relations communautaires. Un grand soin sera apporté à la rédaction (...) de ce rapport afin de s'assurer que ses résultats tiennent compte des qualités du vivre ensemble à Rotherham. Il est impératif que l'évocation d'un phénomène culturel plus large soit évitée[50]."

En août 2013, Norfolk a publié l'histoire d'une fille de Rotherham de 15 ans, décrite dans le rapport d'Adele Weir en 2001, qui a été autorisée par les services sociaux à maintenir le contact avec Arshid Hussain, malgré la volonté de ses parents de la protéger de lui. (Hussain a été emprisonné en 2016 pour 35 ans). La jeune fille avait été enceinte deux fois. L'une des personne qui étaient "conscientes de cette relation», selon le Times, était Jahangir Akhtar, alors chef adjoint du Conseil de Rotherham, qui serait un proche de Hussain[52]. Il a démissionné mais a nié les faits[53]. Akhtar a été l'un des fonctionnaires décrits plus loin dans le rapport Casey comme exerçant une influence considérable sur le conseil et aurait été connu pour avoir clos toute discussion sur les abus sexuels. Peu de temps après la publication de l'histoire du Times, le Conseil de Rotherham a commandé l'enquête Jay.

Comité des affaires intérieurs[modifier | modifier le code]

Audiences[modifier | modifier le code]

En juin 2012, le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes a commencé à entendre des témoignages sur les abus sexuels, suite aux condamnations de Rotherham en 2010 (opération centrale), aux articles d'Andrew Norfolk dans le Times et au procès du réseau pédophile de Rochdale (Operation Span) où 12 hommes ont été reconnus coupables d'agressions sexuelles en mai 2012. Le comité a publié son rapport sur l'exploitation sexuelle des enfants et la réponse au rabattage localisé, en juin 2013, avec un suivi en octobre 2014 en réponse au rapport Jay.

En octobre 2012, le comité a critiqué le chef de la police du South Yorkshire, David Crompton, et l'un de ses officiers supérieurs, Philip Etheridge[51]. Le comité a la preuve que trois membres d'une famille liés à des abus sexuels sur 61 filles n'avaient pas été inculpés et qu'aucune mesure n'a été prise lorsqu'un homme de 22 ans a été retrouvé dans une voiture avec une fille de 12 ans (des images indécentes d'elle sur son téléphone). Crompton a déclaré que «l'origine ethnique» n'avait joué aucun rôle dans la poursuite ou non des suspects. Le comité a déclaré qu'ils étaient très concernés, tout comme le public, par le manque d'investigations sur les agressions sexuelles[51].

Keith Vaz, 2007–2016

Lors d'une audience en septembre 2014 pour discuter des faits de Rotherham, le président du comité, Keith Vaz, a déclaré à Crompton que le comité était choqué par l'évidence des faits et qu'il tenait pour responsable la police du South Yorkshire. Interrogé sur un incident dans lequel une enfant de 13 ans (trouvée dans un appartement avec un groupe d'hommes) a été arrêté pour ivresse et désordre, Crompton a déclaré que ce cas serait renvoyé à la Commission indépendante des plaintes contre la police (IPCC)[54].

En janvier 2013, le comité a convoqué le président du conseil d'administration de Rotherham, Martin Kimber, pour expliquer le manque d'arrestations, même si la police de South Yorkshire a déclaré qu'elle menait des enquêtes et que le conseil avait identifié 58 jeunes filles en danger[55]. Vaz a demandé pourquoi, après que cinq hommes pakistanais aient été emprisonnés en 2010, on n'a pas continué: "Au Lancashire, il y a eu 100 poursuites l'année précédente, dans le sud du Yorkshire, il n'y a eu aucune poursuite". Le conseil s'est excusé pour l'«échec systémique» qui a «détruit» les victimes[55].

Rapport d'octobre 2014[modifier | modifier le code]

Le rapport du comité, le 18 octobre 2014, détaille la disparition des dossiers d'Adele Weir contenant les données sur les abus sexuels collectées par risky business en 2002[56]. Les accusations ont été faites lors d'audiences privées. Keith Vaz a déclaré: "La prolifération des révélations sur les dossiers disparus donne lieu à la suspicion publique d'une dissimulation délibérée. La seule façon d'aborder ces questions est une enquête complète, transparente et urgente". Le rapport prévoyait une nouvelle législation pour permettre d'écarter par un vote de défiance des commissaires de police ou des élus condamnés par la justice.

Enquête de Jay[modifier | modifier le code]

Rapport[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, le Conseil Rotherham a chargé le professeur Alexis Jay, ancien conseiller principal en matière de travail social auprès du gouvernement écossais, de mener une enquête indépendante sur la gestion des rapports sur l'exploitation sexuelle des enfants depuis 1997[57]. Publié le 26 août 2014, le rapport Jay a révélé qu'au moins 1 400 enfants, «estimation prudente», avaient été exploités sexuellement à Rotherham entre 1997 et 2013[N 1]. Selon le rapport, des enfants de 11 ans ont été «violés» par de multiples personnes, enlevés, prostitués dans d'autres villes d'Angleterre, battus et intimidés "[58].

Les chauffeurs de taxis sont un «fil conducteur», en ramassant des enfants dans un but sexuel devant les écoles et les maisons de soins[59]. L'enquête a mis au jour des exemples où « un enfant a été arrosé d'essence et menacé d'être brulé, des enfants menacés d'armes à feu, des enfants témoins de viols brutaux menacés d'être la prochaine victime s'ils en parlaient. Des jeunes de 11 ans ont été violés par un grand nombre d'hommes »[60]. Selon le rapport:

« Une enfant qui était prête à témoigner a reçu un message indiquant que ses agresseurs avaient sa petite sœur et que le choix de ce qui allait lui arriver était à sa charge. Suite à cette menace elle a retiré ses déclarations. Au moins deux autres familles ont été terrorisées par des groupes de criminels, restant dans des voitures devant la maison familiale, brisant des fenêtres, faisant des appels téléphoniques abusifs et menaçants. Dans certains cas, les enfants victimes sont retournés auprès de leurs agresseurs en croyant que c'était le seul moyen de protéger leurs parents et leurs frères et sœurs. Dans certains cas, aucun membre de la famille ne croyait que les autorités pouvaient les protéger. »


Le rapport a noté que de nombreux bébés (environ 100) sont nés à la suite des viols[61]. Il y eut également des fausses couches et des avortements. Plusieurs filles ont pu s'occuper de leurs bébés avec l'aide des services sociaux, mais dans d'autres cas, les bébés ont été enlevés définitivement, causant de nouveaux traumatismes à la mère. Sarah Champion, qui en 2012 a succédé à Dennis MacShane en tant que député travailliste de Rotherham, a déclaré «que cela incitait a ne pas considérer ces enfants comme des victimes».

Selon le rapport, la police a montré un manque de respect pour les victimes au début des années 2000, les considérant comme «indésirables», indignes de la protection de la police. Les préoccupations de Jayne Senior, ancienne travailleuse sociale, ont été accueillies avec «indifférence et mépris»[62],[63]. Étant donné que la plupart des violeurs sont d'origine pakistanaise, plusieurs membres du conseil ont avoué avoir eu peur d'identifier les origines ethniques des auteurs, de peur d'être considérés comme racistes. D'autres, selon le rapport, «se souviennent des consignes claires de leur direction» de ne pas faire une telle identification[64]. Le rapport a noté l'expérience d'Adele Weir, chercheuse du Home Office, qui a tenté de dénoncer les crimes sexuels auprès de la police en 2002. On lui a dit de ne plus le faire, et elle a ensuite été écarté de l'affaire[58].

Selon le rapport, le personnel a décrit le Conseil de Rotherham comme machiste, sexiste et harcelant. Il y a eu des commentaires sexistes en direction des femmes, en particulier pendant la période 1997-2009. Une femme a déclaré qu'on lui a conseillé de porter des jupes plus courtes pour "aller mieux"; On a demandé à une autre femme si elle portait un masque pendant les rapports sexuels. Le rapport Jay a noté que «l'existence d'une telle culture... aurait probablement empêché le Conseil de fournir une réponse efficace et conjointe à un problème social aussi délicat que l'exploitation sexuelle d'enfants». Plusieurs personnes ayant témoigné pour cette enquête, étaient préoccupés par le fait que des responsables du Conseil de Rotherham étaient connectés aux criminels par des intérêts commerciaux tels que l'entreprise de taxi. La police a assuré dans son enquête qu'il n'y avait aucune preuve de cette connexion.

Démissions[modifier | modifier le code]

Le rapport de Jay a provoqué la démission de Roger Stone, chef du conseil de Rotherham, et celle Martin Kimber, son directeur général[65]. Malgré avoir été vivement critiqué lors des comparutions devant le Comité des affaires de la Chambre, Joyce Thacker, le directeur des services à l'enfance du conseil, et Shaun Wright, Commissaire à la police et au crime (PCC) pour la police du Yorkshire du Sud à partir de 2012, ainsi que le conseiller auprès de la sécurité des enfants de 2005 à 2010 ne démissionnent pas. Ils démissionnent finalement, en septembre, sous la pression de Theresa May, du ministre de l'Intérieur (les hommes étaient membres de son propre parti), puis celle de la députée Sarah Field de Rotherham[66],[9],[67]. Shaun Wright a également démissionné du Parti travailliste, le 27 août 2014, après un ultimatum lancé par le parti qui menaçait de le suspendre[68],[69].

Roger Stone a été suspendu du Parti travailliste, de même que les conseillers Gwendoline Russell et Shaukat Ali, et l'ancien adjoint au chef du conseil, Jahangir Akhtar, qui avait perdu son siège au conseil en 2014[70]. Malcolm Newsam a été nommé commissaire aux soins sociaux des enfants en octobre 2014, et par la suite, Ian Thomas a été nommé directeur intérimaire des services à l'enfance[71],[72].

Réactions[modifier | modifier le code]

Les conclusions du rapport Jay ont surpris le monde entier et ont eu une vaste couverture, y compris un éditorial du Washington Post[73]. Dix des journaux les plus populaires du Royaume-Uni ont présenté le rapport en première page, dont le Times, le Guardian, le Daily Telegraph et l'Independent.

David Crompton, chef de la police du South Yorkshire de 2012 à 2016, a invité l'Agence nationale pour la criminalité à mener une enquête indépendante[10],[74]. Keith Vaz, alors président du Comité des affaires intérieures, a déclaré à Meredydd Hughes, chef de police de 2004 à 2011, que Hughes avait échoué[54].

Theresa May, alors ministre de l'Intérieur, a accusé les autorités de "manquement au devoir". Elle a blâmé plusieurs facteurs, y compris «l’institutionnalisation du politiquement correct", un examen minutieux insuffisant et la culture de l'excuse, combinée à la peur d'être considéré comme raciste et d'une «attitude dédaigneuse» envers les enfants. Denis MacShane, député pour Rotherham de 1994 jusqu'à sa démission en 2012 pour avoir déclaré de fausses dépenses, a dénoncé la peur «de critiquer le multiculturalisme» et admet que "ses opinions gauchistes l'ont incité à ne pas trop creuser la question"[75],[76]. Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale, où des réseaux pédophiles similaires existent, a soutenu que la race, la classe sociale et le travail de nuit sont des facteurs, ajoutant qu' «une très petite minorité» dans la communauté pakistanaise a une vision malsaine de la femme dont les traditions tribales importée «du Pakistan» sont en partie responsables[77],[61].

Les musulmans britanniques et les membres de la communauté pakistanaise ont condamné à la fois les abus et leurs dissimulations[78],[79]. Nazir Afzal, procureur en chef du Crown Prosecution Service (CPS) pour le nord-ouest de l'Angleterre de 2011 à 2015, lui-même musulman, a pris la décision en 2011 de prendre en charge l'affaire des abus sexuels sur les enfants de Rochdale après que la CPS ait refusé l'affaire[80]. Répondant au rapport de Jay, il a soutenu que les abus n'avaient aucune justification dans l'islam: "L'Islam dit que l'alcool, la drogue, le viol et les abus sont tous interdits, mais ces hommes ont été entourés de toutes ces choses"[81].

Afzal a soutenu que ces cas relevaient de la misogynie: "Ce n'est pas la race des agresseurs qui les définit. C'est leur attitude envers les femmes qui les définissent". Les manquement dans le traitement de l'affaire sont une question d'incompétence plutôt que le fruit du politiquement correct. Il a confirmé la position de Danczuk sur le travail de nuit: plus d'hommes d'origine pakistanaise travaillent la nuit et pourraient donc être plus impliqués dans ce genre d'activité[81]. Cependant le nouveau directeur des services pour l'enfance à Rotherham, Ian Thomas, le contredit, affirmant que «l'économie nocturne est pleine de blonds/blancs. Quatre-vingt-douze pour cent des personnes de Rotherham travaillant la nuit sont blanches.». Alexis Jay critique aussi la position de Afzal, elle dit au journal The Guardian en 2015 que travailler dans l'économie nocturne "donne une opportunité, mais ne donne pas un motif"[8].

Le Conseil hindou britannique et la Fédération Sikh ont demandé que les criminels soient qualifiés de "musulmans pakistanais" plutôt que "d'Asiatiques", terme employé habituellement par les médias[82]. Britain first et la Ligue de défense anglaise ont organisé des manifestations à Rotherham, tout comme Unite Against Fascism.

L'enquête Casey[modifier | modifier le code]

À la suite du rapport de l'enquête Jay, le secrétaire d'État aux communautés et aux collectivités locales, Eric Pickles, a lancé une inspection indépendante sur le Conseil de Rotherham. Dirigé par Louise Casey, directrice générale du programme "familles en difficultés" du gouvernement, l'inspection a enquêté sur la gouvernance du conseil, les services pour l'enfance, les licences de taxi et de location privée[83].

Publié en janvier 2015, le rapport Casey a conclu que le Conseil de Rotherham n'était "compétent". Le rapport Casey a identifié une culture de "l'intimidation, du sexisme... et de politiquement correcte", ainsi qu'une histoire de dissimulation d'informations et de censure des lanceurs d'alertes. L'équipe en charge de la pédophilie était mal dirigée, souffrait de charges excessives et ne partageait pas ses informations. Le conseil a un passif d’échec sur les questions de races: «Le personnel a perçu qu'il n'y avait qu'un petit pas entre mentionner l'origine ethnique des auteurs et être qualifié de raciste». Les conseillers d'origine pakistanaise ont gérés toutes les questions relatives à cette communauté, ce qui les a laissés en mesure d'exercer une influence disproportionnée, tandis que les conseillers blancs ont ignoré leurs responsabilités. Un conseiller, en particulier, a été nommé comme étant très influent, y compris en matière de police.

En février 2015, le gouvernement a remplacé ses dirigeants élus par une équipe de cinq commissaires, dont une chargée spécifiquement d'examiner les services aux enfants[12]. Les dossiers concernant un conseiller actuel et un ancien conseiller soulèvent "un certain nombre de questions relevant du pénale" ont été transmis à l'Agence nationale pour la criminalité. Le leader du conseil, Paul Lakin, a démissionné, ainsi que les membres du conseil[12].

Procès de 2015 à 2017: Opération Clover[modifier | modifier le code]

Décembre 2015[modifier | modifier le code]

La police du South Yorkshire a mis en place l'opération Clover en août 2013 pour enquêter sur les anciens cas d'abus sexuels d'enfants dans la ville[84].

En conséquence, six hommes et deux femmes ont été jugés le 10 décembre 2015 à Sheffield Crown Court, par la juge Sarah Wright et la procureur Michelle Colborne. Quatre hommes sont membres de la famille Hussain: trois frères et leur oncle (Qurban Ali nommé dans le rapport de 2001 d'Adele Wei)[85],[86]. Famille Hussein aurait «possédé» Rotherham[85]. Ali possédait une compagnie de taxi, Speedline Taxis; Une des femmes accusées avait travaillé pour Speedline en tant qu'opérateur radio[87],[88]. Un quatrième frère Hussain, Sageer Hussain, a été reconnu coupable en novembre 2016 de faits similaire[89].

Le 24 février 2016, Qurban Ali a été reconnu coupable de conspiration pour viol et condamné à 10 ans. Arshid "Mad Ash" Hussain, le chef supposé, a été condamné à 35 ans[90],[13],[91]. Il a comparu devant le tribunal par vidéo conférence et semblait être endormi au lit lorsque le verdict a été annoncé. Son avocat a déclaré qu'il avait été rendu paraplégique suite un accident de tir; Le procureur estime pour sa part que cette maladie est un stratagème[85]. Un frère, Arshid Bannaras "Bono" Hussain a été condamné à 19 ans et Basharat "Bash" Hussain à 25 ans. Deux autres hommes ont été acquittés, l'un de sept accusations, dont quatre de viols; et le deuxième d'accusation d'attentat à la pudeur[90],[13],[91].

La cour a su que la police avait autrefois capturé Basharat Hussain en flagrant délit, mais n'a rien fait. Il était avec une victime dans un parking près du poste de police de Rotherham, lorsqu'une voiture de police s'approcha et lui demanda ce qu'il faisait. Il a répondu: "Elle suce juste ma bite, mec", la voiture de police est partie[92].

Karen MacGregor et Shelley Davies ont été reconnues coupables

d'emprisonnement et de conspiration pour fournir des prostituées. MacGregor avait travaillé pour Qurban Ali en tant qu'opérateur radio chez Speedline Taxis[87]. Elle a été condamnée à 13 ans et Davies a été condamnée à une peine de 18 mois. MacGregor et Davies feignaient une amitié avec les filles et les ramenaient à la maison de McGregor. Elles jouaient le rôle de parent de substitutions, les femmes leurs achetaient de la nourriture et des vêtements, et écoutaient leurs problèmes. Ensuite on offrait aux filles de l'alcool et on leurs disaient de gagner leur vie en se prostituant.

McGregor a même demandé le statut de bienfaisance pour un groupe qu'elle avait mis en place, Kin Kids, pour soutenir les bénévoles travaillant auprès des adolescents en difficulté. Elle a été soutenue dans cette démarche par John Healey, député de Wentworth et Dearne (qui n'avait aucun moyen de savoir que McGregor cherchait des enfants pour les prostituer) et avait assisté à une réunion à Westminster pour en parler[93],[94].

Nom Âge Crime Peine
Qurban Ali 53 Conspiration de viol 10 ans
Arshid Hussain 40 Viols, indecent assault (23 accusations) 35 ans
Basharat Hussain 39 Viols (15 accusations) 25 ans
Bannaras Hussain 36 Viols, indecent assault, actual bodily harm (10 charges) 19 ans
Karen MacGregor 58 False imprisonment, conspiracy to procure prostitutes 13 ans
Shelley Davies 40 False imprisonment, conspiracy to procure prostitutes 18 mois avec sursis


Septembre 2016[modifier | modifier le code]

Huit hommes ont été jugés en septembre 2016 et ont été condamnés le 17 octobre 2016[95],[96]. Un quatrième membre de la fratrie Hussain, Sageer Hussain, a été emprisonné pendant 19 ans pour quatre accusations de viols sur fille de 13 ans et d'un attentat à la pudeur[89]. La famille de la jeune fille, alors propriétaire d'un bureau de poste local et d'un magasin, a signalé, à l'époque, les viols à la police, à leur député, et David Blunkett, secrétaire d’État à l'intérieur, en vain[97].

D'abord approché à l'âge de 12 ans, la jeune fille a déclaré à la cour qu'elle avait été violée plusieurs fois à partir de l'âge de 13 ans. La première fois en novembre 2002, par neuf hommes qui ont pris des photos. À une autre occasion, elle était enfermée dans une pièce tandis que les hommes se tenaient à l'extérieur. Elle a été menacée par un pistolet et a dit qu'ils harcèleraient sa mère, tuerait son frère et brûlerait sa maison. Après chaque agression, elle cachait les vêtements qu'elle portait. En avril 2003, à l'âge de 13 ans, elle a avoué sa situation à sa mère, qui a alerté la police[98]; la cour a vu une vidéo de ces entrevues entre la police et la victime[99]. La police a recueilli es sacs de vêtements, puis a appelé deux jours plus tard pour dire qu'ils les avaient perdu. La famille a reçu une compensation de 140 £ pour les vêtements et a conseillé d'abandonner l'affaire. Incapable de trouver quelqu'un pour les aider, ils ont vendu leurs affaires en 2005 et ont déménagé, paniqué, en Espagne pendant 18 mois[100],[98],[101].

Sageer Hussain a donné une interview à Channel 4 News, en 2014, après que son frère, Arshid Hussain, a été nommé dans les médias en tant que chef de file. Sageer a expliqué les viols par la tenue et le comportement des filles portant des minijupes: «La plus grande partie du problème que vous avez de nos jours est ces jeunes filles, habillées, avec des minijupes, des choses comme ça, elles vont dans les clubs et voient des hommes. Et les gens se réveillent le lendemain matin, ils crient un viol ou à l'abus. Interrogé sur l'allégation selon laquelle son frère avait agressé une enfant de 12 ans, il a comparé avoir eu des rapports sexuels avec des enfants de 12 ans pour "manger de la merde de chien, ils ne le feraient pas" et a accusé les services sociaux d'avoir laissé sortir les filles en premier lieu[102],[98].

Le frère de Sageer, Basharat Hussain, déjà condamné à 25 ans en février 2016, a été reconnu coupable d'agression et condamné à une peine supplémentaire de sept ans. Deux cousins des Hussains, Asif Ali et Mohammed Whied, ont été reconnus coupables de viol et d'organisation de viol. Quatre autres hommes ont été emprisonnés pour viols ou agressions sexuels[98],[96].

Nom Âge Crime Peine
Sageer Hussain 30 4 viols, indecent assault 19 ans
Basharat Hussain 40 Indecent assault 7 ans
Ishtiaq Khaliq 33 Viol, three indecent assaults 17 ans
Masoued Malik 32 Viol, false imprisonment, conspiracy to commit indecent assault 15 ans
Waleed Ali 34 Viol, indecent assault 13 ans
Asif Ali 30 Viol 12 ans
Naeem Rafiq 33 Conspiracy to commit indecent assault, false imprisonment 8 ans
Mohammed Whied 32 Aiding and abetting rape 5 ans


Janvier 2017[modifier | modifier le code]

Six hommes, dont trois frères, ont été jugés en janvier 2017, devant la juge Sarah Wright, avec pour procureur Sophie Drake. Tous ont été reconnus coupables le 25 janvier de 2017, d'agressions sexuels comises entre 1999 et 2001, sur deux filles, âgées de 11 et 13 ans. Les filles ont été agressées dans un magasin de feux d'artifice, appartenant au père des frères. Une fille, âgée de 12 ans à l'époque, a été séquestrée durant une nuit, dans un appartement "extrêmement sale", sans électricité ni eau courante. Un viol commit par Basharat Hussain a été signalé à la police en 2001[103]. Une des filles était enceinteest tombé enceinte à l'âge de 12 ans, après avoir été violée par cinq hommes et ne savait pas qui était le père. Les test ADN ont révélés que l'un des accusé était le pére[5],[6]. Après l'annonce de leurs peine, deux hommes ont crié "Allahu Akbar" alors qu'ils étaient expulsés de la cour[104],[105].

Nom Âge Crime Peine
Basharat Dad 32 Viol, indecent assault, and false imprisonment 20 ans
Nasser Dad 36 Viol, false imprisonment, inciting gross indecency with a child 14 ans, 6 mois
Tayab Dad 34 Viol 10 ans
Mohammed Sadiq 41 Sexual intercourse with a girl under 13 13 ans
Matloob Hussain 42 Sexual intercourse with a girl under 13 13 ans
Amjad Ali 36 Sexual intercourse with a girl under 13 11 ans

Enquête de la commission indépendante des plaintes contre la police[modifier | modifier le code]

Suite au rapport Jay, la Commission indépendante des plaintes contre la police (IPCC) a entrepris une enquête sur les allégations d'actes répréhensibles de la police. C'ést la deuxième plus grande enquête de l'IPCC après celle sur la catastrophe de football dU Hillsborough de 1989 à Sheffield. À compter de mars 2017, neuf demandes de renseignements étaient complètes, sans aucun cas concernant la conduite des officiers, mais des recommandations sont faite sur l'enregistrement des données. 53 autres enquêtes étaient en cours[106],[107]. Selon Andrew Norfolk dans The Times, un policier de Rotherham avait été en contact régulier avec l'un des criminelle. Dans un incident en mars 2000, ce policier ainsi qu'un chauffeur de taxi (devenu plus tard membre du conseil de rotherham) ont arrangé pour Arshid Hussain (le chef du réseau) la remise d'une fille à la police dans une station-service "en échange de l’immunité "[108],[109],[110]. Une autre plainte concernant le même officier, énonce qu'il aurrait proposé des "rendez vous" à deux victimes. Une victime l'a signalé à la police en août 2013, mais aucune mesure n'a été prise. L'IPCC enquêtait également sur l'agent qui n'a pas agi sur le rapport Le premier officier est mort en janvier 2015 après avoir été touché par une voiture à Sheffield, dans un accident non lié[111],[112],[113].

Enquête de l'agence national contre la criminalité[modifier | modifier le code]

L'Agence nationale pour le crime (NCA) a mis en place l'opération Stovewood en décembre 2014, pour mener une enquête criminelle ainsi qu'examiner les enquêtes de la police du South Yorkshire. L'enquête est dirigée par le directeur de la NCA, Trevor Pearce[10],[74],[114]. En 2016, on estime que l'enquête devait durer huit ans et coûter plus de 30 millions de livres sterling[11]. En juin 2015, l'opération Stovewood avait identifié 300 suspects[115],[116]. Trois hommes ont été inculpés en décembre 2016 pour l'agression sexuel d'une fille de moins de 14 ans, entre juin 1994 et juin 1995[114]. Ils doivent être jugés en novembre 2017[117].

Les crimes[modifier | modifier le code]

De 1997 à 2013, au moins 1 400 filles, majoritairement blanches de 11 à 16 ans ont été violées et prostituées par des immigrés pakistanais[1]. Selon la professeure Alexis Jay (en) (auteur d'un rapport sur le sujet publié le 26 août 2014), le chiffre est certainement inférieur à la réalité[1]. Selon un rapport de police de 2011, révélé par le Times en 2012, dans le seul comté du South Yorkshire il y aurait eu plusieurs milliers d'affaires de pédophilie (pas dans les mêmes caractéristiques, mais on peut, par exemple nommer, dans la même ampleur, la longue liste d'abus commis par un ancien présentateur britannique star) chaque année[2] .

Parmi les atrocités commises, ajoute-t-elle, « des enfants ont été aspergés d'essence puis menacés d'être enflammés, ont été menacés avec des armes, ou encore ont été forcés d'être témoins de viols très violents »[118] ; certains de ces enfants ont également « été victimes de viols collectifs, d'échanges avec d'autres villes du nord de l'Angleterre, enlevés, battus et intimidés »[118] ; des jeunes filles de onze ans ont été violées à de nombreuses reprises[118].

Dans les deux tiers des cas, les filles n'étaient pas sous la responsabilité des services sociaux[118].

L'inaction de la police[modifier | modifier le code]

La police, les services sociaux, le conseil municipal savaient et ont laissé faire[1]. Personne à la mairie, dit-on, n’a osé dénoncer les gens qui ont commis ces actes, de peur d’être accusé de racisme. Prendre le risque de subir une accusation de « racisme », une telle accusation en effet pourrait ruiner une carrière.

En 2011, trois immigrés pakistanais d'une même famille avaient été impliqués dans le viol de 61 filles, et aucun n'avait été condamné ; l'un d'eux avait été pris en flagrant délit avec une fille de 12 ans dans sa voiture et des photos sexuelles dans son téléphone portable, il a été relâché également[2].

Depuis 1997, l'association Risky business, d'aide aux victimes de viols, recevait des témoignages de ces filles[1]. En 2002, une chercheuse a rassemblé les preuves, les témoignages et a demandé une enquête ; les policiers lui ont dit que son adresse serait communiqué aux criminels impliqués ; pour cette raison elle souhaite rester anonyme jusqu'à maintenant[1] et aucune enquête n'a été lancé. En 2010, l'officier de police Chang décide de lancer une enquête sur une cinquantaine de viols sur mineures ; son enquête aboutit à l'emprisonnement de 5 individus[1]. Tout était pourtant réuni pour lancer une enquête : témoignages, preuves, « Une fille avait dessiné sur ses livres et ses cahiers tout ce qu'il lui arrivait »[1]. En 2012, le journaliste du Times Andrew Norfolk publie un article là-dessus, les faits qu'il découvre lui font dire « Je n'y croyais pas moi-même. J'avais l'impression que c'était un canular monté par l'extrême droite ! », quand il publie son article il se voit reprocher de « cibler la minorité anglo-pakistanaise »[1]. Son article reprend des rapports de police et d'associations sociales qui dénoncent l'exploitation sexuelle de filles en majorité blanches par des immigrés asiatiques (immigrés du sous-continent indien et afghans).


Bibliographie[modifier | modifier le code]

session du bureau de l'interieur


Divers

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Rapport de Jay (2014): "Pour donner une estimation globale du problème, nous avons utilisé des rapports du Comité local de protection de l'enfance (anciennement l'ACPC) et des comités de conseil. Les débats sue les enfants, s'agissait de discussions interinstitutions sur des centaines d'enfants qui avaient subis ou risquaient sérieusement d'être exploités sexuellement; Risky Business, individuellement ou en groupe. "En rassemblant toutes ces sources, l'enquête a permis de conclure qu'au moins 1400 enfants ont été exploités sexuellement entre 1997 et 2013. Ceci est une estimation prudente de l'ampleur réelle de la siuation. Nous ne sommes pas en mesure d'évaluer le nombre d'autres enfants qui risque de subir une agression, ou ceux qui ont subis des abus, mais qui ne sont connus par aucune agence, y compris ceux qui ont été témoins d'agressions ou de maltraitances."

[4]


[119]

Références

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Rapports et livres cités[modifier | modifier le code]

L'article cite les rapports et livres suivantes: