Mourad Ier

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Mourad Ier
Illustration.
Le sultan Mourad Ier
Titre
3e sultan ottoman
v. 1360 –
(~ 29 ans)
Prédécesseur Orhan
Successeur Bayezid Ier
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Date de naissance
Lieu de naissance Bursa
Date de décès (63 ans)
Lieu de décès Kosovo
Père Orhan
Mère Nilüfer Hatun
Enfants Yakub Çelebi, Bayezid Ier, Savci Bey et Ibrahim

Signature de Mourad Ier
Liste des sultans de l'Empire ottoman

Mourad Ier (turc : Murat Hüdavendigâr[1]) est né à Brousse en 1326 et mort le à la bataille de Kosovo Polje. Son père était Orhan auquel il succéda vers 1360. Sa mère était la princesse byzantine Holofira (Hélène) connue sous le nom turc de Nilüfer Hatun.

Il eut deux filles et quatre fils : Yakub Çelebi, Bayezid Ier, Savci Bey et Ibrahim. Il est mort en 1389 à la suite de la première bataille de Kosovo. C'est Bayezid qui lui succéda.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il reçut son éducation de sa mère, princesse byzantine puis il alla à l’université de Brousse, que son père avait construite, pour y faire des études d’arts, de sciences et de théologie.

Mourad accomplit des réformes dans l’organisation de l’État. Il créa le divan, c’est-à-dire le conseil des ministres du gouvernement, le commandant en chef (beylerbeyi, grand seigneur), le juge militaire (kadiasker) et la fonction de ministre des finances (defterdar, gardien du registre) dont les titulaires furent choisis par Mourad hors de la famille ottomane. Il créa aussi une fonction de grand vizir à la manière des souverains arabes. Mourad rédigea la loi du tımar[2] qui donnait aux cavaliers sipahi[3] un fief dans les territoires annexés qui pouvait rapporter de 10 000 à 100 000 akçe et apporter de 5 à 20 hommes de troupe pour l’armée. Il inaugura la politique d’intégration de force (devchirmé) de jeunes chrétiens (acemî oğlan, jeune apprenti) dans les janissaires. Il divisa son empire en deux : l'Anatolie (Anadolu) pour la partie asiatique et Roumélie (Rumili) pour la partie en Europe.

Dès 1360 les Ottomans entrèrent en Thrace par Gallipoli et prirent Andrinople (Edirne) au cours des années 1360 ; l'empereur de Byzance était complètement encerclé.

En 1366, une expédition envoyée au secours de Byzance par Amédée VI de Savoie, cousin de Jean VI Cantacuzène, reprit Gallipoli jusqu'en 1377. Mourad contraignit l’Empereur de Byzance à payer un tribut (1373).

Dans les années 1370, Mourad étendit son domaine en Europe. À la bataille de la rivière Maritza (septembre 1371) son lieutenant, Lalaşahin, détruisit l’armée du roi serbe Vukašin Mrnjavčević, bien que celle-ci fût beaucoup plus nombreuse. Mourad nommera ce lieutenant premier gouverneur (beylerbey) de Roumélie.

En 1372, le tsar de Bulgarie Ivan Chichman donna sa sœur Tamara Desislava en mariage à Mourad. La même année, l'empereur byzantin Jean V Paléologue, en tant que vassal de Mourad, dut l'accompagner dans une campagne en Asie mineure. Profitant de leur absence, Andronic, fils de Jean V, conspira pour s'emparer du pouvoir avec l'aide de Savci Bey, fils de Mourad, qui voulait aussi remplacer son père sur le trône. Mourad, ayant découvert le complot, ordonna qu'on crève les yeux aux deux princes suivant l'usage byzantin[4].

Après la reprise de Gallipoli, Mourad pénétra plus avant en Bulgarie, prenant Sofia en 1385.

Les Serbes remportèrent la bataille de Plocnik en 1387. Deux ans plus tard, Mourad repartit de nouveau vers l’ouest et ce fut la victoire de Kosovo qui fit passer la Serbie sous le contrôle ottoman. Le roi de Serbie Lazar Hrebeljanović y fut tué. Mourad fut poignardé au cours de la bataille ou après celle-ci alors qu’il visitait le champ de bataille.

Il fut enterré à Prishtina (au Kosovo). Son mausolée (turbe) ayant survécu à l'épreuve du temps, il peut être visité de nos jours.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hüdavendigâr signifie Seigneur et maître
  2. tımar, action de panser un cheval ; fief ; vassalité
  3. du farsi سپاه sepah, troupe, a donné en France spahi
  4. Georges Castellan, Histoire des Balkans, Fayard, 1991, p. 63-64

Liens externes[modifier | modifier le code]