Bubalus bubalis

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Bubalus arnee

Bubalus bubalis
Description de cette image, également commentée ci-après
Bubalus bubalis au Sri Lanka.
Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Artiodactyla
Famille Bovidae
Sous-famille Bovinae
Genre Bubalus

Espèce

Bubalus bubalis
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( EN )
EN A2cde+3cde+4cde; C1 : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 1975-01-07

Le buffle domestique est un bovin de grande taille, l'espèce-type du genre Bubalus, qui comprend plusieurs autres espèces endémiques d'Asie tropicale.

Appellation[modifier | modifier le code]

Il est connu en français sous les noms de buffle d'Asie, buffle des marais (B. b. bubalis) et buffle des rivières (B. b. kerabau). La femelle est la bufflonne, le petit, le bufflon. En d'autres langues, et selon les races et les pays, il a plusieurs noms : arni, karbau, kerabaü...

L'appellation pour cette espèce de « buffle d'eau », traduction littérale de l'anglais water buffalo que l'on rencontre parfois, est un pléonasme en français, mais pas en anglais, où elle sert à distinguer le buffle du bison, également appelé buffalo. Le buffle à l'état sauvage est accoutumé aux milieux humides et reste très attiré par les zones aquatiques, ce qui peut justifier cette appellation de « buffle d'eau ». Cependant, il n'existe pas de « buffle de terre », à moins d'appeler ainsi l'espèce sauvage africaine Syncerus sp., qui forme un autre genre à la morphologie différente.

Élevage[modifier | modifier le code]

À l'état sauvage, le buffle d'Asie est une espèce en danger, dont l'habitat typique est les marais d'Asie du Sud et du Sud-Est. Sous sa forme domestiquée, c'est un animal courant en Chine, dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-Est, particulièrement apprécié pour son lait et en tant qu'animal de bât et de labour. Cependant, les buffles domestiques disparaissent peu à peu des rizières, victimes de la mécanisation de l'agriculture : par exemple, en Thaïlande, la population de buffles a chuté de 26 à 40 % en dix ans, de 1998 à 2008[1]; le vice-ministre de l’Agriculture Thaïlandais, Arkhom Engchuan, mentionne aussi comme cause de ce déclin la consommation de viande de buffle[2], moins chère que la viande de bœuf[3].

La buffle est aussi élevé en Europe. En Roumanie et en Italie, les bufflonnes sont élevées pour leur lait, notamment en Campanie, pour la production de la mozzarella. Des fouilles archéologiques attestent la présence du buffle domestique en Europe et Asie de l'Ouest dès l'époque archaïque, à l'aube de l'Antiquité, tant dans les Balkans, en Anatolie, Syrie, Mésopotamie et Perse qu'en Italie.

Races[modifier | modifier le code]

Comme chez le bœuf domestique, il existe plusieurs races, dont certaines ont été exportées loin de leurs terres d'origine. Ainsi, aujourd'hui, le buffle est élevé en Italie méridionale, en Tunisie, mais aussi au Brésil, où il a été introduit sur l'île de Marajó, et dans le nord de l'Australie, où des bêtes échappées des élevages ont eu tendance à proliférer et sont devenues du gibier.

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Dans le Midi de la France, quelques fermes en élèvent pour la viande et le lait, tandis que dans les Hauts-de-France, un troupeau est utilisé pour gérer le marais de Sacy[4]. Des populations libres ont été introduites aux Pays-Bas, dans le polder d'Overdiepse[5], ainsi que dans le delta du Danube. L'espèce est en effet un bon candidat pour les projets de réensauvagement qui visent à restaurer la mégafaune herbivore européenne.

Le buffle sauvage (Bubalus arnee bubalis)[modifier | modifier le code]

La population sauvage qui compterait moins de 3 500 individus matures est principalement répartie en Inde, au Népal, au Bhoutan et en Thaïlande. Quelques dizaines d'individus subsistent au Cambodge, en Birmanie et en Malaisie péninsulaire. La population de Bornéo pourrait être croisée avec des individus marrons, il en va de même pour la population du Sri Lanka.

Les principales menaces qui pèsent sur les buffles sont le braconnage, l’hybridation avec la population domestique, les maladies, la destruction de leur écosystème, le morcellement de leur habitat et les catastrophes naturelles.

Les buffles vivent principalement dans les marais, la jungle et la savane arborée du sud et du sud-est asiatique. En général, les buffles sauvages vivent en troupeaux d'une trentaine d'individus qui se nourrissent principalement d'herbes, de plantes aquatiques voire de fruits et de feuilles d'arbre. Les principaux prédateurs du buffle sont le tigre, l'Homme et le crocodile pour les bufflons. Le buffle est le second plus grand bœuf sauvage après le gaur et pèse de 700 à 1 200 kg, il possède les plus grandes cornes chez les ruminants : elles peuvent mesurer deux mètres.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrik Barta et Wilawan Watcharasakwet, The Asian Wall Street Journal - Hong Kong, « Thaïlande. A l’école des buffles d’eau », sur courrierinternational.com,
  2. Anan Paengnoy, The Nation (Thailand), « Thaïlande. Trop de buffle dans votre assiette. », sur courrierinternational.com, Courrier international,
  3. Nirmal Ghosh, The Straits Times (Singapour), « Thaïlande. Sauvons les derniers buffles d'eau », sur courrierinternational.com, Courrier international,
  4. Groupe Zones humides, 2018, Zones Humides Infos no 94: Pâturage traditionnel ou original en zone humide, La gestion des marais de Sacy par le buffle domestique, C. Galet, « Zones Humides Infos n°94: Pâturage traditionnel ou original en zone humide », sur http://snpn.com,
  5. Global Invasive Species Database (GISD 2017), espèce Bubalus bubalis sur [1], 30 novembre 2017 et Daniel Münter, film Pays-Bas : le pacte avec l'eau à 43 min 06 s sur [2].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) B. D. Scherf, World watch list for domestic animal diversity, éd. de la F.A.O., 3e édition, Rome 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]