Jeremiah Johnson

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Jeremiah Johnson

Réalisation Sydney Pollack
Scénario Edward Anhalt
John Milius
Musique John Rubinstein
Tim McIntire
Acteurs principaux
Sociétés de production Sanford Productions
Warner Bros.
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Anti-western
Durée 108 minutes
Sortie 1972

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Jeremiah Johnson est un film américain de Sydney Pollack, sorti en 1972.

Le film s'inspire en partie de la vie du célèbre mountain man John Johnson, connu sous le surnom « Johnson le mangeur-de-foie ». Le film est présenté en compétition officielle au festival de Cannes 1972. Il connaît un succès aussi bien commercial que critique.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Intrigue[modifier | modifier le code]

Fuyant la civilisation de son pays, un Américain décide de vivre seul dans le climat rude des Montagnes Rocheuses. La cohabitation avec l'une des tribus indiennes se dégrade lorsque, après avoir porté assistance à un convoi militaire, sa famille fait l'objet de lourdes représailles. Sa vengeance et son courage en font une figure légendaire.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Dans les années 1850, Jeremiah Johnson, un vétéran de la guerre américano-mexicaine, décide de fuir la violence des hommes et la civilisation pour gagner les hauteurs sauvages des montagnes Rocheuses. Mal préparé à cette rude vie, il connaît des débuts difficiles ; jusqu’au jour où il fait la rencontre de « Griffes d’Ours », un vieux chasseur de grizzlis qui lui apprend le dur métier de trappeur et les coutumes des Indiens.

Un jour, Jeremiah découvre une cabane dont les occupants pionniers ont été massacrés par des Indiens. À la demande de sa mère devenue folle à la suite de ce traumatisme, Jeremiah recueille alors un jeune garçon survivant de cette tuerie, et le nommera Caleb. Peu après, les deux personnages font la rencontre de Del Gue, un chasseur cynique et malhonnête et chauve de circonstance (pour éviter d'attirer l'attention sur son scalp), détroussé et enterré jusqu'au cou par les Indiens Pieds-Noirs. Ce dernier récupère ses effets avec l’aide de Jeremiah et scalpe trois Indiens de la tribu en guise de vengeance.

Le lendemain, ils rencontrent tous trois une tribu adverse, les Têtes-Plates. Deux-Langues, le chef de la tribu, qui parle français, décide d’offrir sa fille, « La Cygne » (en anglais, Swan), à Jeremiah en échange des scalps de Del Gue et des chevaux des Pieds-Noirs. Après la cérémonie de mariage, Del Gue quitte ses compagnons en leur souhaitant une bonne lune de miel. Après avoir longtemps erré, Jeremiah trouve enfin un endroit idéal pour construire une habitation et fonder une famille heureuse avec Swan et Caleb.

Un jour, des militaires demandent l’aide de Jeremiah afin de les guider vers un convoi de colons bloqué par la neige. En chemin, afin de gagner du temps, ils profanent un cimetière de la tribu des Corbeaux en le traversant contre l'avis de Jeremiah. À son retour, Jeremiah découvre Swan et Caleb tués par les Corbeaux. Il sombre alors dans une vendetta personnelle contre eux, qui en retour le poursuivent sans relâche d'embuscades en embuscades. Il partira finalement vers le Canada, recroisant une dernière fois Del Gue, qui s'est laissé pousser les cheveux pour laisser une « trace sur cette terre ». Puis retournant sur le site de la ferme des parents de Caleb, il y apprend par les nouveaux colons, Qualen et sa famille, que la mère de Caleb est morte. Jeremiah y trouve également une sorte de monument en forme de tombe commémorative dressée en son honneur par les Indiens qui y laissent périodiquement des tributs votifs. Plus tard, il rencontre à nouveau son ami « Griffes d’Ours », toujours à la chasse au grizzli, et qui lui réaffirme sa préférence pour la vie rude des montagnes.

Le film se clôt sur une rencontre avec « Chemise Rouge » un indien Corbeau, ennemi de Jeremiah, et qui semble être derrière les attaques répétées contre lui. L'Indien lève son bras dans un geste de paix que Jeremiah lui retourne après un moment d'hésitation.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Producteurs associés : John R. Coonan et Mike Moder

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Joe Johnston.

La vie du personnage historique Joe Johnston, dit « Crow Killer » (le « tueur de Corbeaux ») ou « Johnson le mangeur-de-foie », a servi de modèle à celle du héros du film[3].

Robert Redford aurait contribué au scénario, bien que non crédité au générique[4].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film est crédité d'un score de 95 % d'avis positifs, sur la base de 20 critiques collectées et une note moyenne de 7.10/10 ; le consensus du site indique : « Le rythme délibéré de Jeremiah Johnson exige un investissement de la part du spectateur, mais il est récompensé par un drame réfléchi, ancré par la performance vedette de Robert Redford »[5]. Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 75 sur 100, sur la base de 7 critiques collectées ; le consensus du site indique : « Avis généralement favorables »[6].

Box-office[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film est présenté en compétition officielle pour la Palme d'or au festival de Cannes 1972. Il reçoit par ailleurs le prix du meilleur film aux Western Heritage Awards 1972[7].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film est une étude quasi documentaire sur la vie au sein de la nature hostile[8], loin des saloons et chevauchées homériques[9] où « la figure errante et quelque peu tourmentée de Jeremiah Johnson n’a rien d'un John Wayne sans peur et sans reproche »[4]. Dans la lignée du film Little Big Man (1970) d'Arthur Penn, les indiens de Jeremiah Johnson sont décrits avec un réalisme documentaire ; leur culture est filmée sans condescendance ni manichéisme. Par exemple, Lebeaux, chef christianisé de la tribu indienne Têtes-Plates, s'exprime en français dans la version originale, en cohérence avec à leur évangélisation par le belge Pierre-Jean De Smet[10]. Pour Romain Genissel du site Critikat, « Jeremiah Johnson est l’un des seuls films de la décennie à autant préserver les codes classiques du genre qu’à discrètement s’en émarger » ; il ajoute : « Jeremiah Johnson fonctionne et enivre encore aujourd’hui avant tout grâce à son échafaud soigné »[4].

Le film peut être interprété comme un voyage initiatique, à la façon d'Easy Rider ou Apocalypse Now[3] avec une forme de communion avec la nature évoquant Dersou Ouzala d'Akira Kurosawa ou Délivrance de John Boorman. Cependant, à l'instar de Robert Aldrich dans Fureur Apache, mais plus adroitement, Sydney Pollack refuse toute idéalisation des Indiens et de leurs coutumes, présente dans de nombreux westerns pro-indiens (comme dans le Buffalo Bill de William Wellman où le prestigieux éclaireur s'écriait : « les Indiens sont très bons si on les laisse tranquilles, ce sont des hommes de la nature »). D'après Pollack, la nature ne rend pas les Indiens meilleurs ni plus libres que les gens de la société blanche, fuie par le héros[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche du livret CD audio
  2. (en) Release info sur l’Internet Movie Database
  3. a et b « Jeremiah Johnson, film de Sydney Pollack », universalis.fr (consulté le 25 septembre 2020).
  4. a b et c Romain Genissel, « Jeremiah Johnson de Sydney Pollack - Il erre où le vent va », sur Critikat, .
  5. (en) « Jeremiah Johnson (1972) », sur rottentomatoes.com, Rotten Tomatoes (consulté le ).
  6. (en) « Jeremiah Johnson (1972) », sur metacritic.com, Metacritic (consulté le ).
  7. (en) Jeremiah Johnson - Awards sur l’Internet Movie Database
  8. 50 ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, page 771.
  9. Télérama, 10 000 critiques, page 518
  10. La-Croix.com, « Pierre-Jean de Smet, l'apôtre des indiens d'Amérique », sur Croire (consulté le ).
  11. Georges-Henri Morin, Le cercle brisé. L'image de l'indien dans le western, Paris, Payot, 1977, 312 p. (ISBN 2228272701 et 978-2228272704)

Annexes[modifier | modifier le code]

Revue de presse[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]