La classe ouvrière va au paradis

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La classe ouvrière va au paradis

Titre original La classe operaia va in paradiso
Réalisation Elio Petri
Scénario Elio Petri et Ugo Pirro
Musique Ennio Morricone
Acteurs principaux
Durée 125 minutes
Sortie 1971

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La classe ouvrière va au paradis (La classe operaia va in paradiso) est un film italien réalisé par Elio Petri, sorti en 1971. Il obtint la Palme d'or au Festival de Cannes 1972.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Lulu Massa est un ouvrier ordinaire, acharné au travail. Un jour qu'il est victime d'un accident de travail dans lequel il perd un doigt, il s'aperçoit de la solidarité des autres ouvriers qui se mettent en grève pour interpeller sur les mesures de sécurité dont il a été une des victimes. Désormais, il s'engage comme jamais et devient un syndicaliste extrémiste, il se lie à des gauchistes, son usine le licencie, sa femme le quitte, il déprime, mais une nouvelle grève éclate, en guise de solidarité, et il est réembauché.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ludovico Massa, dit Lulu, est un ouvrier d'usine itanlien âgé de 31 ans vivant à Milan avec deux familles à charge, l'une composée de son ex-femme et de leur fils et l'autre de sa nouvelle compagne et de son fils. Il travaille depuis 15 ans à l'usine B.A.N et a eu deux intoxications à la peinture ainsi qu'un ulcère. Lulu est un accro au travail et partisan du rythme à la pièce, grâce auquel il parvient à gagner suffisamment d'argent pour s'offrir une voiture et d'autres biens de consommation en travaillant parfois à un rythme infernal, Lulu est aimé par ses patrons, qui l'utilisent comme modèle pour établir des rythmes de production optimaux mais est détesté par ses collègues, qui confondent son assiduité avec de la servilité. Lulu n'est cependant pas heureux de sa situation, car le rythme de travail est si épuisant que lorsqu'il rentre chez lui, il peut à peine manger, s'abruti devant la télévision et n'arrive pas à faire l'amour. Il n'a pas de vie sociale et ne dialogue pas beaucoup avec ses proches, hormis avec un vieil ouvrier, à qui il rend visite dans un asile psychiatrique. Sa vie se poursuit dans cette aliénation totale, ce qui le conduit à ignorer les slogans de protestation criés et écrits par les étudiants anarchistes ou des mouvements syndicaux de gauche devant les grilles de l'usine. Un jour, il a un accident de travail et perd un doigt après avoir essayé d'extraire manuellement une pièce coincée dans la machine.

Cela lui fait soudainement prendre conscience de sa propre aliénation et de sa vie misérable. Il décide de s'élever contre le patronnat, qui souhaitait lui faire un chantage et finit par rejoindre les revendications radicales des étudiants ainsi que certains ouvriers de l'usine, par opposition aux positions plus modérées des syndicats. En peu de temps, l'agitation dans l'usine augmente et, après une grève générale, il y a l'inévitable affrontement avec la police. Le résultat de ce changement est dramatique puisque Lulu est abandonné par sa compagne, licencié de son travail et en même temps abandonné à la fois par les étudiants, qui affirment que son cas est individuel et non pas général de même que par les travailleurs, qui ne prennent initialement aucune mesure contre son licenciement. Au cours de ces vicissitudes, Lulu tente en vain de trouver du réconfort en rendant visite au vieux Militina, un ancien collègue d'usine contraint de finir ses jours à l'asile, le seul résultat que Lulu obtient de ces visites est de se rendre compte que pour lui aussi, l'aliénation se transforme en folie.

Alors que tout lui semble perdu, ses compagnons, grâce au syndicat, parviennent à le faire rentrer dans l'usine et il retrouve son poste sur la chaîne de montage. Enthousiaste, Lulu crie pour se faire entendre au-dessus du bruit assourdissant des machines, à nouveau à la merci des rythmes frénétiques de la production et raconte à ses collègues qu'il a rêvé d'être mort et enterré et de se retrouver dans l'au-delà près d'un mur, où il est rejoint par Militina, qui tente de forcer le passage. Lorsque le mur s'écroule, toujours dans le rêve, Lulu voit un épais brouillard dans lequel lui, Militina et tous les autres ouvriers sont immergés et la classe ouvrière se retrouve au paradis.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Ennio Morricone

Distribution[modifier | modifier le code]

Gian Maria Volonté

Autour du film[modifier | modifier le code]

Casting et équipe technique[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • Pour Jean Tulard, le film est généreux mais peu satisfaisant car le réalisateur est forcé de faire des concessions au spectacle ce qui affaiblit sa démonstration[2].
  • Pour Béatrice Bottet, critique de cinéma, la démonstration n'est pas toujours subtile, mais elle est efficace. Gian Maria Volonté est remarquable[3].
  • Dans le cinéma italien de 1945 à nos jours, Laurence Schifano rapporte que les critiques parlent alors d'un cinéma de reflux dans lequel ils englobent les emphases incontrôlées et expressionnistes de la trilogie d'Elio Petri (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, La classe ouvrière va au paradis et La propriété, c'est plus le vol)[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. ex-æquo avec L'Affaire Mattei de Francesco Rosi.
  2. d'après le roman de Giorgio Bassani
Références
  1. Dictionnaire du cinéma - Les acteurs - de Jean Tulard
  2. Guide des films de Jean Tulard, édition de 1991
  3. Dictionnaire mondial des films, sous la direction de Bernard Rapp et Jean-Claude Lamy, éditions Larousse
  4. Le cinéma italien de 1945 à nos jours, crise et création par Laurence Schifano, Nathan Université

Liens externes[modifier | modifier le code]