Le Tambour (film)

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Le Tambour
Titre original Die Blechtrommel
Réalisation Volker Schlöndorff
Scénario Volker Schlöndorff
Jean-Claude Carrière
Franz Seitz
Acteurs principaux
Pays d’origine Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de la France France
Drapeau de la Pologne Pologne
Genre Drame
Durée 135 minutes
Sortie 1979

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Tambour (titre original : Die Blechtrommel) est un film germano-franco-polonais réalisé par Volker Schlöndorff sorti en 1979, adapté du roman éponyme de Günter Grass paru en 1959.

Le roman de Günter Grass se divise en deux parties. La première, celle exploitée par Schlöndorff pour son adaptation cinématographique, met en scène un petit garçon, Oskar, qui refuse de grandir sous le régime nazi. La seconde se déroule de la fin de la Seconde Guerre mondiale à l'annonce de la mort de Staline, en 1953.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire du Tambour est racontée sous la forme d'un long monologue, dont le narrateur n'est autre que le héros lui-même, Oskar Matzerath, un bien étrange personnage. Doté d'une intelligence innée hors du commun, il reçoit en cadeau, pour son troisième anniversaire le 12 septembre 1927, un tambour de fer-blanc laqué rouge et blanc. Choqué par le monde des adultes, il décide de cesser de grandir. Pour cela, il fera exprès de chuter du haut des escaliers de la cave de sa maison, et va ainsi conserver sur le monde un regard d'enfant implacable et inflexible.

Niant toutes les convenances sociales et espérances, il se sert de son tambour pour éprouver le monde et pour battre la mesure de l'humeur ambiante. Ainsi, figé dans son corps de petit garçon de trois ans, son tambour en permanence rivé à son cou, le narrateur raconte sur un mode épique et très noir sa traversée des années 1930, de la Seconde Guerre mondiale et de la revitalisation économique qui s'ensuit.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Version Director's cut[modifier | modifier le code]

À l'origine, le film avait atteint une durée de 162 minutes, un montage que Günter Grass avait qualifié de « charge concentrée ». Cependant United Artists, qui co-produisait le film, a exigé un raccourcissement d'une demi-heure. En effet, à l'époque, un film qui durait plus de deux heures était considéré comme trop long. Ne pouvant pas présenter deux versions du film, Volker Schlöndorff a accepté ces conditions et le film a connu un immense succès malgré tout.

Dans une interview au magazine français Brazil (n° 23, novembre 2009), Schlöndorff révèle qu'il vient de terminer un nouveau montage du film. Un jour, en raison de frais de conservation, on lui avait proposé de se débarrasser des négatifs non utilisés pour le film. Le réalisateur s'était alors demandé ce que donnerait ce matériel une fois monté. L'image n'en avait pas perdu sa qualité mais ne comportait aucun son.

La postsynchronisation de ces nouvelles scènes a été un vrai défi. Angela Winkler n'a eu aucun mal à doubler sa propre voix, celle-ci n'ayant quasiment pas changé avec les années ; Mario Adorf, en dépit de son grand âge, est parvenu à reproduire le timbre qu'il possédait à l'époque (il a également assuré la version française) ; en revanche pour Katharina Thalbach, la mission fut plus compliquée. La voix de l'actrice s'étant bien aggravée avec le temps, c'est finalement sa fille Anna qui lui prête la sienne. Quant à David Bennent, qui a depuis fait carrière au théâtre, son timbre a bien mué. Pourtant, après plusieurs essais non concluants avec un enfant, un lilliputien et une femme spécialiste de voix enfantine, Bennent assure finalement sa propre voix, celle-ci ayant été par la suite trafiquée numériquement par l'ingénieur du son Hubert Bartholomä.

Cette version est sortie en DVD et Blu-Ray le .

Suppléments[modifier | modifier le code]

  • Tandis qu'Agnes fait le ménage dans le salon, Jan la dévore des yeux. Oskar fait son entrée et regarde le cahier de timbres de Jan. Celui-ci lui montre particulièrement un timbre vieux de cent ans. Par la suite, Alfred prévient tout le monde que le repas est prêt mais Jan part travailler.
  • Ayant découvert sa capacité de briser le verre avec son cri, Oskar fait un test avec un verre à pied. Il est rejoint par ses camarades.
  • Le marchand de fruits et légumes montre à des clientes la grosseur de ses pommes de terre.
  • Peu avant que l'institutrice ne se précipite sur Oskar pour lui confisquer son tambour, le jeune garçon effectue un premier cri en direction de la fenêtre, faisant ainsi briser la vitre.
  • Gretchen Scheffler donne un cours de lecture à Oskar, à domicile. Celui-ci sort un livre sur l'histoire de Raspoutine et demande à la femme de le lui lire. D'abord réticente, elle accepte finalement sa demande. Agnes entre dans la pièce et les rejoint. Alors qu'il écoute l'histoire, Oskar s'imagine la scène à Saint-Petersbourg en voyant Barbe-Noire (joué par Jean-Claude Carrière) danser avec deux femmes nues. Puis il se lance dans un monologue sur Goethe et les Affinités électives.
  • Alors qu'Agnes raccroche le portrait de Beethoven sur un autre mur du salon, Jan arrive et allume la radio. Oskar observe les yeux de son oncle et découvre qu'ils sont bleus comme les siens. Inquiet, Jan dit à Agnes qu'Oskar devra un jour connaître la vérité sur leurs liens de parenté.
  • La scène du suicide d'Agnes dans le cabinet de toilettes comporte un plan intérieur montrant la réaction de la jeune femme juste avant de se donner le coup de grâce.
  • Lors du passage du Führer dans la ville, Schugger-Leo interpelle Oskar et l'emmène à l'endroit où Jan a été fusillé, ayant même récupéré la douille de la balle destinée au polonais. En revanche, le dernier plan panoramique de la cathédrale a été retiré du montage.
  • En enfilant son nouvel uniforme, Alfred annonce à Maria que l'armée allemande a envahi la France et qu'il a été promu chef-responsable de quartier.
  • Lina sort de la boutique de fruits et légumes en courant et en hurlant. Peu après, Oskar s'y introduit à son tour, descend à la cave et retrouve le corps pendu du marchand.
  • Deux images d'archives montrant l'arrivée d'Adolf Hitler à Paris ont été insérées peu avant l'arrivée de la troupe de Bebra dans la capitale.
  • Sur la plage de Normandie, Oskar et Roswitha flirtent assis sur le blockhaus. Ils sont interpellés par Bebra qui leur conseille de bien profiter de ce moment.
  • Bebra prévient le caporal qu'il aperçoit cinq personnes sur la plage. L'officier affirme au lilliputien qu'il ne s'agit que de nonnes ramassant des moules et des crevettes. Par la suite, un officier supérieur ordonne par radio d'abattre ces nonnes. L'ordre est exécuté. Oskar et Roswitha voient les religieuses monter au ciel.
  • D'autres images d'archives montrent le débarquement du .
  • Lorsqu'Oskar rentre chez lui, Maria lui fait des reproches sur sa soudaine disparition. Le lendemain, Alfred reçoit deux agents qui veulent emmener Oskar dans un centre psychiatrique. Alfred s'y oppose contrairement à Maria.
  • La séquence des survivants de Treblinka a été remontée afin que la fuite des allemands y trouve son arrière-plan historique.
  • Maria reçoit la visite d'un certain M. Fajngold, un juif qui doit reprendre l'épicerie. En faisant la visite du magasin, il descend à la cave et y découvre le corps abattu d'Alfred. Il raconte par la suite que sa femme et ses six enfants ont été tués tandis qu'il était parti faire une course. Ce personnage apparaissait déjà brièvement dans le montage original, dans la scène de l'enterrement d'Alfred et celle du départ de la famille.
  • Alors que la famille est sur le départ pour l'Ouest, Fajngold propose à Maria de l'épouser et de rester sur place mais elle refuse.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Entre autres :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]