Mnong

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Les Mnong ou M'nong sont un groupe ethnique du Viêt Nam dont la population totale est estimée à plus de 200 000 personnes (2010).

Ils sont régulièrement assimilés à un groupe plus vaste dénommé Moï (ou Moye), Proto-Indochinois ou Montagnards, par opposition aux Vietnamiens. Toutefois ces noms sont pas des ethnonymes. L'appellation moï, par exemple, n'est qu'une francisation du vietnamien Moï, terme péjoratif à l'égard des minorités pouvant se traduire par « barbare, sauvage »[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

Ethnies[modifier | modifier le code]

Groupe de femmes Mnong.

On peut les diviser en trois groupes ethniques :

  • Les Mnong du centre : ils sont environ 88 000 dans les provinces de Dak Lak et de Lam Dong, dans les hautes-terres du centre ; ils sont chrétiens pour la plupart ;
  • Les Mnong de l'Est : environ 76 000 personnes dans ces mêmes provinces des hautes terres du centre ;
  • Les Mnong du Sud : leur nombre s'élève à 55 000 environ dans la province de Binh Phuoc dans le Vietnam du Sud-est. Un certain nombre de Mnong vit aussi dans la province orientale du Cambodge, le Mondulkiri.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue mnong appartient au groupe bahnarique du rameau oriental de la branche môn-khmer des langues austroasiatiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Habitants originels de l'Indochine, ils furent progressivement repoussés dans les montagnes et leur culture fut anéantie au XIVe siècle par l'expansionnisme des Viets du Tonkin et d'Annam. Le terme « Moï » signifie « sauvage » en vietnamien et désigne péjorativement et indistinctement les ethnies de la chaîne annamitique (Bahnars, Djarais, Rhadés, Sédangs et Mmongs).

Leur royaume de Champā, dont les cités sacrées comme Mỹ Sơn rivalisaient en beauté avec Angkor, a été cité par Marco Polo.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Condominas, L'exotique est quotidien : Sar-Luk, Vietnam central, Plon, Paris, 2006 (nouv. éd. augm.), 663 p. (ISBN 2-266-16146-6)
  • Mathieu Guérin, « Et Jayavarman VII monta les Mnong contre les Français : ou le temps et l'espace des relations Mnong-Khmers-Français selon un récit mnong du début du XXIe siècle »[2], in Péninsule, no 56, p. 143-156 Numéro spécial intitulé Échanges, renoncement et évitement : stratégies de survie face au pouvoir politique. Hommage à Jacques Népote (II).
  • Albert-Marie Maurice, Les Mnong des hauts-plateaux, Centre-Vietnam, vol. 1 : Vie matérielle, vol. 2 : Vie sociale et coutumière , L'Harmattan, Paris, 1993
  • (en) Joachim Schliesinger, « Mnong », in Hill Tribes of Vietnam, vol 2 : Profile of the Existing Hill Tribe Groups, Booksmango, 2015, p. 19-21 (ISBN 9781633232341)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Sar Luk : les travaux et les jours d'un village mnong gar du Vietnam central, film d'Alain Bedos avec Georges Condominas, Adavision, Paris, 2010, 29 min (DVD) Copyright CNRS 1984, à partir de photos, de poèmes chantés recueillis de 1948 à 1950 et de musiques enregistrées en 1958.
  • Georges Condominas : l'enfant des quatre vents, film de François Luxereau, CNRS images, Meudon, 2009, 45 min (DVD)
  • (en) Bunong's birth practices: between tradition and change, film de Tommi Mendel et Brigitte Nikles, Documentary Educational Resources, Watertown, 2011, 53 min (DVD)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yvan Barbé, « Mnong », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 9 mai 2013)
  2. Voir sur hal.archives-ouvertes.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]