Viridiana

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Viridiana
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Logo du film.

Réalisation Luis Buñuel
Scénario Julio Alejandro
Luis Buñuel
Acteurs principaux
Sociétés de production Unión Industrial Cinematográfica
Gustavo Alatriste
Films 59
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Mexique Mexique
Genre Comédie dramatique
Durée 90 minutes
Sortie 1961


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Viridiana est un film mexicano-espagnol réalisé par Luis Buñuel, sorti en 1961, qui a obtenu la Palme d'or lors du festival de Cannes 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Viridiana va bientôt prononcer ses vœux et s'enfermer dans un couvent. Auparavant, elle vient une dernière fois saluer son oncle, Don Jaime, riche bourgeois. Celui-ci tente de la séduire et lui propose de l'épouser. Elle refuse, horrifiée, et s'enfuit de la propriété. Don Jaime se donne la mort en se pendant dans le jardin.

Héritière du domaine avec son cousin Jorge, fils naturel de Don Jaime, Viridiana renonce au cloître et décide de consacrer sa vie et sa propriété aux pauvres qui mendient à la sortie de l'église. Un soir où les maîtres sont absents, les personnes qu'elle a recueillies investissent la maison, organisent un banquet, se saoulent et transforment leur fête en orgie. Devant le retour prématuré de Viridiana et de Jorge, la plupart fuient mais deux des mendiants essaient de violer leur bienfaitrice.

Sauvée par son cousin, qui convainc l'un des mendiants de tuer l'autre, Viridiana cède aux charmes de Jorge et finit par s'installer avec lui et leur servante dans un ménage à trois[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Buñuel continue de régler ses comptes avec l'oppression qu'il a subie dans sa jeunesse et aborde ses thèmes préférés : le fétichisme sexuel et l'inceste, l'hypocrisie de l'Église, la bêtise et la suffisance de la bourgeoisie, la bestialité populaire.

La « Cène » où le Christ et ses apôtres sont remplacés par des mendiants reste un monument de provocation.

Réception du film[modifier | modifier le code]

À Cannes, le film fit scandale, mais remporta la Palme d'or, ex-aequo avec Une aussi longue absence d'Henri Colpi. « Comme le tirage de la copie du film, qui devait s'achever à Paris, avait pris du retard, il fut projeté seulement le dernier jour, alors que les prix avaient été attribués. Après avoir visionné Viridiana, les jurés se réunirent à nouveau et décidèrent de lui décerner » la distinction suprême, tandis que l'œuvre d'Henri Colpi avait déjà été récompensée[2].

Le Vatican, par l'intermédiaire de son journal L'Osservatore Romano, déjà contrarié par l'accueil réservé à Mère Jeanne des anges de Jerzy Kawalerowicz, jugea le film de Buñuel « sacrilège et blasphématoire ». Viridiana fut donc immédiatement interdit par l'administration espagnole, le directeur général de la Cinématographie fut mis à la retraite anticipée pour être monté sur scène, à Cannes, afin de recevoir le prix[3], alors que les maisons de production Uninci et Films 59 étaient poursuivies pour « exportation illégale de film en France. » La même administration décida, par la suite, d'annuler rétroactivement l'autorisation de tournage et de « dénaturaliser » le film en considérant que Viridiana n'existait pas en tant que film espagnol. Il devint alors film mexicain grâce au distributeur Gustavo Alatriste. Il sortit sur les écrans espagnols le , deux années après la mort de Franco, le jour même où fut reconnue l'existence légale du PCE. La nationalité espagnole ne lui fut rendue qu'en 1983[4].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La censure refusa [l']épiloge [prévu au scénario], ce qui me conduisit à imaginer une nouvelle fin, bien plus pernicieuse que l'autre car elle suggère très précisément un ménage à trois. Viridiana vient se mêler à une partie de cartes qui oppose don cousin à l'autre femme, qui est sa maîtresse. »

    — Mon dernier soupir, p. 292

  2. Emmanuel Larraz in : Le Cinéma espagnol des origines à nos jours, Les Éditions du Cerf, Paris, 1986.
  3. Mon dernier soupir, p. 292.
  4. E. Larraz, op. cit.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]