The End (chanson des Doors)

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The End
Chanson de The Doors
extrait de l'album The Doors
Sortie
Enregistré fin août – début septembre 1966
Durée 11:40 min.
Genre Rock psychédélique
Rock progressif
Auteur Jim Morrison
Robby Krieger
Ray Manzarek
John Densmore
Producteur The Doors
Paul A. Rothchild
Label Elektra

Pistes de The Doors

The End est une chanson du groupe The Doors, paru en 1967 sur leur premier album The Doors.

D'une durée de presque 12 minutes, ce morceau est notamment célèbre pour avoir fait partie de la bande son du film de Francis Ford Coppola Apocalypse Now (1979).

Composition et enregistrement[modifier | modifier le code]

Le texte de The End a été à l'origine écrit par Jim Morrison à la suite de sa rupture avec sa petite amie Mary Werbelow. Cette chanson sera travaillée lorsque le groupe jouera au Whisky A Go Go en 1966. Contraint de jouer deux sets par nuit, le morceau sera étendu de manière à faire du remplissage. Au fur et à mesure de son évolution, la chanson prend forme. Le 18 août 1966, lors d'une performance au Whisky A Go Go, Jim Morrison qui est sous acide[1], improvise un passage faisant référence au complexe d'Œdipe dans laquelle il dit: Father / Yes son? / I want to kill you / Mother, I want to… fuck you! (« Père ? / Oui fils ? / Je veux te tuer / Mère, je veux te… baiser ! »)[1],[2].

La légende veut que le groupe ait été viré le soir même par Phil Tanzini, le patron du Whisky A Go Go, ce qui n'est pas totalement exact[3]. Même s'ils seront mis à la porte, The Doors honoreront leurs engagements jusqu'à la fin de la semaine, jouant encore trois concerts dans le club[4].

La chanson paraîtra sur leur premier album The Doors en janvier 1967. La version enregistrée comprend la partie dite œdipienne, bien que le mot "fuck" n'est pas prononcé. Le morceau aurait été enregistré live, sans ajout d'instrument[5], Jim Morrison chantant dans le noir, à côté d'une bougie[6]. Deux prises auraient été nécessaires et c'est la seconde qui figure sur l'album[6],[7].

À propos des paroles, Jim Morrison dira plus tard en 1969:

"Chaque fois que j'entends cette chanson, elle signifie quelque chose d'autre pour moi. Je ne sais pas vraiment ce que j'essayais de dire. Cela a commencé comme une simple chanson d'adieu. Probablement à une fille mais cela pourrait être aussi un adieu à une sorte d'enfance. Je ne sais pas vraiment. c'est suffisamment complexe et universel que cela pourrait être presque toute chose qu'on voudrait que cela soit"

("every time I hear that song, it means something else to me. I really don't know what I was trying to say. It just started out as a simple goodbye song. Probably just to a girl, but I could see how it could be goodbye to a kind of childhood. I really don't know. I think it's sufficiently complex and universal in its imagery that it could be almost anything you want it to be")[8]

À propos du morceau[modifier | modifier le code]

  • Le morceau contient notamment le passage Father / Yes son? / I want to kill you / Mother, I want to… (fuck you)! (« Père ? / Oui fils ? / Je veux te tuer / Mère, je veux te… (baiser) ! »), les deux derniers mots étant inintelligibles dans la plupart des performances du groupe. Les paroles font probablement référence au complexe d'Œdipe et/ou à la pièce Œdipe roi de Sophocle. C'est à cause de ce passage que le groupe s'est fait renvoyer du Whisky A Go-Go.
  • Le morceau est très célèbre pour avoir fait partie de la bande son du film de Francis Ford Coppola Apocalypse Now (1979).
  • Le morceau a aussi une place très importante dans le film d'Oliver Stone The Doors (1991). Il accompagne une scène où le groupe prend de la mescaline dans le désert, et où Jim Morrison (joué par Val Kilmer), sous l'effet du peyotl, a la vision de sa propre mort. On assiste ensuite à la prestation de The End au Whisky A Go-Go et au renvoi du groupe de ce bar à cause des paroles sulfureuses de la chanson.
  • C'est aussi le titre d'une bande dessinée parue aux éditions Casterman (2007), qui retrace la vie de Jim Morrison.
  • Le morceau fait partie des 500 plus grandes chansons de tous les temps selon le magazine Rolling Stone (336e position).
  • The End fait directement référence à la psychanalyse freudienne ainsi qu’au chamanisme. Dès son adolescence Jim Morrison avait lu les écrits de Sigmund Freud, et très tôt il a été attiré par le chamanisme. Au travers de cette chanson il s’agit d’une véritable plongée dans le subconscient (point de vue scientifique), ou dans le monde des Esprits (point de vue animiste). Les individus ayant pratiqué le chamanisme à base d’ayahuasca racontent qu’on se retrouve face à un serpent, incarnant nos propres démons, et qu’il s’agit d’arriver à tuer ce serpent (ou de le vomir). On retrouve le même principe dans la psychothérapie. Francis Ford Coppola avait compris tout le sens de cette chanson en lui donnant comme images - dans Apocalypse Now – Willard allant à la rencontre de son principal fantôme, Kurtz, afin de le tuer.
  • The End accompagne le générique de fin de la saison 1 de Nerdz jusqu'au premier couplet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.thedoorsguide.com/history/1966/19660821.html
  2. http://www.songfacts.com/detail.php?id=231
  3. http://archives.waiting-forthe-sun.net/Pages/Venues/whisky.html
  4. http://www.doorshistory.com/doors1966.html
  5. Classic Albums: The Doors. Classic Albums.
  6. a et b « doors1966 », sur the Doors Interactive Chronological History (consulté le 26 mai 2015)
  7. Various Mojo Magazine (2007). Irvin, Jim; Alexander, Phil, eds. The Mojo collection: the ultimate music companion; brought to you by the makers of Mojo magazine (4th ed.). Edinburgh: Canongate Books. p. 75. ISBN 1-84767643-X. ISBN 978-1-84767-643-6.
  8. « The Rolling Stone Interview: Jim Morrison » (consulté le 26 mai 2015)