Thierry Gaubert

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Thierry Gaubert
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (64 ans)
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Nationalité

Thierry Gaubert, né le dans le 16e arrondissement de Paris, est un spécialiste de la communication. Il fut collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine puis au ministère du Budget dans les années 1990. Il occupe en 2011 le poste de directeur des relations publiques et conseiller du président du groupe bancaire BPCE[1].

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert est le fils de Perelman Goldenberg, sa mère et d'Armand Goldenberg, son père, dentiste juif de Roumanie qui s'était réfugié en France pour fuir les persécutions antisémites[2] et qui obtint le bénéfice d'un changement de nom pour lui et ses deux fils, en 1953 (voir J.O. pour l'année 1953)[Note 1]. Son frère Patrick Gaubert est le président du Haut Conseil à l'intégration (HCI)[3].

Il est titulaire d'une maîtrise de sciences économiques et d’un Certified International Investment Analyst de la Société française des analystes financiers[3]. Divorcé sans enfants de Diane Barrière, l’héritière des casinos du même nom[4], il s'est remarié en 1988 avec la princesse Jelena Karađorđević, princesse de Yougoslavie, dite Hélène de Yougoslavie (fille du prince Alexandre de Yougoslavie (1924) (en) et de la princesse Maria Pia di Savoia (en), et sœur du prince Mihailo Karađorđević), avec laquelle il a trois enfants, et dont il est actuellement séparé. Ils ont été marié par Nicolas Sarkozy[5] dont il fut proche, occupant auprès de lui les fonctions de secrétaire général de la mairie de Neuilly-sur-Seine puis de conseiller au ministère du Budget au milieu des années 1990[1]. Thierry Gaubert figure également dans la liste des invités au 40e anniversaire de Nicolas Sarkozy[6].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En 1983, Thierry Gaubert est secrétaire général de l’association Neuilly Communication[3]. Chargé du journal municipal de Neuilly par Nicolas Sarkozy lors de son élection en 1983, il devient secrétaire général de la mairie en 1984[7],[3]. La même année, il devient président du comité interprofessionnel du logement social[7].

Le , il est nommé chef de cabinet adjoint au ministère du Budget[8] puis reprend son poste à la mairie de Neuilly à la suite de la défaite électorale d’Édouard Balladur en 1995[1]. En 1999, il est remplacé à la présidence du CIL l’Habitation Française (Suresnes) par Thierry Tron Lozai[9]. En 2001, Charles Milhaud, président du groupe Caisse d'épargne le prend comme conseiller. En 2002, Jean-François Copé, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement fait aussi appel à ses services. En 2011, il occupe le poste de directeur des relations publiques de François Pérol, président du groupe BPCE (Banques populaires-Caisses d'épargne)[1].

Affaires[modifier | modifier le code]

Karachi[modifier | modifier le code]

Le , Thierry Gaubert est placé en garde à vue par le juge Renaud Van Ruymbeke, dans le cadre de l'enquête sur l’affaire Karachi, à la suite des déclarations de sa femme, la princesse Hélène de Yougoslavie affirmant que son mari aurait accompagné, en Suisse, Ziad Takieddine pour « aller chercher des valises “volumineuses de billets” », en 1994 et 1995[10] pour les remettre à Nicolas Bazire, à l’époque directeur de cabinet du Premier ministre Édouard Balladur[11]. Sa femme fournit également un enregistrement audio d'une discussion avec son mari qui lui demande de mentir à la police au sujet de cette affaire[5]. Au cours de cette garde à vue, Thierry Gaubert, laissé exceptionnellement en possession de son téléphone portable[12], est appelé par Brice Hortefeux, également l'un de ses amis, et doit l'informer qu'il est déjà en garde à vue[13]. Il est mis en examen le 21 septembre 2011, pour recel d’abus de biens sociaux. Il est mis en examen pour « subornation de témoin » le 22 novembre 2011[14].

Dans le cadre de cette instruction judiciaire, les enquêteurs découvrent l'existence – dissimulée au fisc français – d'une finca colombienne dénommée « Cactus » que Thierry Gaubert a fait construire en 2001 non loin de la petite ville de Nilo[15] et dans laquelle il a notamment reçu Olivier Dassault, Alexandre de Juniac et Ziad Takieddine[16], ainsi que le président colombien ((Andrés Pastrana]] et son épouse[17]. En , les juges d'instruction saisisse son appartement de Neuilly sur Seine acheté en 1997[18].

1 % logement[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert est également mis en examen, par le juge d’instruction de Nanterre, Richard Pallain, pour abus de biens sociaux et escroquerie dans le cadre de l’utilisation des fonds du 1 % logement des Hauts-de-Seine dans les années 1980-1990. Il aurait notamment utilisé le Comité interprofessionnel du logement (CIL) Habitation française, qu’il dirigeait, pour investir dans des programmes profitant à des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés d’économie mixte (SEM) dans lesquelles il avait des parts ou des intérêts[19],[20]. Un rapport de l’Inspection générale des finances le soupçonne « d’enrichissement personnel » et estime qu’il menait « un train de vie excessif, non dénué d’aspects somptuaires, sans rapport ni avec la taille ni avec la finalité non lucrative » de la filiale du CIL qu’il dirigeait[21]. Il était associé au promoteur immobilier Philippe Smadja[22]. Le 3 mai 2012, il est reconnu coupable d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux, et condamné à 10 mois de prison avec sursis et à 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Nanterre[23]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il a obtenu le bénéfice, pour lui-même et ses deux fils, d'un changement de patronyme en 1953, (voir Journal Officiel- changements de noms en 1953)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Vanessa Schneider, « Thierry Gaubert, ancien proche de Sarkozy et homme de l'ombre », Le Monde, vol. 1,‎ (lire en ligne)
  2. François Labrouillère, David Le bailly, « Affaire Karachi. Le linge sale de la République », sur parismatch.com, Paris Match,‎ (consulté le 22 novembre 2011) : « Son père, Armand Goldenberg, est un dentiste d’origine roumaine, arrivé sans un sou à Paris pour fuir les persécutions ­antisémites. »
  3. a, b, c et d « Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy », L’Alsace,‎ (lire en ligne)
  4. Jean-Jacques La Rocque, « Le royaume menacé de la reine des casinos », sur Lexpress.fr,‎
  5. a et b Jean-Michel Décugis, Aziz Zemouri, « EXCLUSIF. Les époux Gaubert à couteaux tirés », sur Lepoint.f,‎
  6. Philippe Lançon, « Quand il sera grand... », sur Liberation.fr,‎
  7. a et b Renaud Lecadre, « Thierry Gaubert, l’âme damnée oubliée en coulisse », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. « Arrêté du 23 juillet 1994 portant nomination au cabinet du ministre », sur Legifrance.gouv.fr,‎
  9. « La lettre n°12 », sur Actionlogement.fr,‎
  10. Serge Raffy, « Karachi : le témoignage qui éclabousse deux proches de Sarkozy », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  11. Laurent Valdiguié, « Affaire Takieddine : Bazire en garde à vue », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne)
  12. La garde à vue VIP de Thierry Gaubert Georges Moreas, 25/09/2011
  13. Hortefeux dit à l'AFP avoir eu Gaubert au téléphone pendant sa garde à vue L'Express, 23/09/2011
  14. Affaire Karachi : Thierry Gaubert est mis en examen
  15. « En Colombie, le palais caché d'un homme du Président », Mediapart, 1er décembre 2011.
  16. « Dassault, Takieddine, Juniac, Gaubert : l'album photos du clan présidentiel en Colombie », Mediapart, 2 décembre 2011.
  17. « Colombie. Le palais de Thierry Gaubert, dernier rebondissement de l'affaire Karachi ? », sur Courrierinternational.com,‎
  18. « Affaire Karachi : deux appartements saisis dans le volet financier », sur Liberation.fr,‎
  19. Elisabeth Studer, « Fonds du 1 % logement : procès de Thierry Gaubert renvoyé en mars 2011 », leblogfinance,‎ (consulté le 24 septembre 2011)
  20. Erich Inciyan, « Thierry Gaubert et la manne du "1 % logement" », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  21. « Un proche de Sarkozy entendu par la justice », L’Express,‎ (lire en ligne)
  22. Renaud Lecadre, « Thierry Gaubert, l’argent immobilier », sur Liberation.fr,‎
  23. « Thierry Gaubert condamné à 10 mois de prison avec sursis », Le Figaro,‎ (lire en ligne)