Thierry Gaubert

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Thierry Gaubert
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Fratrie
Conjoint
Diane Barrière-Desseigne (de 1975 à 1979) ; Hélène de Yougoslavie (de 1988 à 2013)

Thierry Gaubert, né le dans le 16e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire et homme d'affaires français. Ami intime de Nicolas Sarkozy, il fut son collaborateur à la mairie de Neuilly-sur-Seine puis au ministère du Budget dans les années 1990.

Reconnu plusieurs fois comme délinquant par la justice française, il a été condamné à plusieurs peines de prison et peines financières. Il est depuis janvier 2020 mis en examen pour " association de malfaiteurs " dans le cadre de l'affaire Sarkozy-Kadhafi.

Dans une affaire d'escroquerie dans l'utilisation du 1 % logement, il est condamné à dix mois de prison avec sursis. Dans le volet financier de l'affaire Karachi, il est condamné en juin 2020 à quatre ans de prison dont deux ferme. Mis en cause dans une affaire de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale, il est condamné, le même mois de juin 2020 à trois ans de prison ferme.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert est le fils de Perelman Goldenberg, sa mère, et d'Armand Goldenberg, son père, dentiste juif de Roumanie qui s'était réfugié en France pour fuir les persécutions antisémites[1] et qui obtint le bénéfice d'un changement de nom pour lui et ses deux fils en 1953 (voir Journal Officiel, changements de noms en 1953). Son frère Patrick Gaubert est le président du Haut Conseil à l'intégration (HCI)[2].

Il est titulaire d'une maîtrise de sciences économiques et d’un Certified International Investment Analyst de la Société française des analystes financiers[2]. Divorcé sans enfants de Diane Barrière, l’héritière du groupe Barrière[3], il s'est remarié en 1988 avec Jelena Karađorđević, princesse de Yougoslavie, dite Hélène de Yougoslavie (fille du prince Alexandre de Yougoslavie et de la princesse Maria Pia di Savoia (en), et sœur du prince Mihailo Karađorđević), avec laquelle il a trois enfants. Le couple a divorcé en 2013. Ils avaient été mariés le 12 janvier 1988[4] par Nicolas Sarkozy[5] dont il fut proche, occupant auprès de lui les fonctions de secrétaire général de la mairie de Neuilly-sur-Seine puis de conseiller au ministère du Budget au milieu des années 1990[6]. Thierry Gaubert figure également dans la liste des invités au 40e anniversaire de Nicolas Sarkozy[7].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En 1983, Thierry Gaubert est secrétaire général de l’association Neuilly Communication[2]. Chargé du journal municipal de Neuilly par Nicolas Sarkozy lors de son élection en 1983, il devient secrétaire général de la mairie en 1984[8],[2]. La même année, il devient président du comité interprofessionnel du logement social[8].

Le , il est nommé chef de cabinet adjoint au ministère du Budget[9] puis reprend son poste à la mairie de Neuilly à la suite de la défaite électorale d’Édouard Balladur en 1995[6]. En 1999, il est remplacé à la présidence du CIL l’Habitation Française (Suresnes) par Thierry Tron Lozai[10]. En 2001, Charles Milhaud, président du groupe Caisse d'épargne le prend comme conseiller. En 2002, Jean-François Copé, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement fait aussi appel à ses services. En 2011, il occupe quelques mois, le poste de directeur des relations publiques de François Pérol, président du groupe BPCE (organe central commun à la Banque populaire et à la Caisse d'épargne)[6]. Il en est écarté par son employeur en octobre 2011[11] après sa mise en examen dans l'Affaire Karachi qui lui vaudra d'être condamné à de la prison ferme.

Affaires[modifier | modifier le code]

Affaire d'escroquerie du 1 % logement[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert est également mis en examen, par le juge d’instruction de Nanterre, Richard Pallain, pour abus de biens sociaux et escroquerie dans le cadre de l’utilisation des fonds du 1 % logement des Hauts-de-Seine dans les années 1980-1990. Il aurait notamment utilisé le Comité interprofessionnel du logement (CIL) Habitation française, qu’il dirigeait, pour investir dans des programmes profitant à des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés d’économie mixte (SEM) dans lesquelles il avait des parts ou des intérêts[12],[13]. Un rapport de l’Inspection générale des finances le soupçonne « d’enrichissement personnel » et estime qu’il menait « un train de vie excessif, non dénué d’aspects somptuaires, sans rapport ni avec la taille ni avec la finalité non lucrative » de la filiale du CIL qu’il dirigeait[14]. Il était associé au promoteur immobilier Philippe Smadja[15].

Il est condamné, le 3 mai 2012, à 10 mois de prison avec sursis et à 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Nanterre[16]

La justice l'a reconnu coupable d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux.

Affaire Karachi[modifier | modifier le code]

Le , Thierry Gaubert est placé en garde à vue par le juge Renaud Van Ruymbeke, dans le cadre de l'enquête sur l’affaire Karachi, à la suite des déclarations de sa femme, la princesse Hélène de Yougoslavie affirmant que son mari aurait accompagné, en Suisse, Ziad Takieddine pour « aller chercher des valises “volumineuses de billets” », en 1994 et 1995[17] pour les remettre à Nicolas Bazire, à l’époque directeur de cabinet du Premier ministre Édouard Balladur[18]. Sa femme fournit également un enregistrement audio d'une discussion avec son mari qui lui demande de mentir à la police au sujet de cette affaire[5]. Au cours de cette garde à vue, Thierry Gaubert, laissé exceptionnellement en possession de son téléphone portable[19], est appelé par Brice Hortefeux, également l'un de ses amis, et doit l'informer qu'il est déjà en garde à vue[20]. Il est mis en examen le 21 septembre 2011, pour recel d’abus de biens sociaux. Il est mis en examen pour « subornation de témoin » le 22 novembre 2011[21] et est renvoyé le 31 août 2016 devant le tribunal correctionnel[22].

Dans le cadre de cette instruction judiciaire, les enquêteurs découvrent l'existence – dissimulée au fisc français – d'une finca (propriété, maison de campagne) colombienne dénommée « Cactus » que Thierry Gaubert a fait construire en 2001 non loin de la petite ville de Nilo[23] et dans laquelle il a notamment reçu Olivier Dassault, Alexandre de Juniac et Ziad Takieddine[24], ainsi que le président colombien Andrés Pastrana et son épouse[25]. En , les juges d'instruction saisissent son appartement de Neuilly-sur-Seine acheté en 1997[26]. Le procès se tient du 7 au au tribunal correctionnel de Paris.

Il est condamné, le , à quatre ans de prison dont deux avec sursis[27].

La justice l'a reconnu coupable d'avoir participé comme les 5 autres coaccusés à "une atteinte d'une exceptionnelle gravité à l'ordre public économique et en la confiance dans le fonctionnement de la vie publique[28]" et à une «véritable entreprise de prédation». Thierry Gaubert, a été, selon le tribunal, le «maillon indispensable entre MM. Bazire et Takieddine», qui «connaissait parfaitement l’origine des fonds[29]».

Affaire de fraude fiscale et de blanchiment[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert a comparu en décembre 2019 devant le tribunal correctionnel de Paris pour « fraude fiscale » et « blanchiment de fraude fiscale ». Il est soupçonné de n'avoir pas déclaré des revenus au l'administration fiscale française et d’avoir placé ces revenus sur des comptes dans des paradis fiscaux, en particulier en Suisse[30] aux Bahamas et en Colombie.

Il est condamné, le 24 juin 2020, à trois ans de prison ferme et 600.000 € d'amende par le tribunal de Paris.

La justice l'a reconnu coupable de fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale pour un montant de 8,9 millions d'euros dans des paradis fiscaux entre 1996 et 2016[31].

Son ex-épouse, Hélène de Yougoslavie et mère de ses trois enfants a été condamnée pour les mêmes dissimulations, à 18 mois de prison avec sursis et 50.000 € d'amende.

Affaire Sarkozy-Kadhafi[modifier | modifier le code]

Dans l'Affaire Sarkozy-Kadhafi, selon une enquête publiée par Mediapart en décembre 2019, Thierry Gaubert aurait reçu, le 8 février 2006, sur un compte bancaire aux Bahamas, un virement de 440 000 euros de la société off-shore Rossfield Limited, propriété de Ziad Takieddine. L'argent est redirigé le lendemain, par Thierry Gaubert, vers un compte tiers non identifié. Toujours selon Mediapart, la société Rossfield avait été créditée, le 31 janvier, d'une somme de 3 millions d'euros en provenance du Trésor public libyen. Pour sa part, Thierry Gaubert déclare au journal que « Rossfield n’est pas du tout M. Takieddine », en ajoutant : « Ce n’est pas du tout ma version des choses. Je donnerai mes explications au tribunal »[32],[30]. Placé en garde à vue dans cette affaire le 30 janvier 2020, il est mis en examen le 31 janvier pour association de malfaiteurs[33][34][35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Documents[modifier | modifier le code]

Thierry Gaubert est, au titre de son implication présumée dans l'affaire Karachi, l'un des principaux protagonistes du troisième volet de la trilogie Bleu-Blanc-Rouge, l’a-démocratie[36] « Le maniement des larmes », une pièce de théâtre écrite et interprétée par Nicolas Lambert.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Labrouillère, David Le bailly, « Affaire Karachi. Le linge sale de la République », sur parismatch.com, Paris Match, (consulté le 22 novembre 2011) : « Son père, Armand Goldenberg, est un dentiste d’origine roumaine, arrivé sans un sou à Paris pour fuir les persécutions antisémites. »
  2. a b c et d « Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy », L’Alsace,‎ (lire en ligne).
  3. Jean-Jacques La Rocque, « Le royaume menacé de la reine des casinos », sur Lexpress.fr, .
  4. Généanet, « Hélène de YOUGOSLAVIE KARAGEORGEVITCH », sur Geneanet.org (consulté le 25 juin 2020)
  5. a et b Jean-Michel Décugis, Aziz Zemouri, « EXCLUSIF. Les époux Gaubert à couteaux tirés », sur Lepoint.f, .
  6. a b et c Vanessa Schneider, « Thierry Gaubert, ancien proche de Sarkozy et homme de l'ombre », Le Monde, vol. 1,‎ (lire en ligne)
  7. Philippe Lançon, « Quand il sera grand... », Libération,‎ (lire en ligne).
  8. a et b Renaud Lecadre, « Thierry Gaubert, l’âme damnée oubliée en coulisse », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. « Arrêté du 23 juillet 1994 portant nomination au cabinet du ministre », sur Legifrance.gouv.fr,
  10. « La lettre n°12 » [PDF], sur Actionlogement.fr,
  11. Laurent Mauduit, « BPCE : François Pérol écarte Thierry Gaubert », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  12. Elisabeth Studer, « Fonds du 1 % logement : procès de Thierry Gaubert renvoyé en mars 2011 », leblogfinance, (consulté le 24 septembre 2011)
  13. Erich Inciyan, « Thierry Gaubert et la manne du "1 % logement" », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  14. « Un proche de Sarkozy entendu par la justice », L’Express,‎ (lire en ligne)
  15. Renaud Lecadre, « Thierry Gaubert, l’argent immobilier », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. « Thierry Gaubert condamné à 10 mois de prison avec sursis », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  17. Serge Raffy, « Karachi : le témoignage qui éclabousse deux proches de Sarkozy », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  18. Laurent Valdiguié, « Affaire Takieddine : Bazire en garde à vue », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  19. La garde à vue VIP de Thierry Gaubert Georges Moreas, 25/09/2011.
  20. Hortefeux dit à l'AFP avoir eu Gaubert au téléphone pendant sa garde à vue L'Express, 23/09/2011.
  21. « Affaire Karachi : Thierry Gaubert est mis en examen », Le Monde,‎ 22 novemvre 2011 (lire en ligne).
  22. « Thierry Gaubert, ex-proche de Sarkozy, renvoyé en correctionnelle pour subornation de témoin », Libération,‎ (lire en ligne).
  23. « En Colombie, le palais caché d'un homme du Président », Mediapart, 1er décembre 2011.
  24. « Dassault, Takieddine, Juniac, Gaubert : l'album photos du clan présidentiel en Colombie », Mediapart, 2 décembre 2011.
  25. « Colombie. Le palais de Thierry Gaubert, dernier rebondissement de l'affaire Karachi ? », sur Courrierinternational.com, .
  26. « Affaire Karachi : deux appartements saisis dans le volet financier », Libération,‎ (lire en ligne).
  27. Le Monde avec AFP, « Affaire Karachi : prison ferme pour six prévenus, dont des proches d’Edouard Balladur, dans le volet financier », sur lemonde.fr, (consulté le 15 juin 2020).
  28. « Vente des sous-marins Agosta au Pakistan : prison ferme pour les 6 prévenus », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  29. Stéphane Durand-Souffland, « Prison ferme pour les six prévenus dans l'affaire Karachi », Le Figaro,‎
  30. a et b « Soupçons de financement libyen : selon Mediapart, un proche de Sarkozy aurait perçu 440 000 euros », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  31. AFP, « Fraude fiscale : Thierry Gaubert condamné à 3 ans de prison. », Le Point,‎ (lire en ligne)
  32. Fabrice Arfi et Karl Laske, « Un proche de Sarkozy a reçu un demi-million d’euros d’argent libyen sur un compte secret », sur mediapart.fr, (consulté le 18 décembre 2019)
  33. Le Figaro avec AFP, « Financement libyen: Thierry Gaubert, ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, mis en examen », sur Le Figaro.fr, (consulté le 3 février 2020)
  34. Marc Leplongeon, « INFO LE POINT. Affaire libyenne : Thierry Gaubert mis en examen », sur Le Point, (consulté le 3 février 2020)
  35. Fabrice Arfi et Karl Laske, « Argent libyen: Thierry Gaubert mis en examen pour «association de malfaiteurs» », sur Mediapart (consulté le 3 février 2020)
  36. « Bleu-Blanc-Rouge, l’a-démocratie », sur unpasdecote.org