Michel Gaudin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Michel Gaudin, né le à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), est un haut fonctionnaire français. Préfet, il a été préfet du Gard de 1998 à 2002, puis directeur général de la police nationale de 2002 à 2007 et enfin préfet de police de Paris du au . Il est ensuite directeur du cabinet de l'ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy.

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un boulanger[1],[2], Michel Gaudin est titulaire d'une maîtrise de droit, d'un diplôme d'études supérieures (DES) de droit public et d'un DES de sciences politiques. De 1980 à 1982, il est élève de l'École nationale d'administration (ENA) au sein de la promotion Henri François d'Aguesseau.

Carrière[modifier | modifier le code]

À la sortie de l'ENA, Michel Gaudin devient administrateur civil et est nommé sous-préfet, directeur du cabinet du commissaire de la République d’Indre-et-Loire. L'année suivante, il devient commissaire-adjoint de la République d’Aubusson. Il est ensuite nommé secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher en 1985.

En 1988, il est détaché auprès du département des Hauts-de-Seine, d'abord en tant qu'adjoint avant d'être titularisé directeur général des services du département en 1991. Ce poste l'amène à travailler avec Charles Pasqua, président du conseil départemental[3] et à rencontrer Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine[4].

En 1993, promu administrateur civil hors classe[5], il rejoint la direction générale de la Police nationale (DGPN) en tant que directeur du personnel et de la formation[6]. Il intervient lors de la prise d'otages de la maternelle de Neuilly la même année[réf. souhaitée]. Le , il devient directeur de l’administration de la police nationale (DAPN)[6].

Le , Michel Gaudin est nommé préfet[7] et reçoit sa titularisation dans le corps préfectoral un an plus tard, le [8]. Radié du corps des administrateurs civils à la même date, il est maintenu dans ses fonctions de DAPN en qualité de préfet en service détaché[9] jusqu'à sa nomination comme préfet du Gard le [10].

Le , il est à nouveau placé en position de service détaché et nommé directeur général de la police nationale[11] par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur[1],[2],[12]. Enfin, après l'élection de ce dernier à la présidence de la République, Michel Gaudin est nommé préfet de police de Paris le [13] (entrée effective en fonction le 11 juin 2007)[réf. souhaitée].

Il reste préfet de police pendant l'ensemble du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il est ensuite perçu comme trop proche de ce dernier par le nouveau président de la République François Hollande[14],[15],[16],[17]. Son limogeage de la préfecture de police lui est annoncé par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et officialisé par le conseil des ministres du [18]. Son remplaçant est Bernard Boucault, directeur de l’ENA[19].

Michel Gaudin est ensuite nommé conseiller d'État en service extraordinaire (section de l'Intérieur) du au [20],[21]. Le ministère de l'Intérieur contrôle alors qu'il exerce cette fonction de manière effective[4]. Dans le même moment, il devient en effet directeur du cabinet de l'ancien président Nicolas Sarkozy[22].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Michel Gaudin a été interrogé le en qualité de témoin assisté. Il est soupçonné d'avoir commandité une enquête contre des policiers jugés trop éloignés de Nicolas Sarkozy, voire étant des sympathisants de gauche. Michel Gaudin a signé les arrêtés de suspension visant les fonctionnaires injustement accusés. Il est notamment reproché à Michel Gaudin de s’être appuyé sur des éléments judiciaires dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance. Ils[Qui ?] ont soutenu que des éléments concrets visant les agents des affaires réservées avaient été obtenus par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN). L'enquête en question, qui a conduit à la mise à pied de plusieurs fonctionnaires, aurait été truquée et basée sur de fausses pièces à conviction[23].

Le , Michel Gaudin est placé en garde à vue en même temps que Claude Guéant, dans l'affaire des primes de cabinet en liquide[24]. Le , il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour « détournement de fonds publics et recel » à 10 mois de prison[25], pour avoir versé, lorsqu'il était directeur général de la police nationale, au bénéfice de Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, et de trois membres du cabinet, des fonds en liquide prélevés sur les frais d'enquête et de surveillance normalement destinés aux policiers[26].

Le , son ancien directeur de cabinet à la Direction Générale de la Police Nationale, l'ancien commissaire divisionnaire Alain Gardère, devenu préfet en 2011, est placé en garde à vue pour des faits présumés de corruption, trafic d'influence, abus de biens sociaux et d'autorité, prise illégale d'intérêts, ce qui entraîne sa suspension de ses responsabilités au Conseil national des activités privées de sécurité[27].

Par décret du 19 juin 2020, Michel Gaudin est suspendu pour une durée de cinq ans de l’exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de commandeur de la Légion d’honneur et du droit de porter les insignes de toutes décorations françaises ou étrangères[28].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michel Gaudin décroche la Préfecture de police de Paris, dans Le Figaro, 23 mai 2007 (consulté le 20 décembre 2019).
  2. a et b Michel Gaudin, un fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, dans Le Point, 17 décembre 2013 (consulté le 20 décembre 2019).
  3. Michel Gaudin nommé préfet de police de Paris, dans La Croix, 23 mai 2007 (consulté le 20 décembre 2019).
  4. a et b Michel Gaudin, l’œil de Nicolas Sarkozy, dans L'Express, 7 mars 2013 (consulté le 20 décembre 2019).
  5. Arrêté du 26 mars 1993 portant inscription au tableau d'avancement pour le grade d'administrateur civil hors classe au titre de l'année 1992.
  6. a et b Décret du 20 janvier 1995 portant nomination d'un directeur à l'administration centrale.
  7. Décret du 27 avril 1995 portant nomination d'un préfet.
  8. Décrets du 21 février 1996 portant titularisation de préfets et radiation du corps des administrateurs civils.
  9. Décrets du 26 février 1996 portant détachement (administration préfectorale).
  10. Décret du 3 juin 1998 portant nomination d'un préfet.
  11. Décret du 25 juin 2002 portant nomination d'un directeur à l'administration centrale du ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
  12. Michel Gaudin, vigie de Nicolas Sarkozy, dans Le Monde, 17 décembre 2013 (consulté le 20 décembre 2019).
  13. Décret du 25 mai 2007 portant nomination du préfet de police de Paris (hors classe).
  14. Manuel Valls limoge Michel Gaudin, préfet de police de Paris, dans Le Monde, 29 mai 2012 (consulté le 20 décembre 2019).
  15. Manuel Valls limoge le Préfet de Paris Michel Gaudin, trop proche de Nicolas Sarkozy, sur Le HuffPost, 29 mai 2012 (consulté le 20 décembre 2019).
  16. Michel Gaudin, préfet de police de Paris, débarqué, dans Libération, le 20 mai 2012 (consulté le 20 décembre 2019).
  17. Le préfet de police Michel Gaudin limogé, dans Le Parisien, 30 mai 2012 (consulté le 20 décembre 2019).
  18. Décret du 31 mai 2012 portant nomination d'un préfet hors cadre.
  19. Valls remplace le trio de tête de la hiérarchie policière », dans Le Monde, le 30 mai 2012.
  20. Décret du 31 mai 2012 portant nomination d'un conseiller d'Etat en service extraordinaire.
  21. Décret du 31 août 2016 portant fin de fonctions d'un conseiller d'Etat en service extraordinaire.
  22. Michel Gaudin va diriger le cabinet de Nicolas Sarkozy, dans Le Point, 23 juillet 2012 (consulté le 20 décembre 2019).
  23. La police des polices, au cœur d'un scandale judiciaire, dans Le Monde, 11 janvier 2012.
  24. Primes en liquide: fin de garde à vue pour Claude Guéant, l'enquête se poursuit dans L'Express, 18 décembre 2013.
  25. Primes en liquide : pourquoi Guéant a été condamné à deux ans avec sursis, dans L'Obs, 13 novembre 2015.
  26. Affaire des primes en liquide : Claude Guéant condamné à deux ans de prison avec sursis, dans Le Monde, 13 novembre 2015.
  27. « Le préfet Gardère déféré pour des faits présumés de corruption et trafic d’influence », Le Monde (consulté le 21 janvier 2016)
  28. a b c d e f g h et i Décret du 19 juin 2020 relatif à la discipline des membres de la Légion d'honneur.
  29. Décret du 31 décembre 2009 portant promotion.
  30. Décret du 9 avril 2004 portant promotion et nomination.
  31. Décret du 31 décembre 1996 portant promotion et nomination.
  32. a et b Décret du 30 avril 2002 portant promotion et nomination.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]