Hôtel Ritz (Paris)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'hôtel parisien. Pour l'hôtel londonien, voir Hôtel Ritz (Londres). Pour les homonymes, voir Ritz.
Ritz
Hôtel de Crozat.jpg

Hôtel Ritz.

Localisation
Adresse
Pays
Coordonnées
Architecture
Ouverture
Architecte
Style
Équipements
Étoiles
Star full.svgStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar full.svg
Étages
6
Chambres
123
Restaurants
L'Espadon
Gestion
Propriétaire
Site web
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris
Red pog.svg

Le Ritz Paris est un hôtel cinq étoiles situé au cœur de Paris, au 15 place Vendôme, dans le 1er arrondissement de la capitale. Il surplombe la frontière octogonale de la place. Le Ritz Paris est considéré comme l'un des plus beaux, grands et luxueux hôtels au monde.

L'hôtel, qui compte aujourd'hui 142 chambres, a été fondé par l'hôtelier suisse César Ritz, en collaboration avec le chef Auguste Escoffier, en 1898. Le nouvel hôtel a été construit derrière l’hôtel Ritz a rapidement établi une réputation de luxe, ayant pour clients notamment des personnalités politiques, des stars du cinéma et de la chanson, etc. Plusieurs de ses suites sont nommées en l'honneur des invités prestigieux de l'hôtel, par exemple la styliste Coco Chanel, qui vécut dans l'hôtel jusqu'à son décès, et l'écrivain Ernest Hemingway, qui venait souvent au Ritz. L'un des bars de l'hôtel, le bar Hemingway, est consacré à l'écrivain qui s'y rendait souvent, et l'Espadon, restaurant de renommée mondiale, attire des chefs cuisiniers venant du monde entier, le Ritz étant une école à part entière.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, sous l'Occupation de Paris, l'hôtel a été réquisitionné par les Allemands pour être le siège de la Luftwaffe et y recevoir les invités du Führer. Le maréchal Göring, chef de la Luftwaffe ainsi que le commandant en chef de la ville de Paris y résident. Après la mort du fils de César Ritz, Charles, en 1976, les derniers membres de la famille Ritz vendent l'établissement en 1979 à l'homme d'affaires égyptien Mohamed Al-Fayed. En août 1997, Diana, princesse de Galles et le fils de Mohamed al-Fayed, Dodi, amant de la princesse, ont dîné dans la suite impériale de l'hôtel avant leur accident de voiture mortel.

Histoire[modifier | modifier le code]

César Ritz, fondateur du Ritz.

Le 3 février 1705, Antoine Bitaut de Vaillé (seigneur de Vaillé et conseiller au Grand Conseil), achète pour 35 000 livres un lot place Vendôme comprenant l'hôtel de Villette l'hôtel de Coigny et l'hôtel de Gramont[1]. En 1897, César Ritz rachète l'hôtel de Gramont et le fait transformer par l'architecte Charles Mewès en un grand hôtel de luxe. Ritz a été directeur de l'hôtel Savoy, à Londres (Royaume-Uni), et a pour collaborateur le chef de cuisine Auguste Escoffier. L'hôtel ouvre ses portes le , au cours d'une fastueuse réception, et devient dès lors le lieu prisé de la bonne société mondaine. César Ritz dote son hôtel de mobilier de style d'époque tout le confort moderne : ascenseur, électricité et eau à chaque étage, les 159 chambres ayant leur salle de bain et un poste de téléphone[2].

Le Dîner à l'hôtel Ritz, Paris (1904) par Pierre Georges Jeanniot.

Le bâtiment fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3].

Le Ritz, dès les premières années accueille de prestigieuses personnalités comme Jean Cocteau, Colette, Paul Morand ou l'écrivain Marcel Proust qui s’installe à demeure dans un salon privé de l’hôtel. Il est en partie transformé en hôpital militaire de la Croix-Rouge pendant la Première Guerre mondiale[4]. Pendant les Années Folles, l'attrait de l'Europe et la Prohibition poussent des Américains à venir sur le vieux continent. La direction de l'hôtel décide ainsi d'isoler en 1921 un espace au rez-de-chaussée dans lequel on sert des boissons : le Café Parisien, bar uniquement réservé aux hommes, accueille des personnalités comme Cole Porter, F. Scott Fitzgerald (qui écrit la nouvelle Un diamant gros comme le Ritz) ou Ernest Hemingway. La femme de Charles Ritz s'y invitant insolemment, elle convainc l'hôtel d'ouvrir un second bar en face du premier en 1926, le Café des dames renommé Petit Bar en 1934[5].

En juin 1940, pendant l'Occupation de Paris par les Allemands, la Luftwaffe (les forces aériennes de l'Allemagne nazie de la Seconde Guerre mondiale) réquisitionne en partie le Ritz (à la différence du Lutetia ou du Meurice entièrement réquisitionnés) qui compte à cette époque 450 employés. Il semble que le palace a été épargné parce que César Ritz et son épouse germanophone Marie-Louise, étaient suisses, si bien que l'hôtel a été considéré comme « territoire neutre »[6]. La Luftwaffe y installe son quartier-général dans le bâtiment rue Cambon, tandis que son chef Herman Göring s'attribue la suite impériale et que le palace qui donne place Vendôme continue à recevoir des clients : des marchands d'art qui pillent les œuvres d'art pour la collection personnelle de Göring ; Arletty avec son amant, l'officier nazi Hans Jürgen Soehring, assesseur au conseil de guerre de la Luftwaffe ; Coco Chanel avec son amant Hans Gunther von Dincklage[7]. L'hôtel reste bien un palace de luxe, même lors des bombardements : Coco Chanel se rend dans les abris antiaériens du Ritz précédée par un serviteur qui porte son masque à gaz sur un coussin de satin[6]. Le palace dissimule également à cette époque des aviateurs alliés, des fugitifs, Juifs ou résistants que les membres du personnel abritent dans des pièces secrètes ou des chambres de bonnes[8]. Le propre barman de l'hôtel, Frank Meier, sert de boîte aux lettres dormante pour l'opération Walkyrie tandis que Blanche Auzello[9] — née Rubenstein —, juive américaine épouse du directeur[10] du palace Claude Auzello, aide la Résistance et est torturée par la Gestapo en juin 1944[11].

Après la guerre, le Ritz récupère de son prestige et accueille de grandes célébrités comme l'écrivain Ernest Hemingway (qui inventa la légende selon laquelle il vint « libérer personnellement » le palace, fusil-mitrailleur au poing et accompagné d'un groupe de résistants, le 25 août 1944[12] et dont certaines de ses notes oubliées en 1928 dans une malle Vuitton furent retrouvée en 1956 et publiées de manière posthume en 1964 sous le titre Paris est une fête[13]), l'acteur Charlie Chaplin ou encore la styliste Coco Chanel qui y a vécu pendant plus de trente ans et qui décéda en 1971 dans son appartement de la rue Cambon, dans l'hôtel, à quelques pas de sa boutique située dans la même rue. Le Ritz accueille aussi le shah d'Iran, l'écrivain Jean-Paul Sartre ou encore le chanteur Elton John.

Mais le palace vit sur sa réputation. Victime de conflits entre ses actionnaires (Charles Ritz en est le président du conseil d'administration jusqu'à sa mort en 1976) et faute d’investissements, sa clientèle vieillit. C'est donc un hôtel sur le déclin qu(en 1979, la veuve de Charles Ritz, Monique, vend l'hôtel à l'homme d'affaires égyptien Mohamed Al-Fayed qui investit 250 millions de dollars pour le rénover entièrement sans stopper son activité. Pour ce faire, un réseau souterrain est mis en place à partir d'un puits creusé depuis la place Vendôme. Un spa, équipé d’une piscine de 17 mètres, est construit et chaque chambre est restaurée à l’identique[14]. La rénovation de l'hôtel est alors dirigée par l'architecte Bernard Gaucherel de 1980 à 1987[réf. souhaitée].

Le , la princesse Diana et son ami Dodi Al-Fayed, fils de Mohammed Al-Fayed, ont dîné dans la suite impériale de l'hôtel, avant leur accident de voiture sous le pont de l'Alma.

Afin d'être complètement rénové et de prétendre à la classe officiellement labellisée Palace, l'hôtel est fermé au . Les travaux, estimés à 140 millions d’euros, devaient s'achever à l'été 2014[15] mais ont pris du retard et la réouverture est maintenant attendue pour . Le nombre de chambres passe de 159 à 142, toutes différentes, et la création de nouveaux espaces : le salon d'hiver, le salon Proust et le Petit Ritz, une brasserie remplaçant le Ritz Club[16].

Le , au petit matin, l'hôtel en travaux subi un important incendie au septième et dernier étage, qui endommage la toiture[17].

Palace[modifier | modifier le code]

L'hôtel Ritz, place Vendôme à Paris.

Le Ritz fait partie des sept palaces parisiens au sens non officiel du terme, mais il ne dispose pas pour le moment de la Distinction Palace, une reconnaissance officielle instaurée fin 2010. Il est néanmoins répertorié dans de nombreux guides comme l'un des plus prestigieux hôtels au monde.

Il comprend également une salle de sport, un salon de beauté et la plus grande piscine privée de Paris.

On remarquera dans le hall le magnifique escalier restauré en 1976 par l'ébéniste Roland Kursner, pièce rare qui contribue à l'élégance des lieux.

Chambres et suites[modifier | modifier le code]

L'hôtel compte aujourd'hui 142 chambres dont 56 suites et 15 suites de prestige avec vue sur la place Vendôme, telle la suite Coco Chanel.

Les chambres sont équipées d'un écran ultraplat incrusté dans les miroirs, du Wi-Fi, de l'accès à Internet ainsi que d'un mini-bar et d'une radio. Les suites sont composées quant à elles d'une grande salle de bains, d'un salon, d'une chambre et ce dépendant de la superficie de la suite. Les clients, des touristes fortunés, sont à 40 % américains, à 12 % britanniques, à 10 % moyen-orientaux et à 10 % russes en 2006[18].

Restauration[modifier | modifier le code]

  • Restaurant gastronomique L'Espadon, créé en 1956 par Charles Ritz. Le directeur des cuisines, Michel Roth et le chef exécutif du restaurant Arnaud Faye, sont récompensés d'une deuxième étoile au Guide Michelin au mois de mars 2009[19]. Le célèbre chef cuisinier Auguste Escoffier est aussi à l'origine de la renommée mondiale du restaurant du palace.

Bars[modifier | modifier le code]

L'hôtel dispose de 3 bars :

  • le bar Vendôme,
  • le Ritz Bar,
  • et enfin le bar Hemingway, initialement Le Petit Bar qui doit depuis 1994 son nom à l'écrivain Ernest Hemingway[12] et est réputé pour ses cocktails dont le fameux Bloody Mary qui fut créé pour l'écrivain.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Ritzy, de Pauline-Gaïa Laburte (éd. Albin Michel, 2016), retrace de manière romancée la vie de César Ritz, fondateur de l'hôtel.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1951 : dans Un Américain à Paris (1951) Jerry Mulligan (Gene Kelly) se rend avec Milo Roberts (Nina Foch) dans la chambre d'hôtel de cette dernière, à l'hôtel Ritz.
  • 1957 : dans Ariane (Love in the Afternoon), de Billy Wilder, c'est au Ritz que Franck Flannagan (Gary Cooper) reçoit ses amantes parisiennes, parmi lesquelles se glisse, par la fenêtre, la jeune violoncelliste Audrey Hepburn.
  • 2001 : dans Les Rois mages, Balthazar et Gaspard passent une nuit au Ritz.
  • 2006 : dans le film Da Vinci Code, Robert Langdon prend une douche dans une chambre et regarde une serviette brodée Hôtel Ritz Paris ; le héros du film sort de l'hôtel pour se rendre au Louvre.

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. de Saint-Simon, La place Vendôme, Éditions Vendôme,‎ , p. 259
  2. Jean Castarède, Histoire du luxe en France. Des origines à nos jours, Éditions Eyrolles,‎ , p. 251
  3. « Anciens hôtels de Gramont et Crozat, actuellement hôtel Ritz », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Pierre Marqués, La Croix-Rouge pendant la Guerre d'Espagne, Harmattan,‎ , p. 100
  5. Claude Roulet, op. cit., p. 91
  6. a et b (en) Roger Lewis, « Hermann's Ritzy little secret », sur Daily Mail,‎
  7. (en) Steven Lehrer, Wartime Sites in Paris : 1939-1945, SF Tafel Publishers,‎ , p. 41
  8. Tilar J. Mazzeo, 15, place Vendôme. Le Ritz sous l'Occupation, Vuibert,‎ , 304 p.
  9. Son neveu Samuel Marx lui a consacré une biographie : (en) Samuel Marx, Queen of The Ritz, Bobbs-Merrill Company,‎ , 207 p..
  10. Directeur de 1925 à 1969.
  11. Claude Roulet, op. cit., p. 122
  12. a et b « Hemingway libère le bar du Ritz, à Paris : une si jolie légende », sur L'Express,‎
  13. Frédéric Beigbeder, « Paris est une fête », Le Figaro Magazine, semaine du 30 décembre 2015, pages 38-43.
  14. Antoine Compoint, « L’hôtel Ritz, la légende. Le paradis et l’au-delà », sur Le Figaro,‎
  15. Annonce sur le site Le Nouvel Observateur.com.
  16. Pierre Groppo, « Un diamant place Vendôme », Vanity Fair n°33, mars 2016, pages 82-83.
  17. Important incendie à l'hôtel Ritz à Paris, lexpress.fr, 19/01/2016
  18. Antoine Compoint, « L’hôtel Ritz, la légende. Entre tradition et modernité », sur Le Figaro,‎
  19. Les portraits des chefs

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pauline-Gaïa Laburte : "Ritzy", éd. Albin Michel, 2016.
  • Claude Roulet, Ritz : une histoire plus belle que la légende, Paris, Quai Voltaire,‎ , 188 p. (ISBN 2-912517-04-4 et 978-2-912517-04-3, OCLC 264676553, notice BnF no FRBNF36984785)
  • (en) Tilar J. Mazzeo, The Hotel on Place Vendome : Life, Death, and Betrayal at the Hotel Ritz in Paris, Harper,‎ , 320 p. (ISBN 978-0-061791-08-6)
  • Tilar Mazzeo, 15, place Vendôme. Le Ritz sous l'Occupation, éditions Vuibert, septembre 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]