Bernard Squarcini

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Bernard Squarcini
Naissance
Rabat (Maroc)
Nationalité française
Pays de résidence France
Diplôme
maîtrise de droit et diplôme de criminologie
Profession
Activité principale
Autres activités
Distinctions
chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du Mérite

Bernard Squarcini, né le à Rabat (Maroc), est un haut fonctionnaire français, ancien commissaire de police et préfet.

Il occupe les fonctions de directeur central du renseignement intérieur du au . Bernard Squarcini a été notamment chargé, au cours de sa carrière, du renseignement antiterroriste en Corse, au Pays basque et sur l'islam radical.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Titulaire d’une maîtrise en droit et diplômé en criminologie, il a été le plus jeune inspecteur général de la police nationale[1].

En 1983, il est adjoint au directeur régional des Renseignements généraux (RG) en Corse[2].

En 1988, il est directeur départemental des RG des Pyrénées-Atlantiques.

En 1989, il est chef de la division « enquêtes et recherches » à la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG).

En 1993, il devient sous-directeur des recherches à la DCRG, tout en étant parallèlement, à partir de 1994, directeur central adjoint des RG sous la direction d'Yves Bertrand.

Arrestation d'Yvan Colonna[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assassinat de Claude Érignac.

Bernard Squarcini fut notamment l'un des artisans de l'arrestation en 2003 d'Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Claude Érignac, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur.

En , d'après certaines sources, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, aurait souhaité nommer Bernard Squarcini au poste de directeur central des Renseignements généraux, mais Jacques Chirac préféra finalement nommer le préfet Pascal Mailhos.

En , il a été nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il succéda à ce poste à Roger Marion, nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais.

Directeur de la DST puis de la DCRI[modifier | modifier le code]

Le , Bernard Squarcini a été nommé en Conseil des ministres Directeur de la surveillance du territoire (DST), en remplacement de Pierre de Bousquet de Florian[3],[4].

Le [5], il est nommé à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) née de la fusion, effective au , de la DST et de la DCRG.

Le , il est remplacé à ce poste par son ancien adjoint Patrick Calvar et devient préfet hors cadre[6].

Il quitte la police le et créé son cabinet Kyrnos Conseil. Il est aussi embauché par le cabinet d'intelligence économique Arcanum en juin 2013.

En , Bernard Squarcini publie avec Étienne Pellot un ouvrage intitulé Renseignements français : nouveaux enjeux, dans lequel il expose sa vision d'une feuille de route pour réformer les services de renseignement français[7] et créer une loi cadre pour l'activité du renseignement, ainsi que des infractions spécifiques afin de lutter contre l'islam radical[8].

Dans le secteur privé[modifier | modifier le code]

Depuis 2013 il exerce les fonctions de consultant indépendant grâce à la société Kyrnos Conseil qu'il a créée[9]. Il a comme client principal le groupe LVMH, pour lequel il intervient dans la lutte contre l'importation de produits de luxe de contrefaçon[10],[11].

Il est également associé au cabinet de consultants Arcanum Global[2].

Affaires[modifier | modifier le code]

Affaire Clearstream 2[modifier | modifier le code]

Cité dans les listings de l'affaire Clearstream 2, Bernard Squarcini s'est constitué partie civile en . Parce que son nom figure sur le faux listing aux côtés de la chanteuse ajaccienne Alizée et de Laetitia Casta, il évoque à la barre un « racisme anticorse » au sommet de l'État[12].

Affaire Woerth-Bettencourt[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen par la juge Sylvia Zimmermann pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l'« affaire des fadettes »[13].

Le , la cour d'appel de Paris annule deux des trois chefs de mise en examen de Bernard Squarcini. Il reste mis en examen pour « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite »[14],[15]. En , il est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier chef d'accusation[16].

Le il est condamné à 8 000 euros d'amende. Il ne fait pas appel du jugement[17].

Mise en examen multiple[modifier | modifier le code]

Le 26 septembre 2016, il est placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris notamment pour « violation du secret de l’instruction », « entraves aux investigations », « trafic d’influence » et « compromission »[18],[19].

Après deux jours de garde à vue, Squarcini est mis en examen pour de nombreux chefs d'accusation tels que « violation du secret de l'enquête », « trafic d'influence », « détournement de fonds publics », « compromission », « entrave aux investigations », « faux en écriture publique et usage », « recel de violation du secret de l'instruction », « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique »[20].

Un contrôle judiciaire très strict lui interdit de paraître dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret, d’entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire et avec tout fonctionnaire de la direction centrale de la police judiciaire et des services de renseignement. Ce contrôle l'empêche jusqu’à nouvel ordre d'exercer une activité privée de conseil en sécurité en lien avec la lutte contre la contrefaçon. Cette interdiction est directement liée aux activités que menait Squarcini pour le compte du groupe de luxe LVMH, dans le cadre d'une procédure judiciaire concernant un conflit opposant LVMH à la société Hermès.

Par ailleurs, il est reproché à Squarcini d'avoir transmis à Michel Gaudin, actuel directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, des informations relatives à l’affaire Cahuzac, ainsi que d'avoir placé sur écoute un fonctionnaire du service des courses et jeux qui enquêtait sur le cercle de jeu Wagram, arguant de sa proximité supposée avec les services secrets algériens. En outre, une perquisition à son domicile a permis de retrouver des documents couverts par divers secrets, relatifs notamment à l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev, la société Veolia, le dossier Bettencourt ou l’affaire Merah[21].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Il apparaît dans le documentaire satirique de François Ruffin, Merci Patron !, où il est présenté comme étant responsable de la sécurité du groupe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • chevalier de la Légion d'honneur[22]
  • commandeur de l'ordre national du Mérite[12]
  • croix d'officier de l'ordre national du Mérite civil d'Espagne
  • croix d'argent du Mérite de la Guardia civil (Espagne)
  • croix du Mérite policier (Espagne)
  • grand-croix de l'ordre d'Isabelle la catholique (Espagne)
  • officier du Mérite italien

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, L'espion du président : Au cœur de la police politique de Sarkozy, Paris, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-12983-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Squarcini, l'atout antiterroriste de Sarkozy, Le Figaro, 27 juin 2007
  2. a et b Patricia Tourancheau, « «J’ai bouffé froid, tous les jours» », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Bernard Squarcini à la tête de la DST, Nouvel Obs, 27 juin 2007
  4. Bernard Squarcini, proche de Sarkozy, nommé à la tête de la DST Le Point, 27 juin 2007
  5. (fr)>Décret de nomination du 2 juillet 2008
  6. « Valls remplace le trio de tête de la hiérarchie policière », Le Monde, 30 mai 2012
  7. Audrey Goutard, Mémoires du Squale, Blog France TV Info, 23 novembre 2013
  8. Bernard Squarcini livre sa vision du renseignement français, Parlons Info, 12 février 2014
  9. Squarcini: «Trop haut trop vite, trop corse», Corse Matin, 26 mai 2014
  10. Caroline Michel et Iannis Giakoumopoulos, « Le Clan des privés », L’Obs N°2692,‎ , p. 24
  11. Avec Bernard Squarcini, dit le Squale, L'Opinion, 18 juin 2014
  12. a et b Ariane Chemin, Bernard Squarcini, l'officier traitant de la Sarkozie, Le Monde, 18/10/2011
  13. « Affaire des «fadettes» : mise en examen du contre-espion Squarcini », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  14. Mise en examen de Squarcini en partie annulée, Le Figaro, 13 décembre 2012
  15. http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006417968&dateTexte=20121006
  16. Fadettes : l'ex-patron de la DCRI, Bernard Squarcini, va être jugé, Le Figaro, 19 juin 2013
  17. Fadettes du « Monde » : Squarcini condamné à 8 000 euros d'amende, lemonde.fr, 8 avril 2014
  18. L’ex-directeur du renseignement intérieur Bernard Squarcini placé en garde à vue, Le Monde, 26 septembre 2016.
  19. « L'ancien directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, placé en garde à vue », 20minutes.fr, 26 septembre 2016.
  20. L’ex-patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini mis en examen, Le Monde, 28 septembre 2016.
  21. Pourquoi Bernard Squarcini a été mis en examen, Le Monde, 29 septembre 2016.
  22. Portrait Bernard Squarcini, Nouvel Obs, 23 juin 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]