Milan (missile)

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Milan
Image illustrative de l'article Milan (missile)
Présentation
Fonction Missile antichar transportable
Constructeur Euromissile (groupe EADS) - Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Déploiement 1972
Caractéristiques
Moteur A base de propergols qui sont sous forme solide et non liquides - lancement par générateur de gaz à partir du tube
Longueur 0,77 m
Diamètre 115 mm
Vitesse 75 m/s début de croisière et 210 m/s fin de croisière
Portée - Milan 1, 2, 2A et 3 : de 200 m jusqu’à 2 000 m selon la longueur du fil

- Milan ER : 3000 m

Charge A charge creuse
Guidage - Télécommande automatique infrarouge par fils

- Suivi optique de la cible

- Suivi infrarouge du missile

- Contrôle par déviation de jet

Précision 0,1 millième (mil angulaire)
Plateforme de lancement Homme à pied ou véhicule

Le Milan (MIssile Léger ANtichar ). Il s'agit d'un missile antichar filoguidé développé conjointement par la France (Nord-Aviation) et l'Allemagne (MBB), à la suite d’un accord de coopération de 1962 dans le cadre du GIE Euromissile, devenu MBDA. Son nom de Milan renvoie en français au nom vernaculaire désignant certains rapaces.

Historique[modifier | modifier le code]

Après des essais opérationnels à partir de 1971, le missile Milan a commencé à être déployé dans l’armée française à partir de 1973 en remplacement du missile ENTAC.

Au 1er janvier 1987, sur 51 425 tirs, on note un bon fonctionnement de 95 % et un pourcentage d'impact de 92,5 % soit une efficacité globale de 87 %. Ce missile est considéré comme le plus performant dans sa catégorie au niveau mondial jusqu'aux années 1990[1]

En 2006, plus de 10 000 lanceurs et 350 000 missiles avaient été produits.

Description[modifier | modifier le code]

Le missile Milan est un engin à système de guidage semi-automatique filoguidé. Stabilisé par rotation lente (12 tours par seconde), le Milan est guidé par infrarouge et est utilisable de jour comme de nuit.

Le support de tir pour l'infanterie consiste en un trépied à hauteur réglable (25 à 50 cm) lorsque le missile est utilisé à terre. Ce trépied est remplacé par un affût monopode formant griffe de fixation du Milan lorsqu’il est embarqué. L’affût supporte un viseur optique et un système de contrôle de tir (commandes de tir et de réglages en site et azimut). Le missile est tiré à partir d’un tube de lancement formant en même temps emballage de stockage et de transport. Le missile est guidé sur toute sa trajectoire par un dispositif utilisant le rayonnement infrarouge émis par un traceur ou une balise électronique. Les ordres sont transmis par le fil de guidage.

Le tir de nuit est possible grâce à une caméra infra-rouge MIRA à refroidissement cryogénique ajoutée au poste de tir, ou MILIS qui possède une unité interne de refroidissement.

  • Pénétration : cible triple OTAN à 65° : 352 mm – probabilité d’atteinte de 95 % - 600 mm de blindage (missile milan 1 et 2), 800 mm de blindage (missile milan F2A et 3) ou 2,50 m de béton, 1000 mm de blindage MILAN ER
  • Durée du vol : 7 s (1 000 m) – 12 s (2 000 m)
  • Cadence de tir : 2 ou 3 coups par minute

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Milan F1 : 1 charge, charge creuse (1972) calibre 103 mm, traceur pyrotechnique.
  • Milan F2 : 1 charge, charge creuse (1984) calibre 115 mm, traceur pyrotechnique.
  • Milan F2A : 2 charges creuses en tandem (1993), traceur pyrotechnique.
  • Milan F3 : 2 charges creuses en tandem, lampe à éclats.
  • Milan ER : missile à portée allongée à 3 000 m, létalité renforcée.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Le Milan a été utilisé pendant des années par l’armée de terre française avec le HOT et l’Eryx ; la version ER est toutefois recalée en 2009. Le missile moyenne portée est alors développé afin de succéder au Milan, il dispose de nouvelle fonctions, dont la capacité « tire et oublie ».

Le Milan a été exporté dans de nombreux pays dont : Afrique du Sud [2], Allemagne, Australie, Belgique (retiré en 2010), Égypte, Estonie, Grèce, Royaume-Uni, Inde (4 100 à terme, livraison en cours en 2012), Irlande, Italie, Kenya, Liban, Maroc, Mexique, Sénégal, Turquie, et l'Uruguay.

La Libye sous le régime Kadhafi a affirmé son intention de passer un contrat d'un montant de 168 millions d'euros pour l'achat d'armement comportant ces missiles en juillet 2007, peu après la libération des soignants bulgares[3]. La livraison de 100 missiles Milan aurait eu lieu en 2009 d'après l'institut international pour les études stratégiques[4].

Le Milan ER a été commandé par le Qatar[5].

Des organisation armées non-étatiques utilisent ce missile dont l'État islamique[6]

En 2014, l'Allemagne fournit plusieurs centaines de Milan aux forces kurdes d'Irak (Peshmerga) luttant contre DAESH. En début 2015, un nombre important de nouveaux-nés kurdes ont pour prénom le mot français "Milan".

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. René Carpentier, Les missiles tactiques, Eurosae,‎ , 336 p. (lire en ligne), p. 139-140.
  2. http://www.gicat.com/fr/actualites/l%26%238217%3Bafrique_du_sud_notifie_a_mbda_un_nouveau_contrat_de_postes_de_tir_milan_adt-35.html
  3. Paris et Tripoli auraient signé un contrat d'armement de 168 millions d'euros
  4. EADS aide la Libye de Khadafi jusqu'en 2009
  5. Guillaume Steuer, « La succession du Milan est en marche », Air et Cosmos, no 2366,‎
  6. Samuel Laurent (journaliste au Monde), « L'Etat islamique : organigramme, financements, filières… », Seuil, p.51 «  »