Amesys

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Amesys est une société de services en ingénierie informatique française fondée en 1979. Elle s'adresse principalement aux marchés de la défense et de l'aéronautique, des télécoms, du transport, de l'énergie, de l'industrie, des réseaux, de la sécurité et de la micro-électronique.

Présentation[modifier | modifier le code]

900 employés sont répartis dans toute la France (Aix-en-Provence, Paris, Toulouse, Grenoble, Rennes, Sophia Antipolis, Montpellier, Lyon, Strasbourg, Bordeaux) ainsi qu'à l'étranger (Luxembourg, Canada, Allemagne, Suisse et Singapour) afin d'offrir une gamme complète de services:

  • développement logiciel,
  • conseil en hautes technologies,
  • assistance technique.


C'est une filiale du groupe Crescendo Industries dirigé par Philippe Vannier, créée début 2007 par fusion de deux filiales du groupe, I2E et Artware.

Amesys a été intégrée dans le groupe Bull à partir du , au moment où Crescendo Industries est entré dans le capital de Bull.

Controverse[modifier | modifier le code]

La société est compromise dans une affaire d'espionnage liée au régime libyen du colonel Kadhafi, mise en lumière par plusieurs sites d'information dont Reflets.info[1] et Owni.fr [2] depuis le mois de juin 2011 et étayée dans un reportage du Wall Street Journal le 30 août de la même année[3]. Elle a en effet vendu des technologies de surveillance qui ont permis au régime du colonel Kadhafi de surveiller, de traquer et, à terme, d'éliminer ses opposants et d'organiser le monitoring de l'ensemble des communications sur les réseaux Internet, téléphonie mobile et satellite en Libye[4],[5]. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme et la Ligue des droits de l'homme mettent en cause Amesys et portent plainte contre X à Paris le 19 octobre 2011[6]. Le 8 mars 2012, Bull annonce se séparer de la filiale d'Amesys commercialisant le logiciel Eagle mis en cause. Deux nouvelles sociétés sont créées sous de nouveaux noms, par Stéphane Salies, l’ancien directeur commercial de la société. L'une d'elle vend une solution logicielle qui reprend le système de surveillance fourni au colonel Kadhafi, et a pour nouveau client l’Egypte du général Abdel Fattah al-Sissi[7].

Le 21 mai 2012 une information judiciaire à l'encontre d'Amesys est ouverte à Paris pour complicité d'actes de torture[8]. L'enquête est confiée à un juge du pôle spécialisé dans les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et génocide du tribunal de grande instance de Paris. Le chef de complicité d'actes de torture se justifie par le fait que la technologie livrée en Libye permettait à Mouammar Kadhafi et son régime de placer sous surveillance toute la population libyenne et notamment les opposants et de les arrêter et les mettre en prison où ils étaient torturés.

Dans un rapport de l'association Reporters sans frontières accuse Amesys de faire partie des « sociétés ennemies d’Internet », notamment du fait de son implication en Libye[9],[10].

L'Obs révèle le 9 novembre 2016 qu'Amesys va participer au fichier TES[11], qui regroupera environ 60 millions de personnes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://reflets.info/deep-packet-inspection-qosmos-techtoctv/
  2. OWNI, 10 juin 2011, La Libye sur écoute française
  3. Wall Street Journal, 30 août 2011, Foreign Firms Aided Libyan Spies
  4. Bug Brother
  5. « Comment j'ai mis 5 millions de Libyens sur écoute », Le Figaro,‎ 1er septembre 2011, (lire en ligne)
  6. « Répression en Libye. Les Ligues des Droits de l'homme mettent en cause Amesys », Le Télégramme,‎ 19 octobre2011 (lire en ligne)
  7. Damien Leloup, « Après la Libye de Kadhafi, Amesys a vendu son système de surveillance à l’Egypte de Sissi », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Amesys : information judiciaire ouverte pour complicité de torture en Libye », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  9. Page d'Amesys sur le site de reporters sans frontières consulté le
  10. Guénaël Pépin, « RSF liste les pays et entreprises « ennemis d'Internet » en 2012 », Le Monde,‎ (lire en ligne)]
  11. Andréa Fradin, « Amesys file un coup de main à l’agence en charge du fichier monstre », Rue89,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]