Michèle Marchand

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Michèle Marchand
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Mimi MarchandVoir et modifier les données sur Wikidata
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Michèle Marchand, dite Mimi Marchand ou simplement Mimi, est une journaliste et femme d'affaires française, née le .

À la tête de plusieurs entreprises de paparazzi, elle travaille depuis le début des années 1990 pour de nombreux titres de presse dont Gala, Paris Match, Public, Closer et Voici. Sa personnalité, ses méthodes professionnelles et ses démêlés judiciaires lui valent une réputation sulfureuse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et entrepreneuriat[modifier | modifier le code]

Michèle Marchand est la fille unique d'un couple de coiffeurs de Vincennes, anciens résistants communistes. À 16 ans, elle fugue, se marie, tombe enceinte avant sa majorité et a deux enfants. Elle quitte son conjoint, reprend des études de mathématiques et commence à travailler chez un équipementier automobile puis dans des garages parisiens ouverts jour et nuit où elle tient la caisse et découvre le monde de la nuit (stars, policiers et voyous)[1]. Dans les années 1970, elle achète deux garages.

Dans les années 1980, elle part aux États-Unis, où elle rénove des maisons puis crée un commerce automobile, récupérant des voitures françaises à la casse, les transférant outre-Atlantique où elle les répare avant de les revendre, ce qui lui vaut un certain succès[1]. Deux de ses anciens maris ont fait de la prison[1]. Elle a aussi travaillé en 1981 dans une revue L’Amateur d'armes[2] où une histoire de falsification de chèques et d'émission de chèques sans provision la conduit en prison[3]. Elle fait également de la détention provisoire pour chèques volés, faux en écriture et écope notamment de trois ans de prison avec sursis pour avoir transporté 500 kg de cannabis en compagnie de son mari, le braqueur Maurice Demagny[3]. Elle est également responsable d'établissements de nuit à Paris dans les années 1990, rue Washington, rue de Ponthieu et porte Maillot (notamment Le Cirque et Le Memories), certains s'affichant pour lesbiennes[4],[5],[6].

Presse people et procès[modifier | modifier le code]

Elle rejoint Voici en 1996 en tant que « pigiste internalisée ». Elle se rend vite indispensable (constituant un dossier sur chaque célébrité[1]), et va jusqu'à fournir « 90 % des sujets français » selon d'anciens membres de la rédaction[5].

Après un procès perdu par Voici, Mimi Marchand ayant, à tort, révélé une rencontre avec l'un des gardes du corps de Diana avant son accident, elle quitte le magazine en 1998 et crée dans un immeuble voisin la société Shadow & Co, qui continue de fournir de nombreux scoops à Voici. En 2003, elle est placée en détention provisoire dans le cadre d'une enquête portant sur des doubles facturations sur une même information, polémique qui implique de nombreuses célébrités de l'époque, par exemple pour des sujets posés. Elle est relaxée en 2008. Entre-temps, elle a créé une nouvelle agence, travaillant notamment avec son compagnon, un homme des RG (avec qui elle s'est mariée en 2015) ou encore Laurence Pieau. Elle est à l'origine de la photographie de Ségolène Royal en maillot de bain, prise à l'été 2006, alors qu'elle est candidate à l'élection présidentielle ; Michèle Marchand rompt là la règle tacite voulant que la presse people ne s'attaque pas aux personnalités politiques[1].

Fin 2007, elle participe au lancement du site PurePeople (Webedia), premier site pure player d'informations consacrées aux célébrités, notamment grâce au scoop de la liaison entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni et obtenant l'autorisation d'introduire un photographe au mariage de Cécilia Sarkozy et Richard Attias. Le site est un succès, avec 20 millions de visiteurs à l'époque, privilégiant les belles photos aux scandales. L'influence et la notoriété de Michèle Marchand grandissent. En 2010, elle vend pour 500 000 euros ses parts dans PurePeople, tout en restant prestataire extérieure[1]. En 2011, elle crée Bestimage, une des trois plus importantes agences françaises de photos de célébrités[5] surnommée une « écurie de paparazzis »[7].

Alors que le secteur de la presse people est en difficulté, Michèle Marchand poursuit son activité, fournissant une information clef en main, photos et textes compris. À Monaco, elle obtient de réaliser les clichés de la famille Grimaldi, gérant ensuite leur diffusion dans la presse écrite et Internet[1].

Soupçonnée[1], elle se défend farouchement d'être à l'origine des révélations de Closer en concernant la liaison supposée de François Hollande avec Julie Gayet.

« Disposant d'un carnet d'adresses inégalé dans la profession », elle est une « source majeure d'un grand nombre de magazines » selon L'Express[7] ou Libération[8]. « Familière du Tout-Paris », « la Mata Hari de la presse people »[8] comme on la surnomme est à l'origine de la photo de Zahia en couverture de Paris Match, des fausses images volées de Rachida Dati accompagnée de Vincent Lindon publiées dans Closer, ou des premières photos du couple Hollande-Trierweiler à la plage[7].

Engagements politico-médiatiques[modifier | modifier le code]

Michèle Marchand a possédé la carte de grand donateur de l'UMP. Soutien de Nicolas Sarkozy, elle était assise au premier rang de certains de rassemblements de campagne de celui-ci jusqu'à la primaire de 2016[1].

Selon François Hollande, elle « est responsable de la peopolisation de la vie politique »[9].

En 2017, elle est l'une des communicantes de la campagne médiatique du couple Brigitte et Emmanuel Macron pour sa campagne présidentielle[4],[1],[10], après avoir été présentée au couple Macron par Xavier Niel, au printemps 2016. Début , il lui aurait été proposé de s'occuper officiellement de la communication de la « Première dame »[11], qui s'est liée d'amitié avec elle[12]. Cependant, elle aurait été écartée à la suite de la publication de Mimi, la biographie qui lui a été consacrée[13],[14].

En , la dirigeante de Bestimage porte plainte contre le magazine Le Point et Le Canard enchaîné pour avoir diffusé une photo d'elle derrière le bureau présidentiel faisant le « V de la victoire »[15].

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Le , Michèle Marchand est placée en garde à vue, puis mise en examen avec quatre autres personnes pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs » concernant la rétractation de Ziad Takieddine dans ses témoignages dans l'affaire Sarkozy-Kadhafi[16],[17] (financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007).

Le 18 juin suivant, elle est placée en détention provisoire pour non-respect du contrôle judiciaire imposé lors de sa mise en examen[18],[19]. Elle est relâchée le 21 juillet[20].

Le 12 août 2021, selon Mediapart[21], puis d'autres médias, Mimi Marchand est mise en examen pour « recel de violation du secret professionnel » et « extorsion » (au détriment de Karine Le Marchand, qui a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) car il lui semblait que des fonctionnaires du commissariat du 16e arrondissement de Paris informaient illégalement des paparazzis à propos de plaintes déposées par des célébrités) et placée sous contrôle judiciaire, dans l’information judiciaire relative à la diffusion par Paris Match (en février 2020) de photos de l’interpellation de Piotr Pavlenski[22].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Anciennement mariée à un gangster surnommé Hafed, puis au braqueur Maurice Demagny rencontré pendant sa détention dans la prison de Fleury-Mérogis[3],[1], elle a pour conjoint, depuis 2015, un ancien commandant de police à l'Office central pour la répression du faux-monnayage, qui dirige la société Chouet'press, raison sociale de l'agence Bestimage[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Sophie des Déserts, « Mimi les bons tuyaux », Vanity Fair, no 45,‎ , p. 80-89 (lire en ligne) (archive : « Mimi les bons tuyaux », sur Lapressemagazine.fr), Sophie des Déserts, « Enquête : Qui est vraiment Mimi Marchand, la reine des paparazzi et papesse de la presse people ? », sur Vanity Fair,
  2. « L'Amateur d'armes - Périodique - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  3. a b et c J.-M. Th., « Mimi-m'a-dit, la marchande de Macron », Le Canard enchaîné, no 1367,‎ , p. 8.
  4. a et b « Derrière Brigitte et Emmanuel Macron, "Mimi" Marchand, reine de la presse people », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. a b c et d Marion Van Renterghem, « Michèle Marchand, la Mimi des paparazzi », sur Le Monde, (consulté le ).
  6. Philippe Ridet, « Elle est comme ça… Mimi Marchand », M, le magazine du Monde, semaine du 27 octobre 2018, p. 32.
  7. a b et c Renaud Revel, « Closer côté cuisines », L'Express, Groupe Express-Roularta, no 3266,‎ , p. 80 à 83 (ISSN 0014-5270).
  8. a et b Isabelle Hanne, « Paparazzis : comment mitonner un bon ragot », 10 novembre 2009 sur liberation.fr.
  9. Cyril Simon, « De Fresnes à l’Élysée : la biographie sulfureuse de Mimi Marchand », sur leparisien.fr, .
  10. « De puissants relais dans les médias et les milieux culturels », Le Figaro Magazine, semaine du 23 juin 2017, page 52.
  11. Renaud Lecadre, « "Mimi" Marchand, première dame des paparazzis », liberation.fr, 6 juillet 2018.
  12. Émilie Lanez, « « Mimi » Marchand, la reine des paparazzis, au cœur du pouvoir », sur lepoint.fr, .
  13. Thomas Mahler, « EXCLUSIF. Le livre sur Mimi Marchand qui fait trembler l'Élysée », sur Le Point, .
  14. Renaud Lecadre, « Écartée par l’Élysée, 'Mimi' sort du champ », liberation.fr, 17 octobre 2018.
  15. Éléonore Eschemann, « Michèle Marchand (Bestimage) dépose une plainte contre Le Point et Le Canard », Média +,‎ (lire en ligne)
  16. Fabrice Arfi, Karl Laske et Antton Rouget, « Rétractation de Takieddine : Mimi Marchand mise en examen », sur Mediapart, (consulté le ).
  17. « Mimi Marchand mise en examen et placée sous contrôle judiciaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Financement libyen : après avoir violé son contrôle judiciaire, Mimi Marchand incarcérée », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  19. « Mimi Marchand, patronne de l’agence de paparazzis Bestimage, incarcérée pour avoir violé son contrôle judiciaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Arrestation de Piotr Pavlenski : «Mimi» Marchand mise en examen pour recel », sur LA VDN, (consulté le )
  21. Fabrice Arfi et Antton Rouget, « Benjamin Griveaux, Mimi Marchand, Karine Le Marchand : l’affaire qui compromet police et presse people », sur Mediapart (consulté le )
  22. « Arrestation de Piotr Pavlenski : «Mimi» Marchand mise en examen pour recel », sur lavoixdunord.fr, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]