Michèle Marchand

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Michèle Marchand
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (71 ans)
Nationalité
Activités

Michèle Marchand (plus connue sous le nom de Mimi Marchand), née en mars 1947, est une femme d'affaires française à la tête de plusieurs entreprises. Personnalité à la réputation sulfureuse, elle travaille pour de nombreux titres de presse dont Gala, Paris Match, Public, Closer et Voici, depuis le début des années 1990.

Carrière[modifier | modifier le code]

Origine et activités entrepreneuriales[modifier | modifier le code]

Michèle Marchand est la fille unique de coiffeurs de Vincennes, anciens résistants communistes. À 16 ans, elle fugue, se marie, tombe enceinte avant sa majorité et a deux enfants. Elle quitte son conjoint, reprend des études de mathématiques et commence à travailler chez un équipementier automobile puis dans des garages parisiens ouverts jour et nuit où elle tient la caisse et découvre le monde de la nuit (stars, policiers et voyous)[1]. Dans les années 1970, elle achète deux garages. Dans les années 1980, elle part aux États-Unis, où elle rénove des maisons puis créé un commerce automobile, récupérant des voitures françaises à la casse, les transférant outre-Atlantique où elle les répare avant de les revendre, ce qui lui vaut un certain succès[1]. Deux de ses anciens maris ont fait de la prison[1]. Elle a aussi travaillé en 1981 dans une revue L’amateur d'armes [2] où une histoire de falsification de chèques et d'émission de chèques sans provisions la conduit en prison[3]. Elle fait également de la détention provisoire pour chèques volés, faux en écriture et écope notamment de trois ans de prison avec sursis pour avoir transporté 500 kg de cannabis en compagnie de son mari, le braqueur Maurice Demagny[3]. Elle est également responsable d'établissements de nuit à Paris dans les années 1980, rue Washington, rue de Ponthieu et porte Maillot (notamment Le Cirque et Le Memories), certaines s'affichant pour lesbiennes[4],[5],[6].

Presse people[modifier | modifier le code]

Elle rejoint Voici en 1996 en tant que « pigiste internalisée ». Elle se rend vite indispensable (constituant un dossier sur chaque célébrité[1]), et va jusqu'à fournir « 90 % des sujets français » selon d'anciens membres de la rédaction[5].

Après un procès perdu par Voici, Mimi Marchand ayant, à tort, révélé une rencontre avec l'un des gardes du corps de Diana avant son tragique accident, elle quitte le magazine en 1998 et créé dans un immeuble voisin la société Shadow & Co, qui continue de fournir de nombreux scoops à Voici. En 2003, elle est placée en détention provisoire dans le cadre d'une enquête portant sur des doubles facturations sur une même information, polémique qui implique de nombreuses célébrités de l'époque, par exemple pour des sujets posés. Elle est relaxée en 2008. Entre-temps, elle a créé une nouvelle agence, travaillant notamment avec son compagnon, un homme des RG (avec qui elle s'est mariée en 2015) ou encore Laurence Pieau. Elle est à l'origine de la photographie de Ségolène Royal en maillot de bain, prise à l'été 2006, alors qu'elle est candidate à l'élection présidentielle ; Michèle Marchand rompt là une règle tacite qui voulait que la presse people ne s'attaque pas aux personnalités politiques[1].

Fin 2007, elle participe au lancement du site PurePeople (Webedia), premier site pure player d'informations consacrées aux célébrités, notamment grâce au scoop de la liaison entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni et obtenant l'autorisation d'introduire un photographe au mariage de Cécilia Sarkozy et Richard Attias. Le site est un succès (20 millions de visiteurs à l'époque), privilégiant les belles photos aux scandales. L'influence et la notoriété de Michèle Marchand grandissent. En 2010, elle vend pour 500 000 euros ses parts dans PurePeople, tout en restant prestataire extérieure[1]. En 2011, elle créé Bestimage, une des trois plus importantes agences françaises de photos de célébrités[5] surnommée une « écurie de paparazzis »[7]. Alors que le secteur de la presse people est en difficulté, Michèle Marchand poursuit son activité, fournissant une information clef en main, photos et textes compris. À Monaco, elle obtient de réaliser les clichés de la famille Grimaldi, gérant ensuite leur diffusion dans la presse écrite et Internet[1].

Elle est soupçonnée[1], ce dont elle se défend farouchement, d'être à l'origine des révélations de Closer en janvier 2014 concernant la liaison supposée de François Hollande avec Julie Gayet.

« Disposant d'un carnet d'adresse inégalé dans la profession », elle est une « source majeure d'un grand nombre de magazines » selon L'Express[7] ou Libération[8]. « Familière du Tout-Paris », « la Mata Hari de la presse people[8] » comme on la surnomme est à l'origine de la photo de Zahia en couverture de Paris Match, des fausses images volées de Rachida Dati accompagnée de Vincent Lindon publiées dans Closer, ou des premières photos du couple Hollande-Trierweiler à la plage[7].

Politique[modifier | modifier le code]

Elle a possédé la carte de grand donateur de l'UMP et, soutien de Nicolas Sarkozy, a été assise au premier rangs de certains de ses meetings jusqu'à la primaire de 2016[1].

Selon François Hollande, elle « est responsable de la peopolisation de la vie politique[9] ».

En 2017, elle se positionne comme l'une des communicantes de la campagne médiatique du couple Brigitte Macron et Emmanuel Macron pour sa campagne présidentielle[4],[1],[10], après avoir été présentée au couple Macron par Xavier Niel, au printemps 2016. Début juillet 2018, il lui aurait été proposé de s'occuper officiellement de la communication de la Première dame[11] qui s'est liée d'amitié avec Mimi[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Anciennement mariée à un gangster surnommé Hafed et à un braqueur, Maurice Demagny, qu'elle a rencontré pendant sa détention dans la prison de Fleury-Mérogis[3],[1], elle a pour conjoint depuis 2015 un ancien commandant de police à l'Office central pour la répression du faux-monnayage, qui dirige la société Chouet'press, raison sociale de l'agence Bestimage[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Sophie des Déserts, « Mimi les bons tuyaux », Vanity Fair n°45, avril 2017, pages 80-89.
  2. « L'Amateur d'armes - Périodique - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 25 octobre 2018)
  3. a b et c J.-M. Th., « Mimi-m'a-dit, la marchande de Macron », Le Canard enchaîné, no 1367,‎ , p. 8.
  4. a et b « Derrière Brigitte et Emmanuel Macron, "Mimi" Marchand, reine de la presse people », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  5. a b c et d Marion Van Renterghem, « Michèle Marchand, la Mimi des paparazzi », sur Le Monde, (consulté le 21 février 2014)
  6. Philippe Ridet, « Elle est comme ça… Mimi Marchand », M, le magazine du Monde, semaine du 27 octobre 2018, p. 32.
  7. a b et c Renaud Revel, « Closer côté cuisines », L'Express, Groupe Express-Roularta, no 3266,‎ , p. 80 à 83 (ISSN 0014-5270)
  8. a et b Isabelle Hanne, Paparazzis : comment mitonner un bon ragot 10 novembre 2009 sur liberation.fr
  9. Cyril Simon, « De Fresnes à l’Elysée : la biographie sulfureuse de Mimi Marchand », sur leparisien.fr, .
  10. « De puissants relais dans les médias et les milieux culturels », Le Figaro Magazine, semaine du 23 juin 2017, page 52.
  11. Renaud Lecadre, "Mimi" Marchand, première dame des paparazzis, liberation.fr, 6 juillet 2018.
  12. Émilie Lanez, « « Mimi » Marchand, la reine des paparazzis, au cœur du pouvoir », sur lepoint.fr, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Decugis, Marc Leplongeon et Pauline Guéna, La petite marchande de photos, Grasset, 2018.
  • Raphaëlle Bacqué, « 'Mimi' Marchand, le loup dans la bergerie Macron », Le Monde, 20 octobre 2018 [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]