Affaire Caroline Dickinson

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Affaire Caroline Dickinson
Nature du crime Viol et meurtre d'une mineure de moins de 15 ans
Titre Coupable : Francisco Arce Montes
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville Pleine-Fougères (en Ille-et-Vilaine)
Nature de l'arme Étouffée avec un oreiller
Date du crime
Nombre de victimes 1 : Caroline Dickinson
Jugement
Statut Affaire jugée
Tribunal Cour d'assises de Saint-Brieuc
Date du jugement

L’affaire Dickinson est une affaire de justice qui s'est déroulée en France, à partir du . Dans la nuit du 17 au , une jeune collégienne anglaise, nommée Caroline Dickinson, est retrouvée morte étouffée après avoir été violée dans l'auberge de jeunesse de Pleine-Fougères, en Ille-et-Vilaine, près de Saint-Malo. Elle effectuait avec sa classe un séjour linguistique en France. Son viol et son meurtre sont intervenus sans même que ses camarades de chambrée ne s'en aperçoivent. Très vite, l'affaire va avoir un fort écho médiatique en France et en Grande-Bretagne, ce qui influera sur le déroulement de l'enquête.

Le meurtrier, un Espagnol du nom de Francisco Arce Montes, est arrêté le à Miami aux États-Unis et confondu par une analyse ADN.

L'affaire[modifier | modifier le code]

La victime[modifier | modifier le code]

Caroline Dickinson est née en 1983. Elle a 13 ans le jour de sa mort.

Originaire de Launceston, dans les Cornouailles (Royaume-Uni), Caroline vit avec sa mère Sue et sa petite sœur Jennifer. Ses parents sont divorcés.

Les faits[modifier | modifier le code]

Le , 40 collégiens accompagnés de 5 professeurs arrivent à Pleine-Fougères, en Ille-et-Vilaine.

Le , après 23h00, la nuit tombée, les jeunes collégiens et collégiennes de la classe de Caroline Dickinson montent dans leurs dortoirs respectifs à l'auberge de jeunesse de Pleine-Fougères. Caroline et ses quatre amies, Ann, Melissa, Camilla et enfin Jenny, passent la soirée à chanter jusqu'à ce que l'une des professeurs demandent aux 5 élèves de se coucher.

Par cette chaude nuit d'été, les fenêtres sont restées ouvertes et la porte d'entrée n'est pas verrouillée. Pendant que les élèves dorment, un homme entre facilement dans l'auberge de jeunesse, monte l'escalier et arrive à l'étage où dorment quelques collégiennes et un couple de touristes. L'homme entre dans la chambre no 4, agresse Caroline Dickinson qui dort sur un matelas posé sur le sol. Il la viole, puis la tue en l'étouffant avec un oreiller. Il repart aussitôt comme il est rentré, en toute discrétion.

Le lendemain, vers 8h00, Ann, qui essaye de la réveiller, constate que « les lèvres de Caroline sont bleues ». Horrifiée, elle appelle l'une des enseignants et une infirmière. C'est le docteur Michel Coignard qui confirmera l'assassinat et le viol de la petite Anglaise. La commune est alors en état de choc. Le dimanche à la messe, le recteur a une pensée pour cette adolescente qu'il cite dans ses prières.

Enquête[modifier | modifier le code]

L'affaire est confiée au juge d'instruction de Saint-Malo, Gérard Zaug. La partie civile, à savoir les parents de Caroline Dickinson, est représentée par Me Hervé Rouzaud-Le Boeuf, avocat au barreau de Rennes.

Les indices prélevés dans la chambre sont :

  • un morceau de ouate ayant servi à étouffer la jeune fille ;
  • une trace de sperme prélevée sur la cuisse du cadavre, permettant de faire une analyse de l'ADN du coupable.

Au Royaume-Uni, l'affaire fait la Une des journaux et une énorme pression médiatique s'installe.

Le premier suspect est Patrice Padé, un sans domicile fixe ayant été aperçu près de l'auberge. Arrêté au cours d'un banal contrôle routier, cet homme, au casier chargé dont quelques affaires de mœurs (attentat à la pudeur et exhibitionnisme), est le suspect idéal. Au terme de 45 heures de garde à vue, il finit par avouer le viol et le crime. Le juge Zaug, accompagné de gendarmes donne une conférence de presse pour indiquer que le meurtrier est arrêté, précisant néanmoins qu'une analyse ADN est en cours. Mais l'analyse ADN disculpe Patrice Padé qui est libéré et écarté de tout soupçon[1]. Il décrira une garde à vue éprouvante (privation de ses médicaments, sevrage brutal d'alcool alors qu'il est alcoolique, pressions fortes des gendarmes qui auraient refusé de suivre le conseil du médecin de l'hospitaliser). L'enquête repart de zéro alors que la Commission nationale d´indemnisation en matière de détention provisoire accorde 10 000 Francs à Patrice Padé pour sa détention de 17 jours en juillet 1996[2].

Le 12 décembre 1996, John Dickinson, le père de Caroline, relance l'affaire en demandant que soit prélevée l'empreinte génétique de tous les hommes de Pleine-Fougères de 15 à 35 ans. Zaug refuse mais la famille Dickinson obtient le changement du juge chargé de l'affaire[3]. Le 14 août 1997, la Cour d'appel de Rennes dessaisit le juge d'instruction de Saint-Malo et désigne le conseiller Renaud Van Ruymbeke pour poursuivre l'instruction. Il fait procéder, entre le 10 et 12 octobre 1997, aux analyses ADN de l'ensemble des jeunes hommes de Pleine-Fougères (prélèvements de salives de 170 hommes de 15 à 35 ans puis de 3 500 personnes, comme des voleurs ou violeurs au-delà de la Bretagne, sans résultat[4].

Reprenant l'enquête, il obtient grâce aux témoignages des jeunes filles anglaises le portrait robot d'un homme ayant été repéré à plusieurs reprises près de l'auberge. Les enquêteurs feront également le rapprochement avec une tentative de viol commise quelques heures auparavant dans l'auberge de jeunesse de Saint-Lunaire à quelques kilomètres de là. Le juge Renaud Van Ruymbeke dresse une liste des coupables de viols sur le même mode opératoire. Une liste de 200 personnes sera dressée dont, après interrogatoires et analyses, il ne reste plus que 95 puis 3, parmi lesquelles Francisco Arce Montes, un routier espagnol d'une cinquantaine d'années. Né à Gijon, dans les Asturies, ce dernier a déjà été condamné en Allemagne pour des affaires de viols sur mineures entre 1985 et 1989 dans des établissement de jeunesse et est recherché aux Pays-Bas pour attouchements sexuels. Il a déjà été interpellé le 18 juin 1994 par des gendarmes français alors qu'il s'est introduit dans le dortoir de jeunes Écossaises, dans le château de la Hercerie, en Touraine[5]. Les recherches se centrent alors sur lui, mais en vain. Arce Montes a été appréhendé en 1997 en Espagne pour tentative de viol mais il s'est échappé et enfui à Miami . À la demande du juge Renaud Van Ruymbeke le psychologue et criminologue Jean-Pierre Bouchard est également régulièrement consulté pour donner son avis sur l’affaire[réf. souhaitée].

En 2001, c'est une simple vérification effectuée à l'aéroport de Detroit (États-Unis) par un agent de la police d'immigration, Tommy Ontko, qui va dénouer l'affaire. Le policier américain, de retour d'un voyage en Grande-Bretagne, avait déjà lu un article parlant de l'affaire dans un numéro du journal britannique le Sunday Times traînant dans l'aéroport. L'article rendait public une liste de 48 "témoins" établie par la gendarmerie et mentionnait le nom d'Arce Montes, le journal affirmant qu’il serait le suspect le plus sérieux, même si le juge d’instruction Francis Debons, qui a remplacé Renaud Van Ruymbeke, relativise. Par acquit de conscience, il vérifie et s'aperçoit que ce dernier est entré sur le territoire américain et qu'il y est même incarcéré à Miami en attente d'être jugé pour attentat à la pudeur (indecent assault). Il y a en effet été arrêté le 13 mars pour d'être introduit deux jours plus tôt dans la chambre d’une cliente d’un motel situé sur Miami Beach avant de se masturber au-dessus d’elle[6]. Les prélèvements ADN effectués indiquent qu'il y a 99,9 % de chances qu'il corresponde à celui du violeur de Caroline Dickinson[7]. Fin novembre 2001, l'homme est jugé devant un tribunal de Miami où il plaide non-coupable pour retarder la procédure. Son procès est alors reporté en juin suivant. Le 19 novembre, à la suite d’intenses tractations diplomatiques et d’un tour de passe-passe juridique, la justice américaine renonce à le poursuivre. Arce Montes est extradé le même jour et placé en détention provisoire à Fleury-Mérogis. Jean-Pierre Gimonet, magistrat instructeur le met en examen le 23 novembre pour « homicide volontaire sur mineure de 15 ans, précédé, accompagné ou suivi de viol » puis transféré à la maison d’arrêt de Rennes[8].

Procès[modifier | modifier le code]

Le Palais du Parlement de Bretagne à Rennes où s'est tenu le procès.

Le 7 juin 2004, son procès a lieu devant la cour de justice de Rennes. Décrit par les experts psychiatres comme « pervers », souffrant de « troubles de la personnalité » mais « responsable pénalement » de ses actes, il est condamné le 14 juin 2004 à 30 ans de prison dont une peine de sûreté de 20 ans. Contre l'avis de ses deux avocats, il fait appel. La cour d'assises des Côtes-d'Armor, à Saint-Brieuc, confirme le jugement de première instance le 27 juin 2005[9]. Avec le cumul des peines prononcées en Allemagne et en Espagne, il devrait passer la fin de ses jours en prison[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Dupuis, « Les dossiers de L'Express - Faits divers : Meurtre: l'énigme de la chambre n° 4 », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. « Patrice Padé obtient une indemnité de 10 000 francs », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  3. Erich Inciyan et Cécile Prieur, « Le dessaisissement du juge Zaug relance l'affaire Caroline Dickinson », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Renaud Van Ruymbeke, L'Heure du crime, 25 novembre 2011
  5. Dupuis Jérôme et Pontaut Jean-Marie, « Le passé breton du serial violeur Actualité », sur lexpress.fr,‎
  6. Fabrice Aubert, « Affaire Dickinson : Arce Montes en appel », sur lci.tf1.fr,‎
  7. Cécile Prieur, « Le meurtrier présumé de Caroline Dickinson confondu par son ADN », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. La politique étrangère de la France, La Documentation française, , p. 159
  9. « Le meurtrier de Caroline Dickinson jugé en appel », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. L'affaire Caroline Dickinson

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Tanneau et Hélène Hémon, L'affaire Caroline Dickinson. Une enquête hors du commun, éditions Apogée, 160 pages, 2005 (ISBN 978-2-84398-196-8)
  • Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires Criminelles de la Manche, de Borée, avril 2012. (Un chapitre est consacré à l'affaire Dickinson).

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]