Tapisserie de Bayeux

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Tapisserie de Bayeux
Odo bayeux tapestry.png

Scène représentant l'évêque Odon de Bayeux tenant un bâton lors de la bataille d'Hastings et encourageant les combattants.

Date
Entre 1066 et 1082
Technique
Dimensions
(H × L)
50 × 6830 cm
Localisation
Musée de la Tapisserie de Bayeux, Centre Guillaume-le-Conquérant, Bayeux (France)
Protection
Coordonnées
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La Tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de Tapisserie de la reine Mathilde, et plus anciennement « Telle du Conquest » (pour « toile de la Conquête ») est une broderie du XIe siècle inscrite depuis 2007 au registre Mémoire du monde par l'UNESCO.

Elle semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant, et décrit les faits allant de 1064 à 1066 lors de la conquête normande de l'Angleterre par Guillaume, duc de Normandie qui accède au trône. Les événements clés de cette conquête y sont détaillés, notamment la bataille d'Hastings[1]. Mais près de la moitié des scènes relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même[2].

Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, au point d'être considérée parfois comme une œuvre de propagande, elle a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XIe siècle normand et anglais. Elle renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires et les conditions de vie de cette époque. À ce titre, elle constitue un des rares exemples de l'art roman profane. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le Trésor de la cathédrale de Bayeux, elle est aujourd'hui présentée au public au centre Guillaume le Conquérant[3] qui lui est entièrement dédié.

Présentation[modifier | modifier le code]

La Tapisserie de Bayeux n'est pas, à proprement parler, une tapisserie ; en effet, elle relève de la broderie[4], de neuf teintes naturelles de laines sur des pièces de lin bis. Elle a été confectionnée entre 1066 et 1082, peut-être en Angleterre, pour être exposée à la cathédrale de Bayeux pour une population souvent analphabète[5]. Elle est constituée de neuf panneaux en lin assemblés en une seule pièce d'une longueur d'environ 68,30 mètres et large d'environ 50 centimètres[6],[7]. Chaque scène est assortie d'un commentaire en latin. Il faut aussi remarquer que la broderie est amputée. Sa fin est perdue mais elle devait se terminer, d'après tous les historiens, par le couronnement de Guillaume le Conquérant. 636 personnages, 202 chevaux et mules, 505 animaux de toutes sortes, 37 édifices, 49 arbres sont recensés. Au total, 1515 sujets variés fournissent une mine de renseignements sur le XIe siècle.

Image panoramique
Intégralité de la Tapisserie de Bayeux
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Origines[modifier | modifier le code]

tapisserie : Odon
Odon de Bayeux, évêque de Bayeux de 1049 à 1097 – scène 44.

Odon de Bayeux (demi-frère de Guillaume le Conquérant et évêque de Bayeux de 1049 à 1097), est généralement identifié comme étant le commanditaire de la Tapisserie de Bayeux[8],[9]. La supposition repose sur un faisceau d'indices concordants[10]. Tout d'abord, sur la tapisserie ne sont nommées, en dehors des figures historiques (Harold Godwinson, Édouard le Confesseur, Guillaume le Conquérant, etc.) et de la mystérieuse Ælfgyva, que trois personnes, Wadard, Vital et Turold[10]. Ceux-ci ne sont mentionnées dans aucune autre source contemporaine de la bataille de Hastings[10]. Or il apparaît que ces hommes sont tous des tenants d'Odon dans le Kent[10], signe qu'ils faisaient partie des hommes qu'Odon a amenés à la bataille. Ensuite, la tapisserie montre Harold Godwinson jurant fidélité au duc Guillaume, sur de saintes reliques, et assistance pour son obtention du trône anglais, à Bayeux[9],[10]. Orderic Vital place l'événement à Rouen, et Guillaume de Poitiers à Bonneville-sur-Touques. De plus, le rôle d'Odon à Hastings est à peine mentionné dans les sources qui ne sont pas liées à Bayeux[9]. Les historiens concluent qu'Odon est le seul à avoir eu les moyens financiers de commanditer une œuvre aussi gigantesque, et qui mette en avant ses tenants et les reliques de Bayeux[10].

Si une majorité d'historiens s'accorde à penser que c'est bien Odon qui commanda cette broderie pour orner la nef de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de Bayeux, inaugurée en 1077, la discorde règne encore sur l'identité de ceux qui la fabriquèrent. La légende dit que c'est la reine Mathilde, aidée de ses dames de compagnie, qui en sont les auteurs ; pour d'autres, elle fut confectionnée : soit dans le Kent ; soit à Winchester, dans le Hampshire, vingt ou trente ans après les événements qu'elle relate. Enfin dernière des hypothèses, sa fabrication aurait été effectuée à Saumur.

Toutefois, deux hypothèses de recherches sont avancées :

  • Les dernières recherches de l'université de Caen, réunissant des archéologues, historiens, médiévistes, s'accordent à penser que la « Broderie d'Hastings » a été faite dans le Kent, à Winchester ou à Cantorbéry, tout de suite après la bataille elle-même, et sa confection aurait duré deux ans environ[11]. C'est ce que Denise Morel et Marie France Le Clainche font vivre dans leur roman Les Brodeuses de l’Histoire, où elles mettent en scène l'atelier de broderie de Winchester. Nous savons, en effet, que cet atelier rassemblait brodeurs et brodeuses, laïcs et religieuses, anglo-saxonnes, normandes et bretonnes.
  • Selon l'historien américain George Beech[12], spécialiste du Moyen Âge, plusieurs indices permettraient de démontrer, que la Tapisserie de Bayeux fut en réalité conçue à l'abbaye Saint-Florent de Saumur, atelier prestigieux de production textile depuis le début du XIe siècle. Plusieurs faits permettent d'étayer cette hypothèse. Avant d'être l'abbé de Saint-Florent, Guillaume Rivallon (fils de Riwallon de Dol) était seigneur de Dol en Bretagne. Or plusieurs scènes de la tapisserie racontent les préparations guerrières des batailles au Mont-Saint-Michel, à Dol, à Rennes et à Dinan. Deuxièmement, dans les années 1070, l'abbaye acquiert de nombreux domaines, en Angleterre et en Normandie, dans lesquels le rôle du nouveau roi d'Angleterre, est déterminant. La générosité de Guillaume le Conquérant serait un moyen de récompenser le travail de l'atelier monastique. Enfin, quelques ressemblances artistiques ont été mises en évidence entre la Tapisserie et les ouvrages de la France de l’ouest, dans la vallée de la Loire et en Poitou-Charentes.

Contenu historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête normande de l'Angleterre.
tapisserie : Guillaume
1064 - Le duc Guillaume –
scène 23.
tapisserie : Harold
1064 - Le comte Harold – scène 6.

La broderie reflète le point de vue normand de l'histoire. Elle est une œuvre didactique destinée au bon peuple la légitimité de l'invasion de Guillaume, sa légitimité au trône et le juste châtiment enduré par Harold[8], représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré (scène 23). La tapisserie est donc un récit moralisateur[8], montrant le triomphe du bien (le bon duc Guillaume), sur le Mal (incarné par le mauvais roi Harold)[8]. Le commentaire est muet sur la nature de ce serment, mais des auteurs normands, en particulier Guillaume de Poitiers (vers 1074) en rend compte : il s'agit pour Harold de jurer qu'il respecterait la volonté d'Edouard de léguer à Guillaume la couronne d'Angleterre, et l'anglais devait prêter un serment de vassal : ses terres reviennent à Guillaume[13] (Gesta Guillelmi). On s'accorde généralement à penser que ce serment eut bien lieu, mais qu'il y aurait peut-être eu tromperie, puisque Harold aurait affirmé qu'il ne savait pas qu'il y avait de saintes reliques sous le livre sur lequel il jura.

Cependant la tapisserie laisse aussi un peu de place au point de vue anglais. Harold, le parjure, est à l'honneur dès le début de la broderie ; il sauve deux Normands du Couesnon, on le voit prier Dieu, son couronnement montre qu'il est un roi légitime et les inscriptions durant la bataille prouvent sa dignité de roi. Ainsi la tapisserie en imposant le point de vue général normand permet une lecture plurielle, anglaise ou normande, sur des aspects secondaires.

tapisserie : débarquement d'Harold
En 1064, le comte Harold débarque à la suite de la dérive des courants sur les terres du comte Guy de Ponthieu – scène 38.
tapisserie : la comète
La comète de Halley, vue du 24 avril au – soit quatre mois après l'avènement d'Harold – figurant sur la Tapisserie de Bayeux – scène 32.
L'inscription, ISTI MIRANT STELLÃ, signifie Ceux-ci admirent l'étoile : on voit un groupe de six anglais à l'extérieur du palais royal ; cinq ont le nez en l'air et l'index désignant la comète.

La première moitié de la broderie relate les aventures du comte Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire débarqua à la suite de la dérive des courants sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut capturé par Guy, qui envisageait de le libérer contre rançon. Hélas, un espion de Guillaume, visible sur la broderie, était là. Guillaume exigea de Guy qu'il lui remît Harold, ce qui fut fait. Guillaume adouba Harold chevalier à Rouen. C'est lors de cette cérémonie, qu'on voit sur la broderie, que Harold jura, sur les reliques d'un saint (très important à l'époque) à Guillaume, de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône d'Angleterre. Il revint sur cette promesse plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. La broderie montre ensuite Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d'Édouard.

tapisserie : mort d'Harold
La mort du roi Harold le 14 octobre 1066 – scène 57.

La broderie contient la représentation d'une comète, identifiée à la comète de Halley visible en Angleterre à la fin d'avril 1066. Cette identification est entièrement justifiée car le motif figurant la comète est placé, sur cette frise, à une date compatible avec celle du phénomène astronomique. Cette représentation figure, en effet, entre la scène du couronnement de Harold (janvier 1066) et l'annonce qui lui est faite d'une menace d'invasion par la flotte normande dont le regroupement s'effectue dès le début août 1066 à l'embouchure de la Dives et dans les ports environnants[14]. Baudry de Bourgueil parle longuement de cet événement qui correspond tout à fait à la tapisserie, à l'image de ce qu'en disent d'autres lettrés de l'époque[15] :

« Nous l'avons observée plus de dix fois, elle brillait plus que toutes les étoiles ; si elle n'avait pas été allongée, elle aurait été comme une autre lune ; elle avait derrière elle une longue chevelure ; les anciens en restent stupéfaits et déclarent qu'elle annonce de grandes choses, les mères se frappent la poitrine, mais on ignore en général ce qu'elle prépare et chacun l'interprète à sa façon. »

Ensuite, sur la broderie, nous voyons les préparatifs de Guillaume pour son invasion de l'Angleterre effectuée dans la nuit du 27 au  ; puis des images de la bataille d'Hastings du 14 octobre. À ce sujet, on a longtemps cru que Harold y était représenté mourant d'une flèche dans l'œil, mais on pense, de nos jours, qu'il y a eu confusion sur la personne, le frère de Harold étant mort d'une flèche dans l'œil.

Les frises[modifier | modifier le code]

tapisserie : fables
La bordure inférieure présente le Corbeau et le Renard et le Loup et l’Agneau – scène 4.
tapisserie : frises
Frises en haut et en bas avec des animaux – scène 19.

Les éléments (animaux fantastiques, sauvages ou domestiques, fables, chevrons) figurant dans les parties hautes et basses de la broderie ne semblent pas avoir de rapport avec le principal récit pour une minorité d'auteurs comme Wolgang Grape ou Carole Hicks. Ainsi, on peut voir par exemple dans la partie basse de la tapisserie une scène du corbeau et du renard d'Ésope reprise par Phèdre qui n'aurait qu'un rôle décoratif. Cependant la grande majorité des spécialistes pense qu'il existe des liens entre les bordures et la bande principale. D. Beirstein et Daniel Terkla en ont fait la démonstration. Mais il y a débat sur le point de vue reflété par les fables. R. Wissolik et D. Bernstein ont interprété ces fables comme un commentaire anglo-saxon d'ordre moral. Pour Bard McNulty ou D. Terkla, il s'agit d'une paraphrase soutenant le point de vue normand. Pour d'autres historiens de l'art, comme Denis Bruna, les dessins (animaux, scènes érotiques, fables...) figurant dans ces frises auraient un effet apotropaïque, c'est-à-dire un rôle de protection ou de porte-bonheur.

Toutefois, à la fin de la broderie, lorsque la bataille entre Guillaume et Harold fait rage (scène 51 et suivantes), les motifs décoratifs de la frise du bas disparaissent[16], et la frise se remplit des cadavres et des boucliers et des armes tombées à terre, comme si ce « débordement » devait traduire la fureur des combats, impossibles à contenir dans la zone du milieu de la tapisserie. Sauf aux scènes 55 et 56 où les archers, qui ont joué un rôle décisif[17] lors de la bataille envahissent la bordure inférieure et dont les flèches se fichent dans les boucliers des saxons[18].

Autres apports[modifier | modifier le code]

La broderie nous apporte une connaissance importante quant à des faits historiques dont nous avons peu de trace par ailleurs[19]. Elle apporte des informations nouvelles sur des éléments de l'expédition de Bretagne, sur le lieu du serment : Bayeux, sur la place des frères de Guillaume dans la conquête ou encore sur Odon, un évêque, participant aux combats (son statut de seigneur féodal l'oblige à prêter assistance à son suzerain, son statut de prélat lui interdit de faire couler le sang, d'où l'usage du bâton comme arme) – sans la tapisserie, nous n'en saurions rien[20]. La présentation de la broderie, sous forme d'images, la rendit tout au long des siècles accessible à tous alors que peu savaient lire.

La broderie est inestimable quant à la connaissance de la vie de l'époque ; d'abord sur les techniques de broderie du XIe siècle, notamment l'apparition de ce qui est nommé depuis le point de Bayeux ; ensuite sur nombre de techniques de l'époque, puisque y apparaissent des constructions de châteaux, de bateaux (la flotte d'invasion de Guillaume). Y figurent aussi des vues de la cour de Guillaume, de l'intérieur du château d'Édouard, à Westminster. Nous y voyons nombre de soldats, ce qui a permis de se faire une meilleure idée de leur équipement. La plupart portaient des broignes – et non des cottes de mailles comme on l'a cru longtemps. On en trouve environ 200 sur le modèle des fantassins, mais impensable pour la cavalerie[21] et surtout fort coûteuses[22],[23]. De même, sont bien visibles des signes distinctifs sur les boucliers, qui ne sont pas des armoiries, ce qui était encore inconnu à cette date[24],[25], mais utile quand les casques recouvrent le visage[24],[25]. Toutefois, les soldats y sont représentés se battant mains nues alors que toutes les autres sources écrites de cette époque font apparaître que les soldats se battaient (et chassaient) presque toujours gantés. On observe également que la coupe de cheveux des protagonistes varie selon leur nationalité : les anglais ont les cheveux courts sur tout le crâne, moustachus, alors que les Normands et la plupart de leurs alliés français ont la nuque et le bas du crâne rasés[24],[26].

Histoire de la tapisserie[modifier | modifier le code]

Vers l'an 1100, un poète français, Baudry abbé de Bourgueil, compose pour Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, un poème dans lequel il décrit une tapisserie faite de soie, d'or et d'argent et représentant la conquête de l'Angleterre[27]. Même si la taille et les matériaux de cette tapisserie montrent qu'il ne s'agit pas de la même tapisserie, même si l'existence de la tapisserie de la comtesse Adèle est mise en doute, il est évident que le poème de Baudry s'inspire soit directement, soit indirectement de la tapisserie de Bayeux. La plus ancienne mention directe de la tapisserie est un inventaire des biens de la cathédrale de Bayeux, dressé en 1476[8], qui en mentionne l'existence et précise qu'elle est suspendue autour de la nef pendant quelques jours chaque été, sans doute du (jour de la fête des Reliques) au (jour de la Dédicace). La coutume persista jusqu'à la Révolution et depuis le XIe siècle probablement[8] :

« Item, une tenture très longue et étroite de toile à broderie, d'images et inscriptions, faisant représentation de la conquête de l'Angleterre, laquelle est tendue autour de la nef de l'église pendant le jour de l'octave de la fête des Reliques. »

En 1562, des religieux, avertis de l'arrivée imminente d'une troupe de Huguenots, mirent à l'abri quelques biens. Ils firent bien, car ceux-ci mirent à sac la cathédrale. D'une notoriété encore très locale, elle ne commença à intéresser des érudits non normands qu'à la fin du XVIIe siècle[28].

La Révolution française faillit marquer la fin de la Tapisserie. En 1792, la France étant menacée d'invasion, des troupes furent levées. Au moment du départ du contingent de Bayeux, on s'avisa qu'un des chariots chargés de l'approvisionnement n'avait pas de bâche. Un participant zélé proposa de découper la tapisserie conservée à la cathédrale pour couvrir le chariot[8]. Prévenu tardivement, le commissaire de police, Lambert Léonard Leforestier, arriva cependant juste à temps pour empêcher cet usage. Il se créa alors une commission artistique qui veilla à la sécurité de l'œuvre pendant la Révolution.

À des fins de propagande contre l'Angleterre qu'il projetait d'envahir, Napoléon la fit venir au Musée du Louvre à Paris en 1804 où elle fut exposée à l'admiration des foules parisiennes. Elle retourna à Bayeux en 1805. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Mme Elisabeth Wardle, femme d'un riche marchand, finança une copie de même taille qui se trouve maintenant en Angleterre[29].

D'avril 1913 à juin 1941, la broderie retrouve Bayeux, où le premier musée de la tapisserie est créé dans l'hôtel du Doyen aux côtés de la bibliothèque municipale de a ville[30].

Le , la tapisserie est transférée à l'abbaye de Mondaye. Elle y est étudiée par des scientifiques allemands dont Herbert Jankuhn, archéologue membre de l'Ahnenerbe. Le 20 août 1941, elle rejoint le château de Sourches dans la Sarthe, où elle demeure jusqu'au , date à laquelle elle est transféré au musée du Louvre sur ordre de l'occupant. Le , les allemands envisagent d'emmener la tapisserie avec eux, ce qui ne se fera pas. La broderie est exposée dans la galerie des primitifs italiens à l'automne 1944, et le 2 mars 1945, elle repart pour Bayeux où elle retrouve l'hôtel du Doyen[30].

Un nouvel aménagement muséographique mettant en valeur la broderie est inauguré le 6 juin 1948. Après une étude de la broderie et des moyens de la conserver, l'ancien grand séminaire de Bayeux accueille le chef-d’œuvre à partir de mars 1983. L'ancien séminaire prend alors le nom de « Centre Guillaume le Conquérant »[30].

Texte latin et traduction[modifier | modifier le code]

Les légendes latines et leur traduction
Nᵒ
du
panneau
Texte latin Traduction
Scènes 1–6 : Voyage d'Harold en Normandie
1 EDVVARD RЄX : Le Roi Édouard
2 VBI : hAROLD DVX : ANGLORVM : ETSVIMILITЄS :- ЄQVITANT :- AD BOS hAM : ЄCCLЄSIÃ Harold, Duc des Anglais et ses soldats chevauchent vers l'église de Bosham.
3 HIC hAROLD :- MARЄ NAVIGAVIT : Ici Harold traverse la mer
4 ET VЄLIS VЄNTO : PLЄNIS VЄ==NIT : INTERRà: VVIDONIS COMITIS Et les voiles gonflées par le vent aborde sur les terres du Comte Guy
5 HAROLD :, Harold
6 hIC : APRЄhЄNDIT : VVIDO : HAROLDṼ[31] : Ici Guy se saisit d'Harold
Scènes 7–17 : Capture d'Harold et rencontre avec Guillaume
7 ЄTDVXIT : EVM ADBЄL RЄM : ET IBI ЄVM : TENVIT : Et l'emmène à Beaurainville et l'y retient
8 VBI : hAROLD: ɭ VVIDO : PARABOLANT : Ici Harold et Guy s'entretiennent
9 VBI : NVNTII : VVILLELMI : DVCIS : VENERVNT : AD VVIDONЄ Où les messagers du Duc Guillaume vont chez Guy
TVROLD Turold
10 NVNTII : VVILLELMI Les messagers de Guillaume
11 †HIC VENIT : NVNTIVS : AD WILGЄLMVM DVCEM Ici un messager vient chez le Duc Guillaume
12 HIC : WIDO : AD DVXIT hAROLDVM ADVVILGЄLMVM : NORMANNORVM : DVCЄM Ici Guy amène Harold à Guillaume Duc des Normands
13 HIC : DVX : VVILGELM :- CVM hAROLDO : VЄNIT - AD PALATIṼ SVṼ Ici le Duc Guillaume arrive en son palais avec Harold
14 VBI : VNVS : CLЄRICVS : ЄT ÆLFGYVA Où un prêtre et Ælfgyva
15 HIC VVILLEM : DVX : ЄT ЄXЄRCITVS : EIVS : VЄNЄRVNT : ADMONTЄ MIChAЄLIS Ici le Duc Guillaume et son armée arrivent au Mont (St) Michel
16 ЄT HIC : TRANSIЄRVNT : FLVMЄN : COSNONIS : Et ici ils traversent le fleuve Couesnon
HIC : hAROLD : DVX : TRAhЄBAT : ЄOS : DЄARЄNA Ici le Duc Harold les tire hors du sable
17 ЄTVЄNЄRVNT AD DOL : ЄT : CONAN :- FVGA VЄR TIT :- RЄDNЄS Et ils arrivent à Dol et Conan s'enfuit à Rennes
Scène 18–24 : Campagne contre Conan en Bretagne ; serment d'Harold
18 hIC MILITЄS VVILLЄLMI : DVCIS : PVGNANT : CONTRA DINANTЄS :- Ici les soldats de Guillaume se battent contre les Dinannais
19 ET : CVNAN : CLAVЄS : PORRЄXIT :- Et Conan leur remet les clefs (de la ville)
20 hIC : VVILLЄLM : DЄDIT : hAROLDO : ARMA Ici Guillaume fait Harold chevalier
21 hIЄ[32] VVILLELM VЄNIT : BAGIAS Ici Guillaume arrive à Bayeux
22 VBI Harold : SACRAMЄNTVM : FECIT :- VVILLELMO DVCI :- Où Harold prête serment au Duc Guillaume
23 hIC HAROLD : DVX :- RЄVERSVS : EST ADANGLICAM : TERRAM :- Ici le Duc Harold retourne en Angleterre
24 ET VЄNIT : AD : EDVVARDVM REGE M :- Et va trouver le Roi Edouard
Scènes 25–34 : La mort du roi Edouard ; couronnement d'Harold
25 hIC PORTA TVR : CORPVS : EADVVARDI : RЄGIS : AD : ЄCCLЄSIAM : SCI PETRI APLÎ Ici la dépouille du Roi Edouard est emmenée à l'église St Pierre l'Apôtre
26 hIC EADVVARDVS : REX INLЄCTO ALLOQVIT : FIDE LES Ici le Roi Edouard sur son lit parle à ses proches
27 ET HIC : DЄFVNCTVS ЄST Et ici il est mort
28 hIC DEDERVNT : hAROLDO : CORO Nà: REGIS Ici ils donnent à Harold la couronne de Roi
29 hIC RЄSIDET hAROLD RЄX AN GLORVM : Ici siège Harold, roi des Anglais
30 STIGANT ARChI EṔS L'archevêque Stigand
31 ISTI MIRANT[33] STELLÃ Ils observent une étoile
32 hAROLD Harold
33 hIC : NAVIS : ANGLI CA : VЄNIT. INTЄR RAM VWILLELMI : DV CIS Ici un navire anglais aborde sur la terre du Duc Guillaume
Scènes 34–43 : Préparatif de l'invasion ; débarquement ; razzia ; banquet
34 HIC : VVILLЄLM DVX : IVSSIT NAVЄS EDI FICARE : Ici le duc donne l'ordre de construire des bateaux
35 hIC TRAhVNT : NAVЄS ADM A RЄ Ici ils tirent les navires à la mer
36 ISTI PORTANT : ARMAS : ADNAVЄS : ЄT hIC TRAhVNT : CARRVM CVMVINO : ETARM IS Ils portent des armes vers les navires et ici ils tirent un chariot avec du vin et des armes
37 †hIC : VVILLELM : DVX INMAGNO : NAVIGIO : MARЄ TRAN SIVIT ET VENIT ADPЄVЄNЄSÆ :- Ici le duc Guillaume traversa la mer sur un grand vaisseau et arrive à Pevensey
38 hIC ЄXЄVNT. CABALLI DENAVIBVS :- Ici les chevaux sortent des navires
39 ЄT hIC : MILITЄS FESTINA VERV NT : hЄSTINGà: VT CIBVM RAPERENTVR : Et ici les soldats se pressent à Hastings en quête de vivres
40 HIC : EST : VVAD ARD : Voici Wadard
41 hIC : COQVI TVR : CARO ET hIC. MINISTRAVЄRVNT MINISTRI Ici on prépare les viandes et ici s'affairent les serviteurs
42 hICFECЄRVNT : PRANDIVM : ET. hIC. EPISCOPVS : CIBṼ : ET : POTṼ : BE NE DICIT. Ici ils préparent le repas et ici l'évêque bénit la nourriture et la boisson
43 ODO : EPS : VVILLEM : ROTBERT :- L'évêque Odon, Guillaume, Robert
Scènes 44–51 : Les travailleurs s'activent à fortifier le camp ; harangue de Guillaume à ses troupes
44 ISTE. IVSSIT. VT FO DERЄTVR : CASTELLVM AD HESTENG CEASTRA Il ordonne d'édifier une fortification autour du camp d'Hastings
45 HIC NVNTIATVM EST : VVILLELM DEHARO LD : Ici on apporte à Guillaume des nouvelles d'Harold
46 hIC DOMVS : INCENDITVR : Ici une maison est incendiée
47 hIC : MILITES : EXIERVNT : DEhESTENGA : ET : VENERVNT AD PRЄLIVM : CONTRA : hAROLDVM : REGЄ Ici les soldats sortent d'Hastings et vont au combat contre le roi Harold
48 HIC : VVILLELM : DVX INTERROGAT : VITAL : SIVI DISSЄT HAROLDI EXER CITṼ Ici le Duc Guillaume demande à Vital s'il a vu l'armée d'Harold
49 ISTE NVNTIAT : HAROLDVM RЄGÊ DEEXERCITV VVILELMI DVCIS Celui-ci renseigne le Roi Harold sur l'armée de Guillaume
50 HIC VVILLELM : DVX ALLOQVITVR : SVIS : MILITIBVS : VT : PREPARARENT SE : VI RILITER ET SAPIENTER : ADPRELIVM : CONTRA : ANGLORVM EXERCITŨ : Ici le Duc Guillaume exhorte ses soldats, à se préparer courageusement et sagement au combat contre l'armée anglaise
Scènes 51–58 : Bataille d'Hasting et mort d'Harold
51 hIC CЄCIDЄRVNT LEVVINE ЄT : GYRD FRATRES : hAROLDI REGIS : Ici meurent Léofwine et Gyrth, frères du Roi Harold
52 hIC CЄCIDERVNT SIMVL : ANGLI ЄT FRANCI : INPRELIO :- Ici Anglais et Français meurent ensemble dans le combat
53 HIC. ODO EṔS BACVLṼ[34] TЄNЄNS CONFOR TAT PVE ROS Ici l'évêque Odon, tenant un bâton, encourage ses enfants
54 hIC EST VVILLELM DVX Voici le Duc Guillaume
55 ETVS[35] Eustache
56 hIC FRANCI PVGNANT ETCЄCI DЄ RVNT QVI ЄRANT : CVM hAROLDO :- Ici les Français combattent et ceux qui étaient avec Harold succombent
57 hIC Harold : REX :- INTERFЄC TVS [: EST ET FVGA : VERTERVNT ANGLI] Ici le roi Harold est tué, [et les Anglais prennent la fuite]

Authenticité[modifier | modifier le code]

En 1990, le Britannique Robert Chenciner, expert en étoffes anciennes, remet en question l'authenticité de la tapisserie de Bayeux. Les brochettes et le barbecue médiéval représentés sur la broderie lui paraissent s'inspirer d'une méthode de cuisson plus orientale que normande : celle-ci ne serait apparue en France qu'au XVIIIe siècle. Pour Chenciner, ce n'est pas l'original mais une reproduction, datant peut-être du XVIIe/XVIIIe siècle voire du XIXe siècle[36],[37]. La théorie de Chenciner sera vigoureusement démentie par Sylvette Lemagnen, conservatrice de la tapisserie, qui la qualifiera de gratuite et d'incongrue, rappelant notamment qu'un texte de 1476 décrit cette œuvre[38].

Postérité[modifier | modifier le code]

Reconstitution historique[modifier | modifier le code]

Une reconstitution grandeur nature de la bataille d'Hastings a été réalisée en octobre 2006[39] à l'occasion du 940e anniversaire de la bataille.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Depuis la publication, en 1969, de l'ouvrage de Gérard BlanchardLa Bande dessinée, histoire des images de la préhistoire à nos jours[40], la tapisserie de Bayeux est régulièrement citée par les historiens et critiques comme ancêtre de la bande dessinée, du cinéma ou du film d'animation.

Cinéma et animation[modifier | modifier le code]

L'historien François de la Bretèque[41] a montré comment elle apparaissait régulièrement, en forme d'hommage, dans les génériques de films à sujet médiéval comme de The Vikings de Richard Fleischer (1956), La Chanson de Roland de Franck Cassenti (1978) ou Robin Hood, Prince of Thieves de Kevin Reinolds (1991). 

Le réalisateur japonais de dessin animé Isao Takahata a appliqué l'analyse filmique au décryptage de certaines de ses séquences dans le cadre d'un ouvrage et d'une exposition présentée en 2011 au Musée de Bayeux[42]

Les liens de la Tapisserie de Bayeux avec le cinéma d'animation ont été étudiés par Jean-Baptiste Garnero et Xavier Kawa-Topor[43], depuis le projet de film d'Émile Cohl La Conquête de l'Angleterre (1937) jusqu'au Fou du roi de Paul Grimault (1988) en passant par Nausicaa d'Hayao Miyazaki (1985).

Une version animée de la tapisserie a été montée dans le cadre du projet d'étudiant du Goldsmiths College par David Newton et Marc Sylvan[44]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • M.-F. Le Clainche, D. Morel, Les Brodeuses de l'Histoire, roman historique, Rennes, Coop Breizh, 2006, ISBN 2-84346-269-X
  • Adrien Goetz, Intrigue à l'anglaise, roman policier historique, Paris, Grasset, avril 2007, ISBN 978-2-246-72391-2

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans Diablo II, plus précisément dans la cathédrale de l'acte I, la tapisserie est reproduite sur un pan du mur[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scènes 51 et suivantes
  2. Le débarquement, scène 38.
  3. Site officiel de la Tapisserie de Bayeux.
  4. « Ancien site officiel de la Tapisserie de Bayeux - Page d'accueil », Ancien site officiel de la tapisserie de Bayeux (consulté le 1 septembre 2011)
  5. Neveux 1995, p. 14 : Les commentaires « permettaient aux spectateurs lettrés de comprendre parfaitement le sens de l'œuvre et de l'expliquer, le cas échéant, aux analphabètes qui constituaient l’immense majorité du public. »
  6. « Les mystères de ses origines - Une broderie du XIe siècle », Site officiel de la tapisserie de Bayeux (consulté en 2011-03-31)
  7. De par sa présentation, sous formes d'images distinctes, on a pu y voir l'ancêtre de la bande dessinée; cependant, le fait que, suivant les spécialistes, il y ait de 30 à 70 images distinctes relativise ce point de vue.
  8. a, b, c, d, e, f et g Neveux 1995, p. 7
  9. a, b et c David R. Bates, « The Character and Career of Odo, Bishop of Bayeux (1049/50-1097) », dans Speculum, vol. 50, no 1 (1975), p. 5.
  10. a, b, c, d, e et f N. P. Brooks, H. E. Walker, « The authority and Interpretation of the Bayeux Tapestry », dans Anglo-Norman Studies I: Proceedings of the Battle Conference 1978, éditeurs R. Allen Brown & Marjorie Chibnall, publié par Boydell & Brewer, 1979, p. 1-34. (ISBN 0851151078).
  11. Musset 2002
  12. George T. Beech, « Was the Bayeux Tapestry made in France ? The Case for St. Florent of Saumur", New York, 2005
  13. Neveux 1995, p. 31
  14. Musset 2002, p. 178 : Musset précise que la comète s'est montrée quatre mois après l'avènement d'Harold. « La scène de la comète n'est donc à sa vraie place chronologique » [...] « La séquence adoptée par l'auteur des cartons est un artifice destiné à rendre plus évidente l'intervention immédiate de la Providence aussitôt après que Harold eut consommé son parjure. »
  15. Musset 2002, p. 176
  16. Neveux 1995, p. 17
  17. Musset 2002, p. 252
  18. Musset 2002, p. 250
  19. Neveux 1995, p. 45
  20. Neveux 1995, p. 42
  21. Musset 2002, p. 46
  22. Un cheval de guerre vaut 30 livres et un haubert (ou cuirasse) 7 livres.
  23. Musset 2002, p. 51
  24. a, b et c Musset 2002, p. 41
  25. a et b Musset 2002, p. 48 précise « anachronique ».
  26. Guillaume de Malmesbury, Gesta regum : « Presque tous dans cette armée [normande] ont l'air de prêtres, car toute leur face et leur deux lèvres sont rasées », alors que les anglais étaient moustachus. Cité par Musset 2002, p. 42
  27. Neveux 1995, p. 10
  28. Entre autres : Nicolas Jean Foucault († 1721), intendant de Normandie ; Antoine Lancelot (1675-1740) de l'Académie royale des Inscriptions et Belles Lettres ; Bernard de Montfaucon (1655-1741), historien et bénédictin, dans les Monuments de la monarchie françaises.
  29. Tout l'historique de la tapisserie est tirée de cette source :
    Andrew Bridgeford (trad. Béatrice Vierne), 1066, l’histoire secrète de la tapisserie de Bayeux, Éditiond du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ (réimpr. 2005) [détail des éditions] (ISBN 2-268-05528-0), p. 386, p. 35–57.
  30. a, b et c Le XXe siècle, site officiel de la tapisserie de Bayeux]
  31. Lire : HAROLDUM.
  32. hIЄ, pour HIC.
  33. "Mirare", forme médiévale pour "mirari", avec le sens de regarder, observer : Spectare, respicere : Du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 406 a et c. : Joh. Demussis Chron. Placent. apud Murator. tom. 16. col. 491 : Qui vult discere bene equitare, respiciat bene dictum recessorem, et ipsum Miret sicut sedet, et stat ad equum.
  34. Lire : Episcopus baculum
  35. Lire : EVSTATIVS. Andrew Bridgeford (trad. Béatrice Vierne), 1066, l’histoire secrète de la tapisserie de Bayeux, Éditiond du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ (réimpr. 2005) [détail des éditions] (ISBN 2-268-05528-0), p. 386, p. 217-218
  36. Article du Los Angeles Times du 10 octobre 1991.
  37. Pierre Bouet, Brian Levy, François Neveux. La tapisserie de Bayeux: l'art de broder l'histoire : actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 1999. Presses universitaires de Caen, 2004.
  38. B. Jacob, M. Minet, Michel Schoonejans. Carrefour 2 - "Querelle de tapisserie". De Boeck, 2002.
  39. Vidéo de la reconstitution sur youtube.com.
  40. Gérard Blanchard, La Bande dessinée, histoire des images de la préhistoire à nos jours, Paris, Marabout,‎
  41. François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Honoré Champion,‎
  42. Isao Takahata, Emakimono et Tapisserie de Bayeux – dessins animés du Moyen Âge. Lecture croisée de trésors nationaux japonais et français,, Bayeux, musée de la Tapisserie,‎
  43. Xavier Kawa-Topor, La Tapisserie de Bayeux et le dessin animé, Nantes, revue 303, n°135 "Tapisseries et tentures",‎ , 96 pages p. (ISBN 979-10-93572-06-2), pp.16-19
  44. Vidéo de l'animation sur youtube.com.
  45. « La tapisserie de Bayeux dans Diablo II », in diablo2.judgehypecom

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Françaises
  • François Neveux, La tapisserie de Bayeux, Paris, Éditions Jean-Paul Gisserot,‎ 1995, 45 p. (ISBN 2-87747-171-3, OCLC 40448792, notice BnF no FRBNF35786216)
  • Pierre Bouet, Brian Levy et François Neveux, La tapisserie de Bayeux : l'art de broder l'histoire : actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 1999, Presses universitaires de Caen,‎ 2004, 428 p. (ISBN 2-84133-160-1, OCLC 56064487, notice BnF no FRBNF39209308)
  • Wolfgang Grape (trad. Valérie Agéma et Patrick Maubert), La Tapisserie de Bayeux : Monument à la gloire des Normands, Munich, Prestel,‎ 1994, 176 p. (ISBN 3-7913-1577-3, OCLC 31390802)
  • Sylvette Lemagnen (Dir.), La tapisserie de Bayeux, une chronique des temps vikings ? (actes du colloque international de Bayeux, 29 et 30 mars 2007), Bonsecours, Point de vues,‎ 2009, 279 p. (ISBN 2915548218, OCLC 495935659)
  • Lucien Musset, La Tapisserie de Bayeux, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, coll. « La voie lactée »,‎ 2002 (éd. rév. et augmentée) (1re éd. 1989), 272 p. (ISBN 2-7369-0281-5, OCLC 422245613, notice BnF no FRBNF38858683)
  • Mogens Rud, La Tapisserie de Bayeux et la bataille de Hastings 1066, Eljers, 2006, 103 pages.
  • David M. Wilson, La Tapisserie de Bayeux, Flammarion 2005, 234 pages
  • H. Chefneux, Les Fables dans la Tapisserie de Bayeux, Romania LX 1934 p. 1-35 et 153-194 (encore d'actualité)
  • Léon Herrmann, Les Fables antiques de la Broderie de Bayeux, Latomus, Bruxelles, 1964
  • De la Rue (abbé), Recherches sur sur la Tapisserie appartenant à la cathédrale de Bayeux, 1824.
  • C. Bolton Recherches et conjectures sur la Tapisserie de Bayeux., Bayeux, 1841.
  • Laffetay, Notice historique et descriptive de la tapisserie de la reine Mathilde. Bayeux, 1873
  • J. Comte, Tapisserie de Bayeux avec planches. Paris , 1878
  • A.Marignan, La Tapisserie de Bayeux, Paris, 1902.
  • A. Leve, La tapisserie de la reine Mathilde, dite la Tapisserie de Bayeux. Paris, 1919.
Anglaises
  • (en) David J. Bernstein, The Mystery of the Bayeux tapestry, Londres / New York, Weidenfeld & Nicolson / University of Chicago Press,‎ 1986, 272 p. (ISBN 0-226-04400-9, OCLC 15053135)
  • (en) Andrew Bridgeford, 1066 : the Hidden History in the Bayeux Tapestry, New York, Harpercollins Publishers,‎ [détail des éditions] (ISBN 1-84115-040-1)
  • (en) Shirley Ann Brown, The Bayeux tapestry : history and bibliography, Woodbridge / Wolfeboro, Boydell Press / Boydell & Brewer,‎ 1988, 186 p. (ISBN 0-85115-509-X, OCLC 17649341, notice BnF no FRBNF35060837)
  • (en) Rouben Charles Cholakian, The Bayeux tapestry and the ethos of war, Delmar (en), Caravan Books,‎ 1998, 122 p. (ISBN 0-88206-090-2, OCLC 38898124, notice BnF no FRBNF37059349)
  • (en) Meredith Clermont-Ferrand, Anglo-Saxon propaganda in the Bayeux tapestry, Lewiston, Edwin Mellen Press, coll. « Studies in French civilization » (no 33),‎ 2004, 153 p. (ISBN 0-7734-6385-2, OCLC 55596684, notice BnF no FRBNF39208392)
  • (en) Richard Gameson, The Study of the Bayeux tapestry, Rochester / Woodbridge, Boydell Press,‎ 1997, 216 p. (ISBN 0-85115-664-9, OCLC 35723701, notice BnF no FRBNF37527697)
  • (en) Charles Harvard Gibbs-Smith, The Bayeux Tapestry, Londres / New York, Phaidon / Praeger,‎ 1973, 16 p. (ISBN 0714815934, OCLC 766259)
  • (en) Suzanne Lewis, The Rhetoric of power in the Bayeux tapestry, Cambridge / New York, Cambridge University Press, coll. « Cambridge studies in new art history and criticism »,‎ 1999, 169 p. (ISBN 0-521-63238-2, OCLC 38016646)
  • (en) Eric Robert Dalrymple Maclagan, The Bayeux tapestry, Londres / New York, Penguin Books, coll. « King Penguin books » (no 10),‎ 1943 (OCLC 1025312)
  • (en) J. Bard McNulty, The narrative art of the Bayeux tapestry master, New York, AMS Press, coll. « AMS studies in the Middle Ages » (no 13),‎ 1989, 151 p. (ISBN 0-404-61443-4, OCLC 17678935, notice BnF no FRBNF35389440)
  • (en) J. Bard McNulty, Visual Meaning in the Bayeux tapestry : problems and solutions in picturing history, Lewiston, Edwin Mellen Press, coll. « Studies in French civilization » (no 28),‎ 2003, 87 p. (ISBN 0-7734-6618-5, OCLC 52728051)
  • (en) Gale R Owen-Crocker (Dir.), King Harold II and the Bayeux Tapestry, Woodbridge / Rochester, Boydell Press, coll. « Publications of the Manchester Centre for Anglo-Saxon Studies » (no 3),‎ 2005, 202 p. (ISBN 1-84383-124-4, OCLC 56617291, notice BnF no FRBNF40030545)
  • (en) Richard David Wissolik, The Bayeux tapestry : a critical, annotated bibliography with cross-references and summary outlines of scholarship 1729-1990, Woodbridge, Eadmer Press, coll. « Scholars' bibliography series » (no 3),‎ 1990, 74 p. (ISBN 0-929914-08-2, OCLC 22863225)
Autres langues

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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