Polder

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Polder près de Neßmersiel en Allemagne.
Image satellite du Flevoland aux Pays-Bas.
Image aérienne du Flevoland aux Pays-Bas.

Un polder est une étendue de terre gagnée sur l'eau, le plus souvent dont le niveau est inférieur à celui de la mer, à partir de marais, estuaires, lacs ou des zones littorales.

La surface à aménager est d'abord entourée de digues. L'eau emprisonnée dans ce périmètre est alors captée par un ensemble de pompes actionnées autrefois par des moulins à vent et, aujourd'hui, par des pompes électriques. Le drainage du terrain est facilité par un réseau d'étiers et de bassins. Même après l'assèchement du polder, les pompes continuent à assurer un niveau minimal d'eau dans ce dernier.

Les Pays-Bas et la Belgique sont souvent associés aux polders, puisqu'une partie de leur surface a été gagnée sur la mer au cours des siècles[1]. De telles zones existent aussi dans le Nord de la France dans la région des Watergangen ou Wateringen (du néerlandais rondes d'eau), près de Dunkerque, et dans la région de Kamouraska, Québec.

Il existe aussi des polders fluviaux, des étendues naturelles dans la zone d'inondation d'un fleuve, aménagées en polder par un système de drainage.

Origines[modifier | modifier le code]

Le mot « polder » littéralement terre endiguée apparaît, pour la première fois, dans une charte de Middelbourg (province de Zélande) en 1219.

Avant que les polders soient directement gagnés sur une étendue d'eau, l'aventure commença d'abord dans les marais : à l'origine et durant la période de basses eaux, ces derniers étaient simplement drainés par des rivières pour les besoins de l'agriculture et la construction (tourbe). Les marais étaient ensuite abandonnés en période de crue. L'affaissement du sol à cause des activités humaines rendant les inondations plus fréquentes, on a commencé par construire des digues de protection isolant le marais de la rivière. Des bassins de drainage furent ajoutés pour, en période de crue, contenir les eaux de pluie et d'infiltration. En période de basses eaux, les bassins se vidaient alors simplement dans la rivière. Le sol continuant à s'affaisser, cette solution était cependant insuffisante.

Les premiers moulins à vent permirent d'obtenir un niveau d'eau plus important dans les bassins de rétention que dans le polder. Le niveau des basses eaux n'étant plus suffisamment bas pour vider les bassins, ceux-ci sont devenus de simples canaux de drainage au moyen de moulins supplémentaires fonctionnant toute l'année.

Les Pays-Bas et les polders[modifier | modifier le code]

Digue près de Delfzijl (Pays-Bas). Sur ces digues, fragiles, composées de sable, les prés sont souvent entretenus à l'aide de moutons.

La superficie totale des Pays-Bas est de 41 526 km2, dont quelque 6 500 km2 de polders soit 15 % du territoire.

L'assèchement progressif était souvent effectué par des pompes actionnées par des moulins à vent, puis la plantation de roseaux ou autres plantes halophiles (c'est-à-dire « aimant le sel », comme la salicorne) permettait d'achever l'assèchement et la désalinisation.

Le premier polder de ce type fut aménagé par Jan A. Leeghwater (1575-1650) à Beemster en Hollande-Septentrionale en 1612.

Parmi les polders des Pays-Bas figurent par exemple Nieuwenhoorn et Watergraafsmeer.

La technologie de construction sur mer développée par les Néerlandais est à la pointe mondiale. Ainsi, c'est un sous-traitant néerlandais qui réalise actuellement les Palm Islands à Dubaï dans le golfe Persique.

En France[modifier | modifier le code]

Carte du BRGM montrant les digues successives à partir de 1258 et le comblement progressif de la Baie d'Authie.
Vue aérienne des polders de la Gironde.

Le point le plus bas du territoire français (-4 m) est situé sur un polder dans une commune de l'arrondissement de Dunkerque nommée Les Moëres (du néerlandais moeren qui signifie marais).

Des espaces importants ont été conquis le long de la côte picarde, par exemple dans la Baie d'Authie[2] qui représente plus de 111 ha[3].

En Picardie, les polders sont appelés renclôtures.

Les autres sites de polders en France se situent le long de la côte Atlantique, avec les nombreux polders de l'île de Ré, Oléron, Noirmoutier[3] et au nord-ouest de l'estuaire de la Gironde.

Au Japon[modifier | modifier le code]

Les terre-pleins littoraux du Japon, appelés umetate-chi, souvent affectés à des utilisations portuaires ou industrielles et que l'on trouve par exemple dans les baies de Tōkyō et d'Ōsaka au cœur de la mégalopole japonaise, ne peuvent pas être appelés polders, ceci pour deux raisons : d'une part ils sont situés au-dessus de la surface de la mer, et d'autre part ne sont pas le résultat d'assèchements mais au contraire de remblaiement avec des matériaux issus soit du dragage de fond des baies (creusement de chenaux de navigation pour navires à fort tirant d'eau) ou de la démolition de collines de l'arrière pays (île de Rokkō à Kobe).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article sur la géographie des Pays-Bas.
  2. Polders du sud de la baie d'Authie sur Inventaire national du Patrimoine naturel
  3. a et b Annales de géographie, vol 115, Ed. A. Colin, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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