Police aux États-Unis

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Voiture de police de l'État de l'Indiana protégeant le Capitole de l'Indiana.

Aux États-Unis, État fédéral, il existe un grand nombre de forces de police distinctes suivant l'échelon territorial (fédéral, État, comté ou municipalité) ou le domaine (enquête, drogue, protection, explosifs, intervention, transports, frontières). On trouve ainsi :

Il existe environ 18 000 services de police aux États-Unis, qui sont compétents au vu de leur texte d'organisation . La compétence est nationale si le service est fédéral. La compétence est limitée au niveau d'un Etat local pour les Etats qui ont un ou plusieurs services de police.La compétence est intervilles ou intercommunale au niveau des unités de police dans chaque comté. La compétence est uniquement communale pour les polices créées par les municipalités[1].

La principale cause de mortalité en service chez les policiers américains est le meurtre par balles.[1]

Municipalités[modifier | modifier le code]

Commissariat de quartier à Seattle.

Il existe environ 14700 unités de police à statut municipal .

Certaines ne peuvent ne comprendre qu'un seul fonctionnaire de police — souvent alors appelé « Town Marshal »[1] - jusqu'à plusieurs milliers pour les grandes métropoles. Le NYPD, la police de la ville de New York, compte ainsi plus de 50 000 agents[1]. Parmi les autres polices importantes, on peut citer : CPD pour Chicago, LAPD pour Los Angeles, SFPD pour San Francisco, BPD pour Boston, DPD pour Détroit, APD pour Atlanta, APD pour Austin, BPD pour Baltimore, SDPD pour San Diego, DPD pour Denver, HPD pour Honolulu.

Les grandes villes peuvent avoir au sein de leur police des départements ou services spécialisés (police routière, lutte contre les stupéfiants, démineurs), le plus connu étant les SWAT, acronyme de Special Weapons And Tactics (« Armes et tactiques spéciales »), chargé d'interventions à haut risques. Dans les années 2010, ces unités spéciales mènent environ 50 000 opérations par an[1]. La police de New York dispose aussi de son service de contre-terrorisme, qui fut créé par le drame du 11 septembre qui collabore régulièrement avec le FBI pour les cas touchant la ville car elle est mieux introduite dans les différents quartiers et communautés[2]

Ces villes peuvent également avoir des services de police pour des lieux dédiés comme la Los Angeles Airport Police, qui dépend du département des aéroports de la ville de Los Angeles et qui n'est pas un service d ela ville de Los Angeles.

Comtés[modifier | modifier le code]

Chaque comté a des activités de police et de gestion de prison locale. Les Etats-Unis comptent plus de 3 000 services de police locale, les "police department " .

Dans les secteurs qui ne sont pas incorporés en municipalités (city, town ou village), principalement dans les zones rurales et ne possédant donc pas de police municipale, ce rôle est alors dévolu au shérif du comté (les États américains sont subdivisés en comtés). Dans chaque comté, le shérif est un fonctionnaire gradé de la police, généralement élu et souvent tous les 4 ans, en même temps que les juges locaux et les gouverneurs. Il est responsable des prisons du comté, des tribunaux civils, et des mesures à prendre pour faire appliquer les lois et règlements. Le bureau du shérif est également chargé d'assurer la police dans les villes qui ne possèdent pas de police municipale. En 2007, on comptait 3 084 shérifs dont 40 femmes[3].

États[modifier | modifier le code]

Policier du New Orleans Police Department, au French Market dans le Vieux carré, illustration datée d'entre 1885 et 1890.

Au niveau des Etats fédérés, il existe souvent une police d'État chargée de faire appliquer les lois locales de l'État qui ont été votés par la Chambre locale des représentants ou le Sénat de chaque Etat : 31 États sur 50 en possèdent une[1]. Elles vont ainsi s'occuper de la police routière ou de délits et de crimes graves ne relevant pas des polices de comté[1].

Elles sont sous l'autorité du gouverneur de l'État[1]. En fonction de l'importance et de la population de l'État, elle peut avoir des services de police spécialisés. Il peut également n'exister que quelques services spécialisés, le reste des fonctions de police dans l'État fédéré étant alors dévolu aux services des police des comtés dirigés par un shériff ou aux polices municipales. Il peut également exister des services de police d'État agissant sur des territoires dédiés (parcs d'État, autoroutes d'État).

Ainsi, le Texas, l'Alaska ou l'Arkansas ont une police d'État, qui sont respectivement la Texas Ranger Division (première police d'État à avoir été créée en 1823[1]), la Division of Alaska State Troopers et l'Arkansas State Police, tandis que la Californie, l'État américain le plus peuplé (39 millions d'habitants), n'a pas une police d'État mais plusieurs services de police spécialisés :

Ceci peut en partie s'expliquer par la présence dans l'État californien d'importantes polices municipales couvrant des villes ou des conurbations importantes comme le Los Angeles Police Department (LAPD) ou le San Francisco Police Department (SFPD), ou des polices spécialisées comme le BART Police (en) qui assure la sécurité du Bay Area Rapid Transit, le réseau de transport de la région de la baie de San Francisco, l'ensemble couvrant une grande partie de la population de Californie.

Dans plusieurs États, certains départements (équivalent de ministères) du pouvoir exécutif ou législatif peuvent aussi avoir leur propre police comme une police du Capitol (en)) qui protège la législature de l'État (parlement), la police de campus (en) pour les campus de l'université d'État, mais aussi des polices pour certains groupes d'hôpitaux importants de l'État, etc.

Certains universités privées importantes ont leur police assermentée. Ainsi, l'université Harvard possède un Harvard University Police Department (en), qui est une agence de police privée mais composée de policiers assermentés comme officiers de police spéciaux de l'État du Massachusetts (sous le chapitre 22C, section 63, des lois générales de cet État)[4]. Cela leur donne tout pouvoir d'arrestation sur tous les lieux possédés ou gérés par l'université[5]. De plus, les policiers de l'université sont aussi assermentés comme sherif adjoint des comtés de Middlesex et de Suffolk, ce qui leur donne le pouvoir d'arrestation sur le territoire des municipalités de Cambridge, Somerville et Boston, où l'université possède des locaux[4].

Le Port Authority of New York and New Jersey (PANYNJ), qui contrôle le port et les aéroports de la ville de New York et des environs et qui est géré conjointement par les deux États de New York et du New Jersey, possède son service de police, l'un des plus importants des États-Unis, le Port Authority of New York and New Jersey Police Department qui assure la police sur les aéroports et les installations portuaires de la ville de New York et ses environs, mais également les ponts et les tunnels (sous la juridiction du PANYNJ).

État fédéral[modifier | modifier le code]

Il existe actuellement environ 90 services de police au niveau fédéral (des Law enforcement agencies) dépendant du gouvernement fédéral des États-Unis. Il peut s'agir d'agence indépendante du gouvernement des États-Unis c'est-à-dire ne dépendant pas d'un département fédéral (équivalent d'un ministère) de la branche exécutive du pouvoir américain ou d'agences fédérales ou de services dépendant de ces mêmes départements. Elles sont chargées de faire respecter les lois fédérales.

Selon le Ministère fédéral de la Justice et son bureau de statistiques, en 2020, 82 agences fédérales emploient des personnels chargés de sécurité publique fédérale et du respect des lois et règlements fédéraux ; ils sont armés et ont le droit d'effectuer des arrestations. Dix-huit de ces agences ont mis sur pied des groupes d'intervention (des "federal tactical team" ou FTT)[6].

Au cours de l'histoire des États-Unis, le rôle du gouvernement fédéral s'est accru, souvent aux dépens du pouvoir des États. Cela s'est traduit par l'apparition de nouvelles agences de police, les federal law enforcement agencies ou de nouvelles structures. Après les attentats du 11 septembre 2001, a été créé un nouveau département, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis, qui a regroupé plusieurs agences ou organismes auparavant dispersés dans d'autres départements. Pour répondre à cette nouvelle menace, a aussi été créé le Federal Air Marshal Service, dont les hommes assurent la sécurité à bord des avions de ligne pendant les vols.

Marquant bien la séparation des pouvoirs aux États-Unis, la police du Capitole, chargée de la sécurité du Capitole et des membres du Congrès des États-Unis et la police de la Cour suprême, responsable de la sécurité du bâtiment et des juges de la plus haute juridiction américaine, dépendent non de départements de la branche exécutive mais respectivement de la branche législative, le Congrès des États-Unis, et de la branche judiciaire, la Cour suprême des États-Unis.

Liste d'agences ou organismes fédéraux de police[modifier | modifier le code]

Forces armées[modifier | modifier le code]

Il existe également au sein des Forces armées des États-Unis différentes forces de police et d'investigation :

Les personnels : du cadet à l'agent spécial[modifier | modifier le code]

La diversité des forces policières aux Etats-Unis signifie qu'il existe de très nombreuses écoles de formation (Police Academy) sur tout le territoire. Il a été décompté par le F.B.I. en 2019 plus de 600 " police academy " pour environ 18 000 services de police dépendant soit des Etats fédérés, soit des comtés ou des villes.

Lors de sa formation initiale au sein d'une école de Police, structure rendue célèbre par la saga des Police Academy, le futur policier est désigné comme un cadet.

Aux États-Unis, tout policier travaillant quotidiennement en uniforme, au sein d'une police municipale (Police Department) prend le nom de Police Officer. S'il travaille pour un bureau du shérif, il est nommé adjoint du Sheriff.

Les enquêteurs, assimilables aux officiers de police judiciaire français, agissant en tenue civile, sont connus comme détective ou inspecteur selon la ville qui les emploie.

Armement courant depuis 1950[modifier | modifier le code]

En 2013, les policiers en uniforme portent quotidiennement des armes de poing, majoritairement chambrées en .40 SW et à platine en double action ou DAO telles que les Beretta 96, Glock 22, HK USP40, SIG P229 ou les Beretta Px4, S&W MP40 et autres Springfield XD :

Un Smith & Wesson Model 5946 (en haut à gauche) face à un Glock 19 et un Sig-Sauer P239 : des armes de poing populaires chez les policiers américains dans les années 1990.
Un Smith & Wesson Chiefs Special (en haut) face à un Colt Detective Special (en bas) : des armes de poing populaires chez les policiers américains.

La fusillade de North Hollywood a mis en évidence le déséquilibre grandissant entre les moyens à la disposition de la police et ceux employés par les criminels. Des documents vidéo de l'incident montraient clairement les balles de la police frappant les suspects avec peu ou pas d'effets, en grande partie en raison des protections portées par les suspects qui pouvaient sans problème arrêter les projectiles en calibre 9 mm et .38 de la police ainsi que les cartouches à grenaille en calibre 12 tirés par les fusils de police embarqués tels les Mossberg 590 ou Remington 11-87. Le LAPD avait alors en dotation le fusil à pompe l'Ithaca M37.

Cette inefficacité des balles de pistolet à traverser les gilets pare-balles des suspects a eu pour effet aux États-Unis d'armer des agents de police sélectionnés avec des carabines de police type AR-15 (des M16 modifiés pour ne pas tirer en rafales) lors des patrouilles. Le choix de ce type d'armes donnait aux premiers intervenants une plus grande capacité à se confronter efficacement et neutraliser éventuellement des suspects fortement armés et protégés.

Pour la seule année 2017, quelque 500 millions d’équipements militaires ont été transférés aux services de police du pays par l’intermédiaire du programme dit « 1033 », instauré en 1996 par Bill Clinton et renforcés par Donald Trump en 2017[7].

Personnes tuées par la police[modifier | modifier le code]

En 2015, plus de 1 110 personnes ont été tuées par les différents services de police aux États-Unis, mais plus de la moitié de ces morts n'ont pas été recensées convenablement par les autorités[8]. Un tel nombre représente une moyenne annuelle rapportée à la population près de 13 fois supérieure à celle observée en France[9].

Selon le chercheur Jesse Jannetta, spécialiste des questions de justice et de police, les violences policières aux États-Unis proviennent notamment de « la latitude des policiers à user la force, d’un point de vue juridique, avec notamment la notion d’« immunité qualifiée » [qui empêche les officiers de police d’être poursuivis pour des actions discrétionnaires dans l’exercice de leurs fonctions]. » La justice a ainsi beaucoup de mal à poursuivre les policiers impliqués dans la mort de citoyens[10].

Critiques[modifier | modifier le code]

L’Union américaine pour les libertés civiles souligne que « les budgets actuels de la police sont énormes, totalisant collectivement plus de 115 milliards de dollars par année. Les dépenses consacrées à la police et au système juridique criminel ont nettement dépassé celles allouées au service des communautés ». Déclarant que selon elle les personnes noires sont incarcérées ou abattues à un taux disproportionné, elle estime que « depuis sa création, la police a été chargée de protéger le pouvoir et les privilèges en exerçant un contrôle social sur les Noirs »[7].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Ces différentes polices sont mises en scènes dans de nombreuses séries télévisées ou films américains avec par exemple :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h collectif, « Les forces de police aux Etats-Unis », America, no 3,‎ , p. 83 (ISBN 9791097365028).
  2. Philippe Coste, « Le FBI face à ses démons », America, no 3,‎ , p. 76 (ISBN 9791097365028).
  3. Le nombre de femmes shérifs aux États-Unis est en hausse, Washington File, 21 novembre 2007
  4. a et b (en) « About » (consulté le 21 avril 2018)
  5. « Section 63 », sur malegislature.gov (consulté le 21 avril 2018)
  6. Philippe Chapleau, « Les équipes tactiques de 16 agences fédérales US déployées lors des troubles de ces derniers mois », sur Ouest-France, (consulté le 15 septembre 2020).
  7. a et b « Gardiens ou gladiateurs, le débat qui ébranle la police états-unienne », sur L'Humanité,
  8. « La majorité des homicides policiers mal recensés aux États-Unis », AFP,‎ (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2017)
  9. Mort de George Floyd : "En France, la police blesse beaucoup, mais elle tue peu" Entretien avec Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales, marianne.fr, 1er juin 2020, Propos recueillis par Paul Conge
  10. « « La police aux Etats-Unis est à l’aise avec l’usage de la force » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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