Temps libre

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Un moment de temps libre dans un café de Tel Aviv donnant sur la Méditerranée.

Le temps libre est le temps dont dispose une personne en dehors des tâches, imposées, consenties ou volontaires mais obligatoires ou nécessaires pour sa vie ou sa survie au sein d'une société, comme la scolarité, les études, le travail, les activités sociales, l'éducation des enfants, les tâches ménagères, les déplacements, les repas ou le sommeil.

Le choix d'une inactivité ou d'une activité durant ce temps libre, lorsqu'il en dispose, appartient en propre à l'individu mais est souvent guidé par la société dans laquelle il vit, société des loisirs, société de consommation, par des critères sociaux, ou par le choix des parents pour les enfants[1].

La frontière entre temps libre et temps contraint n'est pas rigide[2] : une activité professionnelle peut être vécue comme un long otium, une activité associative peut être considérée comme une obligation morale. Le temps libre pour une personne incarcérée est une curieuse antinomie. Le temps libre pour un enfant peut être d'un ennui mortel. Les bourreaux de travail qui ont une activité compulsive au détriment d'autres activités préfèrent travailler plutôt que de s'engager dans des activités de loisirs ou sociales. Les hommes ont généralement plus de temps libre que les femmes. En Europe et aux États-Unis, les hommes adultes ont généralement entre une et neuf heures hebdomadaires de temps libre de plus que les femmes[3].

Le temps libre varie d'une société à une autre. Les anthropologues ont découvert que les chasseurs-cueilleurs ont tendance à disposer de nettement plus de temps libre que les peuples des sociétés plus complexes. Des sociétés en bande (en) comme les Shoshones du Grand Bassin sont apparus comme extraordinairement paresseux aux yeux des colonialistes européens[4].

Pour certaines doctrines politiques le temps libre n'existe pas ou bien il est un leurre : pour l'internationale situationniste par exemple « Il n’y a pas de problème révolutionnaire des loisirs — du vide à combler — mais un problème du temps libre, de la liberté à plein temps[5]. » Pour d'autres il s'agit de l'encadrer comme dans l'Italie fasciste où l'Œuvre nationale du temps libre se chargeait de « soigne[r] l'élévation morale et physique du peuple, à travers le sport, les excursions, le tourisme, l'éducation artistique, la culture populaire, l'assistance sociale, l'hygiène, la santé et le perfectionnement professionnel ». En France un ministère du Temps libre a brièvement existé entre 1981 et 1983.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Erin Hiley Sharp, Linda L. Caldwell, John W. Graham et Ty A. Ridenour: Individual Motivation and Parental Influence on Adolescents’ Experiences of Interest in Free Time: A Longitudinal Examination, Journal of Youth and Adolescence, volume 35, Number 3, p. 340-353, 2006, DOI:10.1007/s10964-006-9045-6
  2. (en) Goodin, Robert E.; Rice, James Mahmud; Bittman, Michael; & Saunders, Peter. (2005). "The time-pressure illusion: Discretionary time vs free time". Social Indicators Research 73(1), 43–70. (JamesMahmudRice.info, "Time pressure" (PDF))
  3. (en) OECD Organisation for Economic Co-operation and Development, Society at a Glance 2009: OE See image at dx.doi.org
  4. (en) Peter Farb, Man's Rise to Civilization As Shown by the Indians of North America from Primeval Times to the Coming of the Industrial State, New York, E.P. Dutton,‎ 1968, p. 28 :

    « La plupart des gens croient que les membres de la bande des Shoshones travaillent sans relâche dans une recherche incessante pour assurer leur subsistance. Cette image est dramatiquement ancrée dans les esprits par les souvenirs d'école : une haute culture émerge seulement lorsqu'un peuple a le loisir de bâtir des pyramides ou de créer de l'art. Le fait est que cette haute civilisation est fébrile, et que les primitifs chasseurs-cueilleurs de nourriture sauvage comme les Shoshones sont parmi les peuples les plus libres de la terre. »

  5. « Sur l’emploi du temps libre », Revue internationale situationniste n°4 (juin 1960), p. 3-5, infokiosques.net

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

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