Diocèse de Maurienne

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Diocèse de Maurienne
(la) Diocesis Maurianensis
Image illustrative de l'article Diocèse de Maurienne
Le cloître de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne
Pays France
Église catholique
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse uni
Création VIe siècle
Affiliation Église catholique en France
Province ecclésiastique Lyon
Siège Archevêché de Chambéry
Diocèses suffragants aucun
Conférence des évêques Conférence des évêques de France
Langue(s) liturgique(s) français
Calendrier grégorien
Site web http://catholique-savoie.cef.fr/
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Maurienne (en latin : Diocesis Maurianensis), parfois dénommé "diocèse de Saint-Jean de Maurienne"[1], est un diocèse de l'Église catholique en France. Érigé au VIe siècle, il est un des diocèses historiques de Savoie. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1825. De 1825 à 1966, il est suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Chambéry. Depuis 1966, le diocèse de Maurienne et celui de Tarentaise sont unis à l'archidiocèse de Chambéry. Depuis 2002, l'archidiocèse de Chambéry n'est plus métropolitain mais suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Lyon et relève de la province ecclésiastique de Lyon.

Province ecclésiastique[modifier | modifier le code]

La circonscription ecclésiastique rattache les vallées de la Maurienne (Arc), de Suse, de Lanz, de Bardonnèche et le Briançonnais[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le siège épiscopal de Maurienne a été fondé du temps de Gontran, petit-fils de Clovis, en 565/574. Son diocèse correspond à la vallée de la Maurienne, la cathédrale est à Saint-Jean-de-Maurienne.

Fondation de l'évêché[modifier | modifier le code]

La cité de Maurienne aurait reçu de sainte Thècle[3], au VIe siècle, des reliques de Jean le Baptiste (trois doigts de la main).

Un le recueil des Sept livres des miracles (Septem libri miraculorum) (livre I, chap. XIV), Grégoire de Tours indique ainsi que ces reliques devaient être transportés de la petite ville de Maurienne vers le siège métropolitain de Turin, dont elle dépendait, sur la demande de l'évêque de Turin, Rufus[4], vers 550. Il semble que le messager eut un accident de parcours, ce qui fut considéré comme un message du ciel et on laissa les reliques dans ce lieu[4]. À la suite de cet événement, Gontran, roi de Bourgogne, élève une cathédrale dédiée à Jean le Baptiste, commençant les travaux vers 561 ou 565[5]. Cet acte marque le début de l'évêché. Au-delà de l'aspect spirituel, Gontran soustrait la vallée à l'autorité de l'évêque de Turin, prenant ainsi le contrôle sur les vallées de Suse et de Briançon. Cette politique lui permet de contrôler les vallées alpines entre son royaume et les territoires lombards, de la plaine du .

Dans cette perspective de substitution, la nouvelle église de Maurienne aurait été consacrée, quelques années plus tard (565 ou 567), non pas par l'évêque de Turin, mais par l'archevêque de Vienne, Saint Isice II ou Saint Philippe. De même que le sacre de Felmase, le premier évêque, le sera au concile de Chalon par ce même évêque, en 579[6]. La ville de Châlons étant la ville de résidence du roi.

Ce diocèse comprenait la vallée de la Maurienne, le val de Suse et la vallée d'Oulx (Val d'Ors) ou haute vallée de Suse (en amont de Suse).

Une bulle du pape Clément III confirme les donations faites par le roi à ce nouvel évêché au XIIe siècle[Note 1].

Évêché[modifier | modifier le code]

L'Empereur Conrad II le Salique ayant ceint la couronne du Royaume de Bourgogne en 1032 se faisait reconnaître dans ses nouvelles possessions, seul l'évêque de Maurienne refuse l'hommage. Commandant des marches de Maurienne, Humbert aux Blanches Mains, prend la ville d'assaut après un long siège et la livre à l'incendie afin de soumettre l'évêque rebelle.

Cela marque l'émergence de la Maison de Savoie avec le premier comte Humbert Ier de Savoie, en Maurienne. En 1038, Humbert reçoit le titre de comte en Maurienne. La même année, à la mort de l'évêque Everard, le diocèse de Maurienne est supprimé et réuni à celui de Turin. Il fut rétabli en 1045, à la suite de la mort de l'évêque de Turin. Saint-Jean-de-Maurienne sera la première nécropole de la Maison de Savoie.

L’évêque contrôle 17 communes (pouvoir de justice, bat monnaie). Par ailleurs, ce contrôle de l’évêché sur son territoire produit une jacquerie - révoltes des Arves - à la fin de l’année 1326. Le palais épiscopal est brûlé avec quelques maisons. L’évêque Aymon d’Hurtières (ou Aymon II de Miolans) se réfugie dans son château. Il doit se résoudre, le 2 février 1327, à signer un traité avec le comte Édouard de Savoie, venu à son secours. À cette occasion, le comte s’arroge le pouvoir temporel sur la Maurienne[7].

En 1597, la vallée de la Maurienne est occupée par les troupes françaises, menées par Lesdiguières. La ville de Saint-Jean est occupée et l'évêque, Philibert François Milliet de Faverges, s'est réfugié dans la capitale ducale, Turin[8]. Envoyé en Espagne par le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, il reprend possession de son évêché en 1598 avant de le fuir à nouveau, à la suite d'une nouvelle occupation du duché de Savoie en 1600. Il résigne son évêché en 1618, devenant Archevêque de Turin jusqu'à sa mort[8].

En 1735, création du séminaire de Saint-Jean-de-Maurienne.

En 1768/69, l’évêque de Maurienne renonce à ses titres et à ses pouvoirs temporels.

Fin de la province[modifier | modifier le code]

En 1792, la Savoie est touchée par le mouvement révolutionnaire français. L'Assemblée des Allobroges se réunit le 22 octobre et confisque les biens du clergé le 26. Le 27, elle abolit les privilèges[9]. La Convention nationale accepte l'annexion de la Savoie, qui devient le 84e département français sous le nom du Mont-Blanc. Chambéry reste chef-lieu, Annecy accueille le siège de l'évêché constitutionnel. Le concordat de 1802 () crée un grand évêché de Chambéry-Genève, confié provisoirement à monseigneur Paget. Cela met fin à l’archevêché de Moûtiers-Tarentaise[10].

Le concordat de 1802 rassemble, avec le titre de Chambéry et Genève, l'ensemble des deux départements savoyards, mettant fin à l’archidiocèse de Saint-Jean-de-Maurienne. De 1803 à 1825, l’évêché de Moûtiers est réuni à celui de Chambéry.

Le 26 avril 1966, une Constitution apostolique de Paul VI[11] unit les diocèses de Chambéry, l’évêché de Moûtiers et celui de Maurienne. Cette Constitution apostolique indique que les diocèses de Tarentaise et de Maurienne sont réunis "aeque principaliter" à l'archidiocèse de Chambéry "de telle sorte qu'il y ait un seul et même évêque à la tête des trois diocèses et qu'il soit en même temps Archevêque de Chambéry, Évêque de Maurienne et Évêque de Tarentaise.

Liste des évêques[modifier | modifier le code]

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pour les dates, voir aussi la chronologie diffusée sur le site de Sabaudia.org, le site des archives départementales de Savoie et Haute-Savoie. Consultez aussi la bibliographie de l'article Histoire de Savoie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date donation diffère du 6 juin 1190. Cité par le cardinal Alexis Billiet et l'abbé J. Albrieux, in Chartes du diocèse de Maurienne. Documents recueillis, p. 40, 1861, et du 16 octobre 1184, toujours selon Mgr Billiet, dans un texte publié Mémoires sur les premiers évêques du diocèse de Maurienne tiré des mémoires de l'académie de Savoie de 1861.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom du diocèse est "Maurienne". Comme la cathédrale est dans la ville de Saint-Jean de Maurienne, le diocèse est parfois appelé "diocèse de Saint-Jean de Maurienne".
  2. Louis Comby, Histoire des Savoyards, éd. Nathan, coll. « Dossiers de l’Histoire », (ISSN 0154-9499), p. 14.
  3. Louis Comby, Histoire des Savoyards, éd. Nathan, coll. « Dossiers de l’Histoire », (ISSN 0154-9499), p. 14, « Une riche chrétienne de Valloire (partie) quérir, sur les conseils de trois moines irlandais, à Alexandrie d'Égypte ».
  4. a et b Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Paris, Éditions Beauchesne, , 299 p. (ISSN 0336-0539), p. 13.
  5. Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé, , 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5, lire en ligne), p. 19-23.
  6. Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé, , 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5, lire en ligne), p. 24.
  7. (fr) Pierre Dompnier, « Page 6 « La Jacquerie des Arves » », www.sabaudia.org (consulté le 22 août 2012) - in Dossier « La Moyenne Maurienne » . Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.
  8. a et b Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Paris, Éditions Beauchesne, , 299 p. (ISSN 0336-0539), p. 87.
  9. Christian Sorrel et Corinne Townley, La Savoie, la France et la Révolution. Repères et échos 1789-1799, Chambéry, Cundéra, , 380 p. (ISBN 978-2-86677-053-2), p. 217.
  10. André Palluel-Guillard, L'Aigle et la Croix. Genève et la Savoie 1798-1815, Chambéry, éditions Cabédita, (ISBN 978-2-88295-260-8 et 2-88295-260-0, LCCN 2002380608), p. 326.
  11. CHAMBERIENSIS ET ALIARUM sur vatican.va.