Archidiocèse de Bourges
| Archidiocèse de Bourges (la) Archidioecesis Bituricensis | ||
La cathédrale Saint-Étienne de Bourges | ||
| Informations générales | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Affiliation | Église catholique en France | |
| Archevêque | Sylvain Bataille | |
| Langue(s) liturgique(s) | Français | |
| Superficie | 14 020 km2 | |
| Création du diocèse | IIIe siècle | |
| Élévation au rang d'archidiocèse | IIIe siècle | |
| Patron | Saint Ursin | |
| Province ecclésiastique | Tours | |
| Diocèses suffragants | aucun | |
| Site web | Site officiel | |
| Statistiques | ||
| Population | 533 000 hab. (2022) | |
| Population catholique | 500 000 fidèles (2022) | |
| Pourcentage de catholiques | 93,8 % | |
| Nombre de paroisses | 58 | |
| Nombre de prêtres | 85 | |
| Nombre de diacres | 18 | |
| Nombre de religieux | 49 | |
| Nombre de religieuses | 111 | |
Localisation du diocèse | ||
| (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org | ||
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L’archidiocèse de Bourges (en latin : Archidioecesis Bituricensis) est un archidiocèse de l'Église catholique en France. Depuis le , l'archevêque est Sylvain Bataille.
Histoire
[modifier | modifier le code]Il a été érigé dès le IIIe siècle. L'autorité métropolitaine de Bourges[1] sur l'Aquitaine est admise à la fin du Ve siècle[2]; déjà en 630, Didier, évêque de Cahors (629-654), appelait « patriarche » Sulpice, évêque de Bourges (624-644)[3]; en 786, Ermembert de Bourges, métropolitain, devenait le premier archevêque de son siège en recevant le pallium[4]. Chardon en tirait la conclusion que « la première église qui ait été honorée de la dignité primatiale proprement dite, après les deux anciennes d’Occident, je veux dire celle de Rome et celle de Carthage, est celle de Bourges », supposant que l'archevêque « prit occasion de l’érection de sa ville en capitale du royaume d’Aquitaine pour s’attribuer le droit de primauté sur les provinces de Bordeaux, d’Auch et même de Narbonne »[5]. Dans une lettre (vers 864/867) du pape Nicolas Ier à l'archevêque Raoul, Radulf ou Rodolphe (840-866), le siège de Bourges est qualifié de patriarcat, mais sa juridiction sur Narbonne est réduite à néant[6]. Il s’agit, selon toute apparence, d’un faux[7],[8], sans grandes conséquences immédiates : on sait que Vulfade (866-876) reçut le pallium ()[9], mais guère plus. On constate dans la première moitié du XIe siècle une utilisation diffuse du titre de primat pour désigner l'archevêque de Bourges, par exemple dans une lettre d'Oliba, évêque de Vich (1017-1046), à Gauzlin (1013-1030)[10]. Les premières attestations officielles du titre de primat, de la part d'archevêques de Bourges, sont : un sceau déjà en usage sous Richard II (1071-1093)[11] le titre de primas Bituricensis arboré par Audebert de Montmorillon (1093-1097) en 1095, dans une transaction entre le chapitre de Limoges et l'abbaye de Déols[12], l'épitaphe et le sceau de l'archevêque Léger (1099-1120)[13], les souscriptions dans les actes officiels, où le titre de primat d'Aquitaine apparut à partir du [14]. Rome reconnut cette primatie, d'abord de façon très vague (bulles de 1112[15] et de 1126[16]), puis en confirmant explicitement la primatie de Bourges sur Bordeaux : bulles d'Eugène III ()[17], d’Alexandre III ()[18], de Lucius III ()[19], d’Urbain III ()[20] et de Célestin III ()[21]. Dans les Assemblées générales du Clergé de France, le titulaire de Bourges se nommait « Archevêque, Patriarche de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1582, 1585, 1588)[22] ; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1584, 1595, 1598, 1600, 1602, 1608, 1610, 1625, 1645)[23]; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1655, 1681, 1685, 1693, 1695, 1700, 1705, 1710, 1713, 1715, 1730, 1735, 1742, 1750)[24] ; « Patriarche-Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1755, 1765, 1775)[25]. On trouve les titres de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitanorum primas » dans l'épitaphe d'Anne de Lévis de Ventadour (1649-1662)[26] et de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitaniarum primas » dans l'épitaphe de Michel II Poncet de La Rivière (1675-1677)[27]. Mais ces prétentions rencontrèrent l'hostilité des archevêques de Bordeaux, contraignant Rome à multiplier les rappels à l'ordre: le encore, Grégoire IX tenta de fixer « les relations juridiques entre le primat d’Aquitaine et son subordonné l’archevêque de Bordeaux »[28]. Mais Bordeaux ne se soumit pas et obtgint son indépendance en 1305. Avec le Concordat de 1801, le diocèse de Bourges fut, comme tous les autres, « annul[é], supprim[é] et étein[t] à perpétuité » puis « érig[é] sous une nouvelle forme »[29], ce qui mettait un terme à sa primatie et son très incertain patriarcat. Après la Restauration, les archevêques Jean-Marie Cliquet de Fontenay (1820-1824)[30], Guillaume-Aubin de Villèle (1824-1841)[31], Charles-Amable de La Tour d'Auvergne-Lauragais (1861-1879)[32], Martin-Jérôme Izart (1916-1934)[33], Joseph-Charles Lefèbvre (1943-1969)[34], portèrent le double titre de patriarche et de primat, qui n'est plus en usage aujourd'hui.
Diocèses suffragants médiévaux
[modifier | modifier le code]L'archevêché de Bourges comptait depuis l'époque de sa création sept diocèses suffragants : Albi, Cahors, Clermont, Limoges, Mende, Le Puy et Rodez.
Le nombre de suffragants de l'archidiocèse de Bourges fut porté à onze en 1317 lors de la création des diocèses de Castres, Saint-Flour, Tulle et Vabres par démembrement d'Albi, Clermont, Limoges et Rodez respectivement.
Par la bulle Triumphans Pastor Æternus du , le pape Innocent XI érigea l'évêché d'Albi en archevêché métropolitain avec pour diocèses suffragants ceux de Cahors, Castres, Mende, Rodez et Vabres. Dès lors, l'archidiocèse de Bourges eut pour seuls diocèses suffragants ceux de Clermont, Limoges, Le Puy, Saint-Flour et Tulle. Ce découpage demeura inchangé jusqu'à la Révolution française.
Les archevêques de Bourges
[modifier | modifier le code]Évêques originaires de l’archidiocèse de Bourges
[modifier | modifier le code]- François Jacolin, évêque de Mende, puis de Luçon
- François Kalist, évêque de Limoges, puis archevêque de Clermont
- Jean-Christophe Lagleize, évêque de Valence puis de Metz
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-Philippe Goudot (préf. Pierrette Paravy), Primats, t. I : Origines et géographie, Paris, L'Harmattan, , 576 p. (ISBN 978-2-336-40275-8, présentation en ligne), p. 193-210.
.
- ↑ Jacques Péricard, Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3, , p. 292.
- ↑ Alfred Leroux, « La primatie de Bourges », Annales du Midi, vol. 7, no 26, , p. 145 (ISSN 0003-4398, DOI 10.3406/anami.1895.6638, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ A. Fliche et V. Martin, Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours, t. VI, Paris, , p. 80-81.
- ↑ M.C. Chardon, Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été célébrés et administrés dans l’Église, et de l’usage qu’on en a fait depuis le temps des Apôtres jusqu’à présent, Paris 1745, in Migne, J.-P., éd., Theologiæ : cursus completus ex tractatibus omnium perfectissimis ubique habitis, XX, Paris 1840, p. 951-952.
- ↑ Louis de Lacger, « La primatie d'Aquitaine du VIIIe au XIVe siècle », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 23, no 98, , p. 32 (DOI 10.3406/rhef.1937.2791, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Alfred Leroux, « La primatie de Bourges », Annales du Midi, vol. 7, no 26, , p. 152 (ISSN 0003-4398, DOI 10.3406/anami.1895.6638, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Georges Pariset, « L’établissement de la primatie de Bourges », Annales du Midi, t. 14, no 54, , p. 147 (DOI 10.3406/anami.1902.3520).
- ↑ Philipp Jaffé et Paul Ewald, Regesta pontificum Romanorum, vol. I, p. 369, n°2902.
- ↑ Jacques Péricard, Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3, , p. 331.
- ↑ A. Gandilhon, « 2. Bourges (Diocèse) », dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, vol. X, Paris, , col. 198.
- ↑ Jacques Péricard, Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3, , p. 336.
- ↑ Fabrice Delivré, « Aux fondements de la juridiction du primat-patriarche de Bourges dans la province ecclésiastique de Narbonne : genèse, transmission et usages d’une lettre interpolée du pape Nicolas Ier (XIe – XVe siècle) », dans J. Chiffoleau (dir.), Les justices d’Église dans le Midi (XIe – XVe siècle), Toulouse, coll. « Cahiers de Fanjeaux » (no 42), , p. 421.
- ↑ Fabrice Delivré, « Aux fondements de la juridiction du primat-patriarche de Bourges dans la province ecclésiastique de Narbonne : genèse, transmission et usages d’une lettre interpolée du pape Nicolas Ier (XIe – XVe siècle) », dans J. Chiffoleau (dir.), Les justices d’Église dans le Midi (XIe – XVe siècle), Toulouse, coll. « Cahiers de Fanjeaux » (no 42), , p. 420-421.
- ↑ François Villard, « Primatie des Gaules et réforme grégorienne. », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 149, no 2, , p. 430 (ISSN 0373-6237, DOI 10.3406/bec.1991.450622, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. I, p. 771, n°6623.
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. II, p. 31, n°8883.
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. II, p. 313, n°12921.
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. II, p. 460, n°14969.
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. II, p. 523, n°15932.
- ↑ Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta pontificum Romanorum, vol. II, p. 595, n°16946.
- ↑ Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1767, p. 232-278 ; VIII/1, Paris 1778, (3e supplément), p. 78.
- ↑ Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1767, p. 250, 522, 632, 663, 684, 782 ; II, Paris 1768, p. 2, 390-391 ; III, Paris 1769, p. 114.
- ↑ Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, IV, Paris 1770, p. 21 ; V, Paris 1772, p. 367, 560 ; VI, Paris 1774, p. 9, 87, 328, 726, 990, 1249, 1320 ; VII, Paris 1775, p. 882.1321.1792 ; VIII/1, Paris 1778, p. 227.
- ↑ Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, VIII/1, Paris 1778, p. 431 ; VIII/2, Paris 1778, p. 1138, 2071-2072.
- ↑ D. Denis de Sainte-Marthe, Gallia Christiana, vol. II, Paris, , p. 108.
- ↑ D. Denis de Sainte-Marthe, Gallia Christiana, vol. II, Paris, , p. 109.
- ↑ Louis de Lacger, « La primatie d'Aquitaine du VIIIe au XIVe siècle », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 23, no 98, , p. 42 (DOI 10.3406/rhef.1937.2791, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Bulletin des lois de la République Française, 3e série, VI, Paris, , p. 773 et 776-777.
- ↑ Cf. Paroissien complet à l'usage du diocèse de Bourges, imprimé par ordre et sous la surveillance de Mgr Jean-Marie de Fontenay, Patriarche, Archevêque de Bourges, et Primat des Aquitaines, 1821).
- ↑ Cf. Heures du Diocèse de Bourges, Nouvelle édition, réimprimée avec la permission de Mgr Guillaume-Aubin de Villèle, Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines, Pair de France. Pour être seules en usage dans son Diocèse, .
- ↑ Mandement de Mgr l’Archevêque de Bourges au sujet de la formation d'une Université catholique à Paris, .
- ↑ Statuts synodaux du diocèse de Bourges, promulgués par S. G. Mgr Martin Jérôme Izart, archevêque de Bourges, patriarche et primat des Aquitaines (1924).
- ↑ Statuts synodaux du diocèse de Bourges, promulgués par S.E. Mgr Joseph Lefebvre, archevêque de Bourges, Patriarche et Primat des Aquitaines, .
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Hugues Du Tems, « Bourges », dans Le Clergé de France, ou Tableau historique et chronologique des archevêques, évêques, abbés, abbesses et chefs des chapitres principaux du royaume, depuis la fondation des églises jusqu'à nos jours, t. 3, Paris, Chez Brunet, (lire en ligne), p. 1-120
- Hugues Du Tems, « Pièces justificatives. Histoires de Bourges et de ses suffragants », dans Le Clergé de France, ou Tableau historique et chronologique des archevêques, évêques, abbés, abbesses et chefs des chapitres principaux du royaume, depuis la fondation des églises jusqu'à nos jours, t. 3, Paris, Chez Brunet, (lire en ligne), p. 87-112
- Alfred Leroux, « La primatie de Bourges », dans Annales du Midi, 1895, 7e année, no 26, p. 141-154 (lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des archevêques de Bourges
- Liste des églises du Cher
- Liste des chapelles du Cher
- Liste des églises de l'Indre
- Liste des chapelles de l'Indre
- Circonscriptions catholiques françaises depuis 2002
- Église catholique en France
Liens externes
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- Site officiel
- Ressources relatives à la religion :
