Scherwiller

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Scherwiller
La chapelle Saint-Wolfgang de 1698.
La chapelle Saint-Wolfgang de 1698.
Blason de Scherwiller
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Sélestat
Intercommunalité C.C. de Sélestat
Maire
Mandat
Olivier Sohler
2014-2020
Code postal 67750
Code commune 67445
Démographie
Population
municipale
3 074 hab. (2011)
Densité 170 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 18″ N 7° 25′ 07″ E / 48.28833333, 7.4186111148° 17′ 18″ Nord 7° 25′ 07″ Est / 48.28833333, 7.41861111  
Altitude Min. 168 m – Max. 532 m
Superficie 18,08 km2
Localisation

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Site web Site officiel

Scherwiller est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Scherwiller vu depuis le vignoble.

La commune se situe à la fois sur la route des vins et sur la véloroute du vignoble d'Alsace (EuroVelo 5) à une altitude de 185 mètres. Elle se trouve au débouché des vallées de Sainte-Marie-aux-Mines à l'est, et de Villé au nord, à cinq kilomètres à l’ouest de Sélestat, en Alsace centrale et à 3,5 km de Châtenois vers le sud. La commune fait partie du canton de Sélestat et de l'arrondissement de Sélestat-Erstein. Les habitants sont nommés les Scherwillerois. Son nom est mentionné de bonne heure sous la forme de Sceravillare ou Scerwiller, désignant le hameau sur les bords de la Scheer, nom donné autrefois à la rivière qui traverse le village, devenue aujourd'hui l'Aubach. Scherwiller est implantée au carrefour de deux voies romaines importantes, sur l'axe ouest-est, la route du sel venant de la vallée de Villé et sur l'axe nord-sud sur une route romaine dont on peut encore admirer deux bornes milliaires repérables sur la commune même. Cette situation stratégique explique la présence du château de l'Ortenbourg au cours du XIIe siècle. Situé en plein cœur de l'Alsace, le village est bâti au centre d'un vignoble de 300 hectares, s'étendant sur des coteaux en contrebas des prestigieux châteaux de l'Ortenbourg et du Ramstein.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

  • L'Aubach

Toponymie[modifier | modifier le code]

Scherveiller (1793), Scherwiler (1801)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Scherwiller en alsacien, Scherviller en roman, est un domaine entre plaine alsacienne et rebord de la montagne vosgienne, d'abord à la confluence de la voie romaine de piémont venant de Châtenois ou de Dambach et de divers chemins gallo-romaines. Probablement reconstruit au cours du Bas-Empire et préservé par les habitants de Sélestat, un diverticule de la voie salinaria a promu Scherviller à l'époque carolingienne en nœud de communication.

À la croisée des chemins entre vallées et piémont alsacien[modifier | modifier le code]

Le site de Scherwiller est occupé depuis des temps lointains, peut-être depuis la fin de l'époque néolithique. À l’époque romaine, la voie du piémont passe par le ban communal. Au moment où les Romains investissent l'Alsace et les terres de la Gaule chevelue, c'est-à-dire après 80-90, les légions construisent une voie rectiligne, une via salinatorum, qui relie Rhinau à Grand, traverse la montagne vosgienne par Etival, Saint-Blaise, emprunte le plateau du Ban-de-Sapt, Saales, et au delà du col de Steige, le Val de Villé. C'est une voie du sel qui apporte sur l'Ill et le Rhin le salaire en nature des légionnaires[2].

De nombreuses voies romaines ont été ainsi édifiées à travers la Gaule vers les Germanies. La voie qui nous intéresse franchit vers l'orient le territoire leuque pour apporter le sel marin au limes des bords du Rhin. De l'an 100 à 160, de nombreux diverticules ont été élaborés pour favoriser les jonctions avec les voies de piémont. Ils subiront des réfections discriminantes au Bas-Empire. Parmi ceux-ci en aval de Villé, une voie de Thanvillé à Scherwiller se prolonge vers Sélestat et un axe en plaine rattrape Rhinau par Ebersmunster. Schervillé, idéalement placé, sort de l'oubli à l'époque carolingienne et commence à se développer.

Les tronçons ou diverticules préservés, ayant capté le trafic, deviennent mille ans plus tard une banale route d'échange empruntée par les marchands lorrains et alsaciens. On observe encore il y a moins de deux siècles leurs tracés rectilignes ou des coupes de gigantesques chaussée dans les Vosges[3]. Le tracé de la vieille route de Scherwiller à Thanvillé est connu. Non loin de l'ancienne route, des monnaies, des débris de tuiles et de la poterie romaine ont été mis au jour. Deux bornes milliaires subsistent, une sur l'axe nord-sud de la route du sel venant du Val de Villé et une au sud sur la route romaine de piémont[4]. La route actuelle de Villé à Saales par Steige emprunte grosso modo l'ancien axe romain.

Au débouché de la voie des Saulniers[modifier | modifier le code]

Quelques érudits lui ont attribué le nom de Chaussée des Sarmates, lisant fort mal en sarmatorum des copistes qui écrivaient strata salinatorum[5] Les diplômes des souverains, la charte du roi mérovingien d'Austrasie Childéric II, attribuant le ban à Gondelbert ou à ses émules, datés de 661 et les chartes du roi de Germanie Henri IV en 949[6]. Après 1250, la voie s'appelle en ancien français la route des Saulniers ou voie des Saulniers : elle était surtout fréquentée par les marchands qui échangent les diverses denrées selon les saisons et les années entre Alsace et Lorraine. Le bétail sur pied, les grains, le sel extraits des salines du Saulnois lorrain, mais aussi des pierres et divers minerais proviennent souvent de l'ouest. Raon-l'Étape fondé au treizième siècle par le duc de Lorraine happe une grande part du trafic vers la vallée de la Meurthe. De nombreuses productions végétales, en premier lieu le vin et des variétés de bleds et de fruits, ainsi qu'une foule de produits d'industrie manufacturière proviennent d'Alsace.

Cette situation stratégique au débouché de la plaine d'Alsace engendre dès les troubles carolingiens la reconstruction d'un château de l'Ortenbourg, à l'emplacement probable d'un petit castrum de surveillance. La famille guerrière des Ortenberg contribue à sécuriser la voie et vers l'an mil obtient la reconnaissance de fiefs qui forment ultérieurement la seigneurie du Villé. Le château associé à cette seigneurie est reconstruit au XIIe siècle, puis puissamment rénové ensuite.

Première mention du village[modifier | modifier le code]

La première mention de Scherwiller date de l’année 817 sous le nom de Scerewilare. Louis le Pieux l'évoque dans un diplôme confirmatoire des biens de l’abbaye d’Ebersmunster. Scerwillare réapparaît en 1031, puis Scerewilre à l'époque où les biens publics et fiscaux sont à nouveau confirmés à l'abbaye d'Ebersmunster, puis est écrit Scherweilare en 1064 lorsqu'ils sont transférés au monastère d'Ottmarsheim et enfin Scherevillere en 1183. Entretemps, ces biens de plus en plus disputés sont passés en 1120 à l'abbaye de Hugshoffen, puis à celle de Hirsau en 1167.

Que peut en déduire l'historien ? Scheerwiller est un petit domaine sur les bords de la Scheer. Nous savons que la rivière qui traverse le village, l'Aubach est la Scheer des anciens habitants. Le paysage est-il le même ? Il existe un vignoble de coteau. La première trace écrite concernant le vignoble remonte à l'année 888. L'impératrice Sainte Richarde offre la dîme de la récolte des vignes au couvent de Gegenbach en Allemagne. Scherwiller possède une cour colongère, c'est une terre domaniale à l'impératrice fondatrice de l'abbaye d'Andlau. Elle appartiendra aux abbesses d'Andlau qui sont donc les premiers seigneurs connus de Scherwiller.

D'après la légende, Sainte Odile aurait passé sa jeunesse à Scherwiller. La chronique d'Ebersmunster, probablement romancée qu'une hagiographie, raconte que deux frères de noble race possédaient des terres dans la région. Ils font entre eux un partage: l'un donne sa part à l'abbaye de Moyenmoutier, l'autre cède sa part à l'abbaye d'Ebersmunster. Ces biens étaient considérables, ils s'étendaient de Stotzheim à Kintzheim et Scherwiller[7]. Ce partage fait ressortir l'omniprésence de la voie de Saulniers en l'an mil, alors que les deux grandes entités administratives sont Moyenmoutier, puissamment restauré après 965 par les moines de Gorze et Ebersmunster. Toutefois, face au acteurs politiques de terrain, ces riches entités religieuses subissent une perte d'hégémonie en s'émancipant partiellement du pouvoir saxon.

En l'an 1000 le comte d'Ortenberg, Hermann, fonde l'abbaye de Honcourt ou Hugshoffen, dans le Val de Villé. Ses hommes contrôlent et possèdent une bonne partie de la région. Ces guerriers protecteurs de la voie qu'ils observent depuis leurs châteaux en délèguent l'administration aux moines, suscitant la rivalité et la crainte d'Ebersmunster et de Moyenmoutier.

Un domaine de la seigneurie de Villé[modifier | modifier le code]

Les possessions des Ortenberg et de ses hommes, à l'origine de la seigneurie du Willer ou Villé, intègrent :

  • les villages situés sur la rive gauche de la Scher, Scherwiller, Dieffenthal, sous l'Ortenburg ;
  • une grande partie du Val de Villé ;
  • les villages outremont de Ranrupt, Salsey ou Salzée, Stampemont ou Stemberg[8] ;
  • le château de Bourg[9] ;
  • Saales, bourg de relais pour les marchands lorrains[10] ;
  • Colroy.
Château de l'Ortenbourg vu depuis la sortie ouest de Scherwiller.

Entre 1262 et le XIVe siècle, le village appartient à la famille des Habsbourg, héritière de facto des Ortenberg pour leur seigneurie du Villé. Plusieurs abbayes et monastères parmi lesquels dominent Munster au XVIe siècle, conservent des droits, des biens temporels et possessions issus de donations dans la commune.

Deux paroisses créées au XIIIe siècle existent à cette époque dans le village :

  • la chapelle Sainte-Odile dépend du chapitre cathédral. La légende de sainte Odile tend à affirmer son antériorité, vraisemblable pour un historien, qui ne cherche plus le subterfuge d'une présence ou apparition de sainte Odile ;
  • l'église saint Pierre et Paul de l'abbaye de Honcourt ou Hugshoffen, édifiée en 1258.

Le village n’a jamais été entouré d’un rempart. Une petite forteresse a existé, dans le village même, comme semble l’attester l’ancien nom de la rue Joffre qui s’appelait Turmgasse ou rue de la Tour. La situation géographique du village située sur un axe très important lui vaut à plusieurs reprises d'être mêlé à des conflits sanglants. Le village est incendié en 1262 par les troupes mercenaires de l'évêque de Strasbourg puis détruit en 1370 par Jean de Lorraine lors du passage des Bourguignons.

Du XVIe siècle au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

1525 est une date importante dans l’histoire de Scherwiller. Lors de la Guerre des Paysans allemands, une bataille opposa les Rustauds d’Alsace au duc de Lorraine : Antoine de Lorraine. La bataille se déroula sur le ban communal de Scherwiller, au lieu-dit Kreftzen, le 20 mai 1525 et fit plus de 5 000 morts. Les deux paroisses seront réunies en 1528. La bataille de Scherwiller s'inscrit dans un contexte de révoltes de paysans, et fait suite, à la révolte du Bundschuh en 1493, qui concerna toute l'Alsace moyenne et dont les chefs furent issus de communes voisines de Scherwiller : Hans Ulmann de Sélestat et Jacques Hanser de Blienschwiller.

En 1632, lors de la guerre de Trente Ans, le village fut dévasté par les Suédois. Le village prit son essor au XVIIIe siècle. De nombreuses maisons, qui existent encore aujourd’hui, datent de cette époque.

Le XIXe siècle fut le siècle d’or de Scherwiller. Le village était très prospère et bénéficia de l’industrialisation de la vallée de Sainte Marie-aux-Mines. Scherwiller comptait vers 1860, deux usines de tissage, deux tuileries, une usine de carton et papier ainsi que plusieurs fours à chaux.

En octobre 1870, pendant le siège de la place-forte de Sélestat, le village accueillit des soldats prussiens. Il n’y eut aucun dégât à Scherwiller. Après le traité de Francfort du 10 mai 1871, le village fut annexé à l’empire allemand, comme le reste de l’Alsace-Moselle.

À la fin du XIXe siècle, le village était très riche, il comptait alors près de 2400 habitants. Une nouvelle église fut même édifiée en 1899-1900, car l’ancienne était devenue trop exiguë.

De 1900 à 1939[modifier | modifier le code]

Vers 1900, l’usine de tissage installée près de la gare employait environ un quart de la population active du village. En 1908, l’empereur Guillaume II passa par le village, lors d’une de ses visites au château du Haut-Kœnigsbourg, tout proche. Lors de la Première Guerre mondiale, le village perdit 51 de ses fils mais aucun dégât ne fut à déplorer. Le 17 novembre 1918, Scherwiller redevint française.

Le 10 août 1911, Scherwiller fut le théâtre d'un gigantesque incendie. Le feu se répandit avec rapidité des deux côtés de la rue de l'Ortenbourg et de Dambach-la-Ville. Le mois d'août étant un mois très sec, les granges étaient remplies de paille, ce qui a pu déclencher le feu chez le voiturier Ernest Sonntag communiquant ainsi l'incendie à toute la rue. Des renforts venus de Thanvillé, de Châtenois et d'Ebersheim et un détachement du 8e bataillon de chasseurs de Sélestat furent sollicités pour éteindre l'incendie. L'incendie fit périr de nombreuses volailles. Les dégâts s’élevèrent à 150 000 marks.

Dans les années 1930, le village était assez prospère. En 1935, un grand projet avait vu le jour : la réalisation de la canalisation d’eau potable.

Les habitants vivaient essentiellement de la culture de la terre : blé, pommes de terre, tabac et vignes étaient les principales activités agricoles. Certains possédaient également des animaux d’élevages comme des poules, des lapins, des cochons, des vaches…

D'autres habitants travaillaient dans le secteur textile : soit à l’usine textile de Scherwiller soit aux filatures de Sélestat. En 1936, les grèves du Front populaire avaient touché l’usine textile de Scherwiller, qui venait d’être rachetée par M. Kientz, originaire de Muttersholtz.

De nombreux commerces existaient dans le village. Il y avait donc : 8 restaurants ou cafés, 6 boulangeries, 6 épiceries, 4 boucheries, 4 tailleurs, 3 cordonniers, 2 entreprises de camionneurs, une entreprise de vente de vin en gros, une entreprise de maçons, un cinéma, plusieurs couturières…

Le village était déjà situé dans la zone d’attraction de Sélestat. On allait à la ville pour y faire des achats plus importants et pour certains divertissements (concerts, spectacles, cinéma…). La gestion du village était assurée, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, par le maire Joseph Bleger, en fonction depuis les élections municipales de 1925.

Kientzville[modifier | modifier le code]

Kientzville[11] est un écart de Scherwiller qui se situe à un kilomètre au nord de la commune. Kientzville est longée par la ligne de chemin de fer reliant Sélestat à Strasbourg. Il y a environ 600 habitants (2008). À Kientzville on trouve une école (CP, CE1) grâce à un regroupement scolaire avec Scherwiller et Diffenthal, et une chapelle où une fois par mois une messe est célébrée.

Robert Kientz est avant tout connu pour la création de la cité destinée aux ouvriers de son usine : Kientzville qui fut fondée en 1947. Il fut l’un des premiers en France à œuvrer après la Seconde Guerre mondiale dans le domaine des logements ouvriers.

Les premiers chalets de Kientzville avaient été livrés à partir du mois de mars 1947. Les travaux se déroulaient sous la direction de Kientz lui-même et de son architecte Charles-Gustave Stoskopf, prix de Rome. La construction était assurée par des prisonniers de guerre allemands dont l’effectif atteignait presque 200 hommes. Le premier pavillon fut achevé le 3 avril 1947. À la fin de l’année 1947, Kientzville comptait 40 maisons, 107 habitants et 51 enfants.

De nombreuses installations virent le jour à Kientzville : une école primaire, un stade de football, un lac artificiel, un hôtel-restaurant, une chapelle et même un aérodrome où 9 avions vinrent atterrir en 1951. Après avoir fait construire 45 chalets, Kientz éprouva de grandes difficultés financières liées à la crise du textile. De nombreux chalets furent vendus dès 1952 et par la suite, l’ensemble de la cité de Kientzville devint propriété de la commune de Scherwiller, excepté un terrain de 25 hectares, situé à l’est du nouveau village.

En 1956, Kientzville comptait 44 chalets en bois et 10 maisons en « dur », avec une population de 300 habitants. Depuis, la cité est devenue une annexe de Scherwiller.

Aujourd'hui, le lac, l’hôtel-restaurant, l’aérodrome ont disparu mais il subsiste toujours un cadre de vie agréable, sentiment partagé par tous les habitants de Kientzville, qui avait été voulu par le fondateur.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Scherwiller

Les armes de Scherwiller se blasonnent ainsi :
« D'argent aux trois cerfs de sable. »[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1957 Honoré Haag    
1957 1977 Alphonse Haag    
1977 1989 Emile Barthel    
1989 1995 Joseph Boesch    
1995 2008 Émile Barthel    
mars 2008 en cours André Boesch[13]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 074 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 209 2 129 2 330 2 534 2 631 2 711 2 651 2 823 2 836
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
2 757 2 844 3 009 2 746 2 628 2 559 2 494 2 401 2 336
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 386 2 438 2 411 2 123 2 162 2 144 2 104 2 046 2 205
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 269 2 300 2 368 2 382 2 278 2 614 2 958 3 074 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Corps de garde du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Corps de garde du XVIIIe siècle.

Corps de garde du XVIIIe siècle, puis école de filles entre 1853 et 1861. Le bâtiment sert ensuite de corps de garde pour l'appariteur. Depuis 1973, cette maison abrite l'office de tourisme de Scherwiller. Décor sculpté en feuille d'acanthe et emblème de tonnelier. Maison classée Monument historique depuis 1924 appelé depuis 2003 "Corps de garde Xavier Weber (1904 - 1995), ancien adjoint au maire"[15], [16].

Église Saint-Pierre et Saint-Paul[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1899).

Église bâtie en 1898-1899 ; édifice, vitraux et mobilier néogothique - Orgue Rickenbach[17], [18].

La reconstruction de l'église paroissiale Saint Pierre et Saint Paul s'est déroulée en 1898-99, elle est de style néogothique. Ce nouvel édifice remplace l'ancien sanctuaire de 1725 dégradé et devenu trop exiguë. Cette construction monumentale, mais sobre dans sa conception, impressionne. Le clocher-porche, paré d'un beau grès rose et couvert d'ardoises bleutées, s'élance vers le ciel. L'intérieur avec ses vitraux denses et lumineux et son mobilier soigné constitue un bel ensemble de ce style néogothique[19], [20].

Chapelle Saint-Wolfgang[modifier | modifier le code]

Chapelle se trouvant entre les routes de Sélestat et du Giessen à Scherwiller construite en 1698. Le chœur polygonal, présente une fente gothique, murée, et représente la partie la plus intéressante de cette chapelle. La toiture comprend des tuiles canal. La nef a été détruite au cours de la guerre de Trente Ans, puis a été reconstruite au XVIIe siècle. À l'intérieur de la chapelle se trouve une statue de Saint Jean l'évangéliste et Marie en sabots. Cette chapelle renfermait autrefois une Vierge des Sept douleurs remontant à la fin du XVIIe siècle. La chapelle fut endommagée par la foudre en 1899 puis restaurée la même année. L'autel est de style baroque[21].

Chapelle Sainte-Odile[modifier | modifier le code]

Chapelle Sainte-Odile.
Intérieur de la chapelle Sainte-Odile.
Plaque en marbre commémorant la donation de la chapelle Sainte-Odile à la commune de Scherwiller.

La chapelle Sainte-Odile a été reconstruite du temps où le chapitre de la cathédrale de Strasbourg était le maître de Scherwiller. Elle était située sur l'emplacement d'une ancienne chapelle dont l'origine remonte à 1118 dédiée en l'honneur de la patronne de l'Alsace. En 1298 cette chapelle servait de paroisse et était desservie par un vicaire. D'après la légende, Sainte Odile aurait séjourné à Scherwiller, dont sa nourrice était originaire. Lieu de pèlerinage très important, elle l'est encore au XVIIIe siècle. Elle conserve une relique de la sainte offerte le 4 mai 1836, provenant de sa tombe et transportée en procession depuis le Mont Sainte-Odile le 13 décembre 1836. On peut voir dans la chapelle, à l'arrière de la grille, à gauche de l'entrée, une peinture sur toile représentant l'enfant Jésus blotti contre sa mère. Sur le mur est fixé, une plaque en marbre commémorant la donation de la chapelle à la commune de Scherwiller. En avant de la grille, à droite on aperçoit un tableau signé Carola Sorg, qui raconte l'histoire de Sainte-Odile : une servante emportant dans ses bras la petite Odile pour l'éloigner de son père, le duc Adalric (encore appelé Attic ou Etichon). Il voulait la tuer pour cause de cécité, elle retrouva la vue lors de son baptême. La légende raconte que la servante l'emmena à Scherwiller dans la maison d'un meunier. Dans le bas du tableau à droite, est représenté le moulin d'accueil, et en haut à droite figure le château de la Hohenbourg résidence du duc et futur monastère du Mont Sainte-Odile. À gauche, fixés au mur, un homme dans un brasier, il s'agirait du duc Etichon dans les flammes du purgatoire. Saint Christophe avec l'Enfant Jésus, Saint François d'Assise et un grand Christ en croix. Au-dessus des autels latéraux deux statues de facture récente à gauche la Vierge à l'Enfant, à droite Saint Joseph. Dans le chœur, l'autel primitif en grès des Vosges, habillé d'une structure baroque en bois, on aperçoit un reliquaire de sainte Odile. Au centre la patronne de l'Alsace tient dans ses mains la crosse d'abbesse et le livre représentant des yeux. Au sommet de l'autel se trouve la sainte famille. L'Enfant Jésus et quelques autres statues ont disparu. C'est pour éviter toutes ces disparitions et permettre malgré tout une ouverture journalière de la chapelle, qu'une grille verrouillée a été installée. Le 20 mai 1525, durant la bataille des Rustauds, les soldats du duc Antoine de Lorraine mirent le feu à la localité de Scherwiller, car les paysans révoltés avaient établi un observatoire sur l'église Saint-Pierre. Les deux sanctuaires devinrent, comme les autres bâtiments, la proie des flammes. Après ces évènements tragiques, l'église paroissiale fut reconstruite en 1528. L'église Sainte-Odile, ne se releva que péniblement de ses cendres. Les deux paroisses furent réunies et les droits de patronage exercés à tour de rôle par l'abbaye de Honcourt et le Grand Chapitre de Strasbourg. D'après Philippe André Grandidier, la chapelle Sainte-Odile était encore au XVIIIe siècle un lieu de pèlerinage très fréquenté. Durant la Révolution française, la chapelle et son domaine furent en 1792 déclarés biens nationaux et vendus. La chapelle fut achetée par le Docteur Stauch qui la légua à son gendre, le baron du Perreux. Bien que rendu au culte à partir de 1807, le sanctuaire resta privé jusqu'à la mort du baron le 3 février 1852. Les héritiers, le vicomte et le baron de Beaufranchet offrirent la chapelle le 16 février 1853 à la commune de Scherwiller, sous réserve de faire célébrer annuellement le 3 février une messe pour le repos des âmes des donateurs. Dans les relevés du conseil municipal du 22 août 1853 présidé par François Xavier Guntz on y lit qu'il accepte la donation[22].

Chapelle du Taennelkreuz (1906)[modifier | modifier le code]

Chapelle du Taennelkreuz
La nef de la chapelle du Taennelkreuz

Cette chapelle a été érigée en 1905, à l'emplacement même d'un ancien site de pèlerinage représentant la croix miraculeuse du XIXe siècle qui attire de nombreux pèlerins. Le conseil de fabrique décide en conséquence en 1902, d'acheter le terrain de 36 m² et d'y construire une chapelle. Cette chapelle est soigneusement entretenue grâce à des pieuses mains. Cette élévation paisible et panoramique, en plein vignoble, est un lieu très prisé des habitants de Scherwiller. La chapelle dédiée à la Sainte Croix est consacrée le 23 septembre 1906. sa conception est cruciforme et son style néogothique. Son portail ogival est tourné vers Scherwiller[23].

Synagogue[modifier | modifier le code]

Une première synagogue avait été édifiée à Scherwiller, à l’emplacement de la synagogue actuelle. Le bâtiment actuel, situé à côté de la maison du « Rabbin », dans la rue du Giessen, a été édifié en 1861-62.

Il s’agit d’un bâtiment de 19,90 mètres d’est en ouest et de 9,25 mètres nord-sud.

Les hommes entraient dans la synagogue, par la porte ouest, très belle porte en bois mouluré. Au-dessus de la porte, une inscription en hébreu : « Voici la porte de Dieu où entrent les justes et prépare toi à entrer dans l’antichambre. » En franchissant la porte d’entrée, il y avait un vestibule sur la droite, petit local destiné à se purifier avant de pénétrer dans le sanctuaire. Une petite fontaine en pierre y était installée.

Les femmes accédaient au sanctuaire par la porte latérale nord d’où une cage d’escalier sur la gauche leur permettait d’accéder aux tribunes du premier étage, réservées aux femmes.

Puis venait la grande salle basse de la synagogue, composée de rangées de bancs réservés aux hommes. Au fond, du côté Est, se trouvaient les Rouleaux Sacrées et le mobilier du culte.

Les murs sud et nord sont découpés par 12 grandes fenêtres d’aspect très sobre. La hauteur du bâtiment est de 13,50 mètres, du niveau du sol, jusqu’à la poutre faîtière. L’extérieur du bâtiment est lui aussi très sobre, on dirait une maison d’habitation. Les Juifs n’aimaient pas avoir de grands temples car ils craignaient une réaction de la population.

À la veille de la 2e Guerre Mondiale, la communauté israélite se composait encore d’une quarantaine de personnes. Beaucoup avaient choisi de s’installer à la ville et avaient quitté Scherwiller. Il n’y avait plus de rabbin résidant à Scherwiller, les offices étaient assurés par le rabbin de Sélestat ou par un ministre officiant issu de la communauté scherwilleroise. Les Allemands arrivèrent le 18 juin 1940 à Scherwiller. Le 15 juillet 1940, toute la communauté israélite fut expulsée du village, en direction du sud de la France. La Synagogue fut fermée à la mi-septembre 1940 car il ne restait plus un seul Israélite au village. Les Allemands ont détruit tout le mobilier de culte, les rouleaux sacrés furent brûlés. La Synagogue fut transformée en lieu de détention pour des prisonniers polonais.

En 1945, la Synagogue se trouvait dans un triste état, tout était dévasté et détruit à l’intérieur de l’édifice. Elle resta plus ou moins en fonctions jusqu’à sa vente à la commune de Scherwiller en 1962. Il ne restait plus que 12 personnes de confession juive en 1962 : 5 hommes, 3 femmes et 4 enfants. Les frais de fonctionnement ne pouvaient plus être assurés. Elle fut transformée en dépôt d’incendie en 1964 et subsiste jusqu’à nos jours dans cette fonction. En 1985, le dernier vestige du sanctuaire, la tribune des femmes, fut démontée Synagogue de Scherwiller durant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1986, le bâtiment de la synagogue, ainsi que la maison attenante dite du «Rabbin » sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques[24], [25], [26].

Pont de la route du sel[modifier | modifier le code]

Ce pont se trouve sur la route nommée "Chaussée des Saulniers" qui passait par Scherwiller et qui est empruntée dès le 18e siècle pour transporter le sel. La piste transfrontalière de Villé à Elzach emprunte un tracé beaucoup plus ancien entre Scherwiller et Thanvillé : il s’agit de l’ancienne route du Sel, permettant d’acheminer cette denrée essentielle des Salines de Lorraine de l’autre côté du Rhin, par le gué de Schœnau. Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, cette route fait l’objet de travaux importants. Elle est élargie et rectifiée, et des ponts-aqueducs enjambant les différents ruisseaux sont construits. Quatre d’entre eux, parfaitement appareillés, sont encore intacts[27], [28], [29], [30], [31], [32], [33], [34] .

Borne milliaire[modifier | modifier le code]

En longeant les anciennes voies romaines on peut apercevoir des bornes qui sont réparties tous les milles romains, c'est-à-dire tous les 1 481,50 mètres ou toutes les lieues romaines (2 222 mètres). Certaines bornes portent des inscriptions, d'autres sont anépigraphes. Il n'existe plus que six bornes milliaires qui sont de forme cylindrique. Les bornes de Scherwiller sont connues sous le nom de Steinerne Saule c'est-à-dire la colonne de pierre[35].

Châteaux[modifier | modifier le code]

L'Ortenbourg

Cet imposant château, également appelé Ortenberg, se situe à 443 mètres d'altitude et domine de son allure majestueuse l'entrée du Val de Villé. Il fut certainement édifié vers 1258 par les seigneurs de Hohenberg pour le compte de leur beau-frère Rodolphe de Habsbourg. En 1291, la garde de l'Ortenbourg est confiée à l'évêque de Strasbourg Conrad de Lichtenberg. Cible du conflit qui opposait les Habsbourg à Adolphe de Nassau, empereur du Saint-Empire, le bailli impérial Othon d'Ochsenstein met le siège au château en 1293. Le siège traîne en longueur et les pertes chez les assaillants sont nombreuses car le castel est bien défendu par une puissante garnison épiscopale. De cette époque date la construction du Ramstein, château de siège destiné à en découdre avec son voisin, ce qui fut chose faite la même année. L'Ortenbourg reviendra cependant aux Habsbourg en 1298. Mais, étant financièrement sur le déclin, ils se résignèrent à le vendre à Henri de Mullenheim en 1314. Le castel restera dans le giron de ces derniers pendant les deux cents ans à venir.

Vers le milieu du XVe siècle, le château est devenu un repaire de brigands et malgré le siège mené par l'évêque de Strasbourg en 1461 les exactions ne cessent aucunement. Finalement, c'est Pierre de Hagenbach, bailli du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui viendra y mettre bon ordre en s'emparant du château en 1470 pour une courte durée cependant. Fort de l'appui des troupes de la ville et de l'évêque de Strasbourg, Philippe de Mullenheim récupère ses droits en 1471. En 1525, les paysans révoltés lors de la guerre des Rustauds seront massacrés sans pitié au pied du château. L'Ortenbourg changera encore de main en 1551 pour échoir à Nicolas de Bollwiller. Les troupes suédoises prennent sans effort la place en 1632 mais seront surpris lors d'une attaque menée par des paysans fidèles au pouvoir impérial et le château sera démantelé en 1633. La ruine sera successivement attribuée aux Fugger d'Augsbourg, aux nobles de Zurlauben (1681), à la famille Choiseul-Meuse (1710) et au barons de Faviers (1812). Il est devenu propriété communale depuis 1920.

D'un plan polygonal, l'Ortenbourg a été construit sur une arête rocheuse d'une longueur de 130 mètres. Du côté de l'attaque, un fossé artificiel a été creusé afin d'en améliorer sa protection. L'imposant donjon pentagonal s'élève à une hauteur de 32 mètres mais pour seulement 4 mètres de largeur intérieure. En arrivant au château, on remarquera également du côté du donjon l'imposant mur bouclier d'une hauteur de 17 mètres. À l'intérieur du château, il ne subsiste que de rares vestiges des écuries et des communs ainsi que les fenêtres en arc brisé du logis seigneurial. Cependant, sa taille imposante et son architecture militaire du XIIIe siècle en font une des ruines les plus intéressantes à visiter en Alsace[36].

Le Ramstein

Construit vers 1293 pour servir de base arrière quand Adolphe de Nassau attaqua le château de l'Ortenbourg, il est d'une taille bien moindre que son voisin. Même si ses ruines sont moins bien conservées, les deux châteaux ont été simultanément classés monuments historiques en 1924.

Construit par Otton Ochenstein dans son assaut contre l'Ortenbourg, alors propriété des Habsbourg, il n'est à l'origine qu'une simple tour. Devenu vrai château par la suite, il subit les mêmes destructions que l'Ortenbourg quand les Suédois ravagent la région en 1633. Il n'en reste que la muraille extérieure et deux tourelles[37].

Son état de délabrement ne permet pas la visite, mais la ruine est visible des murs du château de l'Ortenbourg[38].

Communauté d'Emmaüs[modifier | modifier le code]

Alumnat Sainte Odile[modifier | modifier le code]

Établissement d'enseignement par les pères assomptionnistes.

Le 16 mars 1920, les 364 ares ont été reçus en donation par le Révérend Père Césaire Kayser de la part des époux Meyer pour les religieux assomptionnistes ; ils veulent créer une 30e maison pour la formation de prêtres et religieux et c’est le 16 septembre 1920 que les 18 premiers élèves alsaciens sont accueillis. La Chapelle Ste-Odile est construite en 1923 et bénie par Mgr Ruch. Entre 1923 et 1927, un nouveau bâtiment a été construit vers l'est du domaine et entre 1932 et 1934, un autre bâtiment vit le jour du côté Ouest.

Pendant la Seconde Guerre mondiale la maison fut fermée, elle fut occupée successivement par les vieillards de l’hôpital de Sélestat, puis après la défaite de 1940, par un bataillon du Génie allemand, une école de jeunes géomètres, puis à la Libération, les troupes alliées y ont campé. Les blessés de la poche de Colmar furent soignés dans l’hôpital de campagne installé dans certaines salles.

Le 23 septembre 1945, l’Alumnat rouvrait ses portes à 27 élèves. Le village participait à l'existence de l'établissement scolaire par la présence de nombreux habitants lors des fêtes de fins d’année ou aux offices religieux. 700 élèves et 23 prêtres sont passés par ces lieux avant de continuer leurs études supérieures ailleurs. L'établissement a fermé ses portes en juin 1978 par manque de jeunes souhaitant devenir prêtres.

En 1983, une communauté Emmaüs s’installe à l’Alumnat ; c’est aussi l’année où l’Abbé Pierre visite ces lieux et porte ses encouragements à la toute jeune communauté. Celle-ci y résidera durant une dizaine d’années avant de s’installer dans les locaux de l’ancienne usine Kientz.

En 1998, la commune de Scherwiller achète le domaine ; la nouvelle école maternelle est aménagée dans une annexe réhabilitée et depuis novembre 2000, l’accueil de toutes les classes se fait à l’Alumnat.

Au cours des mois de juillet-août 2008, les bâtiments composant l’Alumnat Sainte-Odile ont été démolis. Procédant par étapes successives, toits, charpentes, murs intérieurs et plafonds ont été démontés durant de longues journées. C’est à l’aide d’une grue spéciale armée d'une pince que les murs extérieurs sont tombés petit à petit. Le tri de chaque matériau a été réalisé au fur et à mesure de l’avancée des travaux : La chapelle a été conservée et en partie rénovée et reste ainsi le dernier témoin de l’Alumnat Sainte-Odile à Scherwiller.

Aujourd’hui, après le retrait des fondations, le terrain est prêt à accueillir la future maison de retraite qui sera équipée de 46 lits dont une unité spéciale de 12 lits pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Les travaux de l'EHPAD ont été achevés et cet établissement à ouvert ses portes aux premiers résidents à compter du mois de mai 2011.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Robert Kientz (° 1907 – † 1967), « créateur » de la cité de Kientzville en 1946.

Robert Kientz, fils des époux Emile Kientz et Marie-Anne Schandené, a vu le jour le 15 juin 1907, à Muttersholtz. Il était un élève doué et sérieux et fit ses études primaires à Matzenheim. Après un baccalauréat commercial à Strasbourg, il fit un stage de deux ans à la banque du Rhin à Sélestat. Cette banque se trouvait dans les locaux de l’actuelle banque CIAL, à Sélestat. Dans les années 1930, il fit son service militaire à Oran, en Algérie. À son retour en Alsace, il se lança dans les affaires en reprenant l’usine textile de son père.

Le 30 avril 1934, il se maria avec Mlle Adèle Beysang (1913 - 1993), originaire de Guémar. De cette union sont issus quatre enfants : - Christiane, née en 1942 à Strasbourg et décédée quelques jours après sa naissance. - Sylvia, née le 29 juillet 1943 à Colmar. Elle a épousé M. Gilles Jeanpierre (1940-2004), médecin militaire, le 2 juillet 1965. De ce mariage sont issus trois enfants : Igor né le 22 juillet 1966 à Sélestat, Agnès et Yves nés le 14 avril 1970 à Rabat, au Maroc. - André, né le 14 août 1946 à Colmar. Il a épousé Mlle Michèle Meyer (née le 17 juin 1949), le 7 octobre 1972. Il est huissier de justice à Sainte-Marie-aux-Mines. - Maximin, né le 13 novembre 1949 à Colmar. Il tient un tabac à Sélestat.

M. Kientz est avant tout connu pour la création de la cité destinée aux ouvriers de son usine : KIENTZVILLE qui fut fondée en 1947. Il fut l’un des premiers patrons en France à œuvrer dans le domaine des logements ouvriers, après guerre. Les premiers chalets de Kientzville avait été livrés à partir du mois de mars 1947. Les travaux se déroulaient sous la direction de M. Kientz lui-même et de l’architecte renommé : Gustave Stoskopf. La construction était assurée par des prisonniers de guerre allemands dont l’effectif atteignait presque 200 hommes. Le premier pavillon fut achevé le 3 avril 1947. Fin 1947, Kientzville comptait 40 maisons, 107 habitants et 51 enfants. De nombreuses installations virent le jour à Kientzville : une école primaire, un stade de football, un lac artificiel, un hôtel-restaurant, une chapelle et même un aérodrome où 9 avions vinrent atterrir en 1951. Après avoir fait construire 45 chalets, M. Kientz éprouva de grandes difficultés financières liées à la crise du textile. De nombreux chalets furent vendus dès 1952 et par la suite, l’ensemble de la cité de Kientzville devint propriété de la commune de Scherwiller, exceptée un terrain de 25 hectares, situé à l’est du nouveau village. En 1956, Kientzville comptait 44 chalets en bois et 10 maisons en « dur », avec une population de 300 habitants. Depuis, la cité est devenue une annexe de Scherwiller. Le lac, l’hôtel-restaurant, l’aérodrome ont disparu mais il subsiste toujours un cadre de vie agréable, sentiment partagé par tous les habitants de Kientzville, qui avait été voulu par le fondateur : Robert Kientz.

Robert Kientz, fut également organiste et directeur des chorales de Bindernheim, Muttersholtz, Baldenheim et Kientzville. Il devint, en 1960, président d’honneur de l’association des Chefs de Musique de l’arrondissement de Sélestat. Il faisait également partie du syndicat d’initiative de Châtenois-Scherwiller et avait été élu conseiller municipal de Scherwiller, au premier tour des élections de 1965. Il décéda subitement en son domicile de Scherwiller, le 27 août 1967, à l’âge de 60 ans. Ses obsèques eurent lieu en l’église paroissiale de Scherwiller, le 31 août 1967. De très nombreuses personnalités y assistèrent. Même le Général De Gaulle adressa ses condoléances à la famille en adressant une lettre manuscrite à Mme Kientz.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Forrer, Robert : L'Alsace romaine, Paris, Ernest Leroux, 1935, 220 pages
  • Grandidier, André, Philippe : Histoire ecclésiastique, militaire, civile, littéraire de la province Alsace, Strasbourg, 1787, Lorenzi & Schulerii, t.1, et Levrault, t.II
  • Gravier, N.F : Histoire de Saint-Dié, Epinal, 1836 (Réédité en 1993 par les Éditions de la Tour Gile)
  • Hautemer, Charles de : Histoire de Strasbourg et de la province d'Alsace, Strasbourg, 1770 (4 volumes)
  • Schoepflin, Jean Daniel : L'Alsace illustrée ou son histoire sous les empereurs d'Allemagne et depuis sa réunion à la France, traduite par L.W. Revenez, Strasbourg, 1949-52, 5 volumes (Volume 5 chez François Perrin, librairie Éditeur, Mulhouse, 1852)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Grandidier, Histoire de l'Alsace, infra
  3. Gravier, Histoire de Saint-Dié, infra, à lire avec prudence sauf pour l'archéologie d'époque
  4. préciser leur localisation s'il vous plaît
  5. Comme les sarmates ont voyagé ou ont été déplacés de façon autoritaire dans la part occidentale de l'Empire Romain en voie de barbarisation continue, les érudits ont trouvé matière à affabulation.
  6. Grandidier, Histoire de l'Alsace, infra
  7. Charte de 1042, reproduite par Schoepflin, qui en nie l'authenticité, Alsatia diplomatica, t.1, p.215
  8. Aujourd'hui hameaux de la commune de Ranrupt
  9. Au-dessus de Bourg-Bruche
  10. Ce dernier village vosgien est aujourd'hui situé dans le Bas-Rhin. En 1871, Saales est annexée par l'Allemagne en vertu du traité de Francfort. Lorsque l'Alsace retourne à la France en 1918, Saales restera alsacienne.
  11. Denis Ritzenthaler, "Anniversaire Il y a soixante ans naissait la cité de Kientzville", L'Alsace, 11 juin 2008.
  12. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  13. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  15. « Notice no IA00124547 », base Mérimée, ministère français de la Culture Mairie, Corps de Garde
  16. « Notice no PA00084972 », base Mérimée, ministère français de la Culture Maison appelée Corps de garde
  17. « Notice no IM67006786 », base Palissy, ministère français de la Culture orgue (grand orgue) de l’église paroissiale Saint-Pierre Saint-Paul
  18. Scherwiller, Sts-Pierre-et-Paul, inventaire de l’orgue de Joseph Rinckenbach, 1921
  19. « Notice no IA00124540 », base Mérimée, ministère français de la Culture Eglise paroissiale Saint-Pierre, Saint-Paul
  20. « Notice no IA00124545 », base Mérimée, ministère français de la Culture Cimetière
  21. « Notice no IA00124541 », base Mérimée, ministère français de la Culture Chapelle Saint-Wolfgang
  22. « Notice no IA00124542 », base Mérimée, ministère français de la Culture Chapelle Sainte-Odile
  23. « Notice no IA00124574 », base Mérimée, ministère français de la Culture Chapelle du Taennelkreuz
  24. « Notice no IA00124543 », base Mérimée, ministère français de la Culture Synagogue
  25. « Notice no PA00084974 », base Mérimée, ministère français de la Culture Ancienne synagogue
  26. « Notice no PA00084971 », base Mérimée, ministère français de la Culture Immeuble, dit Maison du Rabbin
  27. « Notice no IA00124578 », base Mérimée, ministère français de la Culture 1er pont de la Route du Sel
  28. « Notice no PA00125222 », base Mérimée, ministère français de la Culture Pont numéro 1
  29. « Notice no IA00124579 », base Mérimée, ministère français de la Culture 2e pont de la Route du Sel
  30. « Notice no PA00125223 », base Mérimée, ministère français de la Culture Pont numéro 2
  31. « Notice no IA00124580 », base Mérimée, ministère français de la Culture 3e pont de la Route du Sel
  32. « Notice no PA00125224 », base Mérimée, ministère français de la Culture Pont numéro 3
  33. « Notice no IA00124581 », base Mérimée, ministère français de la Culture 4e pont de la Route du Sel
  34. « Notice no PA00125225 », base Mérimée, ministère français de la Culture Pont numéro 4
  35. « Notice no IM67007506 », base Palissy, ministère français de la Culture borne (borne milliaire)
  36. « Notice no IA00124576 », base Mérimée, ministère français de la Culture Château fort d'Ortenberg
  37. « Notice no IA00124577 », base Mérimée, ministère français de la Culture Château fort de Ramstein
  38. « Notice no PA00084970 », base Mérimée, ministère français de la Culture Ruines des châteaux de Ortenbourg et de Ramstein