Grand (Vosges)

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Grand
Amphithéâtre de Grand
Amphithéâtre de Grand
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau
Canton Neufchâteau
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin de Neufchâteau
Maire
Mandat
Didier Poilpre
2014-2020
Code postal 88350
Code commune 88212
Démographie
Gentilé Grandésinois ou Grandésiniens
Population
municipale
423 hab. (2011)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 23′ 10″ N 5° 29′ 12″ E / 48.3861111111, 5.48666666667 ()48° 23′ 10″ Nord 5° 29′ 12″ Est / 48.3861111111, 5.48666666667 ()  
Altitude 370 m (min. : 331 m) (max. : 443 m)
Superficie 36,59 km2
Localisation

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Grand

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Grand

Grand est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Ses habitants sont appelés les Grandésinois ou plus couramment Grandésiniens.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à 22 km à l'ouest de Neufchâteau, aux confins du département des Vosges, à la limite du département de la Haute-Marne, sur un plateau calcaire entouré de forêts.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la localité est connue. La tradition veut que le village doit son nom au dieu gallo-romain Grannus, surnom d'Apollon pour les Romains. Le village gaulois s'appelle Andesina dans l’Antiquité. Il semble que ce centre gallo-romain au croisement de voies terrestres militaires et commerciales ait pris une importance notable comme en attestent les vestiges d'aménagement hydraulique et de lieux de spectacles, sans commune mesure avec la localité à l'époque moderne. D'autres appellations lui ont été attribuées : Apollogranum, Granum ou Granandesina à l'origine du toponyme actuel. Une hypothèse, au-delà du lieu cultuel, en fait un grand centre militaire sur des viae salinariae ou viae salariae, voies du sel en direction de l'est ou du nord. Les légions romaines auraient choisi ce plateau sec, peu contesté, bien desservi et pouvant être alimenté en eau, à la frontière des anciens peuples gaulois que sont les Lingons, Leuques et autres Tricasses.

Quelques périodes ou dates religieuses sont proposées :

  • 70-140 : Construction supposée d'un sanctuaire gallo-romain qui serait dédié à Apollon-Grannus ;
  • 309 : Visite supposée l'empereur Constantin Ier. Selon la tradition chrétienne, c'est dans le sanctuaire d'Apollon de Granum que Constantin se serait converti au christianisme. Selon les historiens, il y aurait adopté le culte solaire de Sol Invictus, comme le confirment les monnaies qu'il frappe à l'époque, dédiées à SOLI INVICTO ;
  • Octobre 362 : Selon une tradition médiévale, persécution légendaire sous le règne de l'empereur Julien des nombreux enfants de Baccius et Lientrude, couple qui préside aux destinées d'Apollogranum[1]. Ce massacre inclurait plus de deux mille victimes. Parmi celles-ci, le martyre de sainte Libaire, de ses frères Euchaire et Élophe, de ses autres sœurs Menne, Suzanne, Ode, Gontrude ;
  • 1789 : Colmatage de la source miraculeuse de sainte Libaire.

L'essentiel de la redécouverte de ce centre gallo-romain oublié se place dans les deux derniers siècles au plan archéologique.

En 2012, le conseil municipal engage les procédures afin de renommer la commune "Grand-la-Romaine". Le dossier a été déposé en préfecture sans que, après avis du sous-préfet de l'arrondissement de Neufchâteau, la consultation préalable de la population annoncée par le maire ait été organisée (voir les potins du conseil du 15 juin 2012). Le Conseil Général des Vosges, consulté en 2013, a émis un avis favorable. Les autres autorités consultées ne se sont pas encore prononcées. La décision sera prise par décret en Conseil d'État (article L.2111-1 du code général des collectivités territoriales).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Statue équestre de Jupiter (Musée lorrain)
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1971 mars 2001 Guy Lejeune    
mars 2001 mars 2008 François Florion    
mars 2008 mars 2014 Jean-Louis Mongin    
mars 2014 en cours Didier Poilpre    

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Avec Rouvres-en-Xaintois, Aouze et Soulosse-sous-Saint-Élophe, Grand est l'une des quatre communes vosgiennes à avoir manifesté son intérêt pour les investigations conduites par l'ANDRA dans le cadre de la recherche d'un site susceptible d'accueillir un centre d'enfouissement de déchets nucléaires de type FA-VL (Faible Activité Vie Longue). Les deux premières communes se sont désistées.

Le nouveau conseil municipal issu du scrutin de mars 2014 a adopté le 4 juin 2014, à l'unanimité des membres présents et représentés (9), une délibération qui annule la candidature de Grand décidée par l'ancien conseil le 2 juillet 2008.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 423 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 079 1 164 1 174 1 209 1 254 1 300 1 314 1 292 1 244
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 270 1 259 1 195 1 193 1 182 1 130 1 070 974 917
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
821 645 631 635 616 568 581 577 629
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 - -
593 595 540 509 465 459 423 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sanctuaire gallo-romain de Grand.
Article détaillé : Amphithéâtre de Grand.
    • Avec sa capacité de 17 000 places, il se classe parmi les dix plus vastes du monde romain.
    • En 1995, une couverture de gradins en bois a été installée dans un souci de préservation.
  • Une mosaïque de 232 m2 a été dégagée en 1883, une des plus grandes en Europe.
Article détaillé : Mosaïque de Grand.
  • Vestiges de remparts qui entouraient initialement le village (le Pomerium)
  • Église Sainte-Libaire construite sur un site antique (occupé par un temple d'Apollon) entre la fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle, restaurée à la fin du XVIIIe siècle[4].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Grand p. 583
  • Jean-Paul Bertaux, Pierre Deletie, Yves Lemoine, De la truelle ... au radar : 30 années de recherches géophysiques à Grand, Vosges
  • René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine,‎ septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)
    Chapitre X Les espoirs des laboratoires 2 - La prospection géophysique, pp 270-273
  • Thierry Dechezleprêtre (dir.), Sur les traces d'Apollon : Grand la Gallo-Romaine, Paris, Somogy Éditions d'Art,‎ 2010, 100 ill., 128 p. (ISBN 9782757203521)
  • Collectif, Grand : Prestigieux sanctuaire de la Gaule, Dijon, Archéologia, coll. « Les dossiers d'archéologie » (no 162),‎ Juillet-Août 1991
    Ouvrage de synthèse sur la ville gallo-romaine

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La date unique 263 et les personnages mentionnés sont une commodité légendaire. Il est possible que les massacres au gré des aléas politiques s'échelonnent pendant les campagnes guerrières de Julien de 258 et 262, et surtout après son court règne impérial en 263 ouvrant une longue période instable. De plus, les historiens contestent l'implication de Julien dans les persécutions chrétiennes en Gaule. Mais la thématique d'une dramatique persécution pendant son court règne a attiré les narrateurs médiévaux qui voulait assurément décrire un monde dirigeant composite, essentiellement romano-germanique. Baccius est un nom proche du Bacchus des Romains, Liber pater ou dieu du vin. Lientrude est dérivé du prénom germanique Lindetrudis, associant la fidélité ou la foi (Trudis) à la douceur d'un arbre sacré, le tilleul (Linde). Voilà la civilisation gréco-romaine de la vigne et du blé réconciliée avec la civilisation de la paix des arbres sacrés et des tisanes de fleurs apaisantes.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  4. (fr) Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel du ministère français de la Culture (base architecture et patrimoine), photographies de Alain George, Louzier, Bourbonnais, Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service de l'inventaire général de la Région Lorraine