Neubois

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Neubois
Vue sur le village.
Vue sur le village.
Blason de Neubois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Villé
Intercommunalité C.C. du canton de Villé
Maire
Mandat
Nicole Zehner
2014-2020
Code postal 67220
Code commune 67317
Démographie
Population
municipale
661 hab. (2011)
Densité 58 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 25″ N 7° 20′ 23″ E / 48.3069, 7.339748° 18′ 25″ Nord 7° 20′ 23″ Est / 48.3069, 7.3397  
Altitude Min. 219 m – Max. 855 m
Superficie 11,42 km2
Localisation

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Neubois (Gereuth en allemand) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Neubois se trouve sur la rive droite du Giessen (le Comte-ban) un peu avant le confluent du Val de Villé et du Val de Lièpvre. Le finage présente trois territoires bien distincts :

  • une partie de la vallée alluviale du Giessen, celle-ci atteignant ici 500 mètres de largeur à 220 mètres d'altitude ;
  • le glacis peu incisé qui s'étend jusqu'à 300 mètres d'altitude ;
  • la vaste partie montagneuse qui englobe tout le massif de l'Altenberg : Château du Frankenbourg, 703 m ; Rocher du Coucou, 856 m ; Altenberg, 711 m ; Roche des Fées, 777 m.

Neubois domine d'une part les villages de Dieffenbach-au-Val, Neuve-Église et Breitenau et, d'autre part, les premières localités proches de la vallée de Sainte Marie-aux-Mines : La Vancelle, Rombach-le-Franc. Cette configuration particulière, née de l'histoire ancienne (ancienne forêt du Comte-Ban) vaut à la commune de posséder avec ses 1 142 ha l'un des finages les plus vastes du canton, juste après ceux de Breitenbach et d'Urbeis.

Hameau[modifier | modifier le code]

  • Hirtzelbach

Avant 1825, Hitzelbach était une commune à part entière. Ce n'est qu'à partir de cette époque qu'elle a été rattachée à la commune de Neuve-Église.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

La géologie du ban communal de Neubois révèle à la base du Permien (assise de Kohlbaechel: des conglomérats et arkoses, lits argileux) épais de 280 mètres environ, qui ont donné naissance aux glacis peu pentus, typiques du Comte-Ban. Le massif de l'Altenberg est constitué par les fortes couches de grès vosgien du Trias, épaisses ici de 240 mètres, elles-mêmes coiffés par le conglomérat principal (ou poudingue) épais d'une trentaine de mètres. Ces formations présentent la morphologie caractéristique des grès: pentes abruptes, gros éboulis, tables ruiniformes (Falaise du Rocher du Coucou, de la Roche des Fées, de la Salière). Ce massif gréseux de l'Altenberg permet d'observer toutefois d'intéressants phénomènes tectoniques : Le Schlossberg (Château du Frankenbourg) est séparé du Rocher du Coucou par un col bien visible dans la topographie. Il s'agit là d'une faille qui a fait s'effondrer le compartiment du Frankenbourg d'une cinquantaine de mètres. Cette fracture touchant le grès vosgien est post-triasique; ce qui montre la poursuite à cette période de l'effondrement du bassin de Villé. Il en est de même du sommet de l'Altenberg lui aussi détaché de la ligne de crête du Coucou par une faille bien visible. Cette subsidence du bassin de Villé est confirmée par une observation plus générale de la couche de grès sur l'ensemble du massif vosgien. L'on a observé que le grès vosgien, très épais dans les Vosges du Nord, diminuait progressivement d'épaisseur vers le sud (250 mètres - 230 m de grès et 30 m de conglomérat) est donc anormale dans le cadre de cette diminution. Cette anomalie s'explique par l'enfoncement du bassin de Villé tout au long du dépôt de ces couches.

Carrières[modifier | modifier le code]

Entrée du village de Neubois par la D 697

Il existait autrefois sur le ban de la commune de Neubois des carrières de grès. Les blocs extraits de ces carrières servaient à la construction de maisons, de ponts et autres ouvrages dans la vallée ou en dehors. La principale carrière était située dans le massif de l'Altenberg, près du sommet qui domine le village de Neuve-Église. Une petite forge fonctionnait même à proximité. Le chemin forestier qui y conduit est encore appelé de nos jours "Schmiedgasse".

Mines[modifier | modifier le code]

Une petite exploitation de minerai de fer est indiquée à partir de 1842 au lieu-dit "Heyeris Eck" situé sur le versant de La Vancelle et du massif de l'Altenberg. On ne connaît pas précisément l'emplacement du site.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Du latin ecclésiastique novi bosci, qui veut dire bois neuf et mauvais, traduction du germanique Geruth = terre en friche. En alsacien Neubois se dit Kritt. Neubois est aussi la traduction de Novlla pris pour Novalia, terre en friche en allemand au moyen âge (Gerutte ou Gerreuth). La Gereuth ou Geraydt était un district forestier dont un ou plusieurs villages avaient le libre usage. Certains de ces districts portaient également le nom de Confraternitates, Bruderschaften. Sur d'autres points l'association s'appelait Waldgenossen.

La première mention connue de Neubois, Gerüte remonte, comme pour tous les villages situés au pied du château du Frankenbourg à l'année 1336. Ce toponyme germanique se retrouve dans les décennies suivantes sous la forme de Krütt, Kritt... À partir du XVIIe siècle le nom est francisé; dans un recensement des familles de la paroisse de Neuve-Église, le curé Wilette cite le village sous le nom de Le Neufbois, orthographe que l'on retrouve d'ailleurs sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle. Ce Neufbois est ensuite transformé tout naturellement en Neubois, mais a entre temps connu deux périodes de germanisation en 1871-1918 et 1940-1944.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un village occupé dès l'antiquité[modifier | modifier le code]

Les hauteurs surplombant le village de Neubois sont occupées et fréquentées dès l'antiquité, comme en témoigne le mur protohistorique qui longe le cône du massif du Schlossberg où se dresse aujourd'hui le château du Frankenbourg. C'est sur ce même site dominant l'entrée des Vallées de Villé et de Sainte Marie-aux-Mines ainsi que la route du Piémont, qu'est édifié le château du Frankenbourg, siège de l'autorité du Grafenbannen ou Comte-Ban.

L'histoire de Neubois est intimement liée avec celle du Comte-Ban[modifier | modifier le code]

L'histoire de Neubois se confond avec celle du Comte-Ban et du château du Frankenbourg dont les imposantes ruines dominent le bourg. Village-clairière à ses débuts, Neubois dépend d'abord des comtes de Frankenbourg. Il passe ensuite dans les mains de plusieurs propriétaires à la suite de mariages et de ventes. Ainsi nous trouvons en 1359 Gerüte et l'ensemble du Grafenbann sont cédés par les comtes d'Oettingen à l'évêque de Strasbourg qui les vend à son tour aux chanoines du Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg en 1489. Ces derniers perdront leurs biens en 1789.

La fondation d'une prébende sacerdotale[modifier | modifier le code]

Grande pieta en terre cuite représentant la Vierge douloureuse à l'intérieur de l'église

La fondation d'une prébende sacerdotale à Dieffenbach-au-Val en 1369, la restauration d'une ancienne chapelle dans ce même bourg permettent aux fidèles de Neubois de limiter leurs déplacements. Neubois participe financièrement et pour la main d'œuvre à l'agrandissement du sanctuaire en 1699. Une histoire de cloche sème cependant la zizanie au XVIIIe siècle, entre les deux communautés qui mènent l'affaire devant le Conseil Souverain d'Alsace. D'autres différends empoisonnent l'atmosphère entre les deux villages et Neubois qui supporte de moins en moins la domination de Neuve-Église et de Dieffenbach-au-Val. En 1766 une pétition signée par l'ensemble de la population sollicite l'autorisation de construire sur la commune une chapelle. Cette demande est rejetée, mais les fidèles continuent de participer à l'agrandissement de l'église de Dieffenbach-au-Val en 1785. En 1803, Dieffenbach-au-Val devient une paroisse indépendante et Neubois reste sa filiale. Il faudra attendre encore une cinquantaine d'années pour que le village ait enfin sa propre église (1858) et soit érigé en paroisse en 1861. La même est construit un presbytère qui se trouvait à l'époque à l'emplacement où se trouve aujourd'hui la mairie dont le premier occupant est le curé Mertian. C'est le curé Wetterwald, successeur de Mertian et originaire de Benfeld qui choisit Saint Materne, le missionnaire d'Ehl, comme patron de la nouvelle église.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

La population souffre de la guerre de Trente Ans. Au début du conflit, 19 familles bourgeoises habitent ce lieu. Après le passage des Suédois, il ne reste plus qu'un seul bourgeois, trois manants et une veuve ; quatre maisons sont encore habitables sur les 19 que comptait le village en 1618.

Le repeuplement du village[modifier | modifier le code]

Le repeuplement, encouragé par Louis XIV, amène surtout des émigrants francophones comme les Pourtal, les Marquis, les Grandidier, les Claude. Soixante dix-huit personnes sont recensées en 1690. Au XVIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le village continue à se repeupler, à s'agrandir. De nombreuses maisons datent de cette époque qui a connu une période de prospérité pour atteindre 446 habitants en 1801.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

La Révolution amène l'autonomie: Neubois ne dépend plus des chanoines, ni de Neuve-Église et s'administre lui-même. Le premier maire élu est Louis Benoît. Au cours du XIXe siècle, la population, de plus en plus nombreuse, a des difficultés à subvenir à ses besoins, la terre n'est pas généreuse, le tissage à domicile ne nourrit guère le chef de famille.

La période napoléonienne[modifier | modifier le code]

La période allemande entre 1871-1918[modifier | modifier le code]

La première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La première guerre mondiale amène ses drames: le village se trouve aux avant-postes au début du conflit. Le 18 août 1914, se déroule la Bataille de Neubois: les Bavarois essayent de déloger l'artillerie française bien dissimulée dans les forêts au-dessus de la localité; des combats sanglants à la baïonnette autour du village, notamment dans les Dachsloecher, causent de nombreuses victimes: un cimetière militaire est même provisoirement créé.

La Deuxième Guerre mondiale (annexion de fait à l'Allemagne)[modifier | modifier le code]

Neubois perd 15 des siens pendant cette guerre et 21 au cours du second conflit dont cinq victimes civiles à la suite d'intense tirs d'artillerie détruisant de nombreuses maisons.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Neubois

Les armes de Neubois se blasonnent ainsi :
« De gueules au hoyau d'argent, emmanché d'or, posé en barre, le fer en pointe. »[1].

Ces armes évoquent l'ancien nom du village Geruth ou Kritt, signifiant défriché. L'instrument utilisé pour cette opération, la houe à défricher qui représente donc le nom du village. Celui-ci ayant fait partie du Comte-Ban jusqu'à la Révolution, les émaux employés sont ceux des comtes de Werde, dénomination adoptée par les comtes de Frankenbourg après 1185.

Des apparitions de la Vierge Marie à Neubois[modifier | modifier le code]

Statue de la Madone au-dessus du village de Neubois

L'endroit où eurent lieu les apparitions est à deux kilomètres du village de Neubois, appelé à l'époque Krüth, à mi-hauteur de la montagne, et à égale distance des ruines du château du Frankenbourg. Il y a à l'endroit une vaste clairière, au milieu de la forêt, d'où l'on jouit d'un magnifique panorama. D'un côté on aperçoit la commune de Scherwiller et le château de l'Ortenbourg. Avant d'entrer dans la clairière, on voit du regard de nombreux villages, dont Thanvillé, Saint-Pierre-Bois et l'église de Saint-Gilles perchée un peu au-dessus des deux villages. Plus haut on aperçoit les cimes de l'Ungersberg. D'un autre côté on voit le Val de Villé parsemé de villages. Aujourd'hui à la clairière se trouve une statue de la Marie (mère de Jésus), une statue de l'Archange Saint Michel terrassant le dragon, une petite statue de saint Joseph, une chapelle avec une grande croix et un chemin de croix avec ses douze stations. C'est à cet endroit que serait apparue la Sainte Vierge. En 1872, quand commencèrent les apparitions, l'Alsace était annexée à l'Allemagne depuis plus d'un an et le nom le plus usuel du village était celui de Krüth. A la vérité le village a trois noms: Neubois, Krüth, Gereuth est le nom allemand.

Dans le contexte de l'occupation allemande et antireligieux[2] de l'époque, un Alsacien se rend en Italie et rencontre une mystique nommée Palma-Maria-Addolarata Matarelli (1825-1888) d'Oria[3], plus tard religieuse de Notre-Dame des Douleurs, et lui parle de l'Alsace-Lorraine. Elle lui répondit qu'il arrivera bientôt des choses merveilleuses : "...une apparitions en juillet 1872 doit avoir lieu en Alsace-Lorraine".

Le dimanche 7 juillet 1872[4] en date de la fête du Précieux Sang, la Vierge Marie apparait tout d'abord à l'office du soir dans l'église Saint-Nicolas de L'Hôpital à Marie Françoise Clémentine Girsch, âgée de onze ans[5],[6],[7].

Elle décrit l'apparition comme une belle femme aux cheveux blonds et longs, portant une couronne sur la tête. Sa robe blanche est brillante. La Vierge Marie tend ses bras en avant. Dans sa main droite elle tient une boule blanche d'où tombent des gouttes d'eau, dans sa main gauche elle tient une boule noire d'où tombent des gouttes de sang. À sa droite se tiennent des soldats français, à sa gauche se trouvent des soldats armés d'épées.

À L'Hôpital (Moselle) qui portait le nom de Spittel in Lothringen ces événements sont restés très discrets. Clémentine Girsch est qualifiée selon les rapports de l'époque de petite fille sage, posée et réservée. Elle restera très discrète sur ces événements. Elle est née le 3 décembre 1861 à Carling. Le 9 février 1880 elle épouse à L'Hôpital, Ambroise Renard, instituteur et maire de Carling (1855-1941) et sera mère de deux enfants. Elle décèdera à Strasbourg le 13 janvier 1944[8].

Le même jour à Neubois, cette même apparition se manifeste à quatre fillettes âgées de 7 à 11 ans qui se promènent au pied d'une montagne appelée Schlossberg, à la recherche de myrtilles [9] . Soudain, une dame blanche portant sur la tête une couronne d'or, s'avance vers elles. Effrayées, elles s'enfuient à toutes jambes. C'est la première apparition de toute une série qui mettra en émoi le paisible village de Neubois.

Le 11 juillet 1872, la Vierge Marie apparaît de nouveau sous la même forme dans la forêt de Neubois à Philomène Jehl (10 ans), Sophie Glock (11 ans), Marie Flick et d'autres enfants de l'école. Elles entendent une voix fine dire: « Kommet, Kommet! » (Venez, venez!). Le 12 juillet la troisième apparition se manifeste à certaines filles d'un groupe accompagné d'une religieuse qui est aussi leur institutrice, sœur Madeleine. Le 14 juillet 1872 l'apparition guide 6 filles dont Odile Martin vers le sommet du Frankenbourg, chemin de La Vancelle. Le 15 juillet 1872 tout un groupe d'enfants et d'adultes assiste à une apparition de la Vierge qui les appelle de nouveau: « Kommet, Kommet! » (Venez, venez!) en direction du château de Frankenbourg. Un vent violent se lève et on entend un son de cloches. D'autres apparitions miraculeuses vont suivre. Une petite chapelle provisoire sera érigée sur les lieux. Le Kreisdirektor envoie un détachement de 50 soldats surveiller l'emplacement. Le 7 septembre 1872, la police abat la chapelle ainsi que l'autel et défend aux fidèles l'accès aux lieux. Le 8 septembre 1872 on assiste à une première guérison miraculeuse d'une jeune fille très malade. D'autres apparitions et guérisons vont avoir lieu malgré l'hostilité de l'autorité prussienne qui fait afficher un panneau:

« L'accès sans autorisation du district 272829 est, par la présente, interdit selon l'article 368 du code pénal avec une peine allant jusqu'à 75 francs et un emprisonnement jusqu'à 15 jours. »

Le 11 septembre 1872, sœur Madeleine est expulsée par les autorités et doit quitter Neubois. Le 14 octobre 1872 un soldat prussien a une vision de l'enfant Jésus. Les apparitions continuent. L'évêque de Strasbourg Monseigneur André Raess est informé de par une lettre de l'apparition de L'Hôpital et de celles du Frankenbourg et reçoit lui-même un témoin des apparitions du Neubois. Il reste réservé et prudent. Le 11 novembre 1872 l'abbé Hotzmann, curé de Villé note: "les apparitions sont de plus en plus fréquentes". De nombreux pèlerins viennent sur les lieux. Pour la seule journée du 3 février 1873 on comptera 6000 pèlerins. Le 4 mars 1873 les autorités prussiennes s'inquiètent de cette affluence et envoient un détachement de 150 soldats interdire l'accès des lieux. Dans les jours et les mois qui suivent, d'autres enfants, mais aussi des adultes, sont persuadés d'avoir vu la Vierge Marie ou aperçu "la dame blanche", seule ou entourée d'anges ou ... de soldats. La nouvelle de ces phénomènes extraordinaires se répand comme une traînée de poudre dans toute l'Europe centrale et méridionale, mais surtout en Allemagne et en France.

Un des lieux d'apparition s'appelait Krittacker, acker veut dire champ. Le village était semble-t-il situé plus haut dans la montagne.

La montagne des apparitions[modifier | modifier le code]

Les différents endroits où les apparitions eurent lieu sont situés en dehors du village sur le flanc d'une montagne au sommet de laquelle on aperçoit le château du Frankenbourg situé à 703 mètres d'altitude. Cette montagne est couverte de bois jusqu'au sommet. Il faut d'ailleurs faire une distinction entre les deux noms: Frankenberg est le nom de la montagne et Frankenbourg est le nom du château. Le château du Frankenbourg date de l'époque féodale et a été construit suivant les principes militaires du XIe siècle. Cela n'exclut pas l'hypothèse qu'un autre château ait pu exister antérieurement au même endroit à l'époque franque. Ce qui est certain, c'est l'existence d'une forteresse sur la montagne du temps des Romains. Des monnaies constantiniennes trouvées au Frankenbourg entre deux enceintes prouveraient que les romains auraient aménagé un système défensif confirmant ainsi la position stratégique du lieu et l'opportunité de fortifications. Il est probable que lors des combats opposant Francs et Alamans ces derniers ont utilisé les constructions romaines qui existaient à cet endroit. La tradition veut que ce soit Clovis qui a fait construire le château du Frankenbourg et que son épouse Sainte Clotilde y ait prié pour obtenir la victoire de son mari pendant la bataille de Tolbiac. Plusieurs historiens ont attesté cette version. L'abbé Nartz a écrit "Sigebert cousin de Clovis qui régnait à Cologne, appela à son secours contre les envahisseurs le roi des Francs Saliens Clovis. La bataille s'engagea près de Tolbiac (Zulpich) selun les uns, près d'Argentorate pour les autres. Le Tolbiac serait d'après certains historiens près de Cologne, pour d'autres près de Strasbourg. Ces diverses hypothèses conduisent à penser qu'il pourrait y avoir plusieurs Tolbiac et de ce fait il est souvent difficile dans les brumes du passé d'identifier le lieu réel des combats d'autrefois. Certains ont même avancé le nom de Scherwiller à des traces de bataille ont été trouvées comme l'emplacement probable du véritable Tolbiac[10].

Ces événements des apparitions sont relatés abondamment dans la presse locale et nationale et repris dans des brochures, ce qui ne fait qu'amplifier le phénomène. Neubois connaît alors une affluence populaire extraordinaire; au mois de janvier 1873, la Reichsbahn vend plus de 80 000 billets de chemin de fer à destination du Val de Villé.

Petite chapelle au-dessus du village de Neubois

Une source à l'eau miraculeuse" est découverte. Plusieurs personnes prétendent avoir été guéries. Les conditions sont donc remplies pour que Neubois devienne le Lourdes alsacien!. Cette arrivée massive de gens commence à inquiéter l'administration allemande surtout que ces apparitions se teintent d'allusions et de propagande politiques: la Sainte Vierge viendrait pour libérer l'Alsace du joug prussien! A Paris est éditée, en 1874, une brochure au nom évocateur: "La résurrection de la France et le châtiment de la Prusse, prédits par Marie en Alsace". L'armée est chargée d'interdire l'accès du lieu des apparitions, puis de l'ensemble du ban communal. Les autorités religieuses restent très prudentes et sceptiques et conseillent la même attitude au chargé d'âmes de la paroisse, notamment à l'abbé Michel Ulrich qui recueille, avec une certaine naïveté, les témoignages des "voyantes" de sa paroisse. Le curé Alphonse Adam, qui lui succède en novembre 1876, puis l'abbé Boersch, à partir de 1879, prêtent une oreille moins attentive aux dépositions des visionnaires qui se font plus rares; par un patient et minutieux travail d'enquête, ils réussissent à montrer que ces apparitions sont nées de l'imagination des enfants, qui les uns après les autres, se sont rétractés. Peu à peu le village retrouve sa sérénité. Aujourd'hui une petite chapelle rénovée s'élève dans la forêt, près de la source "Mudergottes Brennela"; elle rappelle aux promeneurs et aux pèlerins ces évènements "surnaturels". L'érection à Neubois, en 1883, de la "Confrérie du Rosaire Vivant", a-t-elle des liens avec ces apparitions ? De nos jours, le culte marial connaît dans le village une dévotion particulière et continue à attirer des pèlerins venus de près ou de loin[11] et il reste de même à L'Hôpital (Moselle) une dévotion mariale particulière des habitants qui s'exprime par la construction d'une Grotte de Lourdes inaugurée le 3 octobre 1954[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Nicole Zehner[13]    
mars 2001 mars 2008 Jacques Ostermann    

Démographie[modifier | modifier le code]

Neubois a connu son maximum démographique en 1866, comme plusieurs des villages du canton. La localité compte alors 753 habitants dont le nombre est allé en diminuant avant un récent renversement de tendance dû à sa situation privilégiée dans l'avant-vallée. Une très forte immigration (+ 70 de 1982 à 1990) provoque un rajeunissement sensible de la population (le taux de vieillissement passe de 0,86 à 0,73 de 1982 à 1990) et l'amorce d'un mouvement naturel positif (+ 5 entre les deux derniers recensements).


En 2011, la commune comptait 661 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
421 451 479 531 566 619 663 721 696
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
656 709 753 725 659 689 656 655 612
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
621 601 594 562 514 520 501 504 464
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
405 423 449 444 519 561 652 661 659
2011 - - - - - - - -
661 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Calvaire situé rue des vignes à Neubois

Neubois est un village riche en petits monuments et autres curiosités naturelles. Douze croix sont encore dressées sur son ban, plusieurs chapelles et oratoires du XIXe siècle, des fontaines publiques, des rochers particuliers et un nombre importants de vieilles bornes.

Le mur païen du Frankenbourg[modifier | modifier le code]

Château du Frankenbourg[modifier | modifier le code]

Sur la montagne qui domine le village et qui sépare le Val de Villé du Val de Lièpvre, on voit encore les ruines du château du Frankenbourg, dont la tradition attribue la fondation à Clovis, vulgairement appelé das Grüther-Schloss (le château de Gereuth). La première mention de ce château se trouve dans une charte de l'année 1105; il appartient alors aux comtes de Werde, qui furent élevés à la dignité de landgraves vers 1196. Vendu à l'évêché de Strasbourg, il fut d'abord possédé en fief par les comtes de Werde, puis engagé en 1134 au comte de Linange, et en 1411 à Burcard de Lützelstein. Le fils de ce dernier, de concert avec le comte Jean d'Ebersheim, tenta de s'emparer en 1446, de l'archevêque d'Arles, lorsque ce prélat revenait d'une tiède tenue à Francfort pour le rétablissement de la paix de l'Église. L'archevêque leur échappa, mais quarante personnes de sa suite, quatre-vingts chevaux et plusieurs voitures chargées d'effets précieux tombèrent au pouvoir des agresseurs, qui allèrent s'enfermer dans le château du Frankenbourg. Le cardinal, malgré tout son crédit, ne put récupérer les objets enlevés; on ne lui rendit que les hommes et les chevaux. En 1470 le château était la propriété de la ville de Sélestat. Il fut détruit par un incendie, en 1582, et n'a plus été relevé depuis. Il resta cependant le chef-lieu d'un bailliage, appartenant au grand-chapitre de la cathédrale de Strasbourg. Ce bailliage, qui comprenait la partie méridionale du Val de Villé, était aussi connu sous la dénomination de Comte-Ban parce qu'il avait appartenu anciennement aux comtes de Werde, plus tard landgraves de la Basse-Alsace; les comtes de Werd eurent pour successeurs les évêques de Strasbourg qui cédèrent le bailliage au grand-chapitre.

Clovis aurait ajouté au château une chapelle arborant sur les vitraux et sur la pierre, trois crapauds noirs sur champ blanc, emblème païen du roi. Après la conversion de Clovis au christianisme, les crapauds firent place à trois fleurs de lys représentant la Sainte Trinité. Specklin, en parlant du château du Frankenbourg affirme que lorsque Clodovig ou Clovis fit la conquête de l'Alsace à la fin du Ve siècle, il fit bâtir sur un plateau situé entre les deux vallées de la Liepvrette et du Val de Villé un château qu'il baptisa forteresse du Frankenbourg (Burg der Franken) et y bâtit aussi une chapelle. L'ancien annaliste Specklin dit avoir vu à son époque sur l'un des vitraux peints qui existaient encore à la chapelle, trois couronnes noires sur un champ d'argent.

Bornes armoriées[modifier | modifier le code]

Sur le territoire de la commune et tout particulièrement, l'ancienne forêt supérieure du Comte-Ban, en partie l'actuelle forêt domaniale de La Vancelle se trouve des bornes armoriées. Cette forêt appartient avant la Révolution au Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg, propriétaire du château du Frankenbourg, qui procède à l'abornement de la forêt supérieure entre 1764 et 1766, gravant sur chaque borne la date de 1764 et le blason des comtes de Werde premiers propriétaires. Certaines datant de 1708 sont ainsi réutilisées. Elles marquent la séparation avec Rombach-le-Franc, fief du duc de Lorraine, actuelle limite départementale entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Cette série est donc armoriée sur deux faces, d'un côté par la Croix de Lorraine, de l'autre par le blason du landgraviat. D'autres bornes sont ajoutées plus tard pour indiquer la limite d'une petite forêt, appartenant à Sélestat, située au-dessus de La Vancelle. Elles datent de 1780, sont armoriées d'un côté et portent le monogramme de Sélestat de l'autre. Toutes ces bornes font partie de la numérotation des 215 bornes qui bordent la forêt des chanoines. La quasi-totalité a été martelée à la Révolution ; seule une dizaine a été épargnées[16]

La forêt inférieure, dite de Châtenois, appartenant également au Grand Chapitre, borde en partie le sud et l'est du ban de Neubois. Un abornement effectuée en 1849 a réutilisé deux séries de bornes intéressantes : une série de 1729 aux armoiries du Comte-Ban et de Châtenois, avec le châtaignier. L'une d'entre elles, de 1624, fait partie des plus anciennes bornes de la vallée.

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint Materne (1858)[modifier | modifier le code]

Église Saint Materne à Neubois
Église Saint Materne: Intérieur de l'église de Neubois
Tableau représentant Saint Materne en habit de moine de pèlerin monté sur un rocher.Peinture de 1995 due à Suhr d'après une esquisse de Kuder

L'église est consacrée à Saint Materne, qui selon la légende aurait été envoyé en Gaule par saint Pierre, accompagné par Eucharius et Valérius. Il devint par la suite évêque de Cologne, puis de Trêves. Il portait un "Krückstock", sorte de bâton-béquille de pèlerin, qui aurait été celui de saint Pierre. C'est par ce bâton qu'il aurait été rappelé à la vie par ses deux compagnons lorsqu'il s'effondra mort, à son arrivée en Alsace.

L'édifice se compose d'une nef rectangulaire (22 x 12 mètres environ) qui se termine vers l'avant par un parvis de grès rose d'où trois marches donnent accès au chœur (7,5 x 8 mètres environ). Un arc triomphal en stuc sépare la nef du chœur. De part et d'autre, les deux autels latéraux sont dédiés à la Vierge (à gauche) et à Joseph (à droite).

Le premier, encadré par deux piliers d'inspiration ionique, présente une niche abritant une statue de Marie, couronnée d'une guirlande de fleurs, drapées dans un riche manteau porté sur une robe blanche, les mains jointes. Elle écrase du pied la tête du serpent qui tient encore la pomme de la tentation dans sa gueule. Le pied gauche de la Vierge repose sur un croissant de lune, c'est une "Sichelmadona", une Vierge au croissant de lune, la Vierge de l'Apocalypse. L'autel de Saint Joseph, de structure identique, présente une statue du père nourricier de Jésus, en tunique blanche, avec un manteau du même tissu que celui de Marie. Il portait probablement dans sa main gauche un lis aujourd'hui disparu. Devant cet autel, près de la cuve baptismale, est posé un prie-dieu qui mérite notre attention. Sur un panneau de bois, un ange peint tient une banderole déployée proclamant "Magnificat anima mea Dominum" (mon âme bénit le Seigneur). En dessous, sur le travers en bois, est gravée en relief l'incantation: " Wachet und betet" (Veillez et priez !). La chaire a perdu son escalier d'accès, personne n'y prêchera dans les prochains temps! Une peinture fixée au centre du plafond de la nef représente une nuée d'angelots volants, se tient sur le croissant de lune, au-dessus d'une frange nuageuse qui couvre un globe terrestre autour duquel s'enroule le serpent-dragon tenant une pomme dans sa gueule. On reconnait là le thème tiré de l'Apocalypse de Saint Jean déjà représenté sur l'autel de la Vierge. Huit vitraux simples bordés d'un ruban de feuilles d'acanthe dorées sur fond bleu, portent les noms des donateurs ainsi que celui de l'atelier Ott de Strasbourg, qui les a réalisés en 1906.

Le statuaire comprend une grande Piéta, Vierge douloureuse en terre cuite, un moulage en plâtre représentant le Sacré Cœur, Sainte Odile, Sainte Anne et sa fille Marie et surtout une statue en bois de saint Antoine à l'enfant Jésus. Une plaquette nous indique qu'elle est l'œuvre de Ferdinand Stufleser, sculpteur et constructeur d'autels à Sankt Ulrich am Pillersee dans le Tyrol autrichien.

Le chœur est éclairé par deux vitraux, également dus à l'atelier Ott. Le premier est dédié à Sainte Odile, patronne de l'Alsace. Le second montre Saint Martin. L'oie, à ses pieds, rappelle une légende du XVe siècle. L'animal aurait révélé la cachette où Saint Martin s'était retiré pour se soustraire à l'élection épiscopale. Elle est devenue par la suite la "Martinsgans", l'oie de Saint Martin qui a fait du saint le patron des éleveurs d'oie.

Pièce maîtresse du chœur, un tableau représente Saint Materne, patron de l'église et de la paroisse. Monté sur un rocher, en habit de moine pèlerin, escarcelle à la ceinture, il est doté de son bâton surmonté du Christ en croix. La peinture, récente (1995) est due à Suhr d'après une esquisse de Kuder.

L'église de Neubois possède le seul orgue Callinet de la vallée, l'un des rares du Bas-Rhin. sa partie instrumentale a été classée parmi les Monuments Historiques en 1978. Joseph Callinet, de Rouffach a construit cet orgue en 1823 pour la paroisse de Ballersdorf (Haut-Rhin). Il a été transféré à Neubois en 1880. Après plusieurs interventions, l'instrument se trouvait dans un état pitoyable. Il est restauré en 1987-1988 par Alfred Kern qui le remet dans son état d'origine.

Notre Dame de la source[modifier | modifier le code]

Oratoire de Notre Dame de la source situé dans les bois de Neubois
Sanctuaire de Notre Dame de la source vu depuis le sentier

Une petite chapelle rénovée s'élève dans la forêt près de la source "Mudergottes Brennela"; elle rappelle aux promeneurs et aux pèlerins les apparitions "surnaturelles". Ce sanctuaire dédié à la Vierge se trouve à 10 minutes du chemin de croix qui se trouve sur les hauteurs de la commune. Pour accéder à cette chapelle suivre la pancarte marquée d'une croix bleue. A un moment donné un sentier assez pentu se détache du chemin principal qui mène directement au sanctuaire où existe une source et des bancs pour les promeneurs.

Statue de l'Archange Saint-Michel[modifier | modifier le code]

L'archange Saint Michel terrassant le dragon situé à proximité de la statue Notre Dame de Neubois

Chemin de croix de Neubois[modifier | modifier le code]

Chemin de croix près de la statue de Notre Dame de Neubois

Économie[modifier | modifier le code]

La forêt[modifier | modifier le code]

La forêt s'étend sur 854,14 ha (la deuxième surface boisée du Val après Urbeis) dont 673,75 ha de forêt domaniale constituées par les belles futaies de résineux du massif de l'Altenberg. La commune en possède seulement 40,73 ha, les particuliers 140,02 ha.

Industrie - Artisanat -Commerce[modifier | modifier le code]

Le village de Neubois n'a jamais connu d'industrie significative et a toujours vécu de l'agriculture et du tissage à domicile (48 % des ménages en 1886). Cette dernière activité est d'ailleurs favorisée par la proximité géographique de la vallée de Sainte Marie-aux-Mines où sont établis les fabricants distribuant le travail. la localité est le siège d'un dépôt. De nos jours, il existe encore quelques établissements artisanaux essentiellement au cœur du village, est désormais établie en bordure de la voie rapide, non loin de l'ancienne tuilerie et de la "halde de Neubois", étape aujourd'hui désaffectée du train qui traversait la vallée et qui a arrêté son activité en 1976. Le village s'est découvert une vocation artistique avec la présence en ses murs d'un artiste ayant remis à l'honneur la technique de la peinture sous-verre et avec l'organisation régulière de "Hors-cadre", manifestation régionale d'art contemporain.

Architecture[modifier | modifier le code]

Situé à l'entrée du Val de Villé, Neubois s'étage sur le bord sud-ouest du glacis qui enveloppe le pied du château du Frankenbourg, dans un espace vallonné d'où l'on jouit d'une vue incomparable sur la vallée. Les rues suivent les fantaisies du terrain, leur dédale déroute l'étranger pressé, mais réserve au touriste amateur de belles choses quelques agréables surprises. Entourées de leur jardin et de leur verger, cachées souvent au fond d'une impasse, les maisons s'épanouissent comme des fleurs au chant des fontaines. Les habitations de Neubois sont construites selon le modèle traditionnel de la ferme du Val de Villé. Beaucoup d'entre elles ont été adaptées aux conditions de la vie actuelles, cependant il est encore possible de constater que, dans ce village, les maisons adoptaient jadis une grande diversité de volume, reflet de la condition sociale de l'habitant: tous les degrés de la hiérarchie sont représentés : de la maison du journalier à celle du notable.

Les éléments d'architecture intéressants[modifier | modifier le code]

Ancienne ferme de 1787 située 28 rue du Frankenbourg à Neubois
  • Mairie : Un encadrement de porte provenant de la maison située au N°72 de l'impasse des Chalets a été remonté dans un mur clôturant une cour de la mairie. Le linteau est daté de 1620. Les moulures des montants reposent sur un congé en double volute surmontée d'une feuille d'acanthe déployée.
  • N°8, rue principale : Sur le linteau de l'entrée figure une croix de Malte encadrée du millésime 1752 (ou 7? ou 9?) et d'initiales. Les inscriptions sont rassemblées dans un cartouche. La base du linteau a été délardée en arc segmentaire.
  • N°23, rue principale : Linteau de 1821 orné d'un anneau.
  • 39, rue principale : Maison du XVIIIe siècle avec un pignon en pierre
  • N°2, rue de l'église: Linteau de 1815 avec un anneau au centre.
  • N°3, rue de l'Église : Bel encadrement de porte mouluré datant de 1817.
  • N°5, rue de l'Église : Maison de 1719, agrandie en 1772. Les encadrements des deux entrées sont surmontés d'une imposte. Le linteau supérieur de la première est droit et marqué du millésime 1719 accompagné des initiales I B I et M. Celui de la seconde est légèrement cintré; la date et les initiales figurent dans un cartouche. Entre 1719 et 1772, le niveau de vie du propriétaire avait augmenté.
  • N°28 rue du Frankenbourg : Maison de 1787 avec les initiales IBA MRM qui devait être une ancienne ferme
  • N°2, rue Allmend : Il subsiste dans la cour une ancienne maison de journalier parallèle à la rue. la bâtisse est subdivisée en trois pièces disposées de part et d'autre de la cuisine, qui occupe le compartiment central. Chacune des deux chambres dispose d'une fenêtre, mais la cuisine reçoit la lumière par l'ouverture de la porte. Jadis une petite étable à chèvres était accolée à cette maisonnette dont le mur gouttereau arrière s'enfonce dans la pente de la colline.
  • N°3, rue des Prés : En compagnie de la fontaine et de son potager, loin de l'animation de la rue principale, somnole cette magnifique ferme du XVIIIe siècle. Les fenêtres inégales du rez-de-chaussée sont ornées d'un linteau à très haut délardement en arc segmentaire. Au premier étage veille une fenêtre rectangulaire unique, large mais basse. L'encadrement de la porte d'entrée partage l'un de ses montants avec celui de la grange. Sur le linteau figurent des inscriptions portées en partie dans un cartouche. Le millésime, qui se cache parmi les initiales: A 171SM, pourrait être 1715, mais certains éléments de la maison semblent plus tardifs.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Cet article est issu de l'ouvrage "Le Val de Villé, un pays, des hommes, une histoire publiée sous l'auspice de la Société d'Histoire du Val de Villé et de la Communauté des Communes du Canton de Villé, 1995. D'autres références sont reprises de l'Annuaire de la Société d'Histoire du Val de Villé, notamment ceux des années 1984, 1989, et 1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  2. Concernant le Kulturkampf voir:
    • Daniel -Rops, Un combat pour Dieu 1870-1939, Fayard,‎ 1963
    • (de) Manuel Borutta, Antikatholizismus. Deutschland und Italien im Zeitalter der europäischen Kulturkämpfe, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht,‎ 2011 (ISBN 978-3-525-36849-7)
    • (de) Christopher Clark et Wolfram Kaiser, Kulturkampf in Europa im 19. Jahrhundert, Leipzig, Leipziger Univ.-Verl.,‎ 2003
    • (de) Georg Franz, Kulturkampf. Staat und katholische Kirche in Mitteleuropa, Munich, Verlag Georg D.W.Callwey,‎ 1954
  3. Journal l'Univers, article du 17 mars 1872
  4. René Laurentin,Patrick Sbalchiero, préface du cardinal Etchegaray, Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie, librairie Arthème Fayard, 2007, ISBN 978-2-213-64015-0
  5. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, première édition : Perrin et Mame, Paris, 1995, 430 p., (ISBN 2-262-01024-2). Réédition au format de poche : Perrin, coll. « Tempus » no 189, Paris, 2007, 427 p., (ISBN 978-2-262-02733-9)
  6. Robert Ernst, Lexikon der Marienerscheinungen seit 1830, Eupen 1955. Réédition: Altötting, 1989
  7. Gottfried Hierzenberger, Erscheinungen und Botschaften der Gottesmutter Maria, Pattloch, Augsburg, 1993
  8. Édouard Festor, Les familles de L’Hôpital & Carling. 1704-1894, Carling, 1990
  9. Les quatre petites filles se nommaient: Odile Martin née le 10 mai 1861, Marie Marcot née le 4 juin 1862, Philomène Otzenberger née le 23 décembre 1862, Léonie Martin née le 12 juillet 1864. Elles étaient respectivement âgées de 11 ans, dix ans, neuf ans et demi et sept ans et demi
  10. Georges Tessier identifie catégoriquement Tolbiac à Zülpuch - Georges Tessier: le baptême de Clovis, Gallimard, 1970, p.124
  11. G. Hirschfell: Apparitions à Neubois in A.S.H.V.V., 1984, pp.37-55
  12. Bulletin Actions n°13 de la Ville de L'Hôpital, septembre 2004 ("Souvenir, 50 ans de la Grotte")
  13. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  16. Jean Joseph: A la recherche de vieilles bornes dans le Comte-Ban in ASHVV, 1983, pp.112-143


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dubail, André: Installation d'un instituteur à Neubois en 1794 - ASHVV (= Annuaire de la Société d'Histoire du Val de Villé), 1990
  • Joseph, Jean: À la recherche de vieilles bornes dans le Comte-Ban in: Annuaire de la Société d'histoire du Val de Villé,

1983, pp. 112 à 143

  • Joseph, Jean L'église de Dieffenbach au Val - Histoire et architecture: la croix des morts, : Annuaire de l'année 1989
  • Hartmann: Apparitions de la Sainte Vierge à Kruth (Neubois), Alsace par un Alsacien, Paris, Victor Palmé, 1873, 83 pages. Exemplaire de la bibliothèque de l'université de Harward, USA, numérisé et accessible en ligne.
  • Hirschfel, Georges: Etudes sur l'histoire du Val de Villé de la guerre de 1870 à la fin du siècle - Le combat de Thanvillé, apparitions à Neubois, ASHVV, 1984
  • Lameire, Gilles: Apparitions en Alsace - Notre Dame de Neubois - Editions Gilles Lemeire, 1978, 257 pages
  • Maurer, Sylvie: La dévotion à Notre Dame de Neubois, Maurer S. 2 volumes - Strasbourg 1993 - Thèse : Ethnologie
  • Topham-Smith Christopher: Le château du Frankenbourg, Topham-Smith C, Archéologie et histoire de l'art, 1996

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

  • Villa du Neubois, manoir des environs de Spa (Belgique) ayant abrité l'empereur Guillaume de Prusse en 1918, à la veille de la capitulation.
  • Château du Neufbois, aussi nommé château Henricot à Court-Saint-Étienne (Belgique)

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