Saint-Pierre-Bois

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Saint-Pierre-Bois
Vue sur une partie du village de Saint-Pierre-Bois depuis le Hohwarth.
Vue sur une partie du village de Saint-Pierre-Bois depuis le Hohwarth.
Blason de Saint-Pierre-Bois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Villé
Intercommunalité C.C. du canton de Villé
Maire
Mandat
Alain Meyer
2014-2020
Code postal 67220
Code commune 67430
Démographie
Gentilé Saint-Pierrois(es)
Population
municipale
739 hab. (2011)
Densité 101 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 03″ N 7° 21′ 28″ E / 48.33416667, 7.3577777848° 20′ 03″ Nord 7° 21′ 28″ Est / 48.33416667, 7.35777778  
Altitude Min. 217 m – Max. 550 m
Superficie 7,30 km2
Localisation

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Saint-Pierre-Bois

Saint-Pierre-Bois est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre-Bois est la première commune de la rive gauche du Giessen en entrant dans la vallée de Villé. Son finage revêt une conformation assez particulière puisqu'il enclave presque le territoire de Thanvillé. La commune, vaste de 730 ha, s'organise autour de la vallée de l'Estergott qui arrose aussi bien le village que son annexe de Hohwarth. Au nord, la commune est rejoint par les conteforts de l'Ungersberg (Baerenberg 540 m). À l'est et au centre, une série de collines boisées (Lattenraiun 385 m, Rothe Hecken 476 m) marque le passage du Val de Villé au vignoble de la région de Barr. Au sud, la commune s'étend sur les premières pentes du massif du Berntein, qui domine Dambach-la-Ville, jusqu'au fond de la vallée du Giessen peu avant son débouché sur la plaine. Le village s'est établi le long de la vallée de l'Estergott, au pied de la belle colline du Kirchberg (380 m, église Saint-Gilles). Le hameau de Hohwarth s'étire lui aussi le long du thalweg, sur le tracé de la route de Villé à Barr, entre le Kirchberg et le Baerenberg. Les fermes isolées de Hunswwiller et des Hutten rappellent une localité disparue.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

  • Hohwarth
  • Hunschwiller
  • Hutten

Ruisseaux[modifier | modifier le code]

  • Giessen
  • Estergott

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Villages et hameaux disparus[modifier | modifier le code]

Le val de Villé compte quatre villages ou hameaux disparus dont plusieurs situés sur l'actuel finage de Saint-Pierre-Bois.

  • Uberscheer
  • Gundeswiller
  • Hunschwiller ou Hundswiller
  • Lattenrain

Histoire[modifier | modifier le code]

Une localité remontant au VIIe siècle[modifier | modifier le code]

Oratoire du Altkloster (1862).
Oratoire du Altkloster au Hohwarth (1862).

Ce village, remarquable par son église que l'on voit au loin perchée sur une colline assez élevée est visible depuis une grande partie du Val de Villé. Il doit son origine à un couvent construit dès la fin du VIIe siècle par Saint Hydulphe, abbé fondateur de l'abbaye de Moyenmoutier. Attic, duc d'Alsace, dont il avait guéri la fille sainte Odile, née aveugle, lui avait fait don de tout le territoire formant aujourd'hui la banlieue de cette commune et qui alors était couverte de forêts. Hydulphe, n'ayant plus de place à Moyenmoutier pour y loger ses nombreux fidèles, construisit un nouveau monastère sur l'emplacement même occupée aujourd'hui par l'église et lui donna pour patron saint Pierre. Peu à peu, il se forma au pied de la montagne deux villages, Saint-Pierre-Bois, qui doit son nom au couvent situé au milieu des bois, et, de l'autre côté, Hohwarth.L'abbé de l'abbaye de Moyenmoutier y consacra ses droits spirituels jusqu'à la guerre de Trente Ans et ses droits temporels jusqu'en 1604, époque à laquelle elle vendit les restes de ses possessions aux seigneurs de Thanvillé. Vers 1039, l'église primitive ayant été détruite, ainsi que le couvent, on en construisit une autre à la place de la première, laquelle subsista jusqu'en 1788, où fut élevée l'église actuelle, à l'exception du chœur et de la tour, qui datent de 1811. La paroisse de Saint-Pierre-Bois comprenait autrefois les villages de Saint-Pierre-Bois, Thanvillé, Hohwarth et Hundswiller. Ces villages furent plusieurs fois détruits : vers 1039, dans la guerre de succession de la Lorraine ; en 1476, par les Bourguignons, pendant le siège du château d'Ortenberg, et en 1633, par les Suédois.

Le village passe aux mains de l'évêque de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Le village passe au XIIe siècle aux mains de l'évêque de Strasbourg qui le cède en 1269 à Rodolphe de Habsbourg qui venait d'acquérir l'Albrechstal. En 1303, les Habsbourg font le recensement des droits et revenus dans tous leurs villages, parmi ceux-ci "Sant Peterholtz". La localité partage dorénavant la destinée de la seigneurie de Villé et passe entre les mains de différents propriétaires.

La passage des Suédois[modifier | modifier le code]

Lors du passage des Suédois en 1632, de nombreuses maisons furent détruites et une bonne partie de la population est décimée ou trouve refuge dans les bourgs fortifiés de la plaine. La « Maison des Suédois » construite en 1571 est épargnée et compte actuellement parmi les plus anciennes habitations de la vallée. Les deux villages Hundwiller et Gunderswiller ont probablement disparu à ce moment ou peut-être un peu auparavant comme le pensent certains historiens.

Le repeuplement[modifier | modifier le code]

Le repeuplement qui accompagne le rattachement à la France remet en valeur cette région laissée à l'abandon et en friche. Le vignoble conquiert le versant ensoleillée du Kirchberg. De belles demeures de vignerons, aux linteaux ornés de serpettes, s'édifient au XVIIIe siècle. De 20 feux en 1720, la population atteint une cinquantaine au milieu du siècle et 620 habitants lors du recensement de 1801.

La Révolution[modifier | modifier le code]

La Révolution française et l'Empire ne marquent pas spécialement la vie du village, mais constituent une transition entre le siècle qui s'achève et le XIXe siècle moins réjouissant malgré les reconquêtes politiques et sociales de la Révolution. Saint-Pierre-Bois doit faire face à une terrible épidémie de choléra qui frappe durement le village : 32 personnes meurent de cette maladie en 1849. D'autre part, le village n'arrive plus à nourrir une population qui atteint 869 habitants en 1871.

Les migrations[modifier | modifier le code]

De nombreux habitants sont tentés de quitter leur commune pour connaître une meilleure vie ailleurs. Certains vont s'établir aux États-Unis. Cette migration est encouragée par l'annexion allemande en 1871 qui suit la désastreuse guerre de 1870-1871. Elle est facilitée par la construction de la voie ferrée Val de Villé-Villé en 1891.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Pierre-Bois

Les armes de Saint-Pierre-Bois se blasonnent ainsi :
«D'argent à un étui de bois au naturel avec sa hachette de vigneron de sable emmanchée aussi de bois au naturel.» [1]

Note: "L"armorial de Communes du Bas-Rhin" donne une autre version (non officielle, le choix dépendant de la commune) : "D'argent à une gaine de serpette de sable posée en fasce"[2] dont une représentation est visible ici .

Les hameaux[modifier | modifier le code]

Hohwarth[modifier | modifier le code]

Appelé Villa Hohenwart en 1269. Il a la même origine que Saint-Pierre-Bois, dont il dépend, au civil comme au spirituel. Le couvent, qui se trouvait autrefois sur la montagne, ayant été détruit, un second couvent fut bâti plus tard derrière ce village, au pied de l'Ungersberg, et fut habité par les templiers jusqu'en 1312, époque de la dissolution de cet ordre. On appelle encore la place qu'il occupait Herrenhofstadt. À quelques centaines de pas de là, on voit une petite chapelle monumentale, construite en 1717, en expiation d'un sacrilège commis sur cette place. Vers 1312, on construisit, en haut du Hohwarth, un troisième couvent, qui fut détruit, en 1525, pendant la guerre des paysans. On en trouve encore des vestiges dans la forêt dite Klosterwald.

Lattenrain[modifier | modifier le code]

Lattenrain est localisé au lieu-dit du Klosterwald

le nom "curia nostra Lattenrein" est cité en 1269 parmi les biens cédés par l'évêque de Strasbourg à Rodolphe de Habsbourg; en 1303 dans le recensement des revenus de cette famille on trouve un " Mönchhof zum Lattenrain" (ferme de moines).

Hameaux disparus[modifier | modifier le code]

Hundswiller ou Hunschwiller[modifier | modifier le code]

Hundeswilre en 1269 dépendant de la paroisse de Saint-Pierre-Bois, fut détruit par les Suédois, qui gagnèrent, près de là, une bataille sur les troupes lorraines. On y voit encore des restes d'un large et profond fossé et de retranchements que les Lorrains avaient faits en travers de la route pour empêcher le passage des Suédois. Sur l'emplacement de Hundswiller se trouve un groupe de maisons appelé Hutten (cabanes), faisant partie de Saint-Pierre-Bois. La commune avait pour marque un étui de serpette ou de hachette. La localité n'a pas entièrement disparu : il reste quelques fermes éparses aux lieux-dits Hundswiller et Klein Hundswiller.

Uberscheer[modifier | modifier le code]

Localité regroupant des maisons faisant partie du Comte-Ban et située sur la rive droite de la Scheer. Cet habitat est cité en 1321 et dans l'urbaire de 1362 de l'évêché de Strasbourg qui recense les biens acquis en 1359. Ce hameau a pu disparaître à la suite d'une inondation provoquée par les crues du Giessen.

Gunderswiller[modifier | modifier le code]

Ce hameau a laissé peu de traces dans les archives ; c'était peut-être un hameau du Haut Moyen Âge, situé sur la Route du Sel et qui n'est jamais devenu un vrai village. Il a peut-être disparu au XVe siècle. Il ne figure plus sur la carte de Speckel en 1576. L'actuelle annexe des Hütten a peut-être été construite sur l'emplacement de Gunderswiller au début du XVIIIe siècle.

Ungersberg (920 m)[modifier | modifier le code]

Sur l'Ungersberg (920 m) on voit une pierre appelée Fachnestein avec un trou, dans lequel les paysans révoltés, avaient fixé, suivant la tradition, leur grande bannière, pendant que cette montagne leur servait de point de ralliement.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Daniel Gross[3]    
mars 2001 mars 2008 Daniel Gross    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 739 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
612 628 604 719 825 826 816 860 819
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
730 776 834 869 787 790 750 787 801
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
781 748 717 620 557 554 566 505 461
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
453 465 440 501 522 606 697 723 739
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Gilles à Hohwarth[modifier | modifier le code]

Église Saint-Gilles (Hohwarth).

L'église de Saint-Gilles se dresse sur une montagne qui est visible de très loin. Il domine le Val de Villé. La tradition rapporte la construction mouvementée de l'édifice à la place d'une ancienne chapelle démolie, où furent déposées les reliques de saint Gilles. L'église se dresse sur la colline du Kirchberg depuis 1788 comme l'atteste une pierre angulaire à gauche de la nef et au chœur. L'église se présente comme une vaste construction rectangulaire d'environ 26 m X 15 m, à laquelle est accolée, vers la droite un second rectangle de 5 x 15 m formant le chœur. Sur ce dernier vint se greffer la tour, clocher carré de 6 x 6 m. Le portail à deux battants s'ouvre sur la façade orientée au sud. Une porte latérale, à l'est, donne également accès à l'édifice qu'éclairent six grandes baies vitrées. C'est à cet endroit que les cisterciens de l'abbaye de Baumgarten proche de Bernardvillé introduisent au XIVe siècle probablement le culte de ce saint auxiliaire invoqué par les paroissiens et pèlerins pour guérir les maladies de la gorge et des oreilles. Le plafond est décorée d'un tableau de René Kuder peint en 1932 d'une surface de 6 x 4 mètres de forme ovale représentant saint Gilles apparaissant sur un nuage clair, rayonnant de sainteté, accompagné d'un ange.

Chapelle de Saint-Pierre-Bois[modifier | modifier le code]

Chapelle de Saint-Pierre-Bois.

Cette chapelle a été aménagé en 1867 afin d'éviter à la population du village de Saint-Pierre-Bois de grimper sur la colline en hiver pour assister aux offices de l'église de Saint-Gilles. Devant la cour du presbytère on trouve un puits daté de 1759.

Autel du Altkloster[modifier | modifier le code]

En quittant le hameau de Hohwarth en direction de Barr on peut apercevoir sur le bord du chemin au lieu-dit du Altkloster un autel en plein air dont la construction remonte à 1721. On prétend qu'à cet emplacement furent retrouvées des hosties qui avaient été jetées à la suite d'un vol du calice et du ciboire à l'église de Saint-Gilles le 20 septembre 1717. Ce petit monument trône en bordure de la D 253 à 600 mètres au sud du carrefour avec la CD 203.

Calvaires[modifier | modifier le code]

Calvaire se trouvant au Hohwarth à côté de l'église Saint-Gilles.

On relève sur le banc de Saint-Pierre-Bois treize calvaires, sept oratoires et un autel de plein air, un bildstock. D'après une chronique du curé Kramer, deux croix auraient été enterrées pendant la Révolution.

Maison des Suédois[modifier | modifier le code]

La maison des Suédois est une ancienne demeure qui aurait servi de quartier général aux troupes suédoises pendant la guerre de Trente Ans(1616-1648). C'est l'une des rares maisons au XXe siècle qui a résisté à ce conflit. Le linteau de la porte d'entrée porte la date de construction et un soc de charrue couché. Un linteau de fenêtre porte une date ultérieure, ce qui atteste une transformation de l'édifice. Au début du XXe siècle, la bâtisse comporte encore quelques tuiles canal médiévales.

Puits à Margelle (Maison des Suédois)[modifier | modifier le code]

Les puits sont rares dans la vallée, où l'on rencontre plus souvent des fontaines. Ce puits à Margelle, comme la bâtisse qui lui est attenante, est antérieur à la guerre de Trente Ans.

Châteaux de l'Ortenberg et du Ramstein[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de l'Ortenbourg.
Article détaillé : Château de Ramstein.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Val de Villé, un pays, des hommes, une histoire édité sous le patronage de la Société d'histoire du Val de Villé et de la Communauté des communes du canton de Villé, 1995.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la commune : http://saintpierreboishohwarth.wordpress.com/
  2. Source : "L'Armorial des communes du Bas-Rhin", Edition des Archives départementales du Bas-Rhin.
  3. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011