Chasseur à pied

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Un chasseur est un fantassin, de l'infanterie légère, c'est-à-dire un soldat combattant à pied, de l'armée française. Le bataillon de chasseur est plus mobile ou plus spécialisé que le régiment classique d'infanterie.

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Infanterie légère.

La première mention du terme de chasseur, dans un contexte militaire en France, apparaît en 1743, pendant la guerre de Bohême, avec la création des chasseurs de Fischer, une troupe francs-tireur de l'armée royale, composée de quatre cents fantassins et de deux cents cavaliers. Cette unité se transforme en 1761, après la mort de Fisher, en un corps mixte de huit cents hommes, les Chasseurs Dragons de Conflans. D'autres troupes légères apparaissent, comme les arquebusiers de Grassin en 1744 et les fusiliers de Molière, en 1745, les volontaires de Gantès, les volontaires Bretons et les volontaires du Dauphiné en 1746, les volontaires du Hainaut en 1747 et les Volontaires royaux.

En 1763, toutes ces troupes sont transformées en six légions, comprenant chacune huit compagnies de dragons, huit de fusiliers et une de grenadiers, il existe : la légion de Conflans, la légion de Clermont-Prince (légion de Condé, en 1766) la légion du Hainaut (légion Loraine, en 1768), les volontaires de Soubise (devient 6e légion de Soubise, en 1768), volontaires de Flandres.

À partir de 1776, le comte de Saint-Germain, lors de la réforme, fait former par les 108 régiments d'infanterie, deux compagnies d'élite, une de grenadier et une de chasseurs, en incorporant toutes ces unités disparates. En 1784, cependant six nouveaux bataillons indépendants sont recréés, pour appuyer les régiments de chasseurs à cheval, ce sont les bataillons de chasseurs des Alpes, des Pyrénées, des Cévennes, des Vosges, du Gévaudan et des Ardennes. Par la suite, en 1787, les bataillons sont de nouveau séparés des chasseurs à cheval, et six nouveaux sont créés. Ces douze bataillons prennent, le nom de leur région de recrutement, on a ainsi trois bataillons de chasseurs royaux de Corse, du Dauphiné, de Provence, et neuf bataillons de chasseurs corses, cantabres, bretons, d'Auvergne, des Vosges, des Cévennes, du Gévaudan, des Ardennes, du Roussillon. Ces troupes portent une tenue distinctive, vert forestier, et des cors de chasse apparaissent sur le retroussis de l'habit.

Révolution et Premier Empire[modifier | modifier le code]

La compagnie de chasseurs des régiments d'infanterie, est transformée en deuxième compagnie de grenadier, dès 1789. Les bataillons indépendants subsistent, parfois épaulés par des unités de volontaires, comme les chasseurs de Vandamme ou les chasseurs basques. Avec la réforme de l'armée de 1793, les bataillons indépendants de chasseurs et les unités volontaires sont amalgamées, pour former les demi-brigade d'infanterie légère, les tenues vertes sont abandonnées au profit de la tenue bleue de la ligne. Au moment de la réforme de 1796, il existe trente et une demi-brigades légères. Ces dernières en lieu et place des compagnie de fusiliers, emploient les chasseurs pour former les compagnies du centre, ou de ligne. La demi-brigade, puis le régiment d'infanterie légère, comprend alors quatorze, puis douze compagnies de chasseurs, qui sont appuyées par des voltigeurs et des carabiniers. Par la suite Napoléon Ier, en fixe le nombre à vingt-sept, la carabine peu pratique, est elle aussi délaissée au profit du fusil standard de l'infanterie. Au sein de la Garde impériale, Napoléon Ier emploie aussi plusieurs régiments d'élite, formés uniquement de chasseurs, ce sont les 1er et 2e chasseurs, ainsi que le 1er régiment de fusiliers-chasseurs.

Chasseur à pied 1840

À la Seconde Restauration, chacune des légions départementales est censée comporter un bataillon à huit compagnies de chasseurs à pied. Par la suite en 1820, sont recréés de nouveau des régiments d'infanterie légère, mais comme leurs équivalents du Premier Empire, seuls quelques détails sur la tenue, comme le rétablissement des tenues vertes, les distinguent encore de la ligne.

Les chasseurs de Vincennes[modifier | modifier le code]

De nouveaux progrès dans la fabrication des armes à feu permettent l’émergence d’un nouveau type d'infanterie légère. En 1833, Delvigne met au point une carabine rayée, presque aussi facile à charger qu'un fusil. La création d'unités de compagnies franches de franc-tireurs, pourtant décidée, n'est pas appliquée, et il faut attendre que le colonel Pontcharra perfectionne l'arme de Delvigne, en lui adjoignant un sabot permettant de forcer la balle à l'intérieur du canon, pour que l’idée soit enfin exploitée. Ferdinand-Philippe d'Orléans crée alors, avec l'aide de Charles d’Houdetot, une unité d’infanterie spéciale, pour expérimenter de nouvelles tactiques d’infanterie légère, la Compagnie de chasseurs d'essai, casernée à Vincennes. Armés de carabines Delvigne-Pontcharra modèle 1837, équipées d'un sabre-baïonnette, ces fantassins subissent une instruction très poussée sur le tir, pratiquant le tir couché et à l'aide de la hausse. Ils sont aussi pourvus d'une tenue plus commode et légère que l'infanterie de ligne, éliminant les buffleteries blanches, au profit d'un ceinturon noir plus discret et moins gênant, la tunique est bleue, le pantalon bien que garance, est d’une coupe large. Satisfait, lors d'une revue le , Louis-Philippe décide d'augmenter l'effectif et de former un bataillon provisoire à six compagnies. Formée le 14 novembre, l'unité est définitivement adoptée par l'ordonnance du 28 août de l'année suivante. La tenue est de nouveau repensée et on adopte le bleu-roi avec un liseré jonquille. Le bataillon part alors pour l’Algérie, sous le commandement de son parrain, le duc d’Orléans.

L’essai est concluant et le , on crée dix bataillons de chasseurs à pied, non enrégimentés. Ces unités sont formées au camp d’Helfaut, près de Saint-Omer, jusqu’au . Elles reçoivent leur drapeau des mains du Roi Louis-Philippe le . Les bataillons rejoignent ensuite leurs garnisons. Le Ier bataillon est à Metz, le 2e à Vincennes, le 4e à Besançon, le 7e à Strasbourg et le 9e à Toulouse. Les 3e, 5e, 6e, 8e et 10e bataillons partent alors pour l’Algérie. Face aux troupes d'Abd El-Kader, ils se couvrent de gloire à plusieurs reprises, et en particulier à la bataille de l'Isly et celle de Sidi-Brahim. Cette dernière devient l’emblème de ce nouveau corps de troupe. Suite à la mort de leur parrain, le 13 juillet 1842, le 19 juillet, les bataillons deviennent des bataillons de chasseurs d’Orléans : ils gardent officiellement cette dénomination jusqu’à l’avènement de la Deuxième République, en 1848, où ils reprennent celle de chasseurs à pied.

À l’approche de la guerre de Crimée, en 1853, Napoléon III décide de créer dix bataillons supplémentaires. Douze bataillons de chasseurs sont engagés dans la campagne. Il forme aussi un bataillon de la Garde. La 3e série de bataillon de chasseurs à pied est créé le , le 21e se forme à Metz, tandis que le 22e se constitue à Grenoble. Tous deux sont dissous en 1856. Le 21e bataillon de chasseurs à pied est réorganisé[1] le à Saint-Denis. Ces vingt-et-un bataillons de chasseurs à pied combattent lors de la guerre franco-prussienne de 1870, ils sont rejoints par trente-quatre bataillons de marche, formés par les compagnies de dépôt. À la fin de la guerre, le nombre de bataillons de chasseurs à pied est fixé à trente, le bataillon de la Garde devenant le vingt-quatrième. Les bataillons de chasseurs participent alors à de nombreuses expéditions coloniales françaises, en Tunisie pendant l'année 1881, au Tonkin et en Annam, où le 11e BCP se distingue, à Madagascar, en 1895, où est envoyé un bataillon provisoire, le 40e BCP, formé de volontaires.

La spécialisation[modifier | modifier le code]

Il faut bien noter que les diverses et successives spécialisations des chasseurs à pied ne changent rien à leur appellation ou tradition. D'ailleurs certains « numéros » sont passés d'une spécificité à une autre, et ceci même à plusieurs reprises.

Après la guerre de 1914-1918 par exemple les 9e, 15e, 18e, 20e et 25e bataillons de chasseurs à pied ont été alpinisés, alors que le 30e bataillon alpin est redevenu « à pied ».

Le 24e bataillon de chasseurs à pied est devenu alpin en 1888, puis est devenu « porté » puis mécanisé à la fin de la 2e Guerre mondiale et enfin est redevenu alpin, après sa dissolution en 1991. Cela prouve bien que mécanisé, porté, cycliste, aéroporté (5e), parachutiste (10e) ou alpin, il n'est que chasseur à pied…


Les chasseurs alpins[modifier | modifier le code]

Suite aux initiatives du lieutenant-colonel Zédé et du commandant Arvers, qui explorent les possibilités de guerre en milieu montagnard, en 1888, douze des bataillons sont transformés en bataillons Alpins de Chasseurs à pied, spécialisés dans le combat en milieu montagneux.

Ces douze unités sont regroupées dans deux corps de montagne :

La création de ces nouvelles forces adaptées au combat dans le massif des Alpes répond à une dégradation des relations avec l'Italie, qui vient d'adhérer en 1882 à la Triplice.

Chacun des bataillons est formé de six compagnies de 154 hommes, sous le commandement d'un chef de bataillon, ou d'un lieutenant-colonel.

L'équipement spécialisé, sommaire dans les premiers temps, se perfectionne au fur et à mesure que la troupe prend de l'expérience dans ce nouveau milieu. La coiffe choisie est la tarte ou galette, un béret très large que l'on plaque sur l'oreille droite. Un bâton de montagne avec une poignée en forme de corbin complète la tenue, mais par la suite le piolet, les skis, et les raquettes font leur apparition dans les compagnies.

Les groupes de chasseurs cyclistes[modifier | modifier le code]

Les premières expériences avec la toute nouvelle bicyclette ont lieu dès 1899, au sein d'unités provisoires de chasseurs à pied. Les essais étant encourageants, chacun des 2e, 4e, 9e, 18e et 25e BCP forment alors en 1903 une sixième compagnie, dotée de la bicyclette pliante Gérard.

En 1913, dix des BCP constituent un groupe cycliste, destiné à être intégré aux divisions de cavalerie. Ces nouvelles unités, gardent la tenue bleue des chasseurs, mais aussi l'écusson du corps dont ils sont issus, à savoir 1er, 2e, 4e, 13e, 15e, 18e, 19e, 25e, 26e et 29e BCP.

Au cours de la guerre, quatre des groupes sont dissous, puis le 2e en 1923, les cinq derniers subsisteront jusqu'au 5 mai 1929, leurs traditions étant alors reprises par les bataillons de dragons portés, alors en formation au sein des divisions légères de cavalerie.

La Grande Guerre et les diables bleus[modifier | modifier le code]

Pendant la Grande guerre, les chasseurs sont répartis en 78 bataillons (31 d'active, 31 de réserve, 7 bataillons alpins territoriaux et 9 bataillons de marche). Chaque division d'infanterie devant en principe se composer d'au moins un bataillon de chasseurs (BCA ou BCP).

En 1913 est créé le 31e BCP ; à l'entrée en guerre, il existe donc trente et un bataillons d'active de chasseurs à pied ou alpins. Ils forment chacun un bataillon de réserve, dont le numéro est celui du corps d'origine augmenté de quarante, donnant ainsi du 41e au 71e bataillons. De plus, sept bataillons de chasseurs alpins territoriaux sont créés, et neuf bataillons de marche, les 32e, 102e, 106e, 107e, 114e, 115e, 116e, 120e et 121 e BCP sont créés. Il existe alors soixante dix-huit bataillons de chasseurs à pied et alpins, et dix groupes cyclistes. Trois divisions furent entièrement formées par des unités de chasseurs, les 46e, 47e et 66e divisions d'infanterie.

Le bataillon de chasseurs à pied, en 1914, a un effectif théorique de 30 officiers et 1700 hommes, répartis en six compagnies, une section hors rang et une section de mitrailleuses. Le bataillon de chasseurs alpins a un effectif un peu moindre avec 32 officiers et 1500 hommes.

Devant leur combativité et leur opiniâtreté, les Allemands surnomment les chasseurs, schwarze Teufel, les diables noirs qui deviennent en français les Diables bleus en référence à leur tenue sombre. Le surnom a été donné pour la première fois aux chasseurs alpins, qui se battaient en 1915 sur le front des Vosges au côté des Diables rouges, surnom donné aux fantassins du 15/2 (152 R.I).

Plusieurs bataillons sont engagés à l'extérieur, le 58e dans l'Armée d'Orient, le 6e BCA à Corfou et deux des divisions bleues, les 46e et 47e divisions d'infanterie sont envoyées au secours de l’armée italienne à partir de l’automne 1917.

Garnisons des bataillons en 1914[modifier | modifier le code]

Composition des bataillons de chasseurs[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la composition théorique des bataillons de l'armée active à la veille de la guerre.

Le bataillon est commandé par un chef de bataillon. Son effectif total est d'environ 30 officiers et 1 700 hommes. À noter que l'effectif réglementaire des bataillons de chasseurs alpins était de 32 officiers et 1 550 hommes.

Chaque bataillon de chasseurs à pied est constituée de

  • 6 compagnies de 250 hommes commandées par un capitaine. Chaque compagnie est elle même divisée en 4 sections. Chaque section s'articule en 2 demi-sections, soit 4 escouades.
    Une escouade comprend 15 chasseurs placés sous le commandement d'un caporal.
    L'effectif d'une compagnie comprend :
  • une section hors- rang qui comprend des artificiers, armuriers, secrétaires, ordonnances, sous-officiers d'approvisionnement, maréchaux-ferrants, bouchers et conducteurs,
  • une section de mitrailleuses de 2 pièces.

Décorations[modifier | modifier le code]

Au cours de la Grande Guerre, les unités de chasseurs obtiennent :

Pertes[modifier | modifier le code]

L'effectif total des corps de chasseurs, d'environ 72 000 hommes, est constamment renouvelé car les pertes totales dans ces unités au cours de la guerre sont de 82 000 morts.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

À l'armistice, les bataillons de réserve, territoriaux et de marche sont dissous, faisant retomber le nombre de bataillons à trente et un. Mais ces unités ne restent pas inactives, outre les tâche d'occupation en Rhénanie, sept bataillons sont envoyés soutenir le gouvernement polonais contre l'offensive de l'Armée rouge (6e, 7e, 13e, 15e, 23e, 24e et 27e BCA et le 29e BCP), entre 1920 et 1924. Par la suite, les 15e, 23e, 24e 25e et 27e BCA, participent à la pacification du Rif, au Maroc, en 1925, alors que les 7e et 13e BCA, sont envoyés en Tunisie

En 1929, une nouvelle vague de suppression, réduit le nombre de bataillons à vingt et un. Cependant en 1937, sont recréés les 5e et 17e comme bataillons de chasseurs portés, embarqués sur des tracteurs Lorraine, et destinés à former l'infanterie des futures divisions cuirassées de réserve.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Garnisons des bataillons de Chasseurs en 1939[modifier | modifier le code]

Chasseurs à pied 
Chasseurs alpins
Chasseurs portés

Les chasseurs durant le conflit[modifier | modifier le code]

À la mobilisation, sont formés huit nouveaux bataillons, ainsi que quinze bataillon de réserve A, numérotés de 41 à 71. Sont aussi formés le 199e bataillon de chasseurs de Haute Montagne, issu de l'école de Haute Montagne de Chamonix, et dix bataillons de chasseurs pyrénéens, numérotés de un à dix.

En février 1940, les 4e et 16e BCP sont eux aussi transformés en bataillon de chasseurs portés. En avril, deux demi-brigades, la 5e et la 27e, sont envoyées en Norvège, lors de l'expédition de Narvik.

Suite à l'armistice, seuls subsistent les 1er (Belley), 2e (Jujurieux), 8e (Magnac-Laval), 10e (Neuville/ain), 16e (Limoges) et 30e (Confolens) BCP, ainsi que les 6e (Grenoble), 13e (Chambery), 20e (Digne), 24e (Hyères), 25e (Hyères) et 27e BCA (Annecy).

Au sein des Forces françaises libres, il existe un éphémère bataillon de chasseurs d'Angleterre, constitué avec les éléments rapatriés de Norvège, qui est fondu dans la 1re division française libre, en 1941.

Le est créé au camp de la Valbonne (Ain) le 33e bataillon de chasseurs à pied. Formé pour aller combattre en Syrie, les combats ayant cessé au Levant le 14 juillet, cet éphémère bataillon est dissous le lendemain 15 juillet.

Les unités de l'armée de Vichy sont dissoutes lors de l'invasion de la France libre en novembre 1942. Seul le 2e BCP se distingue au moment de la défense du camp retranché de Toulon, envahi le 27 novembre, entrainant le sabordage de la flotte.

Les anciens cadres et chasseurs constituent cependant la base de nombreux maquis de la résistance, ainsi celui des Glières, où participent de nombreux anciens chasseurs du 27e BCA. C'est pourquoi à la Libération, de nombreuses unités FFI se transforment en une vingtaine de bataillons de chasseurs, qui sont engagés aussi bien sur les poches de l'Atlantique qu'en Allemagne.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Après guerre, il existe dix-neuf bataillons, dont quatre en France (1er, 5e, 17e et 31e), neuf au sein des Forces françaises en Allemagne (2e, 4e, 8e, 16e, 19e, 20e, 24e, 29e et 30e), et six au sein de la 27e division alpine, alors en Autriche.

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Seule une compagnie de marche, formée par les alpins des 6e, 11e, 13e et 27e BCA est envoyée en Indochine, crée le 01/01/1947 commandée par le Capitaine Desserteaux mais le 10eB.C.P recréé en 1947 au Maroc, comme 10e bataillon parachutiste de chasseurs à pied, est envoyé au Tonkin en 1950, puis dissous en août 1952 et transformé en 3e bataillon de parachutistes de la nouvelle armée vietnamienne.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Par contre, la guerre d'Algérie, provoque la création en masse de nouvelles unités de chasseurs, remontant provisoirement leur nombre à vingt-sept. Ainsi trois bataillons sont composés de soldats du contingent émanant du grand ouest formés au centre d'instruction de Granville, le 28e BCA qui agit dans le secteur de Sidi Aïch (vallée de la Soummam), le 29e BCP est basé à El Kseur (avec son commando de chasse de PK 17: le V 94), sur la Soummam et le 31e BCP dans la région de Tiaret. En Tunisie 3 bataillons le 12 le 14 le 25 dans la région du Kef, sous le commandement du colonel Putz tué à Laverdure, Algérie le .

Le déclin[modifier | modifier le code]

Après la guerre d'Algérie, l'effectif des chasseurs diminue de nouveau. Ils se répartissent en deux spécialités, alpins et portés, qui plus tard sont qualifiés de « mécanisés ». Si les unités alpines conservent l'appellation traditionnelle de bataillon, les anciens chasseurs à pied, devenus « portés » ou « mécanisés », deviennent des groupes de chasseurs.

Les groupes de chasseurs mécanisés sont alors au nombre de sept (1er, 2e, 8e, 16e, 19e, 24e et 30e GC) et les bataillons alpins, de cinq (6e, 7e, 11e, 13e, 27e BCA). Il existe aussi plusieurs unités de réserve, les 15e, 22e, 53e et 67e BCA et les 10e, 29e, 31e BCP et le 41e GCP. Avec l'abandon de la conscription, leur nombre diminue encore de façon drastique : en 1994, il ne subsiste plus que trois groupes de chasseurs mécanisés, les 8e, 16e et 19e GC. Finalement, seul le 16e réussit à échapper à la dissolution. Toutes les unités de réserve, elles, sont supprimées. Du côté des alpins, la fonte est moins importante, puisqu'il existe encore trois bataillons de chasseurs alpins, les 7e, 13e et 27e, de plus le 24e GC basé à Tübingen dans le cadre des FFA (Forces Françaises en Allemagne) dissous en 1991, voit ses traditions reprises par le Centre d’entraînement de montagne de Barcelonnette (CIECM), qui devient le 24e BCA, en octobre 1993, mais il est dissous a son tour définitivement en 2008.

Redevenu 16e Bataillon de chasseurs, le 16e BC, unique unité de chasseurs mécanisés, est transféré en France en 2010. Il s'implante à Bitche en lieu et place du 57e Régiment d'artillerie, dissous.

Les traditions des Chasseurs à pied[modifier | modifier le code]

Le drapeau unique[modifier | modifier le code]

Les chasseurs sont regroupés au sein de bataillons ou de groupes indépendants, qui ne dépendent pas de régiments. Le drapeau étant un insigne régimentaire, il fut décidé de n'en remettre qu'un seul pour tous les corps de chasseurs, que les unités gardent à tour de rôle. Le 1er drapeau est remis au 2e BCP, par Louis-Philippe Ier, le . Cet unique drapeau porte en conséquence, tous les faits d'armes accomplis par les différents bataillons.

  • Le deuxième drapeau (1848-1852)
  • Le troisième drapeau (1852-1854)
  • Le quatrième drapeau (1854-1870)
  • Le cinquième drapeau (1870-1880)
  • Le sixième drapeau (1880-1902-1925)
  • Le septième drapeau (1925-1960)
  • Le huitième drapeau (1942-1942-1945)
  • Le neuvième drapeau (1945-1950)
  • Le dixième drapeau (1950-1960)
  • Le onzième drapeau (1960)

La hampe était surmontée d'une pique dorée portant à base dans un cartouche oblong, sur la face: « R.F. », et sur le revers: « Chasseurs à pied ».

Inscriptions sur la soie

Les fanions[modifier | modifier le code]

De bataillon 

Les fanions des bataillons étaient originellement de couleur verte et jonquille (la tradition des chasseurs veut qu'on ne prononce pas le mot "jaune" qui est remplacée par "jonquille") puis ont varié entre 1873 et 1914, certains étaient bleu et jonquille, d'autres encore tricolores. C'est le fanion bleu et jonquille qui a fini par l'emporter. Le modèle original est composé d'un carré d'étamine de 0,50 m x 0,50 m, coupé diagonalement à hauteur du bâton, le triangle inférieur bleu foncé, le triangle supérieur jonquille. Le cor traditionnel encadre le numéro du bataillon.

Le 24e GC a toujours conservé les couleurs verte et jonquille du fanion des chasseurs de la garde dont il est l'héritier.

De compagnies

L'uniforme[modifier | modifier le code]

Les chasseurs portent la tenue bleue avec l'insigne du bataillon comportant un cor de chasse.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2c/Insigne_des_bataillons_Chasseurs.jpg

Les refrains des bataillons[modifier | modifier le code]

Par tradition, chaque Bataillon ou Groupe sonne un refrain spécifique. Il est de tradition de les connaître tous, et ceci fait partie du "baptême chasseur" que subit tout officier entrant au corps.

Refrain commun à tous les Bataillons et Groupes : "Les chasseurs en avant, l'artillerie au milieu, les bifins, les bifins en arrière. Les chasseurs en avant, l'artillerie au milieu, les bifins, les bifins à la queue"

24°GC : « Tout le long du bois, j'ai baisé Jeanette, tout le long du bois j'l'ai baisée trois fois »

30°GC : « il était un p'tit homme tout habillé de bleu, nom de Dieu »

Les chants traditionnels[modifier | modifier le code]

  • La Sidi-Brahim
  • La Protestation : 1re strophe :

Nous sommes trente mille braves,
aux képis sombres, aux manteaux bleus,
et nous voyons même les zouaves
derrière nous courir au feu.

Vous qui voulez qu'on nous supprime,
qu'avez-vous à nous reprocher ?
En guerre, en paix, notre seul crime,
c'est de savoir trop bien marcher.

Ne touchez pas aux corps d'élite
chasseurs, chasseurs, pressons le pas.
Nous voulons bien marcher plus vite,
mais qu'on ne nous supprime pas !

Encore un carreau d'cassé,
v'là l'vitrier[2] qui passe,
Encore un carreau d'cassé,
v'là l'vitrier passé… Il est passé ! »"

Le vocabulaire[modifier | modifier le code]

Les chasseurs emploient traditionnellement tout un vocabulaire, destiné particulièrement à se distinguer de l'infanterie de ligne. Ainsi, on ne dit pas :

  • la musique du bataillon mais la fanfare
  • le tambour mais la caisse claire
  • la caserne mais le quartier
  • l`uniforme mais la tenue
  • la capote mais le manteau
  • jaune mais jonquille
  • rouge mais bleu-cerise, sauf pour le drapeau, la légion d'honneur et les lèvres de la femme aimée... Quant au sang, il est vert , car le sang vert c'est pour la France (sang versé pour la France).
  • la fanfare ne joue pas mais sonne.

Par contre on appelle :

  • la tarte : le grand béret du chasseur alpin,
  • le pas chasseur : le pas accéléré de défilé de l'unité de chasseurs à la cadence de 140 pas/minute,
  • le coup de bouc : le mouvement du menton vers le haut lors de la prise de position garde-à-vous[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. In Les CHASSEURS à PIED, Revue Historique de l'Armée Français, numéro spécial p.28, 1966, 194 p.
  2. Sous la monarchie de juillet, les patelettes en toile cirée du sac des chasseurs à pied brillaient au soleil, tels les carreaux de verre portés également sur le dos par les vitriers.
  3. Les chasseurs ont longtemps porté le bouc.

Chasseurs à pied (personnalités)[modifier | modifier le code]

Unités de chasseurs à pied[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvick Herniou et Éric Labayle, Répertoire des corps de troupe de l'armée française pendant la grande guerre, Tome 2, Chasseurs à pied, alpins et cyclistes, Unités d'active de réserve et de territoriale, Éditions Claude Bonnaud, Château-Thierry, 2007, 446 p., broché 14x24 (ISBN 978-2-9519001-2-7)
  • Revue historique de l'armée française, Numéro spécial no 2, Les Chasseurs à pied, Paris, 1966, 196 p.
  • Arnaud de Vial, La Guerre d'Algérie
    • Tome 1, Ceux de Cherchell, sur la prestigieuse École où ont été formés tous les officiers de réserve qui ont été affectés dans les bataillons de Chasseurs, pendant la guerre d'Algérie. 2010. Éditions Jeanne d'Arc.
    • Tome 2, Le Courage des morts (ISBN 2-911794-84-2)
      • L'histoire vécue du 31e BCP en Algérie, 1959-1962
      • L'histoire vécue du huitième Groupe de Chasseurs Portés en 1962 au moment de l'affaire des missiles de Cuba, Éditions Jeanne d'Arc, 2010
  • Yvick Herniou, Ephéméride des chasseurs, Éditions Muller, 1993.

Liens externes[modifier | modifier le code]