Villé

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Villé
église Notre-Dame de l’Assomption
église Notre-Dame de l’Assomption
Blason de Villé
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Villé
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Villé
Maire
Mandat
André Frantz
2014-2020
Code postal 67220
Code commune 67507
Démographie
Population
municipale
1 828 hab. (2011)
Densité 644 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 40″ N 7° 18′ 17″ E / 48.3444, 7.304748° 20′ 40″ Nord 7° 18′ 17″ Est / 48.3444, 7.3047  
Altitude Min. 253 m – Max. 470 m
Superficie 2,84 km2
Localisation

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Villé est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Villé
Saint-Martin (Bas-Rhin) Breitenbach (Bas-Rhin) Albé
Villé Triembach-au-Val
Bassemberg, Lalaye Neuve-Église (Bas-Rhin)

Situation[modifier | modifier le code]

Situé à 15 km de Sélestat sur le versant oriental du massif des Vosges, Villé est le centre administratif, économique et commercial d'un canton composé de 18 villages disséminés dans une région vallonnée. Le Giessen qui arrose la cité est un affluent gauche de l'Ill.

Le chef-lieu de canton, à 15 km environ au nord-ouest de Sélestat, s'est établi au point stratégique du Val de Villé, c'est-à-dire à la jonction de l'avant-vallée, large et aérée, et des deux vallées supérieures qui mènent aux cols de Steige (vers la haute vallée de la Bruche) et d'Urbeis (vers le bassin de Saint-Dié). Le chef-lieu, jadis fortifié, contrôle ainsi les passages entre la plaine d'Alsace et la Lorraine.

Le bourg s'est installé entre le Giessen d'Urbeis et le Giessen de Steige, peu avant le confluent des deux rivières dont les eaux épousent partiellement le tracé des anciennes fortifications. L'agglomération se développe actuellement le long des voies de communications qui rayonnent du centre, ainsi que sur les coteaux environnants qui sont recherchés par la beauté du site (Schrann, Luttenbach). Altitude au centre du bourg : 275 m.

Le territoire communal, vaste de 284 ha seulement, prendre en écharpe les vallées et vallons qui convergent dans ce secteur soit :

– la vallée du Giessen d'Urbeis en direction de Bassemberg ;
– les premières pentes du massif boisé de la Honel (475 m au Scheibenberg) ;
– la vallée du Giessen de Steige en direction de Saint-Martin_(Bas-Rhin) ;
– le vallon d'Albé, encadré par les hauteurs déjà escarpées de la Sohl(446m) et de la Schrann (400m) ;
– en rive droite du Giessen, le finage déborde quelque peu sur les glacis du Comte-Ban, assez fortement incisés par la rivière (présence d'anciennes terrasses de culture bien visibles de la cité ouvrière FTV jusqu'à Bassemberg.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En alsacien : Willer.
Le nom du chef-lieu de canton est dérivé de villare qui désigne un domaine rural à l'époque franque. La première mention du lieu, Wilre, est relevée dans une fausse charte du XIIIe siècle. On trouve également mention de Wilre in Valle Alberti (1241), Wihr (1303) dans le terrier des Habsbourg, Wihr encore en 1371, 1419 et 1464, Villiers en 1525, Weiler en 1633, Weyler en 1685, Weiller au XVIIIe siècle, Weyller en 1793, Villé en 1870, Weiler pendant les périodes d'occupation allemande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ancienne seigneurie appartint aux Habsbourg, aux Fugger, puis à une branche de la maison de Choiseul.

Villé est campé au cœur de la Vallée Albertine (lAlbrechtstal), au confluent du Giessen d'Urbeis et du Giessen de Steige. La localité se situe à la bifurcation de l'antique Route du Sel et du chemin de Saint-Dié par le col d'Urbeis. En position stratégique, le bourg commande ainsi l'accès aux deux vallées supérieures et à leur col. Cette situation a peut-être conféré à Villé un rôle important dès le Haut Moyen Âge. Le village s'est probablement formé autour d'une « cour » carolingienne prenant le relais d'une occupation gallo-romaine établie sur la route évoquée ci-dessus.

Les premières mentions du lieu ne sont guère fiables ; toutes figurent dans de fausses chartes, comme cet acte de 1120 du pape Calixte II confirmant, pour les besoins du faussaire ou de son commanditaire, la donation faite par Adelaïde, nièce de Werner de Hurningen (fondateur de l'abbaye de Honcourt), de l'église, des rentes et dîmes de Villé.

Le centre historique du bourg se situe probablement sur la butte portant l'actuel presbytère. À ses pieds, l'église et l'ancien cimetière fortifié, entouré d'un profond fossé comblé au XVIIIe siècle lors de la reconstruction de l'église. Ce quartier est aujourd'hui encore connu sous l'appellation de « Schloessel » (le petit château). La tradition populaire veut qu'un castel y ait été implanté, résidence des Hurningen-Hohenberg-Ortenberg avant la construction du château d'Ortenberg (château de l'Ortenbourg)(1624). Aucune preuve historique ou archéologique ne peut toutefois sérieusement étayer cette hypothèse.

Le bourg, ayant acquis une certaine importance, est doté d'une enceinte portant 9 tours. La première mention de ces fortifications date de 1471. Il est possible toutefois qu'elles soient beaucoup plus anciennes (certains auteurs avancent, sans preuves, les dates de 1290 ou de 1330). Les trois quarts du fossé sont directement constitués par les lits des deux Giessen d'Urbeis et de Steige. On accède à l'intérieur des murs par l’Obertor (porte de Bassemberg, démolie en 1814) et l’Untertor (porte du faubourg, rasée en 1857). De ces fortifications ne subsistent aujourd'hui que de rares pans de murs et l'ancienne « prison », rue de l'Abattoir.

Le terrier des Habsbourg établi en 1303 par Von Fricke, relève les contributions versées par la localité. Y figurent par exemple 40 chapons et 5 livres de poivre que le bourg prélève sur les épiciers et marchands. On peut supposer que Villé possède déjà le statut de « Marktflecken » (place de marché). Corvées diverses (entretien de l'ancienne Route du Sel et dîmes versées à Honcourt) grèvent également les revenus.

L'administration communale revient au « Meier » (du latin major), fonctionnaire seigneurial. Villé en compte deux. Le premier avait autorité sur la partie supérieure de l’Albrechtstal (de Saint-Martin à Colroy), le second sur la vallée inférieure (de Triembach à Urbeis). Les « Meier » président notamment les réunions des bourgeois et organisent l'élection des fonctionnaires communaux et des sept échevins (Schoeffen ou Sybner).

Le tribunal de Villé veille à l'observation du droit coutumier, plus tard à celui du « Fleckenrecht ». L'existence d'un gibet (Galgen) qui a donné son nom à un lieu-dit (Galgenrain) peut laisser supposer qu'on exerce également la haute justice. Celle-ci n'est toutefois pas du ressort du tribunal de Villé, mais plutôt de celui du bailli (Vogt) de l'Ortenberg, siégeant avec quelques assesseurs pris dans les localités de la seigneurie.

L'histoire de Villé est jalonnée par plusieurs épisodes militaires qui, à défaut d'être scrupuleusement attestés par les archives, figurent dans la mémoire collective ou la tradition. Les destructions du 1er janvier 1262 sont probables, lorsque Walter de Geroldseck, évêque de Strasbourg, fait ravager les territoires des Habsbourg. On peut supposer que le bourg souffre également en 1374 lorsque le duc Jean de Lorraine se venge des incursions menées par les Müllenheim de Strasbourg, alors engagistes de l’Abrechtstal. On peut également imaginer que les Armagnacs (les Schinder = écorcheurs) s'intéressent aux richesses du bourg lors de leurs incursions de l'hiver 1444-1445.

Placé sur la route directe reliant l'Alsace centrale à la Lorraine, Villé voit le passage des troupes bourguignonnes de Pierre de Hagenbach (1470) et, en 1525, de l'armée d'Antoine de Lorraine. Celui-ci campe entre le bourg déserté par ses habitants et les ruines de Honcourt, au retour de la bataille de Scherwiller (20 mai 1525) où il écrase les paysans révoltés réunis sous la bannière du« Bundschuh». Villé est d'ailleurs condamné l'année suivante à Ensisheim pour sa participation au sac de Honcourt.

Comme pour le reste de la vallée, la guerre de Trente Ans est certainement source de dévastations, en particulier lors du passages des « Suédois » (mai 1633). C'est en 1648 que Villé et la seigneurie autrichienne de la vallée passent à la couronne de France. Ce sont successivement Conrad de Zurlauben (1681) et son héritier Henri-Louis de Choiseul-Meuse (1711) qui administrent la seigneurie. Ils possèdent une résidence au bourg.

La Révolution marque la fin de l'ordre seigneurial. La municipalité est instituée le 22 décembre 1789. On élit un maire, un procureur, cinq fonctionnaires municipaux et douze notables. L'église, reconstruite peu avant, est même coiffée d'un bonnet phrygien en tôle sur sa tour !

Lorsque le Premier Empire s'effondre, Villé connaît de nouveaux passages de troupes et l'occupation par les troupes alliées, autrichiennes en l’occurrence (1814-1816). Le territoire communale à connu une exploitation de houille au XIXe siècle suite à l'accord d'une concession[1]. Après la guerre de 1870 avec son cortège d'optants et de réfractaires, la fin du XIXe siècle voit enfin une « modernisation » progressive du bourg : raccordement du chemin de fer (1891), construction de deux ateliers textiles relayés au début du XXe siècle par les premières usines (voir Industrie et Économie (à venir), plus bas), arrivé du télégraphe, de l'électricité.

Août 1914 : de violents combats entre armées française et allemande ont lieu au Klosterwald (cimetière militaire). La gare de Villé devient le point de départ de la « Lordonbahn », voie ferrée exclusivement militaire ravitaillant le front, alors fixé sur les crêtes, en hommes et matériel. Villé est libéré le 17 novembre 1918.

En juin 1940, après quelques combats, Villé tombe sous le joug nazi et abrite la nouvelle hiérarchie politique et administrative de l'occupant. Des filières d'évasion vers la France (réseaux Sengler et Haubtmann) acheminent des centaines de prisonniers évadés, résistants ou réfractaires au-delà de la nouvelle frontière. La Libération s'annonce par un premier bombardement aérien sur le carrefour de la fontaine (Stockbrunna) ; plusieurs maisons sont endommagées ou détruites. Les combats des 26 et 27 novembre 1944 provoquent à nouveau d'importants dégâts, mais la liberté est de retour...

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Villé

Les armes de Villé se blasonnent ainsi :
« De gueules aux trois tours d'argent rangées en fasce, ouvertes, ajourées et maçonnées de sable, posées sur une terrasse de sinople. »[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours André Frantz[3]    
2001 2008 André Frantz    
1989 2001 Jean-Marie Watt    
1971 1989 Lucien Herrbach    
1965 1971 Paul Bastien    
1959 1965 Dr Paul Haubtmann    
1947 1959 Maître Joseph Geny    
1944 1947 Lucien Weber    
1919 1941 Lucien Weber    
1907 1914 Émile Meister    
1905 1907 Alfred Stemm    
1899 1905 Maître Freydt   Notaire
1877 1899 Dr Eugène Weber    
1873 1877 Jean-Michel Frantz    
1871 1873 Jean Wenachter    
1871 1871 Jean Matern   Adjoint
1863 1870 François-Joseph Helfer    
1851 1863 Jacques Heitzmann    
1848 1851 Louis-Anselme Vonderscheer    
1831 1848 Antoine Peter    
1824 1831 Antoine Hirn    
1815 1824 Jean-Baptiste Oberle    
1815 1815 Jacques Blaise    
1811 1815 Jean-Baptiste Oberle    
1801 1811 Louis Spraul    
1795 1801 Jean-Baptiste Germain    
1793 1795 François-Antoine Conraux    
1792 1793 Jean-Baptiste Germain    
1791 1792 François-Joseph Hirn   Juge
1789 1791 Jean-Michel Wernert    
1788 1789 Louis Spraul    
≈ 1780  ? François-Louis Lambla    
≈ 1760  ? François-Joseph Schomas    
≈ 1740  ? Pierre Loyson    
≈ 1700  ? Pierre Lambla    
≈ 1680  ? Conrad Klein    
≈ 1670  ? Jean-Georges Munschina    
≈ 1660  ? Barthélemy Klein    
1634  ? Augustin Klein    
 ?  ? Caspar Hattstatt[4]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 828 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 030 833 1 051 1 097 1 204 1 100 1 126 1 166 1 126
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 103 1 155 1 275 1 138 1 130 1 084 1 022 1 005 1 016
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 039 993 1 190 1 012 1 099 1 132 1 208 1 222 1 294
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 326 1 422 1 530 1 616 1 550 1 743 1 691 1 676 1 856
2011 - - - - - - - -
1 828 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • René Kuder, artiste-peintre surtout décorateur d'églises, né à Villé le 23 septembre 1882 et décédé en 1962.
  • Roger Siffer, acteur, chansonnier, humoriste et cabaretier alsacien, né en 1948.
  • Julien Freund (1921-1993), politologue et sociologue de renommée internationale mais relativement peu connu en France (du fait de son non-exil à Paris) connu pour son livre central L'Essence du politique, issu pour partie de sa thèse de doctorat.
  • René Bittinger, né à Villé le 9 octobre 1954, ancien coureur cycliste professionnel. Il a remporté la première étape du Tour de France 1979.

Villé, village fleuri[modifier | modifier le code]

La commune de Villé a obtenu en 2004 la première fleur au Concours des Villes et Villages fleuris. Après une requalification du centre bourg en 2006, 2007, la commune a été récompensée pour ses efforts en matière d'embellissement, de fleurissement et de développement durable, ce qui lui a valu la récompense d'une 2e fleur en 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Baquol,Ristelhuber, L'Alsace ancienne et moderne ou dictionnaire géographique, historique et statistique du Bas-Rhin,‎ 1865 (lire en ligne), p. 357.
  2. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  3. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  4. Caspar Hattstatt est le plus ancien maire de Villé connu.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011