Blienschwiller

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Blienschwiller
Carte de localisation de Blienschwiller
Pays France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Barr
Code Insee 67051
Code postal 67650
Maire
Mandat en cours
Jean-Marie Sohler
2008-2014
Intercommunalité C.C. du Bernstein et de l'Ungersberg
Latitude
Longitude
48° 20′ 32″ Nord
         7° 25′ 09″ Est
/ 48.342222, 7.419167
Altitude 189 m (mini) – 411 m (maxi)
Superficie 3,07 km²
Population sans
doubles comptes
288 hab.
(1999)
Densité 94 hab./km²

Blienschwiller, en alsacien Bleschwiller, en allemand Blienschweiler, est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Blienschwilleroises et Blienschwillerois.

Sommaire

[modifier] Géographie

Blienschwiller est un village typiquement viticole situé sur la Route des Vins d’Alsace, à mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, à dix kilomètres de Sélestat. Le ban de la commune couvre 307 hectares, un tiers est couvert de vignes qui produisent des crus parmi les plus réputés d'Alsace. Blienschwiller bénéficie notamment d'une appellation communale pour le sylvaner.

A l’ouest, un petit col permet d’accéder à la vallée de Villé. Le vallon du Blienschbach débouche sur le village qui se trouve à l’ombre de l’Ungersberg (sommet gréseux des Vosges moyennes qui culmine à 901 mètres) et s’appuie, au nord, sur le Winzenberg, un terroir granitique réputé qui est un des grands crus d’Alsace, avec une excellente exposition sud sud-est (cépage de référence: le riesling, mais on trouve aussi de très beaux gewurztraminers et pinots gris). Au sud se trouve Dambach-la-Ville et le massif du Bernstein et à l’est Epfig, deux bourgs plus importants.

[modifier] Lieux-dits

  • Winzenberg (AOC Alsace grand cru), terroir granitique fleuron de Blienschwiller
  • Oberberg
  • Pflintz

[modifier] Ruisseaux

  • Blienschbach, affluent de la Schernetz

[modifier] Villages les plus proches

  • Dambach-la-Ville
  • Epfig
  • Nothalten
  • Saint-Pierre-Bois

[modifier] Histoire

[modifier] Origine

Blienschwiller est un petit village très ancien. Il ne faut pas le confondre avec le village disparu homonyme, non loin de Sainte-Croix-en-Plaine (Haut-Rhin). Il est situé sur l'ancienne voie romaine du Piémont des Vosges. La chapelle Saint-Erasme (voir infra) serait un ancien petit temple (fanulum) à la déesse de la Fécondité. Des princes mérovingiens ont pu le fonder sur l'emplacement d'une ancienne villa romaine.

[modifier] Première mention écrite

La première mention écrite est de 823. Elle mentionne un échange de terres, sans doute déjà des vignes, entre le duc d’Alsace de l’époque et l’évêque de Strasbourg, qui a eu une influence considérable dans le village tout au long de son histoire. Le village porte, en ce début de IXe siècle, deux noms : bodolesvillare et pleanungovillare. Voici le texte :

« dedit igitur praedictus bernoldus episcopus ex ratione praedictae ecclesiae suae eidem erkingario ad suum proprium ad habendum in pago alsacense in villa et marcha quae dicitur bodolesvillare sive pleanungovillare omnes res quantumcumque in ipsa villa ex ratione episcopatus sui habere videbatur cum mancipiis duodecim his nominibus ello, fridalind, hildim, willaram, engilbert, odalgart, antbert, amalgart, adalgart, ragigart, regingart, adalatrud, willigart. »

Le premier nom, bodolesvillare, la villa de Bodolus, fait référence à un personnage historique. Bodol aurait été un membre de la famille des Etichonides, les puissants ducs d'Alsace : Bodol, fils du comte Hugues, fils du duc Etichon.

Bodol (Bodolus) serait donc un neveu de sainte Odile, patronne de l'Alsace. Il aurait avec son frère Bléo (Bleonus) possédé ce qui était à l’époque la villa de Blienschwiller. Mais l’a-t-il fondée ?

Pleanungovillare: ce nom serait plus ancien. C’est lui qui est vraiment à l’origine de Blienschwiller, par déformation. D’après Michel Paul Urban, la première partie, pleanungo, viendrait de la racine paléo-européenne Plin/Blin, renflement, vallonnement, suivie du suffixe paléo-européen ink, auquel s’est ajouté villare.

Autre origine, pour Michel Paul Urban, in Lieux-dits, « possibilité de supposer un étymon Belenincum formé sur Belenos, nom du dieu gaulois du soleil ».

Notre village aurait donc été fondé avant les Etichonides, sans doute sous les Mérovingiens, ce que confirmeraient les trouvailles archéologiques, sur le site d'une ancienne villa gallo-romaine. Il est alors plausible que Blienschwiller, au départ possession des rois mérovingiens, ait été légué aux évêques de Strasbourg ; ces derniers auraient eux-mêmes cédé une partie de ces biens à Niedermünster, une autre aux Etichonides. Où l’on retrouve l’appellation Bodolesvillare (villa de Bodol).

En 823, l’évêque aurait échangé le reste de ses possessions blienschwilleroises avec Erchangar, l’héritier des princes alamans. Le prénom de Bodol disparaît d’ailleurs par la suite, pour être définitivement remplacé par le nom originel de Pleanungovillare.

Bodolesvillare ne réapparaît pas dans les archives ultérieures. Pleanungovillare sera germanisé en pleanunswillare, puis Blionswilre, enfin en Blienswilre au XIIe siècle.

On peut noter un "Pluenhame" dans un texte de 720 qui recense des possessions de l'abbaye de Wissembourg. Mais des historiens locaux (comme Eschenbrenner) pensent que Pluenhame ne se rapporte pas à Blienschwiller et notent que Wissembourg n'apparaît jamais, ultérieurement, dans l'histoire du village.

[modifier] Histoire moderne

A la fin du Moyen Age, Blienschwiller est partagé entre quatre coseigneurs: l'Evêque de Strasbourg, les Seigneurs de Villé, les Hohenstein, les Andlau. Le village, Reichsdorf ou village d'empire, appartenait au baillage épiscopal de Benfeld. La Ville de Strasbourg y exerçait le droit de haute justice.

La paroisse, qui relevait de l'abbaye d'Andlau, comprenait deux annexes: Nothalten et Zell (village aujourd'hui englobé dans Nothalten). L'église paroissiale était à Blienschwiller. Les trois villages ont formé une seule communauté jusqu'à la Révolution française.

Blienschwiller, notamment, est à l'origine et s'est le plus engagé dans le premier Bundschuh de l'histoire, avec le serment de l'Ungersberg, le 23 mars 1493. Les deux principaux meneurs étaient un ancien bourgmestre de Sélestat et Jacob Hanser, schultheiss de Blienschwiller.

Le complot a échoué. Mais ses idées révolutionnaires ne sont pas mortes. D'autres Bundschuh ont éclaté dans plusieurs endroits en Allemagne. En 1517, dans la Forêt Noire, nombreux sont les insurgés originaires d'Alsace. Parmi eux (est-ce une preuve de la filiation entre les différents mouvements?) plusieurs habitants de Blienschwiller sont cités.

La grande Guerre des Paysans, qui arrive en Alsace en 1525, n'a pas épargné le village. En un mois, partant d'Obernai, toutes les campagnes de la région était gagnée à la cause paysanne. Blienschwiller a fourni des partisans à la bande d'Ebersmunster. Un des chefs qui ont décidé d'affronter le duc de Lorraine à la bataille de Scherwiller, Schlemmerhans Stuber, était de Blienschwiller. Cette fois, la défaite a été sanglante. Parmi les 13000 paysans, dit la légende, qui ont été massacrés lors de cette bataille, un certain nombre de Blienschwillerois, sans doute, avait suivi Schlemmerhans...

[modifier] Généalogie

Parmi les plus anciennes familles vigneronnes du village, certaines ont pu traverser les siècles. Ainsi, dans la communauté villageoise formée par Blienschwiller, Nothalten et Zell, les Bohn, Gerber, Heisch, Kieffer, Meyer ou Straub sont cités depuis le XVe siècle. On retrouve des Guntz, des Kobloth, des Steinbach, des Wassler, des With vers 1550.

D'autres grandes familles: les Schwendt, originaires de Strasbourg et présents à Blienschwiller jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Certaines branches sont retournées à Strasbourg. François Etienne Schwendt a été député de Strasbourg aux Etats Généraux en 1789. Les Schlosser, famille de notaires elle aussi originaire de Strasbourg. Elle est restée à Blienschwiller jusqu'au début du XIXe siècle, en donnant un maire au village, puis un maire et un député au bourg voisin de Dambach-la-Ville.

[modifier] Héraldique

Blason de Blienschwiller

Les armes de Blienschwiller se blasonnent ainsi : « d'azur à bande d'or ».

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1790 François Antoine Baltzer - chirurgien
1790 1793 Jacques Gerber, premier maire élu - musicien
1793 1801 François Antoine Uhrich - vigneron
1801 1820 Jean Baptiste Schlosser - notaire
1820 1846 Jean Georges Wilhelm - officier supérieur, vigneron
1846 1865 Antoine Hirth - vigneron?
1865 1868 Jacques Sohler - vigneron
1868 1879 Joseph Ruhlmann - vigneron
1879 1900 Jacques Kieffer - vigneron
1900 1914 Albert Uhrich - vigneron
1914 1940 Alphonse Gerber - vigneron
1940 1945 René Metz - vigneron
1945 1953 Ernest Geiger - vigneron
1953 1977 René Bohn - vigneron
1977 2008 Jean Sperry - vigneron
mars 2008 → en cours Jean-Marie Sohler[1] Vigneron
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[2])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
344 365 350 304 292 288
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

population provisoire pour 2004 : 286 [3]

[modifier] Lieux et monuments

  • Eglise des Saints-Innocents.

Elle aurait été construite au XIIe siècle. Subsiste de cette époque la base romane du clocher et une frise lombarde. Elle a été remaniée à la fin du XVe siècle (après avoir été incendiée en 1444 par les Armagnacs) en style gothique, au milieu du XVIIIe siècle en style baroque, au début du XXe siècle avec adjonction d'un chœur néo-roman qui comporte une magnifique fresque Art nouveau. A noter la chaire, l'orgue Rohrer de 1734 dont le buffet est classé, le Mont des Oliviers du XVIe siècle, et une rare cloche fondue en 1474 et offerte par le curé Jean Meyer, sur laquelle figure un Christ en croix et l'inscription "S.LUCAS, S.MARCUS, S.MATHEUS, S.IOHANNES, O, REX, GLORIE, XPE, VENI, CUM, PACE, AVE, MARIA".

  • Chapelle Saint-Erasme.

Jusqu'au XVIIe siècle, chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrande, où les femmes venaient se soigner, notamment après des accouchements difficiles, en se baignant dans l'eau d'une source aujourd'hui tarie. la chapelle a sans doute été construite au XIIIe siècle par les cisterciens de Baumgarten. Elle comportait plusieurs couches de fresques hélas détruites dans les années soixante lors d'une rénovation malheureuse. Y figuraient notamment une Totentanz ou danse macabre sans doute du XIVe siècle et une couche encore plus ancienne. La chapelle prétend à une haute antiquité: elle serait bâtie sur un ancien temple à la déesse de la Fécondité.

  • Schlessel.

Blienschwiller n'a jamais eu d'enceinte fortifiée. Il y a eu quelques éléments de défense; une porte est par exemple citée dans l'Unterdorf vers Epfig. Mais une demeure que certains datent du XIIIe siècle subsiste en contrebas de l'église: le Schlessel, petit château en alsacien. Il aurait été construit par les chevaliers de Berckheim, a passé aux Andlau, puis a été vendu à des bourgeois strasbourgeois. En 1544, le château flanqué de tours d'angle se composait de la maison, de la cour, du pressoir, des étables et des jardins ; en 1787, il a été remanié : ses quatre tours et le chemin de ronde ont été détruits, le millésime 1787 subsiste sur une fenêtre du deuxième étage ; dans l'ancienne cour du château, une maison de 1506, qui porte un écu bûche, serait une ancienne dépendance prolongée en 1715. Un mur d'enceinte peu élevé comprend encore des meurtrières. C'est aujourd'hui une maison d'habitation à la très belle cave voûtée.

  • Presbytère.

Le presbytère se trouve à côté de l'église. C'est un bâtiment du tout début du 18e siècle, un des plus beaux du village, qui remplace celui construit en 1585 par l'abbaye d'Andlau, de laquelle dépendait la paroisse de Blienschwiller.

  • Metzig.

Grande maison centrale aux arcades de grès. Elle date du début du XVIIe siècle: la date 1602 est gravée dans la pierre. Il s'y tenait sans doute aussi un petit marché. L'ancienne mairie, détruite dans la deuxième moitié du XIXe siècle, était construite sur le même modèle.

  • Fontaine octogonale.

Elle se situe sur la placette de la Metzig. Elle est datée de la deuxième moitié du XVIe siècle.

[modifier] Personnalités liées à la commune

  • Bodol, fils de Hugo et neveu de sainte Odile, de la famille des ducs d'Alsace, qui a vécu au début du VIIIe siècle et aurait été cité dans la première mention écrite de Blienschwiller en 823, "pleanungovillare sive bodolesvillare".
  • Henricus de Blienschwiller, moine peut-être originaire du village, ou issu d'une famille noble de Haute Alsace, qui a écrit au milieu du XIIIe siècle un recueil de sermons: Sermones de tempore et de sanctis.
  • Jakob Hanser, schultheiss (prévôt) de Blienschwiller et instigateur du premier Bundschuh (serment de l'Ungersberg, 23 mars 1493). Contrairement aux autres chefs du mouvement, il a réussi à échapper aux troubles liés à l'échec du complot et a disparu, sans doute protégé par des relations au sein de la République de Strasbourg. C'est un des personnages principaux du roman d'Antoine Beck, "Le soulier lacé/La terre qui saigne".
  • Le prêtre Jean Meyer ou Meyger, humaniste, a été l'artisan principal de la reconstruction de l'église paroissiale dans la deuxième moitié du XVe siècle. Cet ami de Jean Geiler de Kaysersberg a appartenu au même milieu que le Leutpriester Müller de Dambach-la-Ville, l’un des maîtres de Sébastien Brant. Jean Meyger est cité en 1473, puis le 23 avril 1477, quand il a réuni quelques paroissiens pour instaurer la célébration d'un salve regina à la Saint-Martin, aux six fêtes de la Vierge et aux Quatre Temps. Il était encore curé lors de l'achèvement de la reconstruction de l'église et en 1484. Il est mort à la Trinité 1490.
  • Paul Hemmerlin (ca. 1460-1527), humaniste né à Blienschwiller. La traduction de son nom est « petit marteau », ce qui correspond à son pseudonyme latin Paulus Malleolus. Ce Blienschwillerois de naissance a fréquenté l’université d’Erfurt en 1482 avant d’acquérir ses grades universitaires de bachelier, licencié et maître ès Arts à Paris, en 1487-1488. Ami des humanistes, notamment du français Robert Gaguin, il est archiprêtre d’Andlau en 1511 jusqu'à sa mort en 1527. Il a notamment publié une édition de Térence en 1499, à Paris, sous son pseudonyme Paulus Mallealus, en reproduisant le commentaire latin du philologue italien Pierre Marsus et en ajoutant des précisions qu’Erasme a trouvés « élégantes ». Des rééditions avec ces notes ont été imprimées durant toute la première moitié du 16e siècle.
  • Philipp Plenel ou Blauärmel, tisserand sans doute originaire de Blienschwiller, qui a donné son nom aux Philippites, un mouvement anabaptiste d'Europe centrale entre 1527 et 1540 environ.
  • Monseigneur Charles Emile Freppel (1827-1891), évêque d'Angers, où il a créé une université catholique, député à l'Assemblée nationale en 1880. Il s'éleva notamment contre l'instruction obligatoire qu'il jugeait "inutile, inefficace, et tendant au socialisme d'État", et combattit le rétablissement du divorce. Il fut réélu député du Finistère, le 14 octobre 1885, et il s'opposa notamment aux poursuites contre le général Boulanger. Il est considéré comme l'une des sources du nationalisme intégral. Sa famille maternelle, les Schlosser, était originaire de Blienschwiller où il a donné sa première messe, en 1849 - et a failli perdre la vie à cause d'une pierre tombée du clocher à la sortie de l'église. Eglise pour laquelle il a obtenu de Napoléon III une subvention impériale de 300 francs or, en 1859. Il a participé aux travaux du premier concile du Vatican (décembre 1869-juillet 1870) et a envoyé de Rome les reliques authentifiées de saint Erasme. Sa maison natale porte une plaque commémorative.
  • L'abbé Charles Hamm (1850-1911). Nommé vicaire à Thann en 1877, il a été chargé dès son arrivée d’animer l’orgue et de réorganiser la chorale de la collégiale. Passionné par la renaissance grégorienne, il a composé lui-même de nombreux motets. C’est naturellement qu'il a eu l'idée, à Thann, après sa rencontre avec Joseph Erb, de créer l’Union Sainte-Cécile des Chorales du diocèse de Strasbourg. La première réunion a lieu le 21 septembre 1882 à Châtenois.

[modifier] Notes et références

  1. [pdf] Liste des maires au 1 avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  2. Blienschwiller sur le site de l'Insee
  3. source : INSEE, enquête annuelle

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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