Lucernaire (liturgie)

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Le Lucernaire, du latin Lucernarium (c'est-à-dire: allumage des lampes) est une prière liturgique communautaire célébrant le Christ-Lumière qui, même la nuit, veille sur la famille humaine. D’origine très ancienne elle est intégrée à l’office de Vêpres à partir du Ve siècle. Elle retrouve une certaine faveur, à la suite du concile Vatican II, et la réforme de l’office divin qui s’ensuivit, et que l'on appelle aujourd'hui la 'liturgie des heures'.

Un lucernaire à Taizé

Origine[modifier | modifier le code]

Le simple geste quotidien d’allumer les lampes (à huiles) au tomber du jour a déjà une dimension religieuse dans le judaïsme ancien qui connaît un rite de la bénédiction de la lampe au coucher du soleil. Ce rituel a une importance plus grande le soir du sabbat. Le culte domestique du monde gréco-romain connaissait également un rituel d’allumage des lampes.

Développement[modifier | modifier le code]

La prière du lucernaire est attestée très tôt dans les communautés chrétiennes. Au IVe siècle, saint Basile, dans son Traité du Saint-Esprit, y fait allusion comme à une pratique déjà ancienne : «Il a paru bon à nos pères de ne pas recevoir sans reconnaissance la lumière de fin de jour, mais bien de rendre grâce dès qu’elle brille. Le peuple prononce alors l’antique acclamation : ‘Joyeuse lumière, splendeur de la gloire du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ !» Suivait la récitation du psaume 141 : «Que ma prière soit l’encens placé devant toi, et mes mains levées : l’offrande du soir (…) » (v.2), avec des hymnes et une bénédiction.

À partir du Ve siècle, le lucernaire tend à être intégré à l’office du soir, les Vêpres, dont il n’est plus que l’introduction. Les traditions et rites des différentes Églises chrétiennes, orientales comme occidentales ont quasi toute gardé des traces du ‘lucernaire’ dans leur office divin, soit lors des Vêpres soit plus souvent lors des Complies. L’office divin du rite ambrosien (de l’Église de Milan) donne une place encore prééminente au lucernaire.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Des communautés religieuses, en particulier celles qui ont pris naissance après le concile Vatican II, telle les Fraternités de Jérusalem ont repris le rite antique du lucernaire, au début de l’office de vêpres, après le chant à l’Esprit Saint et l’hymne. Il se compose du rituel de l’encens : encensement de l’autel, des icônes, puis de toute l’assemblée, accompagné du psaume 141 et du rituel de la lumière : allumage des bougies sur l’autel et devant les icônes, ainsi que de la Menorah, au chant du «Joyeuse lumière...»

Hymne ‘Joyeuse lumière’[modifier | modifier le code]

L’hymne ‘Joyeuse lumière’ qui a retrouvé une jeunesse grâce avec la nouvelle ‘Liturgie des Heures’ post-vaticane est en fait la plus ancienne qui ait été conservée. Elle date du IIIe siècle.

Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père.
Saint et bienheureux Jésus Christ !
Venant au coucher du soleil
Contemplant la lumière du soir
Nous chantons le Père et le Fils,
Et le Saint Esprit de Dieu.
Nous Te chantons, Ressuscité,
Toi qui surgis des ténèbres du tombeau
Étoile du matin qui devance l’aurore
Dont l’éclat resplendit jusqu’au monde nouveau.
Reste avec nous, Seigneur,
Car déjà le jour baisse
Illumine nos yeux au soir de cette Pâques
Toi la lumière qui ne connaît pas de couchant.