Sacramentarium Leonianum

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Le Sacramentarium Leonianum (ou sacramentaire léonien) est un recueil de prières liturgiques du Ve siècle, copié au VIe siècle.

Le manuscrit original de ce sacramentaire a été découvert à la bibliothèque du chapitre de la cathédrale de Vérone et publié en 1735 par Giuseppe Bianchini dans son ouvrage intitulé Anastasius Bibliothecarius en quatre volumes. Il est nommé Sacramentarium Leonianum, d'après Léon le Grand, pape de 440 à 461, à l'époque de cette liturgie.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce sacramentaire est considéré comme le sacramentaire le plus ancien subistant jusqu'à nos jours, et d'après Mgr Louis Duchesne aurait été copié en 538 environ[1], car il fait allusion à la délivrance de Rome des Wisigoths, mettant fin aux datations le faisant remonter au Ve siècle qui considéraient qu'il avait été rédigé après l'invasion d'Alaric en 402, ou bien qu'il aurait été composé sous le règne de Félix III avant 492[2].

Les dernières études démontrent qu'il ne s'agit pas d'un sacramentaire au sens strict, mais d'un recueil de prières liturgiques à l'usage privé. Il s'appuie sur l'expression de la liturgie romaine, telle qu'elle était fixée au Ve siècle. Un sacramentaire au sens strict contient les prières liturgiques publiques qui sont dites par le célébrant au cours de la messe, alors que les autres prières, hymnes ou lectures, sont comprises dans des livres liturgiques propres. Ces prières sont toutes comprises dans le missel romain.

L'historien autrichien Buchwald a émis l'hypothèse en 1908 que le manuscrit du Sacramentarium Leonianum a été copié pour introduire l'usage romain en Gaule, vers le VIIe siècle[3] et aurait été écrit dans l'entourage de saint Martin de Tours.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le manuscrit représente un exemple unique de la liturgie romaine sans ajouts gallicans, mais il ne reprend ni le canon ni l'ordinaire de la messe, mais des propres (collectes, secrètes, préfaces, postcommunions et orationes super populum) de différentes messes ordonnées selon le calendrier civil. Il commence par le milieu de la sixième messe du mois d'avril et se termine par la prière In ieiunio mensis decimi, c'est-à-dire l'hiver des Quatre-Temps. Chaque mois comporte un nombre important de messes pour les fêtes, les jours fériés, etc. Ainsi pour la fête des Saints Pierre et Paul (le 29 juin), on ne trouve pas moins de vingt-huit messes variées, commençant toutes par Item alia. Il y en a quatorze pour la Saint Laurent; vingt-trois pour l'anniversaire de la consécration d'un évêque, etc.

Le copiste a transcrit autant de messes qu'il le pouvait, mais parfois avec négligence; ainsi certaines de ces messes In natali episcoporum n'ont rien à voir avec cet anniversaire, mais sont plutôt des messes pour le temps ordinaire après la Pentecôte. Au milieu d'une messe consacrée à saint Cyprien et à saint Corneille, le copiste a retranscrit la préface d'une messe de sainte Euphémie; une messe insérée pour le nouvel an du calendrier civil est placée parmi les messes des martyrs. Des messes pour la Saint Étienne (26 décembre) avec des références évidentes à la Nativité sont placées en août, confondant d'évidence la fête de l'Invention des reliques du Protomartyr (3 août).

Le manuscrit contient des allusions aux fêtes locales romaines: ainsi une collecte, devant être dite par un évêque pour l'anniversaire de sa consécration, ne peut l'être que par le pape; la préface de la fête des Saints Pierre et Paul, patrons de Rome, rappelle qu'ils sont enterrés « dans les limites de cette ville » et les messes de ces saints font continuellement référence à la ville de Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Duchesne, op. cité, pp.129-137. Il arrive à cette conclusion en étudiant une secrète du mois de juin (mais en vérité une messe du temps de Pâques) faisant allusion à la récente délivrance de Rome le jour de Pâques 538
  2. Selon Muratori qui le fit éditer à Venise en 1748
  3. In: Das sogennante "Sacramentarium Leonianum", Vienne, 1908, 62-7

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Duchesne, Les Origines du culte chrétien; étude sur la liturgie latine avant Charlemagne, A. Fontemoing, 1908
  • (de) Schanz-Hosius, Geschichte der Römischen Literatur, quatrième partie, deuxième volume, in: Die Literatur des Fünften und Sechsten Jahrhunderts, Verlag C.H. Beck, 1971
  • Charles L. Feltoe, Sacramentarium Leonianum (texte latin et traduction anglaise), CUP Archive 2007; réimpression de l'édition de 1896

Source[modifier | modifier le code]