Théodore Ballu

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Théodore Ballu
Image illustrative de l'article Théodore Ballu
Théodore Ballu
Présentation
Naissance
Paris
Décès
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Œuvre
Distinctions Légion d'honneur

Théodore Ballu, né à Paris le et mort à Paris le , est un architecte français, auquel on doit un grand nombre d'édifices publics de la capitale, dont notamment des églises.

Il est le grand-père de l'industriel et député Guillaume Ballu et le père du député Roger-Ballu.

Le grand Prix de Rome[modifier | modifier le code]

L’œuvre du grand Prix de Rome Théodore Ballu semble trop souvent se résumer à la réalisation de l’église de la Trinité et à la reconstruction de l’Hôtel de ville de Paris. Certes, commandes majeures dans sa carrière, elles occultent un travail plus vaste constitué d’édifices publics, pour la plupart voués au culte, ou privés.

Admis à l'École royale des beaux-arts de Paris en 1835, Ballu devient l’élève de Louis-Hippolyte Lebas, l’architecte de Notre-Dame-de-Lorette. Il y obtient le Grand Prix de Rome en 1840, concours dont l’épreuve finale consiste à concevoir « un palais pour la Chambre des Pairs ».

Le jeune lauréat quitte alors Paris pour devenir pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Il demeure à la Villa Médicis de janvier 1841 à décembre 1845. Ce séjour au cœur de la « Ville Éternelle » ne l’empêche pas pour autant de visiter les ruines prestigieuses de la Grèce antique. Son envoi de troisième année est consacré à Pompéi. En 1844-1845, il envoie ses travaux sur l'Érechthéion de l'Acropole d'Athènes.

L’architecte parisien[modifier | modifier le code]

À son retour en France, Théodore Ballu devient l’assistant de l'architecte François-Christian Gau sur le chantier de la basilique Sainte-Clotilde, puis architecte en chef de l’édifice à la mort de ce dernier en 1853.

Se dessine alors une carrière où sa préférence pour les édifices religieux s’affirme un peu plus chaque jour. Il choisit d’en faire sa spécialité et laisse aujourd’hui nombre de constructions d’envergure.

En 1860, il est nommé architecte en chef des travaux de la ville de Paris pour les édifices consacrés au culte. Il réalise, dès lors, l’église de la Trinité (1861-1867), le temple du Saint-Esprit de la rue Roquépine, les églises Saint-Ambroise (1863-1869) et Saint-Joseph (1866-1875).

Il se voit confier également la direction des travaux de restauration de la tour Saint-Jacques (1854-1858) ainsi que la construction de l'église Saint-Denis à Argenteuil (1866).

L’église de la Trinité reste emblématique de son œuvre grâce à sa grande connaissance des différents styles d’architecture, son goût prononcé pour l’éclectisme alors très en vogue et pour une profusion du décor sculpté ou peint ainsi qu’à sa maîtrise des coûts du chantier. Le quartier de la Trinité est, par ailleurs, devenu l’endroit de prédilection de l'architecte. Ballu y possède divers immeubles et y édifie même sa demeure.

Le maître d’œuvre du beffroi de Saint-Germain-l’Auxerrois[modifier | modifier le code]

Le beffroi de Saint-Germain-l’Auxerrois

De 1858 à 1863, Théodore Ballu conçoit et réalise le beffroi de Saint-Germain-l'Auxerrois.

Les percées d’Haussmann n’ont pas encore radicalement transformé le quartier. L’ancienne église paroissiale des rois de France reste encore dissimulée derrière des immeubles qui la séparent de la colonnade du Louvre. Dès 1859, l’architecte Jacques Hittorff construit, au nord, un nouveau bâtiment pour abriter la mairie d'arrondissement, reprenant en grande partie la façade de l'église, utilisant en cela un style inspiré du gothique tardif et de la Renaissance française.

La tour de Ballu est édifiée entre les deux façades, renforçant ainsi un effet de symétrie prolongeant, encore plus à l’est, le grand axe du Louvre. L’architecte choisit d’utiliser le vocabulaire propre au gothique flamboyant.

Bien que l’usage de la pierre semble s’y affirmer sans partage, il est intéressant de signaler la présence, soigneusement dissimulée, d’une structure en fer soutenant l’ensemble des cloches du désormais célèbre carillon.

Avec cette construction, transparaissent déjà chez Ballu l’étendue de ses connaissances archéologiques, sa maîtrise des styles, son souci du détail et sa grande exigence dans la qualité d’exécution. La silhouette et certains détails du beffroi ne sont pas sans évoquer ceux de la tour Saint-Jacques, monument dont Ballu vient alors à peine d’achever la restauration.

Le reconstruction de l'hôtel de ville[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville

Il est élu membre l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France en 1872. Lauréat en 1873 du concours pour la reconstruction de l'hôtel de ville incendié pendant la Commune de Paris, il dirige le chantier en association avec Édouard Deperthes. Ce chantier qui sera le point d'orgue de sa carrière et dura huit années jusqu'en 1882.

Ballu est temporairement nommé au conseil des bâtiments civils et, en 1874, inspecteur général des édifices diocésains après la démission à ce poste d’Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc. Inspecteur général des travaux de la Ville de Paris de 1871 à 1876, il est tout naturellement chargé des édifices cultuels.

Théodore Ballu mourra en 1885, soit trois ans après l'achèvement des travaux de l'hôtel de ville, et sera inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 74)[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille a l'effigie de Théodore Ballu a été réalisée en 1881 par le graveur Daniel Dupuis. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 5213).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 71

Liens externes[modifier | modifier le code]

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