Maurice Novarina

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Maurice Novarina
Présentation
Naissance 28 juin 1907
Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)
Décès 28 septembre 2002 (à 95 ans)
Thonon-les-Bains
Nationalité Drapeau de la France France
Activité(s) Architecte des bâtiments civils et palais nationaux
Diplôme DPLG en 1933
Formation ENSBA et ESTP
Œuvre
Réalisations Église Notre-Dame du Léman,
église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du Plateau d'Assy,
tour Super-Italie,
ZUP de Planoise, Évreux, Annecy
Distinctions Académie des beaux-arts (1979)
Entourage familial
Famille Valère Novarina

Maurice Novarina, né à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) le 28 juin 1907 et mort dans la même ville le 28 septembre 2002, est un architecte français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Maurice Novarina est ancien élève de l'École spéciale des travaux publics (ESTP) et de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA). Il obtient son diplôme d'architecte DPLG en 1933. Jeune architecte, il travaille avec Louis Moynat, architecte à Thonon-les-Bains et auprès de son père, entrepreneur en bâtiment.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame du Léman de Thonon-les-Bains
Tour Super-Italie, Paris 13e (1974)

Maurice Novarina exerce en tant qu’architecte et urbaniste entre 1933 et 2000. Il débute sa carrière en 1933, avec la construction de l'église de Vongy, en Haute-Savoie. La commande religieuse restera présente tout au long de sa vie, ce qui le conduira à travailler avec le père Couturier, figure emblématique du renouvellement de l’art sacré après la Seconde Guerre mondiale en France, et avec de nombreux artistes modernes comme Fernand Léger, Georges Rouault, Jean Bazaine, Alfred Manessier, Pierre Sabatier, André Poirson. Les édifices religieux, dont l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du Plateau d'Assy, sont des exemples de complémentarité entre architecture et arts plastiques.

À la fin de la guerre, le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) nomme des architectes en chef dans les départements français et Maurice Novarina est un des acteurs – il est vrai plus modeste que d’autres – de cette aventure de la reconstruction en France. Ainsi à partir de 1948, il travaille à Pont-Audemer dans l’Eure, sur des projets de reconstruction d’équipements publics tels que des écoles, cinéma, salles communales, églises. Plus tard, à partir de 1958, il est tant architecte en chef, de grandes opérations urbaines (ZUP) dans la France entière : Évreux, Annecy, Besançon (quartier de Planoise), Corbeil-Essonnes, Dole, Argentan, Alençon, Saint-Quentin-en-Yvelines, Villefranche-sur-Saône, Grenoble, Lyon La Duchère.

Nommé architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, dans les années 1960, alors que les équipements culturels et sportifs se développent, Maurice Novarina conçoit des bâtiments publics tels que la maison de la culture de Thonon-les-Bains, le théâtre de Pont-Audemer, les plages et centre nautiques d’Évian-les-Bains, Thonon-les-Bains et Divonne-les-Bains, le palais des sports de Megève. La ville olympique de Grenoble lui confie la réalisation des ensembles urbains du village olympique et du quartier Malherbe, ainsi que son hôtel de ville. En 1973, il remporte le concours du palais de Justice d’Annecy et en 1981, il inaugure le centre culturel Bonlieu dans cette même ville. Il faut ajouter à ces réalisations des immeubles résidentiels, des maisons particulières, des hôtels, des hôpitaux, des bâtiments scolaires et universitaires, et une commande à l’étranger : le centre de télévision à Ryadh, en Arabie saoudite.

Ses réalisations sont localisées dans la partie Est de la France (Haute-Savoie, Savoie, Doubs, Jura, Isère principalement) et en région parisienne, son agence s’étant développée d’abord à Thonon-les-Bains puis à partir des années 1960 à Paris. Tout au long de sa carrière, l’architecte a concilié ses travaux à l’échelle locale et nationale.

Il est élu membre de l’Académie des beaux-arts le 6 juin 1979 au fauteuil d'Albert Laprade. Aymeric Zublena lui succède en 2008 et prononce son éloge sous la Coupole le 2 décembre 2009.

Il a eu deux fils : Patrice Novarina (architecte) et Valère Novarina (écrivain). Son épouse est décédée en 2003.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Son rythme de travail, intense tout au long de sa carrière, explique des chiffres impressionnants : plus de 40 000 logements réalisés, 26 églises, 22 écoles, et 80 équipements toujours en fonction. Plusieurs bâtiments sont classés ou inscrits monuments historiques, ou encore labellisés Patrimoine du XXe siècle (dont 15 en Rhône-Alpes)[2] :

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

32 édifices religieux, dont :

Équipements[modifier | modifier le code]

Habitations, tours et plans d'urbanisme[modifier | modifier le code]

La ZUP de Planoise, construit en partie par Maurice Novarina
  • des immeubles d'habitation ; le quartier de la madeleine à Evreux dans l'Eure (27) - 1er tranche -
  • des immeubles de grande hauteur : le Périscope et la tour Super-Italie, à Paris, sur l’avenue d’Italie (13e arrondissement) ;
  • des quartiers : cité de la Sardagne à Cluses (1949, Label « Patrimoine du XXe siècle »), immeuble de la zone d'urbanisation à Annecy (1962, Label « Patrimoine du XXe siècle »), quartier de la Rénovation (Thonon-les-Bains, 1965-1985) ; quartier du Village Olympique (Grenoble, 1965-67, Label « Patrimoine du XXe siècle »), les Époisses à Planoise, cité de Vouilloux à Sallanches (1970, Label « Patrimoine du XXe siècle »).
  • des maisons particulières : villa du 720 avenue du Léman à Neuvecelle (1960, Label « Patrimoine du XXe siècle »)

Décorations[modifier | modifier le code]

Réception de son œuvre[modifier | modifier le code]

  • Exposition « Maurice Novarina, un architecte dans son siècle », rétrospective créée par le CAUE de la Haute-Savoie et présentée à Thonon-les-Bains (septembre 2007 - mars 2008) et Annecy (novembre 2007) puis à Lyon de mars à mai 2008 pour célébrer le centenaire de sa naissance.
  • Depuis 2010, les archives privées de Maurice Novarina sont regroupées aux Archives départementales de Haute-Savoie à Annecy. Elles comprennent le fonds d'archives d'architecte, donné par ses fils, Valère et Patrice Novarina, et le fonds que l'architecte avait donné de son vivant au Ministère de la Culture et de la Communication.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche biographique, bibliographie, présentation et repérage des archives
  2. « Liste des constructions et ensembles urbains labellisés Patrimoine du XXe siècle en Rhône-Alpes », sur DRAC Rhône-Alpes (consulté le 23 décembre 2009)
  3. Article de Christian Sorrel, « Une nouvelle montagne sacrée ? Catholicisme, tourisme et sports d'hiver en Savoie », p. 374, paru dans Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d'Europe : Actes du colloque "Religion et Montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002, vol. 49, Publications de la Sorbonne,‎ 2005, 427 p. (ISBN 978-2-85944-516-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aymeric Zublena, Notice sur la vie et les travaux de Maurice Novarina, Institut de France, 2009
  • Maurice Novarina, Peintures et dessins (1928-2002), Paris, Éditions du Centenaire, 2007.
  • Yves Bouvier et Christophe Cousin, Audincourt, le sacre de la couleur, Fernand Léger, Jean Bazaine, Maurice Novarina, Jean Le Moal au Sacré-Cœur, CRDP Franche-Comté, Néo éditions, 2007.
  • André Laurencin, Novarina architecte, plaquette d’exposition, Chalon-sur-Saône, 1991.
  • Bernard Oudin, Dictionnaire des architectes, « Novarina », Seghers, 1983.
  • Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, t. 8,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 308-309.
  • Maurice Novarina architecte, portrait, CAUE de Haute-Savoie,‎ décembre 2009, 107 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]