Jean Camille Formigé

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Jean Camille Formigé
Image illustrative de l'article Jean Camille Formigé
Présentation
Naissance 1845
Le Bouscat, Gironde
Décès 1926 (à 81 ans)
Montfermeil, Seine-Saint-Denis
Nationalité Drapeau de la France France
Activité(s) Architecte en chef des monuments historiques, architecte diocésain
Formation ENSBA, atelier Laisné
Œuvre
Distinctions Académie des beaux-arts (1920)
Entourage familial
Famille Jules Formigé (fils)

Jean Camille Formigé (1845-1926)[1] est un architecte français né au Bouscat (Gironde)[2], auteur de la grande serre du Jardin des serres d'Auteuil (Paris), de deux palais pour l'exposition universelle de Paris de 1889 et de plusieurs monuments du cimetière du Père-Lachaise (Paris) et squares parisiens. Il est membre de l'Académie des beaux-arts en 1920. Il est le père de Jules Formigé, également architecte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Études à l'École impériale des beaux-arts de Paris (atelier Laisné). Attaché à la Commission des monuments historiques dès 1871, dont il devient membre en 1887 en remplacement de Victor Ruprich-Robert, et dont il démissionna en 1892, lorsque les membres de la Commission ne purent plus cumuler leur fonction avec celle d'architecte en chef des monuments historiques.

Nommé architecte diocésain d'Auch en 1879, à la place de Laisné, puis de Meaux, Poitiers et Laval. Inspecteur général-adjoint en 1901. Il fut architecte en chef du service des édifices et promenades et jardins de la ville de Paris et architecte en chef à Arles (pendant près de vingt ans).

Rapporteur au Comité des inspecteurs généraux à partir de 1876 (il était considéré comme le meilleur rapporteur). Atteint par la limite d'âge le 29 janvier 1916, il est élu à l'institut en 1920. Prix Duc en 1876, médaille d'or aux salons de 1875 et 1876 et à l'exposition universelle de 1878.

Une rue de Paris (15e arrondissement) a été baptisée de son nom en 1932, ainsi qu'à Orange et une place à Fréjus.

Principales créations[modifier | modifier le code]

À Paris on lui doit :

  • Le square de la Basilique du Sacré-Cœur. Avec l'aide de Léopold Bévière, il établit un grand projet de jardin en pente, aboutissant par des rampes et des emmarchements simplement disposés, d'abord à un grand château d'eau, puis à l'esplanade qui précède la Basilique.
  • Autres squares : Square d'Anvers qu'il dessina, sous l'autorité de l'ingénieur Jean-Charles Alphand ; Square des Épinettes (d'une superficie d'un hectare, dans le quartier des Épinettes) ; le square des arènes de Lutèce (rue Monge à Paris).
  • La Galerie des Gobelins qu'il reconstruit. Il avait été sollicité dès 1908. L'inauguration prévue pour l'été 1914 n'a pas lieu, et l'espace d'exposition n'ouvre ses portes qu'en 1922. C'est un bâtiment de style IIIe République, orné de quatre cariatides par Jean-Antoine Injalbert et un bas-relief par Paul Landowski[3]. Le but était bien sûr de créer un écrin pour mettre en valeur les travaux des grandes manufactures françaises ainsi que les collections du Mobilier national.
  • Les Serres d'Auteuil et l'organisation générale des jardins. Edifiées en 1898, ces magnifiques constructions de verre et de métal au ton bleuté s’élèvent avec majesté dans un paysage enchanteur. L’une d’entre elles, l’élégant Pavillon des azalées, bénéficie d’une structure, d’une acoustique, et d’un équipement adaptés aux concerts. On voit à l'extérieur une fontaine ornée du haut-relief en pierre de la Scène bachique de Jules Dalou. Le mur de soutènement des terrasses est orné de 14 mascarons en fonte galvanisée de Auguste Rodin, fondus entre 1895 et 1898 d'après les modèles commandés en 1878 par Davioud pour la fontaine en cascade du Palais du Trocadéro.
  • Au Cimetière du Père-Lachaise : Le crématorium et surtout, le columbarium qui par son aspect extérieur rappelle Saint-Pierre de Rome alors que son fronton professe des valeurs libertaires et franc-maçonnes. Un péristyle enclot un cloître rectangulaire. Il y a deux niveaux de galeries. Vitraux et riches mosaïques décorent l'édifice. Il accueille 26 000 niches. L'ensemble, dont la création commence en 1886, n'est achevé qu'en 1908[4].
  • Il participa à l'aménagement extérieur du métro de Paris lors de sa construction, en particulier, les dessertes et la décoration de deux viaducs : le viaduc de Passy (Bir-Hakeim), Paris 15e - Pont-viaduc à deux niveaux construit en 1903-1904 par Louis Biette mais dont les travaux de décoration (ornements sculptés en fonte) furent confiés à Jean Camille Formigé et exécutés par Florian Kulikowski. Également la décoration du Viaduc d'Austerlitz.
Le monument à Alphand, avenue Foch à Paris
  • Un monument réalisé avec le sculpteur Jules Dalou célèbre la gloire de Jean-Charles Alphand, entre les numéros 17 et 22 de l'avenue Foch.
  • En 1889, il célèbre le triomphe de l’âge du fer, avec les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux dressés pour l'Exposition Universelle. Ceux-ci se caractérisent par leur polychromie présente à travers les céramiques, les peintures des armatures de fer où se déploie le « bleu Formigé»[5].

En dehors de Paris :

  • La villa de la Fondation Foa, consacrée à l'art lyrique, à Évian-les-Bains. Il conçut la villa en s'inspirant de la renaissance italienne. Le clocheton est inspiré par celui de la Villa Médicis de Rome. Des terrasses et des grandes baies vitrées s'ouvrent sur le lac Léman.
  • Le monument de Sidi Brahim à Oran (Algérie) réalisé par Jules Dalou en 1896. Composé d'un obélisque supportant une statue de la Victoire à son sommet et, au niveau de la petite base, d'une statue de la France. Cet ensemble a été transformé en monument à la gloire d'Abdel-Kader après l'indépendance de l'Algérie : la statue de la France et le cartouche commémoratif ont été retirés et quatre médaillons en bas-reliefs identiques du portrait d'Abdel-Kader ont été disposés sur les quatre faces de l'obélisque au niveau de la petite base en 1969. La statue de la Victoire est restée inchangée. La statue de la France et le cartouche commémoratif ont été intégrés dans un nouveau monument inauguré le 10 juillet 1966 à Périssac.
  • La Statue de Hoche de Jules Dalou à Quiberon en 1902 dont Formigé disposa un bloc brut de granit pour piédestal.
  • Le monument à Gambetta de Jules Dalou, allées de Tourny à Bordeaux, remis à la ville le 25 avril 1904 et inauguré par le président Émile Loubet le 24 avril 1905. Formigé en dessina de piédestal supportant la statue de Gambetta debout, flanqué de deux groupes latéraux: la Sagesse soutenant la Liberté, la Défense nationale. Ce monument a été déposé dans les réserves du musée d'Aquitaine dans les années 1960.

Principales restaurations[modifier | modifier le code]

L'ancienne abbaye de Conques, à partir de 1878, fut l'une de ses premières restaurations. À Poitiers, il restaure également la façade de l'église Notre-Dame-la Grande, l'église Sainte-Radegonde (en remontant de la crypte, on découvre, au-dessus du porche, la tribune édifiée en 1895 qui supporte l’orgue actuel), le palais de Justice et l'église Saint-Hilaire le Grand. Il procéda au dégagement des ruines antiques découvertes à Sanxay (Vienne) et dirigea des travaux à l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, Chauvigny, Poissy. À Paris, il restaure la tour Saint-Jacques.

Cependant, son activité principale s'exerça surtout dans les départements du midi de la France. ll y dirigea plusieurs chantiers de fouilles et, après Charles Questel et Henri Antoine Révoil, consolida et restaura les monuments gallo-romains notamment à Orange et à Arles.

  • Théâtre antique d'Orange. Il s’attacha à rendre au théâtre sa fonction originelle. Des travaux majeurs furent menés (les gradins furent restitués, le sol romain déblayé jusqu’au pied des façades, les fûts de colonnes épars relevés. Un plancher fut construit pour les représentations).

Jules Formigé, son fils, allait poursuivre ces travaux de consolidation et de restauration.

  • Amphithéâtre et Théâtre antique d'Arles, pour consolider, restaurer ou restituer certaines parties de l’édifice[6]. Là encore son fils Jules prendra sa succession. À cette occasion, il s'intéressa à la fameuse Vénus d'Arles dont il crut en 1911 redécouvrir la copie initiale, œuvre de Jean Péru.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est enterré au cimetière de Passy à Paris.
  2. Louis Thérèse David de Pénanrun, Edmond Augustin Delaire et Louis François Roux (préf. Jean-Louis Pascal), Les Architectes élèves de l'école des beaux-arts : 1793-1907, Paris, Librairie de la construction moderne,‎ 1907, 2e éd., in-octavo, 484 p. (notice BnF no FRBNF31999366v, lire en ligne), p. 263.
  3. Connaissance des Arts, hors-série n°320, Mobilier national - Manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie, p.10.
  4. Le premier crématorium de Paris, site L'Histoire par l'image
  5. Mathieu (Caroline). Les expositions universelles à Paris : architectures réelles et utopiques. Musée d’Orsay, juin 2007
  6. Jean Formigé, « L'amphithéâtre d'Arles : suite et fin, 3e série », Revue archéologique,‎ janvier-juin 1965, p. 1-46

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Annier, Jean-Camille Formigé, architecte de la fin du XIXe siècle, université de Versailles/St Quentin-en-Yvelines (thèse soutenue le 16 décembre 2004 sous la direction de François LOYER LADHRAUS).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]