Château de Randan

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Château de Randan
Image illustrative de l'article Château de Randan
Ruines du château de Randan
Nom local Domaine royal de Randan
Architecte Pierre-François-Léonard Fontaine (reconstruction)
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire actuel Conseil régional d'Auvergne
Protection Logo monument historique Classé MH (2001)[1]
Coordonnées 46° 00′ 54.6″ N 3° 21′ 28.4″ E / 46.015167, 3.35788946° 00′ 54.6″ Nord 3° 21′ 28.4″ Est / 46.015167, 3.357889  [2]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Auvergne
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Commune Randan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château  de Randan

Le château de Randan ou Domaine royal de Randan[3] est situé sur la commune de Randan dans le département du Puy-de-Dôme en France. Le domaine appartient aujourd'hui au conseil régional d'Auvergne, qui en assure la restauration, la maintenance et l'animation.

Histoire[modifier | modifier le code]

La châtellenie de Randan est connue depuis le XIIe siècle et le château du XIIIe siècle a été reconstruit sous le règne de François Ier, alors que la terre est érigée en duché en 1661[1].

Le domaine est acquis en 1821 par la princesse Adélaïde d’Orléans, sœur du roi Louis-Philippe, qui, après avoir créé exprès une briqueterie, fait restaurer et agrandir le château, construire des dépendances et créer un parc sous la direction de Pierre-François-Léonard Fontaine.

« Comment les restes d'un vieux château de briques flanqué de tours, bâti sous François Ier (...) les débris d'une vieille bâtisse qui n'a jamais été achevée de manière à pouvoir être habitée (...) située à l'extrémité d'un petit village de la Limagne d'Auvergne, à trois lieues de la grande route (...), sans eaux, sans dépendances, sans jardins, sans rien de ce qui rend une habitation agréable, pourront-ils devenir la résidence convenable et commode d'une princesse de la maison d'Orléans ? »

— Journal de Fontaine cité par A. Gady

À ses dires, le futur roi aurait poussé à cet achat et à ces travaux en vue de se ménager une retraite loin de Paris en cas de péril, préférant un exil auvergnat à une nouvelle émigration... qui ne lui fut pourtant pas épargnée puisqu'il dut partir en 1848 en Angleterre où il mourut deux ans plus tard.

De 1819 à 1831, alors qu'il mène le chantier de la chapelle expiatoire du square d'Anjou à Paris (1818-1826), l'architecte travaille pour le futur roi dans son château de Neuilly, et de 1830 à 1833 transforme à sa demande celui voisin de Maulmont à Saint-Priest-Bramefant, acquis par Adélaïde en 1829, en rendez-vous de chasse pour lui et sa cour.

Fontaine aurait également dessiné la Galerie des Batailles créée par le roi dans l'aile du midi au château-musée de Versailles, qu'il initia le 1er septembre 1833[4], où figurait son effigie par le peintre d'histoire et de portraits Joseph-Désiré Court.

Les Riches Heures de Randan[modifier | modifier le code]

Une description du château et du parc contemporaine de Madame Adélaïde est citée par Georges Touchard-Lafosse[5] :

« (...) La royale propriétaire de ce domaine ne le visite pas souvent ; cependant c'est un séjour enchanteur. Le parc, artistement dessiné, est coupé d'allées nombreuses bien sablées ; il est aussi planté de beaux bouquets d'arbres et d'arbustes. Des fleurs y répandant partout leur parfum ; d'admirables perspectives y sont adroitement ménagées. C'est une vue superbe, qui, à elle seule, vaut le voyage. Le château n'a rien de positivement curieux : c'est une vaste et splendide maison bourgeoise. L'intérieur est tout moderne aussi : c'est fort propre, fort élégant, fort riche. On visite donc Randan pour sa terrasse, pour sa chapelle, pour ses cuisines, pour sa salle à manger ; les cuisines sont si grandes, les fourneaux, les foyers, les broches y sont si vastes, si multipliés, que Rabelais s'en fut inspiré pour les apprêts du dîner de Pantagruel. »

Adélaïde, voulant que son domaine reste dans sa famille, lègue le domaine à son neveu le duc de Montpensier (1847).

À la fin du XIXe siècle, la comtesse de Paris, Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier, fille ainée d'Antoine d'Orléans, le 9e enfant de Louis Philippe Ier, et épouse de son cousin germain, Louis Philippe d'Orléans II, remanie et modernise le domaine : électrification, eau courante, etc.

L'écrivain régional Henri Pourrat a évoqué ce château bourbonnais et « ses tapisseries de briques noires et roses (...) l'esplanade à nobles ombrages (...) On faisait proverbe de ses immenses cuisines, si bien agencées que les fumets ne pouvaient en se croisant altérer la saveur des sauces »[6].

Henri d'Orléans, comte de Paris de 1929 à 1999, séjourne enfant avec ses parents dans cette propriété familiale, où fin juillet 1914 ils apprennent la déclaration de guerre.

En 1915, après y avoir installé un hôpital militaire, comme d'autres châtelains français, dont son fils le duc de Guise au Nouvion-en-Thiérache, la marquise de Castellane à Rochecotte, le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville à Bonnétable, Gaston Menier à Chenonceau ou les Sommier à Vaux-le-Vicomte, la comtesse de Paris et ses filles se font infirmières pour y soigner les soldats blessés.

Déclin et ruine[modifier | modifier le code]

À sa mort en 1919 dans son autre propriété andalouse, le domaine échoit à son plus jeune fils Ferdinand, dernier duc de Montpensier, qui, à 37 ans, y épouse sur les instances de ses sœurs, le 20 août 1921, Marie-Isabelle Gonzalez de Olaneta e Ibarreta (1895-1958), 3e marquise de Valdeterazzo, fille du vicomte de Las Antrinas ; le couple y vivra seulement trois ans, jusqu'à la mort inexpliquée du duc qui avait testé en faveur de sa jeune femme.

Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1925, lors d'un séjour de la duchesse et de quelques amies, le château, dont elle avait résilié le contrat d'assurance est ravagé par un incendie, « peut-être dû à une imprudence de fumeuses[7] », ne laissant que des ruines qui ne furent pas relevées, d'où émergent encore, quatre-vingts ans après, et malgré la grande tempête de décembre 1999, les très hautes cheminées de brique... Entre autres pièces artistiques de valeur disparut ainsi un précieux cabinet chinois.

L'essentiel du contenu du château, décoré et meublé depuis un siècle, sauvé du brasier est rapidement transporté en Espagne – où la duchesse vécut jusqu'en 1958 – tandis que sont entreposées dans ses dépendances les nombreuses autres œuvres et objets d'art, peintures et meubles, dont un musée cynégétique, composé de quatre-cent-cinquante trophées rapportés du monde entier par la comtesse de Paris et par son fils, naturalisés par le meilleur taxidermiste de l'époque et mis en scène dans des dioramas très réalistes :

« L'importance de ce goût britannique de la famille d'Orléans (...) Même dans les collections de taxidermie, l'Angleterre est dominante. Les animaux naturalisés pour le duc d'Orléans (muséum d'Histoire naturelle de Paris) ou ceux conservés à Randan proviennent de la maison Rowland Ward (en) à Londres. De même les équipages, la sellerie et les véhicules, etc.[8] »

D'autres exemples de ce type de cabinets d'histoire naturelle particuliers sont visibles au musée africain du baron Napoléon Gourgaud – qui participa aux safaris africains du baron suédois Bror Blixen – à l'île d'Aix et au musée de la chasse et de la nature à Paris, ancienne collection de M. et Mme François Sommer.

Le 25 juillet 1940 est élaborée dans la vaste clairière de la forêt de Randan la charte constitutive des « Compagnons de France », mouvement créé par le régime de Vichy, inspiré par le scoutisme et l'armée, destiné à « encadrer les adolescents perdus dans l'exode et les jeunes garçons défavorisés », dirigé par Guillaume de Tournemire.

On peut supposer que cette manifestation fut organisée avec l'accord de la duchesse de Montpensier, héritière du domaine, qui sera ensuite proche des milieux franquistes.

Le 26 juillet 1942, leur protecteur Philippe Pétain, chef de l'État français, vient à Randan – où 5 000 jeunes avaient monté un immense camp de tentes blanches – rendre hommage à leur action, journée dont le journal parisien L'Illustration rend compte le 8 août 1942 ; un chêne est planté à cette occasion[9], et le 9 août est ouvert à Randan le premier camp des Compagnons de France ; à la fin de cette année, 230 camps existaient.

Après la Seconde Guerre mondiale, le comte de Paris, héritier présomptif du duc, mort sans descendance, revendique sans succès auprès de sa tante par alliance puis de son héritier un lot important d'argenterie et de bijoux de famille issu du « legs Montpensier » ; il est débouté en justice, peut-être sur intervention personnelle du général Franco.

En effet, la duchesse avait légué ses biens à José Maria de Huarte [10], aristocrate espagnol qui fut son majordome et son second époux secret, ce qui lui aurait permis d'échapper à des droits de mutation très importants à sa mort[11].

Sauvetage et résurrection[modifier | modifier le code]

En 1991, l'État français, soucieux d'empêcher la dispersion des souvenirs Orléans remisés là depuis soixante-dix ans, et dont la chapelle néo-classique (1831) abrite trois cénotaphes copiés sur ceux de la nécropole familiale de Dreux – dont celui d'Adélaïde d'Orléans au gisant dû à Aimé Millet et daté de 1876 – les classe Monuments historiques en qualité d'ensemble mobilier lié à une demeure ancienne.

Le comte de Paris intervient auprès de Valéry Giscard d'Estaing, président du Conseil régional d'Auvergne, afin que Randan ne soit pas vidé et démantelé.

Un démembrement et une dispersion mobilière partiellement déjoués

En 1999, les héritiers de Huarte [12] mettent en vente aux enchères publiques le dernier domaine royal français du XIXe siècle, immeubles et meubles – le catalogue de l'importante vacation prévue les 23 et 24 mai 1999 est établi par l'étude de commissaires-priseurs parisiens Millon et associés – mais l'État[13] s'y oppose et achète en 2000 les collections, soit 280 pièces d'armes et 4 896 objets mobiliers divers, tandis que début 2003 le Conseil régional d'Auvergne fait l'acquisition des bâtiments, sur lesquels il engage un vaste programme de rénovation[14].

Le 30 octobre 2000 a lieu à l'Hôtel Drouot à Paris, la vente de « Souvenirs historiques provenant de la succession de Mgr Henri d'Orléans, comte de Paris » ; le 29 novembre suivant y furent vendus par l'étude Millon et associés 120 éléments du service du château de Randan "à fond vert de moufle" (Sèvres, 1838-1842, motifs de fleurs et de fruits du peintre Sinsson), qui, dérivé du service dit "historique" de Louis-Philippe à Fontainebleau, comprenait 1352 pièces pour 60 couverts et avait été commandé par le roi pour sa sœur[15].

En 2005 fut créée « l'Association des Amis du domaine royal de Randan » pour appuyer ces efforts et recueillir les documents historiques relatifs au domaine.

En 1996, plusieurs photographies, parfois annotées,

  • de la comtesse de Paris au château au milieu d'un groupe d'infirmières et de soldats avec sa fille Amélie, dernière reine du Portugal (détrônée en 1910), puis sur son lit de mort à Séville ;
  • du jeune duc de Montpensier devant la facade est du château ;
  • du couple ducal sortant de l'église de Randan le jour du mariage (20 août 1921) ;
  • du duc Philippe d'Orléans (1869-1926) devant son atelier de naturaliste et d'une salle du musée cynégétique qu'il créa dans sa résidence anglaise de Woodnorton – ancienne propriété de campagne du duc d'Aumale – offertes par lui à la Ville de Paris qui les installa au Jardin des Plantes (muséum d'Histoire naturelle).

Des clichés familiaux issus des archives d'Henri d'Orléans (1908-1999) ont été publiés dans son Album de famille, texte de Michel de Grèce (Perrin).

Vestiges royaux à l'encan : le 18 mai 2009, fut vendue aux enchères publiques à Drouot une série de cinq dessins à l'encre et au lavis du XIXe siècle représentant le château, entre autres souvenirs historiques provenant de familles royales, dont un coffret revêtu de cuir contenant les clefs des jardins royaux – dont celui de Randan – offerts par Louis-Philippe à sa sœur.

Le parc de Randan a été classé monument historique le 21 février 2001[1].

Propriétaires[modifier | modifier le code]

Châtelains de Randan[16][modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIe siècle, les gens ne se connaissaient que par leur surnom[17]. C'est à partir de cette époque que les nobles adoptèrent des noms fixes et héréditaires[18]. C'est donc en 1204 qu'on relève l'existence d'un Beaudoin de Randan, dont on ne sait pratiquement rien, si ce n'est sa descendance.

Comtes et Ducs de Randan
Nom des possesseurs de Randan Renseignements complémentaires
Beaudoin de Randan (1204) une fille, Jeanne, dame de Randan
un fils (ou un frère), Chatard
Guillaume de Randan, fils ou neveu de Chatard
Chatard de Randan
Jeanne de Randan (1208) qui épouse Hugues Ier du Château
leur fils, Hugues II, épouse vers 1240, l'héritière de la maison Saligny en Bourbonnais et devient :
Hugues II du Château-Randan-Saligny deux fils : Guillaume Ier et Hugues III
une fille, Blanche
Guillaume Ier du Château-Randan-Saligny (1284) on ignore le nom de son épouse
deux fils : Étienne du Château et Jean (sans postérité)
Étienne du Château-Randan-Saligny épouse Isabeau de Bléneau
meurt en 1316, sans postérité, l'héritage échoit à son oncle :
Hugues III du Château-Randan-Saligny (1309) épouse Agnès de Luzy
deux fils : Guillaume II et Hugues IV
Guillaume II du Château-Randan-Saligny (1316) épouse Marguerite de Sully
un fils, Guillaume III
Guillaume III du Château-Randan-Saligny on ignore le nom de son épouse
sans postérité, l'héritage échoit à son oncle Hugues IV
Hugues IV du Château-Randan-Saligny épouse Anne de Sully
un fils, Jean, dit Lourdin, († 1373)
Jean Lourdin du Château-Randan-Saligny (1340) épouse Louise de Merry, sans postérité,
puis Catherine de la Mothe-Saint-Jean
deux enfants, Jean Lourdin II (qui n'hérite pas) et Marguerite-Catherine du Château
Marguerite-Catherine du Château-Randan-Saligny épouse le 27 août 1378, Pierre-Armand de Chalençon, vicomte de Polignac († 1436)
un fils, Louis-Armand de Chalençon-Polignac
Louis-Armand de Chalençon-Polignac († 1451) épouse Isabeau de la Tour, sans postérité,
puis Françoise de Montmajour
un fils, Guillaume-Armand
Guillaume-Armand, vicomte de Polignac († 1473) épouse Amédée de Saluces
leur 4e fils : Jean
Jean de Polignac, seigneur de Randan, gouverneur de Livourne épouse en 1495 Jeanne de Chambes
une fille, Anne

" Elle semble avoir préféré Verteuil (à La Rochefoucauld) où le château est moins imposant mais plus confortable et ensuite, elle se rendit à Randan où il semblerait que sa famille l'ait quelque peu spoliée. Alors, elle se retira et mourut à Verteuil (et) fut inhumée à Onzain".

(René-Paul Flohic, "La Rochefoucauld - Pourquoi ? la Famille /le Château/la Cité" éd. Gestraud, 1981, p. 65) .

Anne de Polignac épouse Charles de Bueil († 1515), un fils, Jean de Bueil, meurt à 22 ans, sans postérité
puis le 5 février 1518, François II de La Rochefoucauld, fait comte par lettre patentes du roi (de 1528 ?) († 1533)
sept enfants, le second, Charles, hérite
Charles de La Rochefoucauld, seigneur de Randan épouse Fulvie de La Mirandole († 1607) dont il a :
* Jean-Louis, comte de Randan
* François (1585-1609), évêque de Clermont
* Alexandre, abbé de St-Pourçain
* Marie-Sylvie, épouse Rochechouard
* Charles (?)
La terre de Randan est érigée en comté en mai 1566
Jean-Louis de La Rochefoucauld († 1590) épouse Isabelle de La Rochefoucauld
une fille, Marie-Catherine
Marie-Catherine de La Rochefoucauld († 1677) épouse le 8 août 1607 Henri de Bauffremont, marquis de Senecey († 1622)
devient duchesse de Randan en 1661
2e fils, Louis, hérite et meurt sans postérité
fille, Marie-Claire
La terre de Randan est érigée en duché-pairie en 1661
Louis de Bauffremont
Marie-Claire de Bauffremont, duchesse de Randan († 1680) épouse le 28 septembre 1637 Jean-Baptiste-Gaston de Foix
deux fils, Jean-Baptiste-Gaston († 1665) et Henri-François (1640-1714)
Jean-Baptiste-Gaston de Foix épouse une Chaulnes d'Ailly
une fille qui meurt à dix ans ;
l'héritage échoit à Henri-François de Foix
Henri-François de Foix († 1714) épouse une Roquelaure († 1711) ; pas de postérité, avec lui s'éteint le duché-pairie de Randan
par ses dispositions testamentaires, l'héritage échoit à la maison Nompar de Caumont, au comte de Lauzun
La terre de Randan redevient comté en 1714
Antoine de Caumont, duc de Lauzun (1632-1723) épouse le 21 mai 1695 Geneviève-Marie de Durfort (fille du maréchal de Lorge)
Geneviève-Marie de Durfort, duchesse de Lauzun elle décède le 17 mai 1740 sans postérité ;
l'héritage échoit à son neveu Guy-Michel de Durfort
Guy-Michel de Durfort
dit « Maréchal de Randan »
épouse Élisabeth-Adélaïde de Poitiers de Riz († 1778) ;
une fille, Marie-Geneviève (née le 3 février 1734/35 et morte le 10 décembre 1762 à Paris) marié en 1751 à Jean Bretagne Charles de La Trémoille, duc de Thouars ;
l'héritage échoit au frère de Guy-Michel, Louis
Guy Louis de Durfort, duc de Lorges et de Randan († 1775) épouse Marie-Marguerite Butaud
deux fils qui meurent jeunes donc n'héritent pas
deux filles pour lesquelles le domaine de Randan est en indivision jusqu'au 5 septembre 1781, date à laquelle l'une d'elles, Guyonne-Marguerite-Philippine, l'acquiert par adjudication (moyennant 920 000 livres)
Guyonne-Marguerite-Philippine de Durfort épouse en 1754 Raynaud-César-Louis de Choiseul, duc de Praslin († 15 octobre 1785)
une fille, Bonne-Désirée († 1829) qui épouse Charles-Eugène-Antoine, comte de Grollier
un fils, Antoine-César, duc de Praslin, qui épouse Miss O'Brien Thomond de qui il a un fils, duc de Praslin, qui devint pair de France
À la Révolution, la terre de Randan appartient aux deux enfants de Raynaud-César-Louis de Choiseul, duc de Praslin, la comtesse de Grollier et Antoine-César de Choiseul, duc de Praslin
Charles-Raynaud-Laure-Félix de Choiseul, duc de Praslin, pair de France, fils d'Antoine-César
et sa tante, la duchesse de Praslin, sont adjudicataires (en 1806)
Partage définitif entre les sus-nommés (en 1818) La comtesse de Grollier vend sa part en 1819 en deux lots au comte de Lavalette et au baron de Forget.

Période récente[modifier | modifier le code]

Propriétaires du domaine de Randan
Nom des possesseurs de Randan Renseignements complémentaires
Adélaïde d'Orléans achète en 1821 la part de Félix de Choiseul, duc de Praslin cette portion comprenait le château
Adélaïde d'Orléans achète en 1826 les parts du comte de Lavalette et du baron de Forget
Louis-Philippe, comte de Paris, de 1847 à 1894 petit-neveu
Marie Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris de 1894 à 1919 épouse
Ferdinand d'Orléans de 1919 à 1924 fils
Maria Isabel Gonzales de Oleñata y Ibaretta, sa veuve 1924 à 1958 épouse
José María De Huarte 1958 à 1999 Archivero-Jefe de la Diputación Foral de Navarra, Académico Correspondiente de las Reales Academias de la Historia y de Bellas Artes de San Fernando, Vocal del Consejo de Cultura de Navarra, Caballero de la Orden de Malta, Marié en secret avec Maria Isabel Gonzales de Oleñata y Ibaretta, puis légataire universel de cette dernière
Conseil régional d'Auvergne à partir de 1999

Architecture[modifier | modifier le code]

Ruines du château, et parc

Le château de Randan est construit en briques polychromes sur deux étages et couvert de hauts toits en ardoise percés de lucarnes ornementées.

Il présente sur sa façade nord un corps de logis encadré de deux tourelles hexagonales et de deux pavillons en retour d'angle.

Les cuisines, attenantes au château, construites en 1821, sont composées de huit salles voûtées et couvertes d'une terrasse. La chapelle, de style néo-classique, conserve l'ensemble de son décor intérieur, parquets, verrières, stucs et caissons de plafond en trompe-l'œil, datant de 1831.

Les autres bâtiments sont l'orangerie, la maison de l'inspecteur et le grand commun, un bâtiment construit sur un plan en H, qui abritait les dépendances, vacherie, laiterie, écurie, sellerie et ateliers.

Le parc du domaine royal de Randan[modifier | modifier le code]

Le parc du domaine royal de Randan est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables.

Il a été réalisé par Fontaine en 1821 et s'inspire de plusieurs genres traditionnels de jardins, jardins réguliers aux abords du château suivant le style du jardin à la française, vastes espaces paysagers agrémentés de pièces d'eau et d'une obélisque et d'autres fabriques du parc à l'anglaise, terrasse à l'italienne avec ses pergolas, ses ferronneries, ses lanternes et ses jardinières.

Il comporte une conciergerie, une clôture, une avenue de jardin, un potager où se trouvent trois serres (dont deux sont des copies de celles, disparues de nos jours, du château de Versailles[19]), une orangerie[20], des glacières, une chaumière, un vivier, une fontaine et une terrasse en terre-plein.

Le parc est formé de bois, prés, étangs et landes, le parc de Nemours comprend le lac de la Presle[21].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Visite[modifier | modifier le code]

Il est possible de visiter la terrasse du château, les immenses cuisines, la chapelle, les abords des serres et l'orangerie. La "maison de l'inspecteur" (le régisseur du domaine) présente des expositions liées aux souvenirs de la famille d'Orléans. On peut se promener dans une partie du parc et dans la cour des communs.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Ancien domaine royal de Randan », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail et Google Maps.
  3. Site officiel du domaine de Randan
  4. Site du château-hôtel-restaurant de Maulmont, janvier 2007.
  5. Georges Touchard-Lafosse, La Loire historique, pittoresque et biographique, etc., Tours, Lecesne, 1851, tome II, p. 23 à 25.
  6. Henri Pourrat, En Auvergne, Arthaud, 1966, p. 20.
  7. Henri Pourrat, op. cit.
  8. Olivier Meslay, Le duc d'Aumale et l'anglophilie des Orléans, catalogue de l'exposition « L'art anglais dans les collections de l'Institut de France », musée Condé, château de Chantilly, 13/10/2004 - 3/01/2005 (Somogy, 2004), p. 21.
  9. Michèle Cointet, Vichy capitale 1940-1944, Perrin, 1993, puis Le Grand Livre du Mois, 1998, p. 203.
  10. in La fortune disparue du roi Louis-Philippe, p. 226 de Jacques Bernot
  11. Michel de Grèce, Mémoires Insolites, éd. XO, 2004, puis éditions Pocket, 2006.
  12. Le Figaro magazine, Numéros 1340 à 1348, p. 25
  13. Catherine Trautmann étant ministre de la Culture.
  14. En 2008, l'État transfère au conseil régional la propriété de l'ensemble des collections mobilières : œuvres d'art, mobilier, animaux naturalisés, etc.).
  15. Reprod. partielle dans L'Objet d'art, n° 354, janvier 2001, p. 33.
  16. Bouillet, Nobiliaire d'Auvergne, T. II, p. 147
  17. Dr Lère, dans une étude sur Randan, dans le Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des environs, avril-septembre 1951, n° 45, p. 283
  18. Mezeray, Abrégé chronologique de l'Histoire de France
  19. Les serres situées derrière l'orangerie bénéficiaient d'un triple système de chauffage : une verrière et sous la terre une fosse à fumier couverte de plaques de fonte (effet calorifère par fermentation) et une canalisation d'eau chaude alimentée via une chaudière à charbon.
  20. Construite vers 1835, elle a une longueur de 56 m. ; à la fin du XIXe siècle, on y a installé un générateur d'électricité pour améliorer le confort du château.
  21. « parc du domaine royal de Randan », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Gady, « Le miracle de Randan », L'Estampille/L'Objet d'art, n° 461, octobre 2010, p. 24 et 25.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]