Henri-Irénée Marrou

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Henri-Irénée Marrou

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Biographie
Naissance
Marseille
Décès
Bourg-la-Reine (Val-de-Marne)
Nationalité Drapeau : France Français
Vie universitaire
Formation École normale supérieure
École française de Rome
Titres professeur des universités
Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Approche disciplinaire histoire religieuse

Principaux travaux

  • Thèse de doctorat : Saint Augustin et la fin de la culture antique (1938)
  • Histoire de l'éducation dans l'Antiquité (1948)
  • Nouvelle histoire de l'Église. Tome I, 2e partie : De la persécution de Dioclétien à la mort de Grégoire le Grand (1963)

Henri-Irénée Marrou, né le à Marseille, mort le à Bourg-la-Reine, est un historien antiquisant français, spécialiste du christianisme primitif et de philosophie de l'histoire. Il est aussi connu, notamment comme musicologue, sous le pseudonyme de Henri Davenson.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né, dans une famille originaire de Haute-Provence, d'un père typographe et d'une mère brodeuse, Henri-Irénée Marrou fit de brillantes études au lycée Thiers de Marseille, fut reçu premier, en 1925, au concours d'entrée à l'École normale supérieure et obtint en 1929 l'agrégation d'histoire, classé deuxième derrière Alphonse Dupront. Il fut ensuite admis à l'École française de Rome, où il travailla sur saint Augustin.

Si son père était agnostique, sa mère, catholique pratiquante, avait veillé à ce qu'il reçût une éducation religieuse soignée.

Admirateur de Teilhard de Chardin et de Charles Péguy, il rencontra Emmanuel Mounier, avec qui il collabora à la revue Esprit à partir de 1935. Il fut également le fondateur des Études augustiniennes. Il voyagea ensuite en Italie (Naples) et en Égypte (Le Caire) avant d'enseigner à Nancy, puis Montpellier. Il soutint en 1937 sa thèse sur Saint Augustin et la fin de la culture antique. Amateur de musique, il devint membre de l'Académie Charles-Cros et signa dans Esprit, sous le pseudonyme d'Henri Davenson, des articles de musicologie, mais aussi des articles engagés qui furent rassemblés en 1978 sous le titre Crise de notre temps et réflexion chrétienne (de 1930 à 1975).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engagea dans la Résistance. De 1945 à 1975, il occupa la chaire d’histoire du christianisme à la Sorbonne, et rédigea ses œuvres les plus importantes. Il fut l'un des premiers collaborateurs de la collection Sources chrétiennes, éditant des textes des Pères de l'Église. Pendant la guerre d'Algérie, il dénonça l'usage de la torture, ce qui lui valut une perquisition. Il approuva vivement Vatican II, combattant à la fois les intégristes et les progressistes influencés par le marxisme. Il se montra méfiant à l'égard de Mai 68.

Ses livres sur la culture intellectuelle et religieuse de l'Antiquité tardive, ses travaux sur les Pères de l'Église, particulièrement sur saint Augustin, ses réflexions sur la « connaissance historique » et la « théologie de l'histoire », lui valurent une réputation internationale et lui attirèrent de nombreux disciples.

Il fut un ami de Marcel Simon et d'Emile Goué.

Sa fille, la slaviste Françoise Flamant, a publié en 2006 ses carnets posthumes.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Fondements d'une culture chrétienne, Paris, Bloud & Gay, 1934
  • Saint Augustin et la fin de la culture antique, Paris, de Boccard, 1938 (thèse principale)
  • ΜΟΥΣΙΚΟΣ ANHP : étude sur les scènes de la vie intellectuelle figurant sur les monuments funéraires romains, Grenoble, Didier & Richard, 1938 (thèse secondaire)
  • Traité de la musique selon l'esprit de saint Augustin, Paris, Le Seuil, 1942
  • Le livre des chansons ou Introduction à la connaissance de la chanson, Paris, Le Seuil, 1944 (sous le pseudonyme de Henri Davenson)
  • Histoire de l'éducation dans l'Antiquité, Paris, Le Seuil, 1948
  • L'ambivalence du temps de l'histoire chez saint Augustin, Paris, Vrin, 1950
  • De la connaissance historique, Paris, Le Seuil, 1954 (pour un compte-rendu de cet ouvrage, voir par exemple : B. Lacroix in Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 8, n° 3, 1954, pp. 435-441)
  • Saint Augustin et l'augustinisme, Paris, Le Seuil, Collections Microcosme « Maîtres spirituels », 1955
  • Les troubadours, Paris, Le Seuil, 1961
  • Nouvelle histoire de l'Église. Tome I, 2e partie : De la persécution de Dioclétien à la mort de Grégoire le Grand, Paris, Le Seuil, 1963 (réédition séparée : L'Église de l'Antiquité tardive 303-604, Paris, Le Seuil, collection « Points Histoire », 1985)
  • Théologie de l'histoire, Paris, Le Seuil, 1968 (réédition : Paris, Éd. du Cerf, 2006)
  • Patristique et humanisme, Paris, Le Seuil, 1976
  • Décadence romaine ou antiquité tardive ?, Paris, Le Seuil, collection « Points Histoire », 1977 (pour un compte-rendu de cet ouvrage, voir par exemple : R. Turcan in Revue de l'histoire des religions (1979), Volume 196, Issue 2, pp. 216-218)
  • Christiana tempora : mélanges d'histoire, d'archéologie, d'épigraphie et de patristique, Rome, École française de Rome, « Collection de l'École française de Rome », 1978
  • Crise de notre temps et réflexion chrétienne (1930-1975), Paris, Beauchesne, 1978
  • Carnets posthumes, éd. par Françoise Marrou-Flamant, Paris, Éd. du Cerf, collection « Intimité du christianisme », 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Renan à Marrou : l'histoire du christianisme et les progrès de la méthode historique (1863–1968), éd. par Yves-Marie Hilaire, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, collection « Histoire et civilisation », 1999
  • Pierre Riché, Henri Irénée Marrou, historien engagé, Paris, Éd. du Cerf, collection « Histoire Biographie », 2003

Par ailleurs la Société des amis d'Henri-Irénée Marrou publie depuis 2008 des Cahiers Marrou.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]