Chaïm Perelman

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Chaïm Perelman (1912-1984) est considéré comme le fondateur de la « Nouvelle Rhétorique » et comme un des chefs de file de l'Ecole de Bruxelles. Né à Varsovie, il émigra en Belgique en 1925 ; il fut professeur à l’Université libre de Bruxelles jusqu'en 1978. Professeur de logique, de morale et de métaphysique, ses recherches s’inscrivent à la fois dans le domaine du droit, et de la rhétorique de l’argumentation.

Sa principale influence est le philosophe belge Eugène Dupréel, son prédécesseur à l’Université libre de Bruxelles. Dupréel est à l'origine de plusieurs idées importantes dans la théorie de l’argumentation de Perelman, notamment la théorie des notions confuses, la notion de raisonnable (opposée à l'idéal de rationalité) et une certaine approche sociologique du droit et de la connaissance.

L’ouvrage le plus célèbre de Perelman est son Traité de l'argumentation (réédité en poche aux Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009), écrit en collaboration avec Lucie Olbrechts-Tyteca. Perelman renoue avec la rhétorique aristotélicienne et propose de lui rendre sa légitimité philosophique en passant outre la condamnation de Platon (qui associait l’art de persuader à la sophistique et à la manipulation).

Ce retour de la rhétorique argumentative coïncide avec le renouveau de l'intérêt pour les figures ou tropes, qui suscite la naissance d'une "nouvelle rhétorique" des figures, dans le cadre du développement de la poétique et de la sémiotique (Barthes, Todorov, Groupe µ…)

Si la nouvelle rhétorique perelmanienne ne s’impose vraiment qu’à partir de la fin des années 1970, les travaux de Perelman comptent parmi les plus novateurs du champ philosophique de l’époque. De nombreux chercheurs venant de disciplines aussi diverses que la philosophie ou le droit se revendiquent encore aujourd’hui des théories de l’argumentation de Perelman : le philosophe Michel Meyer qui, contrairement à Perelman qui focalisait la rhétorique essentiellement sur le logos (discours), replace au même niveau le pathos, le logos et l'ethos dans le cadre de la rhétorique ; le linguiste Christian Plantin ou les études littéraires de Ruth Amossy. L' éthicien Georges A. Legault a aussi été influencé par les travaux de Chaïm Perelman, portant notamment sur la nouvelle rhétorique et l'impasse des philosophies fondationnelles[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Chaïm Perelman est né à Varsovie en 1912. Il épouse, à Bruxelles, le 13 janvier 1935 Félicie Liwer (Fela Perelman). À l'automne 1942, il participe, avec son épouse, à la mise sur pied, à Bruxelles, du Comité de défense des Juifs (CDJ) au côté de Hertz et Yvonne Jospa. Chaïm Perelman s'occupait des adultes juifs et de la diffusion de journaux clandestins, Fela Perelman prit part quant à elle aux activités de la section jeunesse du CDJ qui sauva plus de 3 000 enfants juifs. Un bosquet de dix arbres a été planté en leur honneur en Israël, à Neveh-Ilan, dans le site forestier des Juifs de Belgique[2]. Le roi Baudouin a anobli Chaïm Perelman en 1983 : il l'a élevé à la dignité de baron en reconnaissance de ses nombreux mérites scientifiques[réf. souhaitée].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notice d'autorité[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Létourneau. Alain. & Moreault. Francis. (2006). Trois écoles québécoises d'éthique appliquée. Paris: L'Harmattan. p. 32
  2. Michel Bailly « Hommage en Israël à Fela Perelman » Le Soir, lundi 18 mai 1992, p. 12

Lien externe[modifier | modifier le code]