Jacob Kaplan

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Jacob Kaplan

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Le grand rabbin de France Jacob Kaplan (à droite) avec le grand-rabbin Max Warschawski à l’hospice Élisa de Strasbourg, le 27 juin 1978.

Naissance 5 novembre 1895
Paris, France
Décès 5 décembre 1994
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence France
Activité principale Grand-rabbin de France
1955-1980
Distinctions
Descendants
Francis Kaplan, Lazare Kaplan, Benjamin Kaplan, Myriam Askienazi, Régine Moog

Jacob Kaplan, né le 5 novembre 1895 à Paris où il est mort le 5 décembre 1994, fut grand rabbin de France de 1955 jusqu’à sa retraite en 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacob Kaplan naît dans une famille pieuse de cohanim originaire de Lituanie, au 21 rue des Écouffes, dans le Pletzl. Il est admis au Séminaire Israélite de France (SIF) en 1913, mais ses études sont interrompues par la Première Guerre mondiale. Ayant demandé à être mobilisé comme simple fantassin, il se bat à Verdun et il est blessé en 1916. Il est décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Après la guerre, il reprend ses études et reçoit son diplôme de rabbin en 1921. Il est nommé rabbin à Mulhouse en 1922, puis rabbin de la Synagogue Nazareth à Paris en 1928 et rabbin de la Grande synagogue de la Victoire en 1936. Le 14 juin 1936, encore profondément marqué par la guerre, il organise avec les Croix-de-feu une cérémonie religieuse à la mémoire des anciens combattants juifs, ce qui lui vaudra d'être critiqué par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et par de nombreux intellectuels juifs de gauche.

Nommé auxiliaire du Grand Rabbin de France Isaïe Schwartz à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie dès l’arrivée des Allemands, tout d’abord à Vichy où s’est déplacé le gouvernement de Pétain, puis à Lyon en 1942. Il n’aura alors de cesse, au péril de sa vie, de faire jouer toutes ses connaissances afin de sauver le maximum de ses coreligionnaires. Il sollicite entre autres le cardinal Gerlier, auquel il demande d'intervenir auprès du gouvernement afin d’arrêter les convois de juifs partant pour l’Allemagne. Nommé Grand Rabbin par intérim en janvier 1944 après le passage en Suisse d'Isaïe Schwartz pour échapper à la Gestapo, il est arrêté le 1er août 1944 par la police française, puis relâché le même jour contre rançon. Il obtient à la Libération la croix de guerre 1939-1945.

Il est élu Grand Rabbin de Paris en 1950 succédant à Julien Weill, puis Grand Rabbin de France en 1955. Après la guerre, sa principale préoccupation est de remettre sur pied la communauté, décimée par les nazis. Quand en 1952 éclate l'affaire Finaly, Jacob Kaplan remue l’opinion publique mondiale et intervient auprès de Mgr Touvet et du cardinal Gerlier, ainsi qu’auprès de nombreuses autorités religieuses catholiques et protestantes, jusqu’au retour des deux enfants.

Après 1961, il s’occupe de l’afflux massif de ses coreligionnaires rapatriés d’Afrique du Nord et qui en quelques années doubleront la communauté juive française. Devenu une autorité morale incontestée, il est élu en 1967 membre de l’Académie des sciences morales et politiques, pour laquelle il rédige de nombreuses communications.

En 1980, il met fin à ses fonctions de Grand Rabbin de France, tout en restant très actif dans la communauté juive et en publiant de nombreux ouvrages.

Il est le père de Lazare Kaplan, Francis Kaplan, Benjamin Kaplan, Myriam Askienazy, Régine Moog.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Témoignage sur Israël dans la littérature française, Lipschutz, 1938
  • Témoignage sur Israël, Regain, 1949
  • Judaïsme français et sionisme, Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1975
  • Le Vrai Visage du judaïsme, Stock, coll. « Judaïsme-Israël », 1987
  • Le Judaïsme dans la vie quotidienne (en collaboration), Albin-Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1992
  • Le Talmud et ses maîtres (en collaboration), Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1993
  • L’Affaire Finaly, Le Cerf, coll. « L’histoire à Vif », 1993
  • Justice pour la foi (en collaboration), Le Cerf, coll. « L’histoire à Vif », 1995
  • N’oublie pas, Stock, coll. « Judaïsme-Israël », 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacob Kaplan et Pierre Pierrard, Pierre Pierrard interroge le grand rabbin Kaplan : justice pour la foi juive, Paris, Le Centurion, coll. « Les Interviews »,‎ 1977, 287 p. (ISBN 978-2-227-32016-1)
  • Maurice Hayoun (dir.), Francis Kaplan (dir.), René-Samuel Sirat (dir.) et Agnès Viennot (éd.), Le livre du centenaire du grand rabbin Jacob Kaplan, grand rabbin du Consistoire central, doyen de l'Institut de France, Paris, Noêsis, coll. « Histoire des Religions »,‎ 1997 (ISBN 978-2-911-60607-6)
  • Haïm Korsia (préf. Jacques Chirac), Etre juif et Français : Jacob Kaplan, le rabbin de la république, Paris, Prive,‎ 2006 (ISBN 978-2-350-76023-0)
  • David Shapira (préf. Alain Besançon, post. René-Samuel Sirat), Jacob Kaplan : 1895-1994 : un rabbin témoin du XXe siècle, Paris, Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme »,‎ 2007 (ISBN 978-2-226-17302-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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